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FÊTES — FIACRES

Fêtes fLES QUATRE BONNES». Dans les statuts fies métiers et dans les ordonnances du moyen âge, l'on désigne ainsi Pâques, la Pentecôte, la Toussaint et Noël. Cette expression a encore été employée par Bon. Despériers *.

Fêtes religieuses 'Observation des).

Voy. Dimanclies et fêtes.

Feudistes. Jurisconsultes versés dans la connaissance du droit coutumier, des lois féodales. Cette science ne date guère que du seizième siècle, du Commentaire que publia Charles Dumoulin sur le tilre des fiefs de la coutume de Paris.

Envisagé à un point de vue plus pratique, VAlmanach Dauphin pour 1777 consacre aux féodisles les lignes suivantes : « Les féodistes sont ceux qui connoissent particulièrement la partie (les fiefs et biens seigneuriaux, et qui font le dépouillement des terriers sur les plans géographiques et topographiques que leur fournissent les arpenteurs, pour constater les domaines des seigneurs et les biens de leurs censitaires ».

Feuilletiers. Titre qui appartenait à la communauté des cartiers.

Feutres (Leveurs de). Ouvriers employés dans les fabriques de papier, et dont la principale occupation consistait à brasser la cuve et à retourner les feutres.

On les nommait aussi vireurs.

Feutriers. Marchands ou apprèteurs de feutres. I^a Taille de 1292 en mentionne dix, celle de 1300 en cite huit seulement.

Vov- Chapeliers de feutre.

Fèvres. On nomma d'abord ainsi tous les ouvriers travaillant les métaux, c'est là l'origine du mot orie\Te. Mais, dès le treizième siècle, on ne désignait plus guère sous le nom de fèvres que les ou\Tiers employés au travail du fer.

Voy. Couteliers et Maître des fèvres.

Fiacres. Nom donné jadis aux cochers des voitures publiques appelées fiacres. Ils le regardaient comme injurieux.

Marivaux, dans sa Marianne ^, décrit une querelle élevée entre un de ces hommes et une femme qu'il venait de conduire ; on y trouve cette phrase : « Qu'est-ce que me vient conter cette chifliannière "? répliqua l'autre en \Tai fiacre ». J'emprunte encore à la deuxième scène du Moulin de Javelle^ pièce de Dancourt jouée en 1696, ce fragment de dialogue:

« Finette. Par ma foy. Madame, cela n'est point joli, un coquin de fiacre parler de la sorte.

Le cocher. Fiacre, oh ! fiacre vous-même ! Point tant de bruit, vous dis-je, et de l'argent ! »

Un sieur Sauvage fut, dit le commissaire Delamarre, « le premier qui s'avisa d'entretenir

1 Noutelle XLV, ôdit. clzév., t. II, p. 178.

2 Seconde iiartio, édit. de 1877, p. 51.

des chevaux pour les louer à ceux qui se présenteroient. Son entreprise eut tout le succès qu'il pouvoil en attendre ; le public s'y accoutuma si bien que Wtn x\\. après, beaucoup d'autres loueurs de carrosses s'établir, à son exemple, en différens quartiers. Sauvage demeurait rue Saint- Martin, dans une maison appelée l'hôtel Saint- Fiacre ; comme ii éloit l'auteur de l'invention et le plus accrédité de son temps, les caiTosses de louage furent non seulement nommés fiacres, mais les maîtres et les cochers en ont toujours retenu le nom ^ ». Tout ceci se passait vers 1645.

La grossièreté des fiacres devint bientôt proverbiale, et nos auteurs dramatiques en ont souvent tiré parti. J.-P. Marana écrivait vers 1690 : « Les cochers sont si brutaux, ils ont la voix si enrouée et si elTroïable, et le claquement continuel (le leurs fouets augmente le bruit d'une manière si horrible qu'il semble que toutes les Furies soient en mouvement pour faire de Paris un enfer * ». La Palatine disait, de son côté : « Vous savez que ces gens-là sont fort insolents ' ». Ils étaient fort paresseux aussi. Madame Cradock raconte que, surprise par un orage, elle voulut rentrer chez elle en voilure : « Il y avait trois fiacres sur la place, écrit-elle, pourtant, telle est la nature des gens du peuple à Paris, que j'eus beau offrir trois fois le prix du tarif ordinaire, tous refusèrent de me conduire, répondant qu'ils avaient, ce jour-là, de quoi souper et boire, et que rien ne les forceroit à bouo-er * ». Il existait, en 1760, vingt-neuf places affectées aux carrosses de places, rulgairement appelés fiacres ^ . Il semble que ce nombre était, vingt-neuf ans après, réduit à vingt-deux *.

Ecoutons maintenant Sébastien Mercier :

« Les misérables rosses qui traînent ces voitures délabrées sortent des écuries royales et ont appartenu à des princes du sang. Ces chevaux, réformés avant leur vieillesse, passent sous le fouet des plus impitoyables oppresseurs... Rien ne révolte l'étranger, qui a vu les carrosses de Londres, d'Amsterdam, de Bruxelles, comme ces fiacres et leurs chevaux agonisans. Quand les fiacres sont à jeun, ils sont assez dociles; le soir, ils sont intraitables ; les rixes fréquentes qui s'élèvent sont jugées chez les commissaires; ils inclinent toujours en faveur du cocher. Plus les cochers sont i\Tes, plus ils fouettent leurs chevaux, et vous n'êtes jamais mieux mené que quand ils ont perdu la tète.

» Il s'agissoit de je ne sais quelle réforme, il y a quelques années : les fiacres s'avisèrent d'aller tous, au nombre de presque dix huit cents, voitures, chevaux et gens, à Choisy où étoit alors le roi, pour lui présenter une requête. La cour fut fort surprise de voir dix huit cents fiacres vides qui cou\Toient au loin la plaine et venoient apporter leurs humbles remontrances aux pieds

1 ï)fs can-ossfs à l'heure. eommuHément dits faeres^ dans lo Trallf lie In /lo/iee. t. IV, p. 437. ' Lettre il' un .Sieilien, p. 11.

•■> Lettre du 20 octobre 1720.

* Journiil lie Mudame Crndork (1783-86), p. 30. •> iHc, Tnblenu lie la aille de Paris, p. S.IO. " Li'sago, Le géographe parisien, t. II, p. 328-

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