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FIGURES DE CIRE — FILATEURS

reslail en cet état *, le service de la table avait lieu dans la pièce comme si le monarque eût été vivant. Aux heures accoutumées^ les repas étaient apportés par les genlilsliommes servants, l'aumônier disait le bénédicité, tous les officiers vaquaient à leurs fonctions, on faisait l'essai des viandes, on présentait à laver <,< à la chaise dudicl seigneur, comme s'il eust esté vivant et assis dedans ». Assistaient à ces repas, « les mesmes personnaiges qui avojent accouslumc de parler ou respondre audict seigneur durant sa vie - ». Tous les mets présentés étaient ensuite donnés aux pauvres.

L'art d'obtenir des effigies de ce genre fut surtout perfectionné au dix-septième siècle. Un peintre nommé Antoine Benoît « trouva le secret de former sur le visage des personnes vivanles, même les plus délicates, des moules dans lesquels il fondait ensuite des masques de cire, auxquels il donnoit une espèce de vie par des couleurs, des jeux d'émail, etc. ^ ». De 1600 à 1704, il exécuta ainsi sept médaillons de Louis XIV, et parmi eux celui qui figure encore à Versailles dans la chambre à coucher du roi. Les importants personnages de la cour furent également représentés par le même procédé, et en 1608, Louis XIV autorisa Benoît à exposer en pidalic tous ces portraits *. Ainsi fut créé le premier musée de figiu-es en cire. Benoît l'installa dans la rue des Sainti»-Pères, et il en transportitit chaque année l'exposition à la foire Saint -Germain. Deux des prospectus qu'il répandit alors sont conservés à la bibliothèque Mazarine '. Le premier se termine ainsi : « On les montrera (les figures) tous les jours matin et soir, mesme aux flambeaux, au logis du sieur Benoist , rue Saint Père , proche la Charité, et l'on ne prendra que dix sols pour chaque personne ». Benoît mourut à Paris en a\Til 1717, à l'âge de quatre-vingt huit ans *.

Il avait eu des imitateurs.

On nommait la Crèche un spectacle établi rue de la Bùcherie, près du Petit-Pont, dans une des salles de l'Hôlel-Dieu. Des figures de cire y représentaient la crèche de Jésus-Christ, où l'on contemplait une quarantaine de personnages, lion compris le bœuf et l'âne. Cette exhibition annuelle durait depuis l'Avent jusqu'à Pâques, et l'on y était admis pour deux sous '. En 1726, les propriétaires se nommaient Nicolas et Anne Bertrand.

Un sieur Kirkener faisait voir, en 1774, à la foire Saint-Germain, une foule de personnages contemporains. Les premières places coûtaient vingt-quatre sous, les troisièmes six sous.

Quelques années plus lard. Clément Lorin

installa sur les boulevards le Cabinet des grands voleurs ' .

Enfin, vers 1778, un allemand nommé Creutz ou Curtz, qui se faisait appeler Curlius, ouvrit d'abord au Palais-Rojal, puis sur le boulevard du Temple un salon où étaient figurées en cire et de grandeur naturelle toutes les notabilités contemporaines. C'est là qu'en 1789 furent pris les bustes du duc d'Orléans et de Necker que la populace promena dans les rues. Tous les ans, Curtius renouvelait son musée, et tous les mois, il V apportait ((uelque innovation. Il était double d'ailleurs, l'un plus spécialement consacré aux grands hommes du jour ; l'autre destiné aux scélérats, aux bandits célèbres *. Comme au musée (îrévin actuel, Curtius exposai! encore plusieurs objets historiques dont l'authenticité était démontrée par de nombreux certificats; je citerai, par exemple, la chemise que portait Henri IV quand il fut assassiné, une momie d'Egypte, etc., etc. Ces merveilles attirèrent d'autant plus de monde que le prix d'entrée était de deux sous seulement ^. Le cabinet de Curtius existait encore en 1837 *.

En 1793. fîuiUaume Lojson, qui montrait aux Champs-pjlysées des figures de cire, fut arrêté et exécuté pour avoir exposé le buste de Charlotte Corday '.

