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FRATER

pltiiii' toii-e : « A li» iViiize un riin-^iioist le Vfiui ' ». Les énitlits n'étaii-nl pus plus respeclu('u\ que les écoliers : <.< Les frnises de veau, ccriviiit aliirs Henri Eslieniie, niit a])|jris aux i^i'iilils-lioinines à nccousirer niif^iunineiiient les lollels (le leurs chemises * ».

Sur lu lin du rèo;ne de Henii I\ , les fraises l'ureut remplacées par le collel-nnonlanl, sorte d'éventail formé de denloUes et que des fils d'arclial niaintenaienl ouvert derrière la tête.

\'ov. Empeseurs.

Fraisiers. Cultivateurs de fraises. Vers

l:j()4, (iliarles \" lit planter douze mille fraisiers

dans le^ jardins ilu Louvre •'. Ses successeurs ne se

nioiilièrenl iruère moins frian<ls de cette rosacée,

.\u milieu du seizième siècle, l'on mangeait

les fraises avec de la crème :

Ostp crie fromapc «le cn.siiir.

l'oiir mnngi r avec îles fiaiielles,

disent Les ceiit-sfpt cris de I.V45.

Il s'agi.ssait encore de fraises des bois, car c'est seulement vers la fin du siècle que l'on sonjj^'ea a soifjner la lullure de ce fruit et il favoriser sa multiplication. Ku 1661. l'on n'en connaissait encore que quatre espèces, y compris les caprous. Quatre ans après, ce nombre s'élevait à six, et il n'était encore que de dix en 1766 *, bien que Louis X\ ait eu pour les fraises un jjoùt particulier.

Jusqu'à la fin du seizième siècle, les framlioises. considérées comme un fruit de ronce, étaient abandonnées aux écoliers et aux paysans.

Frangers. Titre qui, à dater du quinzième siècle, appartint aux tissu tiers-rubaniers.

Frangers-Dorelotiers. Nom que prirent

les laceurs à la fin ilu treizième siècle. Vov. Dorelotiers.

Frappeurs. Chez les épingliers. ou\Tiers qui formaient la tête de l'épingle en frappant (l'un coup de marteau le fil de laiton '.

Fraseeurs. Ils fal)ri(juaient les freseaux ou fresellts. garnitures bouillonnées dont on bordait les véteinenl-s des femmes ^. On faisait encore en fre.seaux des brides d'attache pour les chapes, les colliers, les bracelets ; c'est ainsi qu'on lit dans le Dit (Tun mercier'' :

J'ai beax fresoax a faire atacbrs, .\ gros botous 8 (i'or et do soie.

La Taille de i292 cite un fraseenr, celle de 13IH) une frasaresse. celle de iSiS un fraseeur et une frasserresse.

' I,estitile. Joiirniil.

- Diiiluijues. filil. Liseux, I. I. p. 210. — Vov. aussi || Ti\, il Montaigne, Ensuis, liv. ], cli. XLIX."

' Le Koiix de Lincy, Compte des dépenses de Charles Y, etc, [,. 12.

* .\.-N. Ductiesne, Histuire naturelle des fraisiers, I78fi. in- 12.

' Kiinjcloiie'die méthodique, arts et raétiei's, t. I, p. 460.

6 J. Quieheral. Histoire du costume, p. 163.el 187.

" (Quatorzième siècle.

* Koutons.

Frater. Nom donné n l'apprenti d'un iKii'bier ou d'un chirurgien.

Le sort de ces jeimes gens était celui de tous les autres apprentis, celui des clercs chez les procureurs, celui de tous les débutants appelés a faire leur noviciat chez un maiire. La vie qii'ils menaient avait sans doute ses côtés pénibles, et elle est moins dure aujourd'hui dans le même milieu, j'en ccmviens, mais je crois que l'on a beaucoup exagéré ses amertumes. ()n possède sur ce sujet deux documents cuiieiix, auxquels il ne faut toutefois se fier qu'à moitié. Le premier est une petite brochure pupidaire, imprimée à Troves en 171,"), et qui est intitulée: La peine et la misère des gurrons chiruryiens, autrement appelés fralres, représente: dans un entretien joyeux et spirituel d'un tjarçon chirurgien et d'un clerc. L'autre a pour auteur un médecin, par conséquent un homme aloi's disposé à dire tout le mal possible des chirurgiens ' .

