ENSEIGNES — ENTERREMENTS
police. Son successeur Lenoir en poursuivit sévèrement rexécution, car Sébastien Mercier pouvait écrire vers 1782 :
« Les enseignes sont maintenant appliquées contre le mur des maisons et des bouliques, au lieu qu'autrefois elles pendoient à de longues potences de fer; de sorte que l'enseigne et la potence, dans les grands vents, menaçoient d'écraser les passans dans les rues.
Quand le vent souflloit, toutes ces enseignes, devenues gémissantes, se heurtoient et se choquoient entre elles, ce qui coniposoil un carillon plaintif et discordant, vraiment increvable pour qui ne l'a pas entendu. De plus, elles jetoient, la nuit, des ombres larges qui rendoient nulle la foible clarté des lanternes.
Les enseignes avoient, pour la plupart, un volume colossal et en relief. Elles donnoient l'image d'un peuple gigantesque aux yeux du peupli! le plus raljougri de l'Europe. On vojoit une garde d'épée de six pieds de haut, une boite grosse comme un muid, un éperon large comme une roue de carrosse, un ffant où on auroit lojïé im enfani de trois ans dans chaque doigt, des têtes monsirueuses, des bras armés de fleurets, qui occupoient toute la largeur de la rue.
La ville, qui n'est plus hérissée de ces appendices grossiers, offre, pour ainsi dire, im visage poli, net et rasé. On doit cette sage ordonnance à M. Antoine-Raimond-Jean-Gualbert-Gabriel deSarline qui, de lieutenant de police, est devenu ministre delà marine' ».
Mais, de cette sage ordonnance date aussi la décadence de l'enseigne. Devenue moins visible, elle perd de son importance, elle cesse d'être l'accessoire obligée de la boutique. Au lieu de fournir un nom à la rue, c'est souvent elle qui lui emprunte le sien ; puis elle se voit réduite au rôled'affiche purement commerciale, oùs'étalent les onlils ou les produits de chaque métier. L'originalité est devenue rare. Plus de ces enseignes qui renversaient, « par une barbare, pernicieuse et détestable orthographe, toute sorte de sens et de raison - : » plus de truie qui vole ou qui file, plus de chat qui pêche, plus de puits qui parle, plus il'àne qui joue de la vielle ... C'est à peine si l'on rencontre encore quelque jeu de mot tiré à grand'peine du nom du maître ou de celui de la rue.
En août 1792, un arrêté de la Commune enjoignit aux commerçants de supprimer de leurs enseignes « tous emblèmes qui rappelleroient au peuple le temps d'esclavage sous lequel il a gémi depuis trop longtemps». Quant aux propriétaires, ils étaient tenus de faire disparaître, dans le délai de quinze jours, « de dessus les murs de leurs maisons, les armes, fleurs de lys, statues, bustes, enfin tout ce qui ne peut être considéré que comnu^ un honneur rendu à un individu : la liberté et l'égalité étant désormais les seules idoles dignes des hommages du peuple françois ' ». *
t Tiiblenu de Paris, t. I, p. 215.
* Molière, Les fâcheux, acte III, se. 2. 3 Dans Robiin't , Le mouvement religieux ù Paris pendant la Itécalulion, t. II, p. 417.
Entailleurs d'images. Voy. Sculpteiirs.
Entailleurs de pierre. Voy. Tailleurs de pierre.
Enterrements. L'esprit de confraternité qui unissait tous les membres d'une corporation ouvrière donnait aux enterrements des maîtres, même les plus pauvTes, quehiue solennité. Dès le treizième siècle, quand mourait un ouNTÎer tablelier, chaque atelier désignait un de ses membres pour accompagner le corps. Le Litre des me'tiers s'exprime ainsi : « Nous disons que se il muert 1 home ou famé du mestier, nous voulons que il i ait de chacun oslel une persone avec le cors, et quiconquessoil défaillant, il paie demie livre de cire à la confrarie ' ».
