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déjà, à la cour de France, un grand fauconnier, chef d'un service qui prit dans la suite une grande extension, et dont on trouve le détail dans les différents États de la France ' . Je lis dans l'édition de 1736 : « Les marchands fauconniers françois et étrangers sont obligés, à peine de confiscjition de leurs oiseaux, de les venir présenter au grand fauconnier, afin qu'il puisse choisir et retenir ceux qui sont nécessaires pour le plaisir du Roy ' ».

\5n bon fauconnier ne devait jamais manger ni aulx, ni oignons, ni poireaux •'.

Voy. Capitaine.

Faussetiers L.\wdaires). Nom que prenaient les bijoutiers en faux.

Faux sauniers. Voy. Sauniers.

Fayanciers. Voy. Faïenciers.

Feiniers. Voy. Foin (Marchands de).

Femmes à barbe. On en montrait une à Paris, en 1804, dont le célèbre Kolzebue nous a laissé la description suivante: '< Passons derrière ce rideau, vous y trouverez un être femelle d'une conformation singulière et auquel la nature a fait don du plus bel ornement de l'homme ; vous y verrez une jeune fille qui porte une barbe longue, noireetépaissecommecelled'un capucin. Il n'y a pas de supercherie là-dedans ; je l'ai examinée même de très près. Celle fille n'a pas ' encore trente ans ; ses yeux chas.sieux .sont ombragés par une paire de sourcils extrêmement touffus et noirs. Figurez-vous ce \'isage si richement décoré, sous un turban blanc, mais bien sale, deux mammelles énormes qui contrastent singulièrement avec sa barbe noire, les bras, les pieds, la nuque tout à fait velus, et certes cette figure ne vous paraîtra pas trop séduisante. Sans la gorge formidable qui la dislingue, et sa vois criarde, on ne croirait jamais se trouver avec une femme. Celui qui la montrait la disait native de Norwège, à 500 milles derrière Bergen. Je me donnai pour Danois et lui parlai sa langue natale : « J'ai été amenée en France à l'âge de trois ans », me répondit-elle avec l'accent ordinaire des Parisiens ' ». î

Voy. Sateleurs el Hercules.

Femjnes de chambre. Audiger écrivait en 1692 : « Le devoir d'une femme de chambre est de savoir peigner, coifFer. habiller et ajuster une dame suivant le bon air et .sa qualité...

.Son devoir est encore de savoir bien nouer un ruban, cliausser et déciiausser la dame, faire un bain pour laver les pieds et des pètes pour décrasser les mains. Elle doit aussi se connoîtriel savoir acheter toutes sortes de nippes, comme linge, étoffes, dentelles, es,sences. eaux, pom-

I Voy. Annie 1687, l. I, p. 556. — ÀnRée 1712. t. 1, p. lao. — Année 1736, I. II, p. 289.

* Tonrif II, p. 202. — Voy. aussi Guyol, Train in offces, I. II, p. 3.

3 Ménngler de Paris, t. II, p. 325.

* .\. Kolzebue, Souvenirs de Parit m 1804, 1. 1, p. 86.

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mades el autres choses nécessaires el utiles poui' le service et propreté de la dame. Kii un mot, elle ne doit presque ifjnorer rien de tout ce qui ref^arde et concerne l'adresse, la bienséance et les divers ornemensdu sexe ' ».

L'abbé Jaubert, en 1773, dit moins brutalement : « La femme de chambre est celle qui sert sa maîtresse, lui prépare les choses nécessaires pour paroître avec {jjriiee dans le néjjlifjé, le demiajuste, rhabille et a inspection sur tout ce (|ui l'iiiicerne la cosméti(iue ou l'art de la toilette* «.

En 1736, la reine avait quatorze femmes de chambre, la duchesse d'Orléans se contentait de douze '.

Femmes de charge. ^< Le devoir d'une femme de charge est de prendre en compte tout le i>Tos linge île la maison où on la reçoit en cette qualité. Savoir : les draps tant pour le maître et la maîtresse que pour le commun, le linge de table, nappes, serviettes tant fines que grosses, tabliers et torchons, et le doimer de même aux hommes et femmes de chambre, aux officiers et cuisiniers, et en rapportant le sale leur en donner de blanc. Et lorsqu'il y en a de perdu, elle doit en avertir le maître ou la maîtresse, l'intendant ou le maître d'hôtel, leur dire qui c'est qui l'a perdu el qui ne lui a point rendu le sale ; et par là elle en est déchargée.

Elle doit aussi aider la femme de chambre à faire le lit et la chambre de la dame, et avoir soin de ranger et nettoyer tous les joure les beaux appartemens...

Elle <loit savoir mettre un-couvert, faire des compotes et dresser un plat de fruit. C'est à elle aus.si à distribuer le pain et le vin à ceux à qui il en est ordonné, et rendre de tout un bon et fidèle compte lorsqu'il en est besoin.