L'entretien entre le clerc et le frater n'est, H vrai dire, ni très joyeux ni Iri's spirituel. Le garçon chirurgien se plaint d'abord qu'on l'éveille « dès le poltron Jacquet », pour ouvTir la boutique. Le maître est toute la journée dehors, occupé à panser des plaies ou à pratiquer des saignées ; il faut du matin au soir garder le logi.s. faire le poil à tout venant, gourmande par la patronne, encore plus dure et plus avare que le patron. Notre jeune homme a « craché du latin » tout comme un autre, car il a passé par le collège. Faute d'argent, ses parents l'en ont retiré ; et, raconte-t-il, « comme j'entendois dire à tout le monde qu'un homme auiavoit une parfaite connoissance de toutes les parties du corps humain, qui savoit saigner, faire le poil proprement et panser les plajes étoit capable de passer par tout, de gagner sa vie en temps (le paix ou de guerre, dans son pays ou dans les terres étrangères, je vous avoue que j'ai plutôt choisi cette condition qu'une autre, sans faire réflexion si elle étoit douce ou pénible ».

Ce qui la rend surtout difficile à supporter, c'est qu'au logis du maître la cuisine n'est pas assez soignée. Il y a aussi le chapitre des abstinences, des jeûnes commandés par l'Eglise, et qu'en bonne chrétienne la patronne fait observer avec rigueur. Ne peut-on donc pas sauver l'àme sans tant maltraiter le corps?

En dépit de ces doléances et de si justes sujets de plainte, les garçons chirurgiens ne pas.saient guère pour engendrer la mélancolie. Ils n'en ont pas moins excité encore la pitié d'un docteur sensible.

François-,Ioseph Hunauld jouit jadis comme médecin d'une réputation que le temps n'a point respectée. Il fut professeur d'anatomie au Jardin du roi, et accompagna le maréchal de Richelieu lors de son ambassade à Vienne. Tant de science et de »loire s'alliaient à un assez mauvais carac-

' Pour èUejusle, il l'aul reujiuiaîlic que les cliiruigiens le tour rendaient bien. Dans La tontine, de Le.sage, le doolenc Trousse-Galant dit à l"'ro.sine : ii Retii-ezvous, impertinente. Il vous sied bien de parler contre les docteurs en médecine ! Laissez c* soin-là aux chirurgiens ». (Scène II).

FRATEK — FRIPIERS

tère, et Hunauld avait voué une haine lerrilile aux chirurgiens qu'il accusait, non sans quelque raison, d'exercer la médecine. Il exhala sa colère dans un pelil volume devenu rare, ce qu'il n'y a g^ufere lieu de regretter. Comme il s'agissait surtout pour la Faculté d'attirer ù ses cours les élèves en chirurgie, c'est à ceux-ci qu'il fait des avances :

« A peine le coq a-t-il chanté que le garçon se lève pour balajer la lioulique et l'ouvrir, afin de ne pas perdre la petite rétribution que quelque manœuvre qui va à son travail lui donne pour se l'aire faire la Imrbe en passant. Depuis ce temps jusqu'il deux lieures de l'après-midi, il va chez cinquante particuliers jieigner des perruques, attendre dans raiilicliaudjre ou sur l'escalier la commodité des [)iatiques, mettre les cheveux des uns en papillotes, passer les autres au fer, et leur faire le poil à tous. Vers le soir, s'il est de ceux qui ont envie de s'instruire, il prendra un livre. Mais la fatigue et le dégoût que ciiuse néce.ssairement l'étude à ceux qui n'y sont point accoutumés lui procurent bientôt un profonil sommeil, qu'interrompt quelquefois le liruit d'une petite cloche suspendue à la porte, qui l'avertit de faire le |)(nl ;i un paysan qui entre

Jamais homme n'a exigé tant de respect d'un ilomestique. et jamais dans les îles un blanc n'a cherché plus avidement à profiter de l'argent que lui coûte un nègre, qu'un maître chirurgien à profiter du pain et de l'eau qu'il donne à ses garçons. Une autre après-midi que celles où ils ont congé, il ne leur permettra pas de sortir pour aller aux leçons puliliques, de peur de perdre l'argent d'une barbe qui ne \-iendra peut-être pas. C'est pourquoi les médecins, poussés par un esprit de charité, faisoient à ces pauvres jeunes gens des leçons de chirurgie dès quatre heures du matin * ».