Chez les crieurs de vin, la communauté tout entière, enribe de confrérie, s'assemblait au domicile du défunt. Les uns portaient le corps sur leurs épaules, pendant que les autres l'entouraient, ayant à la main leur sonnette qu'ils faisaient tinter sans interruption. Deux crieurs, munis d'un pot de vin et d'une belle coupe, marchaient près du cercueil, versant à boire aux porteurs. Quand le convoi arrivait à un carrefour, on posait le cercueil sur des tréteaux, et l'on ofi'rait du vin à tous les assistants : « Et iront deux d'iceux crieurs enlour iceluy corps du crieiir trespassé, l'un tenant im pot de vin et l'autre un beau hanap, pour présenter et donner à boire à tous ceux qui porteront le corps. Et mettront reposer ledit corps à chacun carrefour sur des tresteaux, et en iceluy reposant présenteront à boire à ceux qui là seront presens, aux despens de la confrérie - ».
L'article '2'.i des statuts accordés aux lapidaires en l.">84 est ainsi conçu : « Advenant le déceds de l'un des maislres dudit mestier ou de leurs femmes, tout le corps de la communauté dudit mestier assistera au couvoy. Et en iceluy seront portés quatre torches de cire, chacune pesant deux livres, et quatre cierges chacun d'une livre, aux despens de toute la commimauté dudit mestier ».
Chez les merciers, l'on plaçai! sur le cercueil un poêle de velours violet brodée! semé de fleurs de lis d'or, don! les cirdons étaien! lenus par les jurés de la corporation. On les en dispensa en 1596, à cause de la peste qui décimait Paris. Les obsèques étaient suivies d'un banque!, qui avait ordinairement lieu aux environs de Paris; on le supprima en 1674 ^.
Chez les libraires, le poêle servant aux inhumations fut d'abord de vehuirs r(>uj.^e. Kn 1661, on le remplaça par un poêle en velours noir avec croix et franges d'argent. Renouvelé en 1711, on ajouta aux quatre coins les armes de la corporation.
Voy. Pompes funèbres.
I Titn- LXVIII, art. 18.
! Ordonnanc de févrii-r 1415, art. 8 et 9. •' \'ov. Saint-Joanny, Registre! dts merciers de Paris, p. 12. "
ENÏÊTKURS — Él'LNETlKKS
Entêteurs. Ouvriers qui assujétissaiiTil h\ lôle (les épingles sur le fil *.
Entre-deux. Dans les briqueteries, ouvriers qui servaient d'aides aux enfourneurs *.
Entregeteurs. Voy. Bateliers.
Entremetteurs d'affaires. \oy.
Agents d'affaires.
Entremetteuses. Femmes qui faisaient métier de l'acililer, à prix d'arj^^enl, les liaisons illicites. .•Vu dix-septième siècle, on les appelait aussi darioletles •", nom que porte la confidente d'Oriane, dans Amadis.
Entrepôt (Commissionx.ures d'). « Ce sont ceux (|ui reçoivent les marchandises dans leurs magasins, et de là les envoient à leur destinalion * ».
Envoûteurs. Imposteui-s qui prétendaient faire ressentir à une personne détei'niinée le mal fait une à statuette de cire exécutée par eux. Robert d'Artois fut accusé en 1333 d'avoir voulu envoûter Philippe VI et sa famille.
Les eiiimasqueurs étaient des sorciers de la même farme.
Eperonniers. La Taille de i202 en cite trois, celle de ISUU en mentionne cinq. Ils étaient fondus déjà dans la corporation des lormiers. Ceux-ci prirent plus tard le nom de lormiers-éperonniers, pour se distinguer des lonniers-selliers ; puis, vers le commencement du dix-huitième siècle, le mot lormier disparut, et celui d'éperonnier subsista seul pour désigner la communauté.
On trouve esperont'ers, esperonaeurs, etc.
Voy. Lormiers.
Epiciers. Jusqu'à la Déclaration du 25 a\Til 1777, l'histoire des épiciers se confond avec celle des apothicaires. Elle est comprise ensuite dans celle des corps de métiers dont l'ensemble représentait la corporation dite des épiciers-grossiersdroguistes-co nfiseurs-ciriers = .
Les épiciers étaient placés sous le patronage de saint Nicolas.