Yoy. Cabinets d'anatomie et Ciriers.

Fil de fer. Voy. Tréflleurs.

Fil d'or et d'argent. Voy. Tireurs.

Filandiers et Filandriers. Fileurs de chanvTe et de lin'^. Ce nom a aussi été donné parfois aux cordiers.

Filassières. Les filassières, dites aussi cerenct-re.s.srs et seranceresses, peignaient la filasse avec le séran, de manière à la rendre apte à être filée. Cette opération devait se faire dans Paris, « car l'on ne sel pas bien le lin serancier hors de la ville comme l'en fet dedenz ' ». Les femmes seules étaient admises dans la corporation. L'apn prentissage durait six années. La Taille de 1292 cite seulement trois « cerenceresses ».

En 1666, les liniers, les chanvriers et les filassiers furent réunis en une seule corporation dont les liommes se virent exclus, et dont les maîtresses se qualifièrent dès lors de hntèrescliuurrières-filassières. Elles avaient pour patrone sainte Marguerite, dont elles célébraient la fête le 20 juillet à l'église Saint-Bon.

Voy. Liniers.

Filateurs. Propriétaires ou chefs d'une

filature.

1 Onze Jours pour François I"', six jours pour j Charl.s IX. I

î Aov- Trespax obsèques et enterrement de très hnut, très puissant et très magnfinime roi François, etc.

3 Savary, Dictionnaire du commerce, t. I, p. 781.

* \vy. le llultelin de la société de l'histoire de Paris, 23» année (1896), p. 201.

5 Dans le recueil côté .\. 10.551.

fi Jai, Dictionnaire critique, p. 103.

1 ine, Etat de Paris, oilit. de 1757, p. 178.

* K. Canipai'tlon, p. 141 ; l. II, p 13 et 78.

î Vov. J.-B. l'ujoulx, Paris à la fin du siècle. 181)1, in-8. p. 102.

3 Thiéry, Uulde des amateurs (1787), t. I

* \'oy. Brazier, Histoire des petits théâtres,

5 Canipanlon, I. Il, p. 81.

6 \oy. Fileurs.

" Livre dts tnttiers, litre LVII, arl. 3.

Les spectacles de la foire, t. I,

dix-huilièmt

FILATIEHS — K1I,EUHS D'OH l'IT D'AUGENT

Filatiers. Vov. Filotiers.

Filatrices. Dans les numufuctures do soie, feniiues « ncciipées ù tirer la soie de dessus les cocons ».

Filature. Au lUdyt'UÙy:!'. la lilalin-r(u'CU|iiiil cinq corps de motiers ;

1° Les fileuses de chanvre el de lin.

2" Les fileuses de laine.

'3° Les fileuses de soie à petits fuseaux. 4" Les fileuses de soie ù }^niniis fuseaux. 5" Les fileuses de colon.

Quoiqu'on disent les dictionnaires, reni|iloi du niuel ne date pas du seizième siècle. Sous son premier ncun de louret. je le trouve cité dans les statuts que les r/iiij)f/if):i de coton, {qui d'ailleurs employaient plus de laine que de colon > soumirent, en 1268, à l'homolof^ation du prévôt Etienne Boileau. On y lit : « Nus chapeliers de colon ne puel faire filer son fil à tourel, el se il le fesoil, il seroil ars * ».

Il semble bien résulter de cette phrase que, pour la perfection du travail, le fuseau était alors refi^ardé comme supérieur au roviet. Mais celui-ci n'en avait pas moins ses partisans, car je rencontre dans la Taille de 1313 ces deux mentions :

Thiephaine, qui file au tourel.

Heloys, qui tilo au touvot -.

Jusqu'au début du dix-huitième siècle, jusqu'à la merveilleuse invention de Philippe de Girard, le lin et le chanvre étaient filés, dans les villes et surtout dans les canipao;nes, par des ouvrières qui utilisaient leurs veillées d'hiver à faire manœuvrer la quenouille el le rouet. Les matières le plus employées, rouies et teillées d'une façon gro.ssière, et les fils souvent irréy^uliers produisaient des toiles d'un aspect ruj^ueux et peu ilaltçur, mais d'une telle résistance à l'usage qu'il n'était pas rare de trouver dans les armoires de nos aïeules des serviettes, des chemises, des draps dont le service remontait à près d'un demi-siècle ^.