Fremailliers. Voj. Fermaux (Faiseurs de).

Frepiers et Freppiers. Xoms que le Lieve des Métiem (1268 , puis l'ordonnance des Bannières (1467) donnent aux fripiers.

Fresines. Voy- Frocines.

Fréteurs et Fretteurs Voy . AflCréteurs.

Fretonneurs. Voy, Fiertonneurs.

Fripiers. Ils ne vendaient que du vieux : vêtements et étoffes de toute espèce, draps, laines, toiles, feutres, cuirs, etc. ayant déjà .servi. Kn 1268. ils firent homologuer par le prévôt de Paris Etienne Boileau leurs statuts, qui sont très complets, très curieux -, et que je vais analyser.

Dès cette époque, on distinguait trois classes de fripiers :

1° Les fripiers boutiquiers, qui constituaient rarislocralie du métier :

1 Le ckiruryieti mMerin^ uu letfre contre tes ehiriirgiens iii exererni ta $néi/eriae, 1726, iii-12, p. 27 l'I 30.

2 /.l'rre lies iiiéllerx, tilic LXXVI.

2" Les fripiers ambulants^ qui représentaien nos marchands a<;tuels de vieux habitai ;

'A" Les fripiers étaliers, pauvres diables, revendeurs (le vieux linges et de vieux souliers, qui étalaient ces hardes dans une rue longeant le cimetière des Innocents.

Le roi avait donné à son cliambrier (alors le comte d'Eu) les revenus et la juridicti<m professionnelle du métier, et celui-ci avait délégué son autorité à un mandataire, qui prenait le nom de maître des fripiers ' . C'est à ce dernier qu'il fallait acheter le droit d'exercer : « et le vent à l'un plus et à l'autre mains, tant corne il li semble bon ».

Son premier soin était d'établir la moralité du postulant, qui devait être reconnu « preud'om et loial ». Si les renseigemenLs étaient bons, il l'admettait à prêter serment. Le nouveau maître jurait « que il tiendra le meslier bien et loiaument ans us et aus coustumes du mestier ». Il s'enuray-eail en outre à n'acheter ni à des voleurs ni à des gens mal famés. « ne de larron ne de larronnesse, ne en bordel ne en taverne », ni à des lépreux. « ne de me.sel ne de mesele ». ni à qui que ce fût aucun objet mouillé ou .sangluid ilonlil ignoràtla provenance, ni aucun ornement d'église nou réformé pour cause de vétusté, « s'il n'est despeciez par droite useure ». Tout contrevenant était déchu de sa profession jusqu'à ce qu'il eût acheté de nouveau le droit de l'exercer. .Les fripiers pouvaient avoir un nombre illimité d'apprentis, et régler comme ils l'entendaient les conditions de l'apprentissage.

Ils jouissaient du droit du hauban.

Il n'est pas question de jui'és dans leurs statuts. Tout porte donc à croire que ces fonctions étaient remplies soit par le maître des fripiers soit par un de ses mandataires.

Quant au service du guet, les fripiers reconnaissent qu'ils y sont astreints ; mais ils se plaignent, en un stvle na'if et pittoresque, de ce que, lorsqu'ils ont un cas d'excuse à présenter, on ne les autorise pas à le faire transmettre par un ouvrier, un sen'iteur ou un voisin. Ceux « qui gardent le gueit de par lou Roy » exigeaient, eu effet, que la femme du fripier vint elle-même apporter au Chàtelel les excuses de son mari, et on voit tout de suite à quels dangers étaient ainsi exposées les pauvres femmes : « Voelent et font venir leurs famés en propre parsonne, soient bêles soient ledes, soient vielles ou jeunes, ou foibles ou grosses, pour leur seigneur es.soignier * ; la quele chose est moult liede et moult vilaine que une lame soit et siée •' en Chasleleil dessi à ((ueuvre feu * tant (jue li gueiz est livrez ; et dont s'en veit à tel eure parmi tel ville corne Paris est, toute seule parmi rues foraines ' dessi dans son ostel * : et en ont esté aucun mal, aucun péchié, aucune vilenie faite '' ».

