‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 166 sur 422 · FUNAMBULES · texte numérisé non relu

FUNAMBULES

des (eiiiluriers l'inleniispiil '. miiis il fani bien croire qnVlle ('liiit tolérée, puisqu'il y avait des teiiiluriers d'orseille. Je les ai trouvés nommés fnillev.rs.

Fuiretiers. Fuironneurs. Voy. Fureteurs.

Fuiseliers. Nom que la Tuille de l:U3 donne aux faiiricauts de fuseaux.

Fumistes. Trois choses, dit Tauleur du Metiagier de Varia (1393;, chassent le preudhomme liors fie sa demeure : « femme rioleuse *, maison maueouverle et cheminée fumeuse •' ». De fait, on avait alors des cheminées immenses, et parfois splendides *. Seulement, en raison même de leurs dimensions, elles fumaient toujours et ne chauffaient guère. Il n'y eut, pendant bien longtemps, dans chaque logis qu'un seul chauffoir ou chauffe-doux, autour duquel toute une famille et parfois plusieurs familles se réunissaient.

Beaucoup plus taril encore, on en était réduit à se couvrir beaucoup, à multiplier sur soi les vêtements. Malherbe, par exemple, qui était frileux, portait, en hiver jusqu'à quatoriîe chemises et douze paires de lias ^. Même dans les plus riches hôtels, même dans les palais, même à Versailles, on avait beau brûler des arbres entiers dans les fojers, il fallait encore mettre en œuvre une foule de procédés ingénieux pour se préserver du froid. Apres le dîner, Louis XIV avait l'habitude de se rendre auprès de Madame de Maintenon, « il se mettoit dans un fauteuil près d'elle, dans sa niche, qui étoit un canapé fermé de trois côtés " ». Les médecins du roi nous racontent qu'il s'enrhumait sans cesse dans sa eliambre à coucher, qu'on ne parvenait pas à chauffer '.

Vers la fin du dix-septième siècle seulement, on commença à réduire les énormes proportions des cheminées. Madame de Sévigné. en 1677, parle des « petites cheminées à la mode * ».

Le mo\. fumiste date du dix-huitième siècle, et ne figure dans le dictionnaire de l'Académie qu'il dater de 1762. Jusque-là, il n'y avait d'autres fumistes que les maçonset les couvreurs. Ils se partageaient la c(mstruction des cheminées, s'efforçaient sans grand succès de les empêcher de fumer. Ils avaient eu. par exemple, l'idée assez étrange d'obstruer les conduits sur le faite par des paniers d'osier enduits de plâtre. Il n'est pas impossible que cet obstacle, en diminuant la largeur du tuyau favorisât le tirage, mais il favorisait les incendies, car l'osier se séchait rapidement, les paniers s'enflammaient et le vent les emportait souvent au loin. Une ordonnance

' /./r/'f ilfs mf'/if'fM, tiliT LI\', nrl, :{. î QiiiT.-llrus.'.

3 Toni.' I, ji. 171.

4 \u V. Siuivul, I. Il, |.. 279 et tir>0,

''' Tullcmiint (li's Itéau.x, //is/on'effi'.s, t. i, p. 2',»l. •» Saint-Sirnoii, Mémoires, t. ^', f). 327. "J Lenii, Journal de la sitntè de Louis XIV^ p. 283, 21*9, 301, 393, .te.

5 Lettre du 7 uclubre, t. V, p. 347.

du 28 mars 1724 défendit donc « <le mettre à l'avenir aucims paniers, mannequins, boètes et autres ustensiles de matière combustible tant en dedans que sur le haut et faîte des cheminées ' ».

].'.l/manac/i Datiphin pour 1777 consacre aux fimiistes les lignes suivantes : On appelle ainsi « ceux dont la profession est <le cherciier et mettre en œuvre les divers moyens qu'on peut employer pour empêcher les cheminées de fumer. Four obvier à cette incommodité, on n emplové plusieurs inventions, comme les iloti/pilex de Vitruve, les soupiraux de Cardan, les mou/iiie/n ù r.'B^ de Jean-Bernard, h-s r/tapitavx du Sébastien .Serlio. le^taiouri/is et les girouettes df P(ii]unmis, et nombre d'autres moyens ingénieux, sur lesquels il est absolument nécessaire de consulter les gens de l'art ».

Parmi ces derniers, il importe de citer le sieur Manuel, fumiste du roi, qui n'exigeait «de payement qu'après le succès » ; le sieur Rozeti, non moins fumiste du roi, qui était cliargé île l'entretien des cheminées au château de Versailles : et le sieur t^astelan. fumiste du duc d'Orléans.

S il faut en croire Sébastien Mercier, les architectes restaient fort indilférents à cet égard. « Ils ont prétendu en ma présence, écrit-il vers 1782. qu'il étoit au dessous d'eux de s'en occuper ; ce sont de vrais chinois qui restent toujoui-s au même point. Il a fallu faire venir à Paris des fumistes d'Italie, et l'on lire vanité dans quelques maisons d'une cheminée qui ne fume point. Les fumistes forment une espèce de corps ; mais je voudrois, qu'en pimition de letir ignorance, nos architectes et nos maçons fussent condamnés à donner tous les ans un grand repas aux poëliers et aux fumistes, et qu'ils fussent obligés de les ser\ir jusqu'à ce qu'ils eus.sent appris à faire une cheminée qui ne fume point * ».

Ati moment où Mercier écrivait ces lignes, il existait, rue de la Roquette, une manufacture royale de cheminées à la prussienne •'.

\'ov. Atres (Faiseurs d"). — Poëliers.

— Ramoneurs. — Serres chaudes, etc..

etc.

FunanLbules. J'ai «lit, au mol acrobates, que ce nom avait, durant de longs siècles, désigné seulement les faiseurs d'exercices sur la corde, et qiu' r.\cadiinie n'ouvrit qu'en 1740 son dictionnaire au mol funambule. Quelques-uns de ces baladins ont laissé im nom dans l'histoire.

Christine de Pisan nous a conservé le souvenir d'un audacieux gymnaste qui avait tendu une corde depuis les tours de Notre-Dame jusqu'au Palais, et qui y faisait de tels tours de souplps.se « qu'il sembloit qu'il volast ». Il finit par se casser le cou, et le sage roi Charles V déclara qu'il avait mérité son sort * .

' Dilanianv, Triiilf de ta poliee, t. I\ , p. 112.

« Tiil/teiiu de Paris, t. X, p. SOU.

•' Hurtaiit it Magny, DidioHHaire de Paris, I IIl.

p. ni.