Elle doit avoir toutes les clefs d'une maison concernant la dépense qui s'y fait, tant pour la bouche et pour tout ce qui est nécessaire d'ailleurs, et faire la distribution du bois et du charbon pour la chambre et pour la cuisine, du sel, du poivTe, du clou, de la muscade, du gingembre, du sucre, de la chandelle, du lard, du saindoux, du beurre fondu, de l'huile, du vinaigre, du verjus, du beurre, des œufs, du papier, etc *.

Femmes d'enfants.

d'enfants. Vov. Bonnes

Femme de g-arderobe. Ce sont, suivant ■ l'ïibbé Jaubert, celles qui « dans les grandes I ihaisons ont soin de la garderobe de leurs maîl tresse, en tiennent les vêtemens en bon ordre, t toujours propres et prêts à être employés dans

fées momens de c<iprice où l'on se décide plutôt pour un ajustement que pour un autre, après avoir parcouru plusieurs fois de la vue tous les meubles de la garderobe * ».

1 La maison réglée, liv. III, chap. 3, p. 73 et 104. * Dictionnaire des arts et métiers, t. II, p. 191. 3 État delà France, t. II, p. 335 et 373. ' Audifjer, La maison réglée, liv. III, ctiap. 3. — Voy. aussi liv. II, chap. 4.

5 Dictionnaire (1773), t. II, p. 191.

FendeuiTS. Ouvriers cpii divisaient eu feuilles minces les blocs d'ardoises.

Les scieurs de bois étaient ainsi appelés, et, dans d'autres industries encore, on trouve des ou\Tiers désignés sous ce nom.

Fenerons. Voy. Faneurs.

Fenestriers. .\u treizième siècle, le mot fenêtre était synonyme de boutique, d'ouvroir, d'atelier et c'est toujours dans ce sens que l'emploie le Lifre des métiers. Le mot fene.-.triers désignait donc alors presque tous les marchands établis.

Feniers. Voy. Foin (Marchands de).

Féodistes. Voy. Feudistes.

Fer (Marchands de). Voy. Ferronniers.

Fer (Tr^waii, du). Voy. Armuriers. — Chainetiers. — Cloutiers. — Contrôleurs. — Enclumes (Faiseurs d'). — Équipement militaire. — Experts. — Fer (Marchands de). — Ferblantiers. — Ferrailletirs. — Ferrailliers. — Ferratiers. — Ferretons. — Ferronniers. — Perroillons. — Ferrons. — Fèvres. — Forestiers. — Forgerons. — Forgeurs.

— Greffiers. — Grillageurs. — Haubergiers. — Mailliers. — Maître des fèvres. — Maréchaux. — Serruriers. — Taillandiers. — Tailleurs de limes. — Tôliers. — Tréfileiirs. — Trumeliers. — Vrilliers.

Fer blanc et noir lOm rier eni et Ferblanquiers. \'oy. Ferblantiers.

Ferblantiers. Au moyen âge, les mots fer blanc désignent du fer blanchi par une mince couche d'étain. C'est encore le sens qu'il faut donner au ferrum album que cite Ducange ' d'après une charte de 1.530. L'art de fabriquer le fer blanc date, en effet, seulement tlu dixseptième siècle, el c'est par les soins de Colberl qu'il fut introduit en France. On peut voir dans la Correspondance administratire sows Louis XIV toutes les difficultés que rencontra l'abbé de Gravel, minisire de France en Allemagne, pour séduire quelques ouvriers établis sur la frontière de la Bohême. Cependant, dès 166.Ï, deux forges et deux fourneaux fonctionnaient dans la foiulerie établie à Beaumont en Nivernais, qui fut érigée en man\ifacture royale. Peu d'années après, la pluparldes ou\Tiers avaient regagné l'Allemagne, et tout était à recommencer. On parvint, non sans peine, à créer une nouvelle manufacture en Alsace ; trois autres fiu-ent plus tard fondées en Lorraine, en Franche -Comté , puis dans le Nivernais.

Les ferblantiers fabriquaient des lanternes, des chandeliers, des entonnoirs, des triroueltes.

' Glussarium, au mot ferrum.

2 Tomo III, p. 740 et suiv.

FERBLANTIERS — FERIUNDINIERS

des moules à pâtisserie, etc. Dits aussi lanterniers, ils constituaient une des classes de la communauté des taillandiers, avaient pour patron saint Eloi, et étaient dits officiellement taillandiers-ferhlantiers en fer liUnic et noir.

Hurlant dans son Dictionnaire^ ;1779) les noumw. ferhhniquurs.

Voy. Ajcaniers. — Blanchisseurs. — Goujards, etc.

Fermailleurs ei Fermailliers. Vo,v.

Fermaux (Faiseurs de).