Voy. Gtoureors.
Épiciers d'enfer. Voj. Févriers.
Epileurs. C'est ordinairement aux étuves qu'avait lieu l'épilation, coutume adoptée par toutes les classes de la société. Le barbier, son valet ou quelque vieille matrone se chargeaient de l'opération \-is-à-vis des deux sexes. Quand François I" mit à la mode les cheveux courts et la barbe longue. Clément Marot peignit en vers railleurs le désespoir des barbiers réduits au métier d'épileurs *.
Le tarlet à Inui faire, La chamhrièrc à tout faire. Le hanquet des c/iamirières ' donnent sur cette coutume des détails si intimes que je ne puis les faire tiguri-r ici.
Au chapitre des redevances curieuses, Sauvai raconte que la comtesse d'Auge recevait chaque année de ses vassiiux un rasoir -, dont l'usage n'est d'ailleurs pas indiqué. Il est certain que, dans le peuple et la bourgeoisie, la mode de l'épilation disparut en même temps que l'habitude d'aller aux étuves. Un passage des Facétieuses paradoxes de Briiscamiille ', passage ([ue je ne veux pas reproduire, montre bien qu'au seizième siècle la plupart des femmes y avaient renoncé. Mais parmi les recherches delà coquetterie à cette époque, il faut mentionner la coutume de s'épiler les sourcils, de manière à ne conserver au-dessus des yeux qu'une ligne à peine visible *.
Dans le grand monde, l'épilation resta en honneur jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. En 176(5, quand le duc d'Orléans épousa madame de Montesson, l'époux reçut la chemise le soir des noces avec le cérémonial usité à la cour. Le marquis de Valençaj la présenta, et le prince, se dépouillant de celle qu'il portait, offrit à tous les assistants le spectacle d'une épilalion complète, suivant les règles de la plus brillante galanterie du temps. « Les princes et les grands, ajoute Soulavie =, ne consommaient des mariages ou ne recevaient les premières faveurs d'une maîtresse qu'après cette opération préalable ».
Epinal (Images d'). Voj. Papiers peints (Fabricants de).
Epinceleurs GrriUageurs.
et Épinceliers. Voy.
* Eneyelopédie mtikodique, arts et métii'rs, t. I, p. 460.
* Eneyelopfdie intlhodique, arts et métiers, t. 1, p. 335. ' Voy. Tallemant des Réaiil, ffis/on'el/esA. IV,p. 316.
* Jaubcrt, Dielionnaire, t. I, p. 521.
' \ov. tous ces mots.
« Éda. de 1731, t. VI, p. 257.
Epinceleuses. Vov. Épinceuces.
Epinceurs. \'oy. Paveurs.
Epinceuses. L'épinçage, époutillage ou nopage des draps consistait à arracher, avec de petites pinces de fer, les pailles et menues brindilles qui restent dans le tissu après le foulage. Cette opération était ordinairement faite par des femmes que l'on trouve nommées e'bouqweuses, e'mueuses, e'piiiceleuses, e'pin^keleuses, e'pincheuses, e'poutieuses, époutilleuses, mpeuses, etc. Elles appartenaient à la corporation des foulons, dont les maîtres se qualifiaient ép'jutilleurs de draps.
Epincheleuses et Épincheuses. Voy.
Epinceuses.
Epinetiers. Fabricants et joueurs de l'instrument appelé épinette. L'épinette, ancêtre
• Anciennes poésies françaises, t. I, p. 84 et 103 ■ t. II, p. 284.
* Antiquilés de Paris, t. Il, p. 405. 3 Édit. de 1615, p. 24.
' A'oy. Description de l'isledes hermaphrodites, f. 10, et Gabriel deMinut, De la beauté, p. 145.
5 Mémoires du règne de Louis XVI, t. Il, p. 90.
Kl'INKTlEKS — EI'I.XfiLES
(lu clavecin el dn piano, (lifîcniit siirloul de ce dernier en ce que le marteau qui y frappe les cordes était représenté par la pointe d'une plume de coi'lieau, qui les pinçai!. Rabelais a cité l'épinetle *, et il y eut, dès le seizième siècle, à la cour des épinetiers en titre -. Je trovive même sous Louis XIV, un porte-épinetle '.