* Le titre des fais et bonnes meurs du ruy Chartes, édil. Michuud, p. 86-

FUNAMBULKS — FYFY

Cetexpliiil fui poiirliiiil riMunivcli' peu (riiiirn'rs iipri's, lors (le l'enlri'i' d'Isalifiiu ilc Hiivii'ii' à Paris. Un génois, qui a eu Frnissiirt pour liislorieu, fixa, nous est-il ilit, à une des lnurs de Notre-Dame, une corde a la([uelle comprenoil moult loin et pardessus les maisons, et estoil attachée sur la plus haute maison du pont Saint- Michel ». Il vint déposer une couronne sur la tôle de la reine au moment où celle-ci traversait le Pont-aii-Change ' .

C'est à la foire Saint-( Ji'rniain f|iies'exhiliaieMl les funamliules les plus hardis. Ku 1()14, deux d'entre eux én\erveillèrenl lelleiuent Marie de Méilicis qu'elle leur donna cerd livres loiirnois. forte somme pour l'époque.

Un sieur Jean Hall acquit au.ssi une lielle répuliilioii. Mais sa femme Suzanne Rov avant voulu tenir sur les fonts de liaptéme l'enfant d'un lie leurs voisins, dut jurer et faire aftiriner par témoins qu'elle ne montait pas sur la corde et ne paraissait jamais en scène -.

.Joseph Bnmn, en 1775, roulait sur le fil de fer un enfant dans une hrouette. M"'' Charini, en 1783, dansait sur la corde avec les pieds enchaînés et v jouait de la mandoline •'.

Vov. Bateleurs.

Funérailles et Transports funèbres (Entrei'rises de). Vov. Pompes funèbres.

FuneurS- Ceux qui fournissent et posent les cordajjes destinés aux bateaux.

Fureteurs. Officiers royaux chargés de prendre soin, des furets.

On trouve aussi fniretiers, fniron/teurs, furonneurs, etc.

Furonneurs. ^'ov. Furetevirs.

Furreliers. Vov. FourreUers.

Fuseaux i F.\bric.\nts de). Les fuseliers faliriquaieid, en bois de houx, des fuseaux et proliahlement îles quenouilles. La Taillerie 1313 cite, dans la rue du Temple, un sieur Nicolas Porcel. fuiselier*. Il y a là sans doute une erreur de copiste, et il faut Wvp fnselier ' .

k\\ milieu du seizième siècle, on colportail encore des fuseaux dans les rues, comme le prouvent ces vers extraits des Cent et sept cris que rnn crie jovrneUement à Paris :

Kuzraux ilo houx, fuzcaux (!•• huux !

Où eslcs-voiis, damo ou rtllr ?

J'en av vendu, puis le moi.s d'aoust, Plus d'un wnt dedans c^-ste ville !

La petite rue des Fuseaux, qui descendait de la rue Saint-Germain l'Auxerrois à la Seine,

< Chronique, liv. IV, chap. I, édit. Buchun, t. III, p. 5. - .\ . Jyl, Dictionnaire critique, p. 470. •• Cam]iardon, Spedjicles de la foire, t. I, p. 183 et 195. * Pape 84.

î" \o\. Dueange, au mot fusarius. Fuseau so di.sait alors en latin fttsela et fusellus.

devait son nom à une vasie maison qui purlait piuu' enseigne deux fuseaux. Près de là cl parallèle à la rue des Fuseaux, se Imuvail la rue des Quenouilles', cpii a disparu en iiii''nii' Icmps ipi'clle.

.Siii' le rouci, viiv. Filature.

Fuseliers. \ ov. Fuseaux (Fabricants de).

Fustiers. Vov. Pùtiers.

Futailliers. \ ny. Tonneliers.

Futainiers. Fahricanls de fulainc. Celle étoffe est cilée ilans le Litre rlts métiers'-, mais c'elail alors un produit exotique cpii nous venait de rOrieid. Klle ne commença à être faliriqui^e en Fiance que vers 1580. Des ouvriers venus du Milanais et du Piémont s'étalilirent ù Lyon, et y créèrent une manufacture qui occupa hienlAt jusqu'à deux mille personnes 3. Dès 160(), Laflcmas ♦ disait à Henri IV : « Et quant aux lustjiines et autres manufactures de coton, nous ne deviuis point permettre que les estrangers nous en fournissent, puisque nous avons des ouvriers autant experts qu'eux pour les fabriquer, el que les arbres cottoniers sont si communs partout que nous avons la matière à bon compte». Le roi venait précisément d'accorder à Michel Pierre et à Luc Taschereau le monopole de la fabrication des futaines à Tours et en Touraine •''. En uiênie temps, un sieur Paul Pinçon s'installait à Troyes el y fondait une nouvelle manufacture.

Peu après, la France produisait chaque année pour un million de futaine, dont un tiers était exporté, principalement en Espagne et en Portugal.

Aux treizième et quatorzième siècles, on nommait fntaine, doublet ou blaiichet une sorte de longue camisole, commune aux deux sexes, et qui se portait sur la chemise. Les gens du peuple sortaient souvent sans autre vêtement sur le torse. En 1360, le roi .Jean offrit une futaine doublée à Jehan, son fou ''.

FÛtiers. Ouvriers qui pi-éparenl les minces feui!le> de buis destinées à servir de carcasse aux malles, aux cartonnatres. aux ffaines, etc.

Ils appartenaient à la corporation des colfretiers-malletiers.

D'une manière générale, on uoinmait aussi fûtiers ou fustiers tous les ou\Tiers qui travaillaient le bois, menuisiers, charpentiers, etc. Fust, en vieux français signifiait bois.

Fyfy (Maîtres). Vov. Vidangeurs.

' Viiy. Jaillot, quartier Sainle-Oppnilune, p. 21, 50 et plan.

' Deuxième partie, titre II, art. 31.

3 Savary, I. II, p. 188.

* Histoire du commerce.

5 ^'oy. G. Fagniez, L industrie en France sons Henri IV , p. 53.

'• Douet-d'.\rcq, Comptes de l'anjenterie, p. 2^3.

GAAGNE — GAGNE-UENIEKS

Gaagne. Vov. Gagne.

Gaaigniers ei Gaaisniers. \ nv. Gainiers.

Gabariers ei Gabarriers. Ce nom s"appliquHit iiii patron il'nne y^aliare, à celui qui la conduisait et aux portefaix qui la décliargeaient ' .

La oraliari' ét<iit un bateau \nrgt' et plat, qui transportait par rivière les marchandises arrivées par mer dans un porl.