' Voy. ci-dessous cet article.

2 Excuser.

3 Reste.

* ne|iuis te couvre-feu.

■'• Éloi{;îu'''s.

" Sa demeure.

'^ Vov. ci-dessous t'arl. Guel des mi^tiers.

FRII'IKHS

Ul

Les tripiers liinhulanls. << cil qui viuil ciiiiiit la l'i'li' l'I la c-liMpf par la ville lU' l'aiis », étaii'iit l'iir( iiu'()i-isi's(]esiiiailifMinbt>iili(juo. llsili'vaieni, (■(iiiuiR" ci'ii\-ci, aclii'd'r le luélifi-, mais moins cher sans doiilf, el mi le leui' faisait aclieler une seeimde l'ois s'ils vuiilHienl s'élahlir. Comme nos iiuiirlumils de vieux lialiil.s, ils parcouraient les rues, ciiaiit leurs ij^nohles hardes, demandant à en acheter et spéculant, i)arait-il, sur les l"ré([uents besoin d'ary^ent des étuiliaiits :

Clerc i sont engaiiés souvent,

dit (îuillaume de la Ville Neuve, dans ses drieriis df Paris.

(]es tripiers avaient crée pour leui' usage un petit marilié « en lieu et en oevre soupeçonneuse, c'est à savoir à Sainl-Séverin, là où la place nVst mie luonlt {i^raus », el ils s'y réunissaient depuis six heures du soir jusqu'à la nuit. Les fripiers établis demandent au prévôt de supprimer ce marché « où, disent-ils, sont moult de jj:eus (Innuij^iéz en moult de manières, quar on i vent (les choses si)upei;onneuses », probablement celles dont nous avons vu l'achat interdit.

La dernière classe des frij)iers se composait, d'après l'ordonnance de janvier 1278 ' , de « povies lames linjfères. vendeurs de petits sollers, et de povres pitéaliles |)ersonues vendeurs (le menues i'erperies ». Klles éludaient leurs misérables m;irchandises contre un mur qui longeait le cimetière des Innocents. Délogées par Philippe le Hardi, qui Kt construire sur cet emplacement une halle aux souliers , elles obtinrent, non sans peine el non sans opposition de la part des savetonniiM-s. un certain nombre de places sous cette halle.

La Taille de 1292 mentionne 121 ferpiers, el celle de 1303 en cite 162. Ils sont tous compris dans ces chiffres, même ceux qu'on trouve désignés ainsi :

Bertaul, qui crie cote et surcot.

Robin, le cote-seurcot.

V.n 1467. les fripiers prétendirent s'affranchir de l'autorité du grand ciiambrier, et l'appelèrent même devant le Parlement. Il fallut une ordonnance royale * pour les réduire à l'obéissance et rendre au duc de Bourbon, alors pourvu de cet oitice, les droit-s dont avaient joui ses pré<lécesseurs.

Les statuts des fripiers, souvent confirmés, furent revus en juin l.")44, el révisés de nouveau sous Louis XIV en 1665 '.

Aux termes de ces derniers, le commerce des fripiers pouvait s'étendre non seulement aux étolfes, mais aux objets vieux de toute nature : dentelles, galons, tapisseries, fourrures, chapeaux, épées. baudriers, meubles, métaux, etc. ; mais ils étaient olilijjés à tenir reffistre de tout ce qu ds achetaient, eu mentionnant pour chaque acquisition le nom du vendeur.

Ils avaient le droit de confectionner des

• Dans les OrJonn. royales, t. V, p. 107.

* 24 juin. OrJonu. royales, t. XVI, \<. ()45.