Les épinetiers appartenaient à la corporation des luthiers.
Éping'les (FA3RICANTS I)'). Ils prétendaient descendre d'Enoch, vénérable patriarche, né, dit-on, 3.378 ans avant l'ère chrétienne. Comme ils ne fournissent aucune preuve à l'appui de celte assertion, il est permis d'élever quelques doutes sur sa véracité. On l'a osé. Et, par un juste retour des choses d'ici-bas, l'orgueilleuse corporation a été fort maltraitée, jusqu'en ces derniers temps, par les encyclopédies, les dictionnaires historiques, des origines, etc. J'y recueille cette phrase, dont chacun d'eux s'efforce de modifier un peu la forme : « L'usage des épingles commença en France vers le milieu du seizième siècle ; Catherine Howard, femme de Henri VIII, les introduisit en Angleterre vers 1543 >>. L'Enri/clopédie des gens du monde * envisage même avec douleur le triste sort des femmes qui \'ivaipnt avant le seizième siècle, et elle ajoute : « Auparavant, les deux sexes se servaient de cordons, de lacets, d'agrafes, de boutons, et les pauvres (ne font-ils donc pas partie des deux sexes 'i) de brochettes de bois pour attacher leurs vêtements ». Or, les Romains connaissaient très bien les épingles, el l'on en a trouvé dans plusieurs tombeaux mérovingiens ^ ; enfin, il existait à Paris en 1292 dix ateliers A'espinguiers, et il y en avait vingt-cinq en 1300 •"'.
Dès 1268, les espingliers étaient régis par des statuts fort sages ', qui furent revisés une trentaine d'années après *. Les modifications qu'y apportèrent alors l'ensemlile des maîtres et des ouvriers, « l'acort du conmun du mestier », visent surtout l'apprentissage. Sa durée est fixée à six ans pour l'enfant sans argent. De plus, fait exceptionnel, les apprentis, avant d'être admis dans l'atelier, devaient jurer solennellement sur les reliques des saints ^ qu' « ils garderont à tousjours les convenances '" et ordenences du mestier, et que, en quelque lieu ou justice *' que ils se transporteront dedans la vicomte de Paris, obéiront aux mestres du mestier ». C'était là demander beaucoup à un enfant ; mais ce serment constituait le petit personnage membre de la communauté, el nous savons que son maître était dès lors tenu de le traiter comme tel.
1 Livre I, chap. 23.
* Vnj'. .\. Jal, Dictionnaire crilique, p. 538.
3 JÉlut de la France pour 1712, t. I, p. 224.
4 Tomi' IX, p. 612.
• S Voy. J. Quicherat, Histoire du costume, p. 21 cl 8G. 6 ^"oy. les Tailles de ces deux années.
I Dans le Litre des métiers, (. lA.
8 Dans Depping, Ordonnances, etc., p. 'MM.
^ (( Sur seinz ».
lO I,cs rpglemenls, les traditions.
II Territoire, juridiction.
La communauté ne produisait que les épingles ordinaires. Les plus riches, formées de métaux précieux, étaient l'œuvre des orfèvres.
Parmi les dépenses faites en lôô9 pr)ur le mariage d'Elisabeth, fille de Henri II, je relève celle-ci : « A Pierre Plaucon, espiuglier de la Reyne, 58 livTes, pour cent seize milliers d'espingles grosses, moyennes et petites ' ». Ordinairement, les plus petites se vendaient au poids ou au quarteron, quart d'une livre, et c'est ainsi qu'on les criait dans Paris.
Les statuts des épingliers furent revisés souvent, et en dernier lieu par Henri IV en 1602. Aux termes de ceux-ci, chaque maître ne pouvait avoir à la fois plus de deux apprentis, l'apprentissage durait quatre ans et le compagnonnage un an. Le chef-d'œuvre imposé aux candidats à la maîtrise consistait à « faire un millier d'épingles ».