On trouve parfois Gahriers.

Yov. Patachons.

Gabeleurs et Gabeleux.

liers.

Vov. Gabe-

Gabeliers. Employés de la gahelle, et plus particulièrement ceux qui étaient chargés de faire sécher le sel. Ils furent institués par Tordonnanre du 20 mars 1342. On trouve aussi gabeleurs, gabelms, gabeleux, galelliem, gubriers, etc.

Voy. Sel (Commerce du).

Gabelliers. Gabelous. Gabriers. Voy.

Gabeliers.

Gâcheurs. Ouvriers maçons qui « détrempent dans une auge le plâtre avec de l'eau, pour être employé sur le champ ». La Taille de i292 cite tleux gascheeurrs, celle de 1300 en mentionne un seul.

On nommait aussi gâcheurs les <• marchands vendant à vil prix. »

Gadouards. Voy. vidangeurs.

Gagistes de théâtre. « Les bas officiers * portent, entre les comédiens, le nom de gagistes, parce qu'ils tirent leur existence des gages qui leur sont ponctuellement payez, et il n'v a poird de communauté au monde plus régulière que la leur en cet article. Les premiers deniers sont toujours pour eux, et ils sont servis avant les maîtres •'' ». Les comédiens, alors en société, couraient les chances bonnes ou mauvaises de l'entreprise , tandis que les musiciens, comparses, machinistes, employés louchaient îles gages fixes.

Voy. TTiéâtre.

' Eitcyelopédie mêthodiijitf, commerce, t. II, p. 473.

2 IvCS petits i-niploycs.

3 Chappusoiiu, Le iMàIrt français (1674), p. 236.

Gag^nant-maîtrise. On nommait ainsi les artisans qui .servaient pendant un temps déterminé dans certains établis.sements. afin d'obtenir ainsi la maîtrise sans rien payer et .sans être forcés de produire un cbef-d'œu\Te.

Voy. Charité. — Galerie du Louvre.

— Gobelins. — Hôpital général. — Hôtel-Dieu. — Miséricorde. — Fetitesmaisons. — Savonnerie. — Trinité.

Gagne-deniers. Ils n" divisaient en quatre classes :

1" Les GAGNE-DENIERS PROPREMENT DITS :

Commissionnaires.

Crocheteurs.

Forts.

Hommes de peine.

Portefaix.

Tous avaient pour patron saint (Christophe, mais la vraie fête de tous les gagne-deniers se célébrait à la rai-carême.

2° Les GAGNE-DENIERS SUR l'eAU :

Débardeurs.

Garçons de la pelle.

Plumets.

Manieurs.

Outre saint Christophe, leur patron, les satrue-deniers sur l'eau avaient une confrérie placée sous le patronage de la Vierge.

3° Les PORTEURS spéciaux à certains métiers. Il y a eu des

Porteurs de bois.

— charbon.

— chaux.

— draps.

— foin.

— grains.

— plâtre.

— sel.

et peut-être d'autres eiic.ore.

Mais ces porteurs ne demeurèrent pas longtemps au rang des gagne-deniers, .autorisés ù se faire aider par des plumets, ils ne lardèrent pas à leur laisser toute la besogne et à jiuiir en repos du revenu de leur charge.

4° Les gagne-deniers ou forts de la dou.\ne.

Ils avaient pour patron sainte Barbe.

Presque tous les gagne-deniers étaient reconnais,sables à une médaille spéciale, qu'ils devaient porter en évidence sur leurs vêlements.

(iAdM'l-DIvMKKS — (iAl-OCHlKUS

Le nuit j^tif^iie, pris iluiis le sens ci-dessiis, a élé écril (faïujae, tfaigne, gaiiigiie, giiifgne, etc.

\'(iv. l'article consacré u ciiacim des noms cilfs plus liiinl.

Gayne-niaille. Gag-ne-néant. Ga^neobole. Gayne-pain. N^v. Raccommodeurs de vases en bois.

Gag-ne-petit. \ "v Rémouleurs.

Gaigne. \".\. Gagne.

Gaig"neurs. ^"} ■ Laboureurs.

Gaigniers. Vnv. Gainiers.

Gaingne. Vov. Gagne.

Gainguettiers. ^ "v. Guinguettiers.

Gainiers. La faliricalion des f^aiiies cl fourreaux occupail, au treizième siècle, deux corporaliiins distinctes, avant chacune son ory:anisalian et ses statuts particuliers.

C'élaienl :

1" Les (jaaitinwris de fouriuiix ou yainiersfun-elien '.

2° Les t/nnnxsciirs de gnaiiiex. feiseurs de riro/es. de Aei'.s et de coixpenus de liiitoii, (runhal et de tjmirre -.

Les ciAi.NiERS - FiRRELlEHS faliri((uaient des car([U()is po\ir les archers, des écrins pour serrer les liijoux et les objets précieux, des fourreaux pour les épées, les couteaux, elc. Ils ne pouvaient emplover (jue le cuir houiUi el seulement le cuir de « vache, de huef, de cheval, de âne el de veel '', sanz meire nul autre cuir en hue\Te * ne viez ne nouvel ».

(Chaque maître ne devait avoir en même temps qu'un seul apprenti. L'apprenlissag'e durait de ludt à neuf ans. Le travail à la lumière était interdit. Quatre jurés surveillaient le métier.

Le Lirre des iurfiers. qui nie fournit ces renseignements, ne fait aucune distiiution entre les [jaitiiers el les l'onrreliers ; ils n'étaient cependanl pas aiisolunienl confondus, car la Tuilh de /:'.'/;' mentionne W2 (jum niées et 0 fnnrreliers, et la Taille de 1300 42 griis /tiers el 3 fourreliers.

Les G.vRNissEiRs complétaient les gaines et les fourreaux. Ils v ajoutaient les viroles, les rivets, les cercles, les crampons, les Imndes, les heus ■* et les coispeaux ". (]lia(]ue mailre ne pouvait enj^^ager qu'un seul appreiili à la fois, et l'appreutissajj^e durail huit ans, le Iravail à la lumière élail inlerdil, deux jurés adniiiii.straienl la conimunaulé.

La Tnille de I20l' cite 4 garnisseurs et 3 viroliei-s, celle de l:iOO menlionne 1"2 j.rarnissenrs el r> viroliers.

' l.irrr ilrs mrliers, lilrc LX\ .

- Licre lies ntétifrSy lilrc LX\ I.

•' l)f vrau.

' En œuvixv 5 Les poignées.

S Les pummcaux.