3 Dans Fonlanon, t'Hils el orilonniinrex, l. I, p. 1.054.

vêlements neufs, pourvu que le piix de ceux-ci ne dépassât pas dix livres.

l/apprenlissage durait trois ans et le compagnonnage autan! .

On n'était admis à la maîtrise (juaprès c/iefd'œunre. Toutefois, les tils de maître étaient dispensés de cette épreuve ; quant aux tils de maître nés avant la maitri.se de leur père, on les soumettait seulement à Vexpérieiice.

Fresque tous les fripiers elaieul ou passaient |iiiur juifs '. In des personnages tV Elumire ki/pticondre (l(i70 comédie de Le Boidanger de Chaliissaj, dit à Elomire :

,Ii' vuis bien que tu viens ilo oc ricin' \ia\r, OEi les juifs ramassés di-meurèrent jadis.

Et Elomire répond :

Il est vrai, je suis né devant la friperie Qu'autrement à Paris l'on nuinnie Juiverie S.

.luifs ou non, les fripiers avaient la réjiutatioii de surfaire à ce point que l'on pouvait leur oll'rir le quart du prix demandé ■*. On les accusait de receler des marchantlises provenant de vol. Quand Panurge dérobe à la grande dame de Paris ses patenôtres, il court les porter à la friperie *. Les voleurs, disait-on, «jetoient par le soupirail de leurs caves ce qu'ils avuient butiné par la ville ^». Ilsétaient enfin grands amis des tirelaine

Qui vont vers la Samaritaine

Quitter 6 aux bourgeois leui's manteaux ''.

Ou les soupçonnait aussi, el non sans raison, d'acheter au bourreau les défroques des suppliciés :

Tuus les habits qu'avez viennent de ces penduz. Ou bien de ceux qui sont sur la roue ronipuz, Ou bien de ([uelque noble qui. pour un coup d'espée, Dessus un esehati'aut a la teste trancbée *.

Le métier était régi par un syndic et quatre jurés.

L'édit de 1776 confirma la division des fripiers en trois classes, savoir : 1" les fripiers d'habits ; 2° les fripiers en meubles et ustensiles, dits fripiers de bots, ancêtres de nos marchands de meubles d'occasion ; 3" les fripiers-brocanteurs ou ambulants, ancêtres de nos brocanteurs actuels.

Le nombre des fripiers était alors d'environ 700 maîtres.

Ils s'étaient placés sous le patronage de la Trinité et de la sainte Croix, qu'ils fêlaient à l'église Saint-Innocent. Les fripiers d'habits avaient, en outre, une confrérie à saint Roch, el les fripiers de bois une confrérie vouée à saint Michel.

Le marché à la friperie se tint longtemps dans la rue Saint-Denis, entre l'hôpital Sainte-Catherine et le portail de l'église Saint-Innocent, et depuis ce portail jusqu'à un puits situé rue de la

' Vov. Cl. Le Petit, Paris ridicule, f.2i.

* .\cte II, se. 6.

' Voy. Donneau de Visé, La neuve à la mode, scène 17.

* Pan/aifriiel. liv. II, cliap. 21.

^ Les grands jours tenus à Paris [1622\ p. 198. « Enlever.

' Berthod, Paris burlesque 1650), p. 140. î* Discours de deux marchands fripiers et de drux maîtres /ai/leurs [leilV p. 194.