Vov. Chanevaciers. — Chanvre. — Empeseurs. — Filassières. — Filerons.

— Fileurs. — Fileuses. — Fuseaux (Fabricants de). — Liniers. — Navetiers. — Tisserands.

Fileresses. Vov. Fileuses.

Filerons. Des fileurs sans doute. J'ai trouvé ce nom dans l'orilonnance du 30 janvier 1351, qui s'exprime ainsi : « Tous tisserans de draps, teinturiers, faiseurs de toiles, foulons, filerons, pigneresses.. * ».

Filetiers. Faiseurs de filets pour la chasse et pour la pèche.

L'on donnait aussi ce nom à tous les artisans qui travaillaient à la fabrication du fil.

' Hi-ûlo. — Liore des mêliers, litiv XCIl. - Pages 33 et UU.

•' Hiipport du jury inlernniional de l'expnsilimi de 18H9, trroup.- IV, p. 43.

* .Vrtiele 230

FiletOUpierS. Se dil de ceux qui ballerit le ciianvre pour en lii-er la graine.

Filet» (Faiseurs ue). Titre que prenaient les maîtres de la corporation des cordiers.

Voyez aussi Pêche (Ustensiles de).

Fileurs d'archal. \'ov. Tréflieurs.

Fileurs de boyaux. Voy. Boyaudiers.

Fileurs de chanvre et de lin. Leur

corporation admell ai lindistinclemeid des lioni mes el des fen\mes, car on trouve cités des jHundriers el de.a fildiidrières '.

Leurs plus anciens statuts leur furent accoi-dés en IU28 parle prévôt (iilles Haguin -.

.\ux termes de ces statuts :

Le droit de s'établir s'achetait dix sous, dont six revenaient au roi el quatre à la confrérie.

Chaque maître ou maîtresse pouvait avoir à la fois deux apprentis ou apprenties.

La durée de l'apprentissage était de quatre ans.

Deux jurés administraient la communauté.

Ces statuts furent confirmés, sans changement, le 16 janvier 1349.

Fileurs de fer. Voy. Tréflieurs.

Fileurs de lumig-non. Titre qui ai)partenail à la communauté des cardeurs.

On appelait lumignon des mèches destinées aux cierges d'église el aux flambeaux de poing. Ceux-ci étaient de forts bâtons de cire, carrés, un peu arrondis aux angles, longs d'environ un mètre, et aussi larges du haut que du bas. Ils étaient garnis de quatre mèches à peu près grosses comme le pouce. Pour s'éclairer le soir dans les rues, on se feiisait souvent précéder d'un ou de plusieurs laquais munis de flambeaux de poing. Leur nombre ne révélait pas la qualité de la persoime, mais bien l'effet qu'elle voulait produire. Au début de la Fronde, quand le cardinal de Retz se décide à aller calmer la populace, il fait allumer huit ou dix flambeaux, et se rend ù la porte Sainl-Honoré dans cet équipage ■*. Une autre fois, on le voit se contenter de deux, sans parler des soirs où il n'en prendra pas du tout, pour se rendre plus secrètement ù ses rendez-vous galants. Ce sont aussi des flambleaux de poing que l'on portait à la main, en iruise de ciero-es, dans certaines cérémjuies publiques, les processions par exemple.

Aux purtes des hôtels, on trouvait de larges cornets de pierre disposés pour éteindre le flambeau à l'arrivée.

Fileurs d'or et d'arg-ent. Tiire qui

appartenait à la corporation des tireurs d"or el d'argent. Les lissuliers rubaniers ayant voulu se l'approprier, un arrêt du 4 janvier 1692 le leur interdit.

» Cinq, dans la Taille de 1292; six, ilans eelle de 1300 - Dans les OrdoHit. royales, l. II, p. .567. '• Gard, (le Retz. Mémoires, éiiit. Politot. 2* séri t. XLIV, p. 296.

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