Les (jainiers lirenl reviser leurs ^latllls en juin I3'24 et en mai 1457. (]es derniers les ([ualilii-nl (le f/ins/uers-fourreliers-lxiiileilliersfdisem-s de rnjfres et fjiiistes à cher<awheursoiirriers de niir // iiili/ ' .

Une nouvelle réilailion fut adoplée en sepleiiiliiv 1,")()(). L'article 1''' accorde il la communauté le droit de l'ahriqner, mais loujours en cuir biniilli, loules sortes de gaines -, de fourreaux, d'éluis ■', de hoiles, de llacons et d'écritoires fixes ou portatives *. L'apprentissage était réduit il six ans. Chaque maître devait marquer ses produits d'un poinçon particulier.

Ces statuts subsistèrent ii peu près sans changement jus([u'ii la fin du dix-huitième siècle. Le nombre des maîtres était alors de 12."} environ. Dans le nombre ligurait le sieur (ialuchat, inventeur de la garniture qui porte encore son nom. L'aiticle que lui consacre V.Umiuiiich Dauphin pour 1777 est ainsi conçu ; « Galuchat, père ^, quai des Morfondus ", est celui qui le premier a trouvé l'art d'adoucir et mettre en couleur les peaux de roussette et de requin '' , dont on garnit les surtouts de montres, boîtes à lancelles, eluis à ciseaux et il rasoirs et autres objets ».

Les gainiers étaient placés sous le patronage de sainle iladeleine et de saint Maur. L'orthographe de leur nom a fort varié. On trouve dans le Litre des me'tiers : (laaigniers^gaiijniers. gaintiiers eX ganniers. La Taille de 1202 les nomme gwainiers, celle de 1300 guisniers. Je trouve dans les statuts de 1457 gaisniers, dans l'ordonnance des Bannières (1467) gueyniers, dans le Lirre commode \\&è'2.) guaisniers. J'ai rencontré encore guaisniers, gainniers ll380i. gnyniers (lbGO\ guesniers, ourriers d'estugs, elc.

Gainniers. ^'ov. Gainiers.

Gaisniers. Nom que la l'aille de 1300 el les statuts de 14.'}~ donnent aux gainiers.

Galeries. Vov. Louvre et Palais.

Galilée (Empire de). Vov. Bazocbe.

Gallemiches et Gallemicheux. Noms

donner a certains boulangers dont je n'ai pu déterminer la spécialité '.

Galochiers. Les galoches [gallicie, gulliculœ] sont d'origine fort ancienne, car les latins les empruntèrent aux (jaulois, et le moine de Sainl-Gall nous apprend ([ne Charlemagnealfeclionnail parliculièreinenl ces chaussures à -.cmelle de bois.

Leur emploi semble avoir elé moins fréquent

1 Houilli.

- (f (îai^'in's I).

■' n Esliii:; u.

' « .\ulc(iiis pillcimiis auli'i'iiii'iit iliu (■.■icnploircs »|iic l'on po ■!•' (-•uuslnniit'iTiiirnt à la t'cinliicf ».

S Son tils fiait t-tabli nu^ï.i (|uai des Murfoutlus.

*> .\uj. n'iuii an (|nai (-U- Tt^ltirlu^*-.

" Il sagil i('i d'nnt' variété (le la raie.

S Letlrf du prèrùl de Paria eoncerHOHl les dioils des boulangers, 29 avril 15114.

GALOCHIEHS — GANTIERS

au treizième siècle puisque les Tailles de i292 et de 1300 mentionnent chacune 2 galochiers seulement.

Ce métier ne figure plus dans l'ordonnance dite des Bannières juin 1467).

Les galoches continuèrent pourtant à être utilisées, en hiver surtout, pour protéger des chaussures plus légères. Par le-^ jours de lume. les élèves externes qui se rendaient chaque malin au collège en faisaient grand usage ; aussi les nommait-on des galoches ' .

Viiy. Patiniers.

Galonniers. Aux douzième et treizième siècles, gidonner la barlie ou les cheveux, c'était diviser le poil en plusieurs loiiffes autour desquelles s'enroulaient des fils d'or ou d'argent. Le sens actuel dti mol qohinner e>l venu de là. On nommait ijalori ou (jcUon l'inslrumeiit emplnvi' piiiir gidiiinier la liarlje un in rhevelure -.

Galonniers. Faiseurs de galons. Ils confediiiunaienl des réseaux, tresses, crépines, dentelles et galons en laine, en soie, en argent, en or.

Les livrées des pages, des hupiais et des cochers étaient ornées de galons, ilont la couleur et la disposition variaient pour chaque famille. Des ordonnances interdisaient de porter wnc livrée sans galons, mais ceux d'or et d'argent, réservés pour les andjassadenrs et les seigneurs étrangers, étaient interdits aux particuliers 3.

Vers la fin du dix-huitième siècle, il 3' avait à Paris en\'iron vingt galonniers. Ils appartenaient à la corporation des rulianiers.

Galopins. Marmitons attachés à la cuisine des îrrandes maisons. Ils faisaient les commissions du cuisinier, tournaient la broche, plumaient les volailles, piquaient les viandes, et, sous la direction des potagers, préparaient les bouillons pendant la nuit, h' Etat de la France pour i68T l'ait figurer dans la cuisine-l)Ouche du roi <.< trois enfans de cuisineou galopins », aux gages de :300 livTes *. L'Etat de la Fratire ponr 1736 cite séparément, dans la maison de la reine, 4 enfans de cuisine et 2 galopins ordinaires '.

Olivier de la Marche écrivait au quinzième siècle : « Les happelloppins et les enfans nourris sans sraigre en la cuisine doivent tourner les rosts et faire tous les autres ser\'ices menus qui appartiennent à la dicte cuisine ^ ». C'est également à ces aidrs ou garçons de cuisine qu'incombait le soin d'éplucher les légumes, d'écurerla vaisselle. de nettoyer le garde-manger, etc. '.

Gamins. Vov. Batteurs de cannes.

Ganniers. Voy. Gainiers.

1 Voy. Noël du Fait, Œuvres, t. II, p. 194.

* Voy. Ducangt', Olussaire, au mot gallonnum.

3 Delamarro, Traité de la police, t. I, \i. 365 et suiv.

« Tome I, i'. 85.

S Tome II, p. 347.

fi Mémoires, 6A1I. de 1610, p. 688.

" -Vudiger, La tnaison réglée, liv. I, eliap. 5.

Gantelets (Faiseurs de). J'ai recueilli dans la Taille de 1313 *, cette mention :

Colin l'Escot, qui fait gantelez.