FHI FIERS — FROTTEUHS

Charonnerie; dans celte dernière rue, 1h Taille de :/3:/5 mentionne sur 54 imposés, itO ferpiers^. En 1370, le prévôt Hugues Aiibriot transféra ce marclié aux halles. Il ne tarda pas à s'étendre au delà de la galerie établie sous les piliers, et donna son nom à deux rues, la rue Je In Grande et la rue de la Petite- Friperie, (|ui jusqu'à leur suppression, sous le second Empire, continuèrent à justifier leur dénomination. Le voyageur hollandais qui vint visiter Paris en 1657 décrit ainsi l'aspect que présentait alors la friperie : « Le ]." de mars, nous vismes la Fripperie, qui est auprès des Halles. C'est une grande galerie soutenue de piliers de pierre de taille, sous laquelle logent tous les revendeurs de vieilles nippes ; ce qui est fort commode pour cette sorte de gens qui veulent être braves -, sans qu'il leur en couste beaucoup. Il j a deux l'ois la sepmaine marché public, à sçavoir le mercredy et le saraedy : c'est alors que tous ces frippiers, parmi lesquels il y a apparemment bon nombre de juifs, estaient leurs marchandises. A toute heure qu'on y passe, on est ennuyé de leurs cris continuels, d'un ho7i manteau de campagne ! d'un beau justaucorps ! et du détail qu'ils font de leurs marciiaadises, eu tirant le monde pour entrer dans leurs boutiques. On ne sçauroit croire la prodigieuse quantité d'habit-s et de meubles qu'ils ont : on en voit de fort beaux, mais il est dangereux d'en acheter si l'on ne s'y connoitbien, de peur d'estre trompé, car ils ont une merveilleuse adresse à regratter et rapiécer ce qui est vieux en façon qu'il paroist neuf».

J.-P. Marana écrivait quarante ans plus tard : « Les tailleurs ont plus de peine à inventer qu'à coudre, et quand un habit dure plus que la vie d'une fleur, il paroît décrépit. De là est né un peuple de fripiers, gens vils et descendus de l'ancien Israël ; ils font profession d'acheter et de vendre de vieux haillons et des habits usez, et ils vivent splendidement de dépouiller les uns et de vêtir les autres. Commodité assez singulière dans une ville très peuplée, où ceux qui s'ennuyent de porter long-tems le même habit trouvent à le changer avec une perte médiocre, et où les autres qui en manquent ont le moyen de s'habiller avec une petite dépense * ».

Sébastien Mercier nous a laissé une exacte description de ces piliersdes halles, qui n'avaient guère changé d'aspect il y a une quarantaine d'années, quand ils furent démolis. « Là, écrit-il, règne une longue file de boutiques de fripiers, qui vendent de vieux habits dans des magasins mal éclairés, et où les taches et les couleurs disparoissent. Vous êtes au grand jour, vous croyez avoir acheté un habit noir ; il est vert ou violet. Des courtauds de boutique vous appellent assez incivilenient ; et lorsque l'un d'eux vous a invité, tous ces boutiquiers recommencent sur votre route l'assommante invitation. La femme, la fille, la servante,

1 V-Agf 51.

' Uii'n vêtus.

■' Jotirnnl d'an toyage « Piirix en ICiiiT, l'iihlié |i«r- .V. P. Kaugèrn, p. 80.

* Lettre d'un Sirilieii, \>. 25.

le chien, tous vous aboient aux oreilles ; c'est un piaillement qui vous assourdit ' ».

^'oy. Brocanteurs. — Maître des fripiers. — Toilette (Marchandes a la), etc.

Friterons. Voy. Fruiterons.

Fritiers. \ oy. Prituriers.

Frittiers. On donnait ce nom, dans les manufactures de glaces, aux ouvriers « chargés de faire la fritte ou calcinalion des matières vitrescibles ».

Frituriers. La Taille de 120s mentionne sept fritiers. dans lesquels il faut sans doute reconnaître des marchands de fritures. La friture est d'origine très ancienne ; on la trouve citée au onzième siècle, et c'était, au treizième siècle, la méthode la plus usitée pour apprêter le poisson. Les beignets étaient déjà fort appréciés même au loin, car Joinville raconte - que quand saint Louis fut pris par les Sarrazins, ceux-ci lui apportèrent des « begniels de fourmaiges » qui avaient été cuits au soleil.

Frocines. Sen-antes, domestiques. On trouve aussi froucines et fresines.

Fromagers. Titre qui appartenait à la

corporatinu des fruitiers.

Au treizième siècle, les fromages les plus recherchés étaient ceux de Brie et de Champagne. On en criait dans les rues :

J'ai bon frommage de Champaigne, Or i a frummage de Brie ! *

La Taille de i'202 uienlionne 18 fourmagiers, celle de 1300 cite 26 farmagiers et fromagiers.