Fermaux (Faiseurs de). Le mot fermuil, avec ses innombrables formes, revient sans cesse sous la plume de nos anciens chroniqueurs. D'une manière générale, l'on nommait fermait, fremail, fermaiUet, fermeil, fermoer, etc. tout bijou, agrafe, broche, crochet, boucle, servant à attacher, à soutenir, surtout à tenir fermé ^ quelque ajustement. Parfois, l'on suspendait au fermail une bourse, des clefs, une cassolette. Parfois aussi, il ne fermait et ne supportait rien du tout; c'était alors un ornement mis en évidence sur le vêtement, même sur le chapeau : employé de cette façon, il prit un peu plus tard le nom A'affiche ou <ï enseigne.

Au treizième siècle, quatre corporations se partageaient la fabrication des fermaux :

1» Les fermailliers, fermaiUeurs o\i fremailtiers fabriquaient des fermaux en laiton.

2° Les ouvriers (Tclain fabriquaient les fermaux en étain et en plomb.

3° Les fomhnrs-mnuhurs faliriquaienl les fermaux en archal et en cuivre.

4" Les orfèvres fabriquaient les riches fermaux en or et en argent.

Je ne m'occuperai ici que des industriels qui empruntèrent leur nom aux objets qu'ils confectionnaient.

Leurs statuts, insérés dans le Lirre des métiers •' sont intitulés : Cisl titres parole des fremailliers de laiton et de cens qui font fremaus à livres. Ces derniers représentent les lourds fermoirs fixés aux ais qui constituaient la reliure des anciens manuscrits : le parchemin, pour se bien conserver, devant rester soumis à une assez forte pression. Faute de mieux, les fermoirs étaient remplacés par des lanières de cuir.

Dans celte corporation, l'apprentissage était fort long. On exigeait huit ans de l'enfant qui apportait vingt sous, neuf ans de l'enfant sans argent. Ce stage terminé, il pouvait s'établir sans payer aucun droit, pourvu qu'en présence des jurés il prouvât son aptitude au métier.

Outre les fermaux, la communauté fabriquait, mais toujours en laiton, des dés à coudre et des anneaux.

Le travail à la lumière était interdit, sous peine d'une amende de cinq sous. L'ouvrier

devait « comencier à ower ' de biau jour et lesier ^ oevre de biau jnur ».

Deux jurés, désignés par les maîtres et nommés par le prévôt de Paris, administraient la petite communauté, qui se composait d"envii-on cinq maîtres en 1292 et de onze maîtres en 1300. Je sais qu'en 1318, les fermailliers nommèreiitencore leurs deux jurés. Je perds ensuite la trace de cette corporation, qui n'existait certainement plus au quinzième siècle ■', ou du moins s'elail fondue dans une autre.

Fermiers. « Le fermier est celui qui cultive la terre dmit un autre est propriétaire, qui en recueille les fruit.s à des conditions fixes, et les paie en argent. Le métayer partage avec le propriétaire la récolte bonne ou mauvaise dans une certaine proportion. Les fermiers sont ordinairement dans les pays riches, et les métayers dans ceux où l'argent est rare* ».

Audiii-er donne comme synonymes les mots fermiers et receveurs '.

Ferpiers. Nom que les Tailles de 1202 et de 1313 donnent aux fripiers.

Ferrailleurs. Voy. Crieurs de vieux fers.

Ferrailliers. Tous ouvriers travaillant le fer.

Ferrandiers. Ferreurs de chanvre. Ils le

frottaient par poignées sur un fer obtus, pour le rendre plus facile à filer.

Ferrandiniers. Fabricants de l'errandine.

La l'errandine constituait une étoffe très légère, dont la chaîne était en soie et la trame en laine. l<;ile devait son nom à un lyonnais nommé Ferrand qui l'invente au début du dix-septième siècle. Au siècle suivant, on confectionna des ferrandines tramées en poil de chë\Te, en poil de chameau, en fil, en colon, etc.

Les ferrandiniers formaient une seule corporation avec les ganers ou gazetiers, fabricants d'étoffes de soie très claires, unies ou brochées. Ces tissus étaient, en elVet, obtenus sur un métier absolument semblable à celui dont se servaient les ferrandiniers.

Bien que li's drapiers de soie eussent aussi le droit de produire de la ferrandine, les maîtres ferrandiniers-gaziers composaient une communauté distincte. L'apprentissage y était de cinq ans et le compagnonnage de deux ans. Ils avaient pour patron siiint Louis.

L'édit de 1776 réunit cette corporation à celle des tissutiers-rubaniers, qui forma dès lors le cinquième des Six-Corps. Au moment de cette réunion la communauté des ferrandiniers-gaziers se composait d'environ 320 maîtres.

1 Tom<' I, p. 317. , . j. . . , -,

î Aussi 11' mot fiTinnil a-t-it [.arfuis de.signc unr builp, un coffret.

3 Titre XLII.

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