Il demeurait rue de la Heaumerie -, au milieu des heauniiers, des haubergers, des armuriers, etc. Il s'agit donc ici d'un de ces derniers qui avait adopté la spécialité des gantelets.

Je trouve cité, au quatorzième siè<de. un «. faiseur de ganthelès », dit plus loin « faiseur de ganlelez •' ».

Gantiers. Les gantiers, cirolerarii ti'd Jean de Garlaridc. soumirent vers 1208 leurs staluLs à l'homologation du prévôt de Paris *. On y voit que le roi avait cf)ucédé une partie des revenus de ce métier à son grand chambrier; c'est donc à ce dernier que les gantiers achetaient le droit lie s'établir. Ils pouvaient avoir un nombre iljimité d'apprentis et régler à leur volonté les conditions de l'apprentissage. Ilsconfeclionnaienl seulement les gants de peau, les autres étaient Ip minutpoU; (\fs r/tapeliers de coton, devenus au quartorziènie siècle chapeliers de gants de laine et de bonnets. Chaque maître laissait, à tour de rôle, sa boutique ouverte un dimanche sur six. Quatre boutiques restaient ainsi ouvertes tous les dimanches, ce qui nous prouve qu'il y avait alors à Paris 24 maîtres gantiers. Ou n'en comptait plus que 21 en 1292. et leur nombre était de 42 en 1300 '.

Au quinzième siècle, les gants étaient le complément indispensalile d'une toilette soignée. Les jeunes damerets, dit Martial d'Auvergne ", les passaient à leur ceinture. Sous Charles IX, on voit cités des gants montant jusqu'au coude ''. Les gants d'Allemagne et de Champagne étaient fort estimés , mais aucun pays ne pouvait soutenir la comparaison avec l'Espagne.

Des lettres patentes du mois de janvier 1614 octroyèrent aux gantiers « permission de se nommer et qualifier tant maisires gantiers que parfumeurs », et en mars Ki.'jô ils firent reviser leurs statuts. L'apprentissage fut fixé à quatre ans, suivis de trois ans de compagnonnage, et chaque maître ne put avoir à la fois qu'un seul apprenti. Si, sans cause légitime, un maître renvoyait le sien, les jurés de la coi'poralion se chargeaient de placer celui-ci dans un autre atelier.

Tout aspirant à la maîtrise devait parfaire le chef-d'œiirre. mais les fils de maîtres en étaient dispensés et astreints seulement à Vexpe'rience.

Il n'est pas question, dans ces statuts, de poudre à poudrer, et les gantiers n'y sont point encore qualifiés de poudriers, titre qu'ils ne vont pas farder à prendre. Dès l'année 1(^89, ils avaient le privilège de cette fabrication.

1 Page 102.

î Devenue rue des Écrivains, puis supprimée en 1853. 3 Vov. B. ProsI , Iiirentaires moiiliert, etc., I. I, p. 15» et 197.

» /.ine ries métiers, litre lAXXVIII.

^ ^ oy. les Tailles île ce.s deux années.

*» Arrêts tTamour, t. II, p. 403.

' Cimberel Danjou, AreHresearie-mes, t. \'1II, p. 301

GANTll'lRS — GARDES Dl'lS AIRKS

comme It; prouve un arrèl n-nihi, le 4 juillet,

COllllT ll'S nilTCilTS.

Le iioml)!'!' des maîtres g^antiers, qui élail de 'i.'iO en 17'^.") ' sendile avoir peu varié depuis celle année.

De temps iinnu'-morial. la eoniniiinaulé des l'anliei-s avait pour palronne sainte Anne. Ils lui adjoignirent plus tard sainte Madeleine, patronne l'omnuine aux corporations qui s'occupaient <radoucir In peau, les ^ainiers et les mégissiers, par exemple.

Vov. Poudriers.

Ganyeurs. \ ov. Laboureurs.

Garanceurs ou Teinturiers en rouge. Noms emplove> surtout dans les niaiiulactures de Rouen.

Garandiers et Garanniers. Voy. aarennisrs.

Garçons de cabaret. « Le <levoir d'un g^ar(;on de i-aharel, qu'on appelle le premier ffurçon, est de savoir bien f^ouverner une cave, connoître la qualité de tous les vins, les ditrérens prix d'iceux et les indiquer aux autres g^arçons, afin que, quand ils sont plusieurs qui vont ù la cave, quoique ce soit lui qui en ait le gouvernement, ils ne se trompent point et ne donnent point celui d'un prix pour un auii'e. 11 faut aussi cpi'il sache bien préparer toute chose pour éclaircir les vins ; qu'il perce toujours et fasse débiter les plus pnunpts à boire ; ([u'il ail bien soin de visiter et remplir tous ses râpés * les soirs ; que sa cave, ses futailles, ses cannelles soient toujours bien propres et bien neltcnées : cela fait que les vins s'en portent beaucoup mieux et se conservent bien plus longtemps

Il doit aussi desservir ou l'aire desservir promplenient, et bien faire nettoyer les tables par les servantes ou les autres garçons sil(M que les compagnies sont sorties ; leur bien faire ranger les chambres ; bien nettoyer et laver les baquets à pisser; balayer l'escalier, la cour, la boutique, le devant de la porte et autres endroits dépendans de la maison, afin (pie les buveurs y étant proprement, cela les attire et les oblige à y revenir une autre fois ■• ».

Garçons de la chambre. Officiers de la mai>on royale, appartenant au service du grand chandiellan, « Ils ont soin de préparer ou de faire préparer plusieurs choses nécessaires à la chambre, les tables, les tapis et les sièges pour les Conseils qui se tiennent dans la chambre ou dans le cabinet du Roy. Ils couchent toujours deux proche la chambre du Roy. un dans l'antichambre et l'autre dans le cabinet. Ils vont avertir à la Bjuche qu'on apporte le bouillon

' Savar3-, Dielionnaire, t. I, p. .124.

- On nonnnait ainsi, dans tes cabarel^, un niélanffe des reste.s <tt.' toutes sortes do vins, qu'on rassemblait dans un tonneau pour ne rien perdre.

3 Audigcr, l.a miiison réglée (1692), liv. III, ctiap 3.

quand le Roy en prend, et (pi'im iqiporle le déjeuner de Sa Majesté ' »,

Garçons-compappnons. « On nomme

ainsi, dans rex|)l«iilMliirri des carrières de pierres tle taille, les ouvriers qui travaillent à couper les pierres dans le fond de la carrière. On les dislingue ainsi du maître carrier, qu'on nomme simplement carrier, et des ouvriers qui font tourner la roue en montant le long de l'échellier. Ceux-ci s'appellent muiKeucres carriirs - >'.