Les épingliers avaient le droit de faire imprimer, sur le papier enveloppant leurs épingles, ces mots Espingles de la Reyne.
Ils étaient autorisés à fabriquer, outre des épingles, « tous fers et aftiquets ser\-ans aux cliapperons des femmes -, crochets, brochettes à Iricquoter pour faire bas d'estame ', agrafes, châssis, volières, annelels, treillis * en lozanges ou en carrez, cages de fil de laiton, etc. Ils y ajoutèrent un peu plus tard des clous d'épingles, des épauleltes pour militaires el des masques pour l'escrime.
Quatre ans avant que Marinette vendit à Gros- René son « denii-cenl d'épingles de Paris ' », l'épinglier de la reine se nommait ,Tean Bourgeois et demeurait rue Saint-Denis. Il fut rais à mort par des juifs qui s'étaient crus insultés par lui, et cet événement causa dans Paris une très vive émotion *.
La communauté des épingliers compta plus de 200 maîtres qui occupaient au moins 600 ou\Tier>. Mais cette prospérité ne se soutint pas, car en 1680, il n'y avait plus à Paris que 50 maîtres et 18 veuves de maître, .\vanl 1690, il n'en restait plus un seul '. Des lettres patentes d'octobre 1695 réunirent donc en une seule la communauté des épingliers et celle des aiguilliers, chacune conservant d'ailleurs ses statuts. Ils se disaient alors épingliers-aiguiUiers-aléniers-faiseurs de poiiif''»i.i. hurins. etc.
La réputation des épingles d'.\tigleterre s'était encore étendue, et, la nu)de s'en mêlant, on vendit partout, sous le nom d'épingles anglaises, des épingles fabriquées en Normandie. Elles arrivaient à Paris enfermées dans des portefeuilles de papier qu'ornaient le portrait de quelque prince ou princesse, ou encore la représentation
I Duc di' Guise, .Ifémoires, éd. Micliaud, p. 118.
* Épinples à ebapeau.
•* .\iguilles à tricoter, i Grillages.
5 Le dépit amourtHX (1056), acte I\', se. -l.
* V. Éd. Koumier, Variétés, t. I, |i. 179.
' Savary, I. I, p. 1884. — Est-ce pour cela que dans 1 édition du Dépit amoureux donnée en 1682, le u demi-ceni d'epinpie.s de Paris » est n'mplacé par un deini-ccut d'aiguilles?
ÉPINGLKS — ÉQUIPEMKNT MILITAI KM
(le quelque éveiiciiieiil récent. Siiviirv. daus smi éditiuM (le 1723. «luiine, sur la rHliriiiilinn e( la vente de8 épiny^les, des détiiils pleins (riutéi'tM '. En 1764, la eorporalion dos épin^liers et des aiy^uilliers l'ut encore aufj^rnenlée des aii^uilletiers et deschaiiietiers. Le n(inil)re des maîtres s'élevait à 94 pour la quadruple ciininiuMaiilé des ('piiiqlia-s-aiguilliers-tii(juillHieis-(haiiit-ttei\s. 1/edit de 1770 lui réunit encore les cLiuliers et les l'errailleurs. La corporation des épiuf^liers se composa alors de six commuiiaulés, puisqu'on lui avait réuni successivement :
1mi octobre 1695, les aijj^uilliers.
En août 1764, les ai^uilleliers.
En — — les cliaînetiers.
En août 1776, les cloutiers.
En — — les l'errailleurs.
Chacun de ces métiers resta placé sous son palronag'e particulier.
Les aiji^uiUiers avaient choisi rAss(ini|)tion de la Vierge.
Les épingliers avaient choisi la ISalivité.
L'épinglier fut nommé d'abord ôouton, tabouret ou tabourin -. Le mol pelote ne paraît guère avoir été employé, avant le seizième siècle, dans le sens qui nous occupe. 11 désignait surtout l'épinglier portatif, celui que l'on pouvait mettre dans la poche ou suspendre à la chaîne d'un demi-ceint.
Épingliers. Nom donné, dans la corporation des cloutiers, aux maîtres (]ui ne produisaient que les pièces les plus fines.