Au seizième siècle, le fromage de Brie tient encore le premier rang, mais une multitude d'autres sont venus lui disputer la faveur des g-ourmets. Il en arrivait du Vexin. de l'Auveririie, du Dauphiné. de Suisse, de Hollande, et même d'Italie, le parmesan entre autres. Le poète Saint- Amand, mort en 1661, a publié sur les fromages deux pièces assez curieuses * ; et le Dictionnaire de Trévoux, dans son édition de 1777, doune une liste de trente fromages alors très appréciés '.

Voy. Vendeurs.

Frotteurs. Un frotteur, écrit l'abbé Jaubert, est « celui dont le métier est de mettre en couleur les parquets ou les carreaux des apparteniens, de les cirer et de les entretenir luisans, en en ôtanl la poussière ou les taches avec une forte brosse, qui est attachée au coudepied avec une large courroie de cuir * ».

A Versailles, le « frotteur ordinaire de la chambre et des cabinets du Roy » touchait par an 540 li\Tes. Un sieur Simon GolBS.se, dit la

• Tiibleaii de Paris, I. II, p. 2B,->.

2 Histoire de saint Louis, eilil. île J808, p. 133.

^ Les rrieries de Paris, par (iuill. île la Ville Neuv-

». Éilil. elziH'., t. I, p. 153 et IHO.

5 Tome IV, p. 3S4.

6 Dielionnaire, t. II, p. 300.

FROTTEUHS — FUEIL

liriinche, conserva cel emploi peiiduul près lit; Irciile ans '.

Dans les coUèj^es, le frolleur cnniulail souvent avi'c ct't l'niploi relui de correcteur. Sur l'otiit ofliciel (les fonclioniiaires du colli'j^<' Mazarin pour 1789, je lis celle meiilion : «Chevallier, iVoltenr di^ la liililiotlièque et correcteur * ».

Vov. Correcteurs.

Frotteuses de lettres. Dans les fonderies,

ouvrii-res (jui l'rottaienl les c<iraclères sur le jjprès. <i Elles les frottent avec les deux doiy^ls de la main droite qui suivent le pouce, et les relourneul avec le pouce delà menu- main. Pour ne point s'écorclier par rinégalilé du ^^rès, elles ont des doij^tiers faits de cuir •• •.

Froucines. \"\. Frocines.

Fruictiers. \t'\. Fruitiers.

Fruiterons. IVtils marchands de fruits.

Fruiteurs. \'oy. Fruitiers.

Fruitiers . Leurs premiers statuts les nomment lYçniltifrs de fruits et aigrun, c'esl-àilire de fruits ù saveur acre, tels que aulx, oijynous, échaloltes, etc. *.

I«i Taille de iS92 cite dix-sept fruitiers.

Dés celte époque, ils parcouraient les rues, criant leurs marchandises si variées :

.Vus el oignons à longue alaino », l'uis après, cresson ile fontaine, Cerfuoil, porpié tout de venue *.

Puis après porèti^ menue ', Létues fraisi-ties deniauois 8 ', Vez ci bon cresson orlenois

rt (1^ tilre

Poires de Clhaillou ' et nois fresehes, Primes ai pommes de rouviau 1®, Et d'.-Vuver^ne et le blancduriau " 1

J'ai chastaijj^ne de Lonjbaixlie, Figues de Mélile .sans tin ■*.

J'ai roisin d'outre mer, roisin l-l.

J ai porées '* et s ai naviaib^ '5.

J'ai pois en cosse toz iioviaus.

L aulfe crie fèves novelles, Si les mesure à escuelles !

Dont orrez auln»s gens menues Poires d'angoisse crier baut, L'autp' pommes i\)Uges qui vaut '6 !

Élat lie In Franre pour /ffA'7, t. I, p. 146 : /'our

?, t. I, p. 181) ; pour 1736, t. I, p. 293.

A. F., Histoire de la bibliothèque Slnzitrine, p. 247-

Savary, Dirlioiiiiiiire, t. II, p. 181.

(( ( l'est à savoir de ans, de oignons, de esrhaloingnes

'-' toute manière de tel égrun ». Lipre iJex métiers,

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