Garçons de cuisine. Voy, Galopins.

Garçons marchands. Voy. Commis marchands.

Garçons d'office. Domestiques de grande maison, <.< Lorsqu'il y a un garçon d'oflice, son devoir et fonction est de tenir la vaisselle d'argent bien propre, de la compter souvent, et en rendre compte à l'officier ou au maître d'hôtel ; et s'il y a en quehpie pièce d'égarée les en avertir, afin qu'ils y donnent ordre.

Il doit avoir le même soin de tous les autres ustensiles et batl(M'ie d'office.

Ne pas manquer en prenant du linge Ijlancde rapporter le sale, et en l'absence de l'officier prendre bien garde à tout.

Il est obligé de mettre le couvert du maître d'hôtel, de ramasser le linge de table pour qu'il ne s'en perde point, et de bien obéir à son officier ^ ou à son maître d'hôtel * »,

Garçons de la pelle. On nonmiait ainsi de pauvres ijui/nfl-di'ii.ierx qui se tenaient sur les ports et qui, au moyen de grandes pelles, déchargeaient les bateaux de charlion. Ils étaient sous les ordres des nifsiircur.i de charbon.

\ oy. Gagne-deniers.

Garçons du tas, Nom donné aux cmvriers maçons qui servaient d'aides à l'appareilleur.

Garderobiers. Officiers de la maison royale, à qui était confié le soin des vêlements et des armes ^, Ce mot a désigne aussi desimpies valets de garde-robe ",

Gardes. ^ oy. Jurés.

Gardes. Pour faciliter le classemenl des articles qui suivent, j'ai toujours donné au mot garde la marque du pluriel.

Gardes des aires. Officiers de la maison royale, appartenant au service du grand fauconnier. Leur chef était dit capilaine des quriles des /lires de Boiiri/o(//ie et de Bresse, ses appuinlemeiits étaient de 1,000 livres. « Cette charge a été créée pour avoir soin des aires des oiseaux de

1 Élut (le la France pour 1687, t. I, p. M3 ; pour 1736, t. I, p. 293.

* Savaiy, Dictionnaiie, t. II, p. 211,

3 K son officier d'office.

i .-Vudiger, Ln mnlson réglée (1C921, liv. I, chap. 5.

^ Voy. Douet-d'.\rcq, Comptes de l'argenlerie, p. 209.

S Voy. Ducange, au mot garderabiirius.

.•ÎÔO

CAHDKS DES AIl^KS

(iAHDKS-HUCHE

pro vp qui M' tiduveiit dans les furets des provinces do Bnurgoi^ne et de Bresse. Le capitaine est ()l)liji;i' de l'aire apporter ces oiseaux au Rov. pour être mis dans la l'auconuprie de son cabinet. J'ar le mot aire, l'on entend les roches ou les précipices que les fancons choisissent pour faire leurs fauconneaux et les arbres au liant desquels les vautours font leurs nids ' ». Il v avait aussi des g:ardes des aires dans les forêts de Compièg'ne, d'Andennes, etc.

Gardes et dépositaires des archives.

Offices créés par édit do 1709, et supprimés en 1710. Les titulaires avaient pour titre officiel : Gardes et dépositaires des archices, statuts et re'glemetts, litres^ comptes et autres pièces dans chaqve corps de marchands.

Voy. Offices (Créations d').

Gardes-bateaux, metteurs à port.

Officiers jurés. L'édit du .i avril KiilO. qui crée quarante de ces offices, stipule que leurs fonctions consisteront « à j^arder Ions les bateaux et éqidpages qui arriveront dans les ports, à les mettre à port, etc. >>. Au début du dix-huitième siècle, ces offices atteif^nirenl le nombre de cent. Tous fureid supprimés en 171.T. Les débacleurs onl été dits aussi MC/leiirs-à-pnrl. boHie-ù-p'irt et e'quipeurs.

Gardes de bibliothèque. Vov. BibUothécatres .

Gardes-biens. ^ ov. Grardes-chasse.

Gardes-bois. Voy.

Gruyers.

G-ardes-cliasse ri

Gardes-chaînes. Gens préposés ù la surveillance et à la manœuvre des chaînes que l'on tendait a\drefois, comme moyen de protection, en travers de la Seine et des rues de Paris.

L'enceinte fortifiée élevée par Philippe-Auii^usle fut complétée par des chaînes. De la loiu" de Nesle (Inslitut acluelj à la tour du Louvre, et de la Tournelle à la tour Barbeau l'située un peu au-dessus du Pont-Marie actuel) s'étendait une o^rosse cliaîne de fer qui, reposaid sur des bateaux fixés eux-mêmes à des pieux énormes, interdisait à volonté le passage du fleuve. Entre la Tournelle et la tour Barbeau était interposée l'île Notre-Dame (aujourd'hui île Saint-Louis), et le partage de la Seine en deux liras exigeait une double chaîne à cet endroit.

Certaines rues étaient défendues aussi par des cliaînes, et celles-ci jouèrent un grand rôle pendant la Fronde. Plusieurs de ces chaînes existaient encore en 177'J, notamment celle qui fermait la rue de la Harpe à son extrémilé méridionale -.

Les cliaînes étant parfois remplacées par des cordes, ou trouve aussi yardes-cordes.

' Ktal (le h Francs pour 17 12, t. I, ]■ Ci\» : /mur t~3G, t. I, ]>. 331, .1 t. II, ]>. 291.

- Hiniaut et Magnv, Dirlioniiiiirr île Paris, t. I, ]i. 032, ri I. H, p. 100.

Gardes-champêtres. Xdy. Messiers.

Gardes-chasse. Dans les propriétés de campagne d'un grand seigneur, « il y a, écrit Audiger, des gardes-cliasse ou garenniers, dont le devoir est de bien nettoyer les garennes de liètes puantes, de savoir bien composer les appâts, et tendre les pièges pour les prendre. Il faut aussi qu'ils aient bien soin de la chasse et qu'ils sachent bien tirer, afin di' pouvoir envoyer (hi gibier i[uand fin leur en demande ' ».

L'orilonnanre de 1609 leur interdit de porter un fusil, et leur j)erniil seulement des pistolets. Il n'y avait d'exception que pour les gardes exerçant près de certaines frontières du nord et de l'est -.

On les nommait Kyif-M gardes-bois, gardes-biens. etc.

\oy. Capitaine des chasses ri Varen-

Gardes du coin et étalon royal. Voy.