C'e.;l aussi le nom que portaient les fabricants d'épingles.
Épitaphes (Faiseurs d'). Titre qui appartenait à la corporation des marbriers.
Éplaigneurs. \ ov. Lainaurs.
Eplucheuses. Dans les Ciirtonneries, ouvrières qui visitaient et nettoyaient le carton au sortir de la presse ^.
Voy. AjrachGuses.
Épong"es iCoMMERCE des. Les plus estimées venaient de Conslantinople, les plus communes de Tunis et d'Alger par Marseille.
Elles étaient vendues par les épiciers-droguistes.
Époulardeurs. Dans les manufactures de tabac, ouvriers chargés de l'époulardage. Cette opération consistait à ouvrir les feuilles, et à les frotter, de majiièiv à en enlever le sable et la poussière. '
Époutieuses. \\>\. Épinceuses.
I Tome I. |.. 1.881.
' Vov. bufjulits ot tiiboi'ftlns dans !o i^L^ssairc Hi^ Ducaii^i", où le vrai srns de ii'.s niuls paTHil avoir èlë iiiéronnii.
*' A'tiri/rfufjt'/fif Mi'thiiélîqHe . .irts cl nu'lifi's, f. I, |>. -18.-..
ÉpOUtilleurS de draps. Titre que prenait la l'iininuinauti' des foulons.
Époutilleuses. \ oy. Épinceuses.
Équarrisseurs. La Tuillf de l'^O'^ cite 13 et celle de 1:1(11) 21 escorrherurs. Rabelais fait Lajicelot du Lac •< escourchettr de clievaulx moriz * >>. Le mot equarrisseur ne figure pas encore dans l'édition du Dicliminuire de Ti'écoux donnée en 1771 ; le Diclionnaire des arts et me'tiers de Jaubert, en 1773, ne le mentionne pas non plus.
Les ecorcheui-s fai-aicnl à Paris le commerce de l'huile de cheval, dont les émailleurs se servaient pour entretenir le feu de leur lampe *.
Équilibristes. Ils appartenaient à la grande famille des acrobates. Parmi les artistes qui se distinguèrent dans l'art de l'équilibre, je citerai setdement les noms suivants :
Une femme dite la Hongroise, installée à la foire Sainl-(>ermain en 1775, sonnait une fanfare dans un cor de chasse qu'elle maintenait en équilibre sur sa bouche.
Vers le même temps, un sieur Joseph Brunn attirait tout Paris au théâtre des Grands-Danseurs du roi. Voici quelques-uns des exercices qui lui faisaient le plus d'honneur ; je les prends dans Y Almaiiach forain de 1776 :
<.< Il tient en écpiilibre un tambour au bout d'un clou, bat cette caisse de la main gauche, tandis que, de la droite, il bat un air sur une autre caisse qu'il a devant lui, attachée autour de ses reins.
Il fait l'équilibre d'une épée posée par la pointe aux bords d'un verre.
Il tient sur son front un cercle entouré de verres remplis de vin.
Il tient trois fourchettes, une dans chaque main, l'autre dans sa bouche, et jetant en l'air trois pommes, il les attrape sur la pointe de ces fourchettes.
Étant sur le lil de fer, il se met à genoux dans un grand cercle, et tient en même temps six pipes en équilibre, arrangées ert losange les unes dans les autres et dont deux portent des boutries dans leur fover ».
Gerinide Boon. dite la belle tourneuse, se piquait deux longues épées dans le coin des yeux, et les soutenait de ses mains en tournant sur elle-même avec nne. extrême rapidité.
Voy. Bataleurs.
Équipement militaire. Voy. Arbalétriers. — Arêtiers. — Armoyeurs.
— Armuriers. — Arquebusiers. — Artificiers. — Artilliers. — Bougeniers.
— Brigandiniers. — Ceinturiars. — Centralisation des métiers. — Cbarpentiers d'artillerie. — Coulauvriniers. — Damasquineurs. — Drapeaux
< Piiu/iijriie/. liv. II. (11. 30.
* Savarv. DidioiiHtuie. 1. II. p.