Huiliers.

Gardes du commerce. Dix offices jurés créés par édil de novenilire 1772.

« Nous leur allrilmons le pouvoir exclusif de mettre à exécution, dans notre bonne ville, fauxbourgs et banlieue de Paris, les contraintes par corps pour dettes civiles, prononcées par les arrêts, jugeniens et senteiues émanés de nos cours, juges et toutesjuridiclions quelconques ». i;.\rt. l').

« Les arrêts, jugeniens et sentences port^iid contrainte par corps pour dettes civiles pourront être mis à exécution dans l'intérieur des maisons liius les jours et à toute heure, à l'exception toutefois des dimanches et fêtes... Voulons néanmoins que lesdites contraintes ne puissent être mises à exécution pendant la nuit sans l'assistance d'un commissaire ». 'Art. 6>

« Lesdils officiers-ganles du commerce auront une marque dislinclive en forme de baguelle, laquelle ils .seront tenus d'exhiber aux débiteurs condamnés ». (Art. 7).

« Faisons défenses à toutes personnes d'user envers lesdits d'aucuns propos injurieux ni voies de fait, sous peine d'être poursuivies comme pour fait de rébellion à justice ». (Art. 9;.

Gardes-cordes. Voy. Gardes-chaînes.

Gardes-conservateurs des étalons, poids, mesures et balances de l'hôtel de ville. Offices créés par déclaration du 18 ocioiire 1707 et supprimés par édil du 10 décembre 1709.

Gardes-forestiers. Voy. Forestiers.

Gardes des halles et marteaux des cuirs. ^ iiy. Contrôleurs.

Gardes-huche ei Gardes-huge. \ oy.

Gardes-vaisselle.

• La mnison réglée (1092), livre II, cliap. 4. 2 J. Hrnriqurz, Dictionnaire titi ilroit de (hasse, I. I, ji. 218.

(JAHDKS ni'IS INS'I'IU.MI'NTS DK MUSIQUE — GARDES-NoTKS

Gardes des instruments de musique de la chambre du roi. Lems \<;i\gvs fiiiifui il.';iOO liviT^ '. JuMiuc vers 1(187, o>l l'inplui lui rempli par <l»'iix niiins '.

\ iiy. Musique de la chambre.

Gardes des joyaux. « !.>■ iluc u un |;»rilf (II' jiiviuix l'I son iiiili'. Kt est iceluy {jiirdc di' jii\iMi\ l'.irl prive ilii prince, car il a en ses mains lin million iToi- vaillani, el serl il jjanler les deniers de l'esparj^iie du prince. Ions ses jovauv d'iir el pierries •'. Il a en sa main loule la vasselle d'or et irartreiit el tous les (unemens de sa cliapelle ' ^ .

\\>\. Gardes-vaisselle.

Gardes-laisses des grands lévriers. \ iiv. Lévriers.

Gardes-linge, (li'liciers (pii avaieni le soin du linj;e dans les jj^randes maisons ■'.

Gardes - magasi ns . \ ■ '.\ . Magasi niers.

Gardes-malades. On donne ce nom, « ou simplemenl celui de ijiinlfs, à des l'emmes qui, dans les maisons parliciilii'res où elles sont appelées, remplissent auprès du malade les mêmes l'onclions dont les infirmiers sont cliarg'és ilans les hùpilaux ^ ».

Je trouve, en 1539, une femme qui s'intitule <■. <;arile-malades et servante. » Une cliente (ju'elle soigna, lui léo;ua en mourant deux clieniises de chanvre ".

Gardes-manger. Dans ([uelques grandes maisons, officiers de cuisine qui avaieni le soin des viandes laiil fraicbes que salées.

Gardes-marteaux. Officiers des eaux et t'orèls créés par Henii III en 1583. Ils avaient la garde du marteau avec lequel on marquait, au moment des ventes, les bois qu'on devait couper dans les forêts du roi.

Le garde-marteau assistait aux audiences de la maîtrise des eaux et forêts. Il y avait voix délibéralive, pouvait même présider en l'absence du maître el des lieutenants. Dans les bois, il était tenu d'opérer lui-même, ne devait confier à personne son marteau ",

Gardes-marteaux des cuirs. \oy.

Contrôleurs.

Gardes-messiers. Vov. Messiers.

' Étal de la France pour 1712. I I. |.. 229

* Élal Je ta France pour 1687 , I. I, jj. 176. S Sic.

* Olivier ilo la Marche, Eslat du duc Charles le Hardi, édit. de 1610, p. C67.

'^ Oliv. de la Marche, Mémoires, édit. de 1616, p. 674.

'• Jaubert, Dictionnaire, t. II, p. 521.

" Bullelin de la soeiélé de l'histoire de Paris, 22' année 1895, p. 79.

' S'ov. l'onlùnnance du 13 août 1669, édit. do 1669, p. 32. ■

Gardes-meubles. Officiers de la maison rojale apparleii.iiii au service de la garde-robe.

(]e service comprenail sous Louis XIV : \'\\ intendant el conlriMeiir général.

Un garde générid.

Un garde-iiieiililes au Louvre.

Vn garde-meubles il l'iiôlel des andiassadeurs extraordinaires '.

Neuf garçons -.

Parmi les « pièces d'honneur ,v que gardait l'intendant M. lîoiilard, l'Jilut de lu Fruitce ^inv.r 1650 mentionne :

La couronne de France.

Le sceptre royal.

La main de justice.

L'épée royale.

La colle d'armes.

Le heaume timbré à la royale.

Le pennon du roi.

Les gantelets.

Les éperons.

L'escu.

La bannière do France.

Les colles d'armes des hérauts.

L'enseigne des Suisses.

Etc.. etc.. etc. ^

Dans les grandes maisons, le garde-meubles prenait le nom de tapissier.

Voy. Maison royale.

Gardes des meobles du Conseil d'Etat. Offices créés en '?, supprimés par édit d'oclobre 1(J04 *.

Gardes-meubles des Conseils du roi. Titre que portaient les huissiers du conseil du roi •"'.

Gardes des minutes du Conseil des finances. Offices créés par édit d'aoùl 1691, supprimés par édit de février 1710. 11 n'y eut jamais qu'un seul titulaire ®.

Gardes de la monnaie des médailles.

\ ciy. Directeur du balancier.

Gardes des monnaies. \ oy. jugesgardes.

Gardes-notes. Titre qui appartenait aux notaires du Cbàtelet. Pendant fort longtemps, les notaires ne gardèrent pas les minutes des actes pa.ssés par eux. En 1541 seulement, ils eu acceptèrent le dépôt, « afin d'être dispensés, en cette considération, d'écrire et grossoyer leurs actes de leur propre main, et d'avoir la liberté de les faire écrire et grossoyer par leurs clercs ' ».

' .Sous Louis XIII, cet hôtel, situé rue de Tournou, avait été ré.sidence royale.

2 Flaf de In France pour 17 12, t. I, p. 220 ;four 1736, t. I, p. 331.

3 Fiat de h France pour 17 56, t. 1, j). 155.

* V.-S. Cha^\t'ii, Dictionnaire de justice, t. I. p. 866.

5 Guyot. Traité des offices, t. IV, p. 457 et s.

6 F.-J. Chaslcs, Dictionnaire de justice, I. I. p. 8G8. ' S. -F. Langloix, Traité des droits et pricilèjes des

notaires, p. m et 21.

fiAl^ES T)F. NUIT — GARDIÎS-SCELS

Gardes de nuit. Officiers des ports.

« l'Injiiint aux ijardes i!f iiuict de faire leurs fonctions en personne et de faire sur les ports bonne et sôre garde, pour la conservation des marchandises v eslans, à peine d'en répondre en leur propre et privé nom et d'interdiction de 1 ?ur charge.

A l'eflet de quo y, par chacun jour, après l'heure de vente, leur seront données par compte les marchandises qui se pourront compter ; et les autres leur seront confiées au mesnie état qu'elles auront été reconnues le soir par deux nuirchands qui en auront au lieu le plus proche ^ ».

Je trouve mentionnés en 1708 cent soixante offices de conMlenrs-commissaires-jiirés-gardes de nuit.

Tous ces offices furent supprimés en 1715.

Gardes des oiseaux. Voy. Gouverneurs des cormorans.

Gardes particuliers, chasse.

G-ardes-

Gardes - pêche , dits aussi Gardesrivières. Agents chargés de surveiller Texéculion des ordonnances relatives à la police des eaux, rivières et fleuves. Ils étaient tenus de savoir lire et écrire, car ils avaient le droit de dresser des procès-verliaux.

Gardes-perche. Parmi les officiers placés sous les ordres du grand fauconnier, je vois mentionnés, en 1687, quatre gardes-perche. Comme terme de chasse ou de vénerie, le mot perche avait deux sens. 11 désignait :

1° Des branches que l'on élague et que l'on plie, dans les avenues des pipées, pour j tendre des gluaux ;

2° Partie de la ramure du cerf, du daim, ilu chevreuil, etc.

Il y avait aussi des gardes-perche dans les voleries du cabinet du roi. Je lis que ces derniers avaient « soin des oiseaux qu'on ne porte point aux champs -«. Peut-être étaienl-ce .seulement des gardes-perchoirs .

GardeS-pertuis. Officiersjurés de la municipalité, attachés au service de la navigation. « Enjoint à ceux qui auront droit d'avoir arches, gors ', moulins et pertuis construiLs sur les rivières, de leur donner vingt-quatre pieds au moins de largeur. Enjoint au.ssi aux meusniers et gardes-pertuis de les tenir ouverts en tout temps * )>.

Gardes-plaines. < Xe pourront les gardesplaines, tant a pied qu'à cheval, porter aucune arquebuze à rouét ou fusils dans nos forest et

^ Ovttoniiiniri' tir dni-titlirr 1072, chap. 1\', arl. 7.

S Élal lit la Fninrf /jinir KiSÎ , t. I, p. Vil,". .■! s., .".07 l't siiiv. ; j/Mtr iT.'if!, t. I, p. ;i27 cl suiv. ; I. Il, p. ï!!."! l'I suiv.

••1 (l.Hils.

* (.)nluiin. ili' <liciMiil)re HiT'i, cliiip. I, ai'l. ô.

plaines, à peine de cinquante li\Tes d'amende et de destitution de leurs charges * ».

Gardes de la porte. Officiers de la maison royale. Ils étaient au nondire de 50 et faisaient durant le jour le service que les gardes du corps faisaient durant la nuit. Us étaient en sentinelle aux portes, le mousqueton sur l'épaule, ne laissaient entrer aucun homme armé, sauf les gardes du corps et les suisses *.

Leur chef avait grade de capitaine.

Gardes-quittances. Officiers de la chancellerie.

Gardes des registres du Conseil

d'État, offices créés en KilJl, supprimés par édit de janvier 1639 ^.

Gardes-rigoles. Officiers de la maison royale. ]>]n I71"J. quatre gardes-rigoles à cheval figuraient parmi les foiutionnaires du château de N'ersailles *.

11 faut se rappeler que les eaux fournies par la u\acliiue de Marly étaient insuffisantes pour alimenter la ville et les bassins du château. (Jn eut donc l'idée d'organiser lui vaste .système de rigoles, qui, contournant les hauts plateaux environnants, recueillaient les eaux de pluie et de neige fondue, puis allaient les verser dans des réservoirs et des étangs disposés pour les recevoir •*. Plusieurs de ces rigoles, fort maltraitées par le temps, existent encore.

Gardes-rivières. Voy. Gardes-pêche.

Gardes-robes \.vLETs). Voy. "Valets de chambre.

Gardes-rôles. Officiers de la chancellerie.

Ils recevaient les o|)positions faites au sceau, et en gardaient les rôles.

Gardes-sacs. Greffiers, officiers dépositaires des sacs contenant les pièces des procès.

Gardes-salles. \'ov. Armes (Maîtres d').

Gardes des sceaux aux contrats.

Voy. Gardes-scels.

Gardes-scels. Officiers chargés de sceller les ex|)é(lilii)ns des actes émanant de juridictions régulièrement constituées.

Gardes-scels. Titre que prenaient les grenctiers et les notaires.

\'iiy. Gardes-scels des sentences et Grenetiers.

I Oidoiinance du 13 août 1CC9 sur les eaux et foiOl..*, iMlit. lie l(i(>il. p. i:ii).

î k'/ii/ lie In France pour /6S7, t. I, p. 303 : /lonr /?/:'. I. 1, p. 172 ; ponr IT36, I. I, |). 83.

■' l''.-.I. {;iia>li>s, Dirliannnire de JHSiirr, I. I, p. 8C(!.

^ Klal delà Finace pour 171 2. I. 1, p. 358; four

i::in. I. I, p. lis.

•ï Due cil' Noailli'S. Ilisluire île Mme ilt Mainleno», I. Il,

(;ahi)Ks-s<:ki,s |)1.:s monnaies — gahlandk

Gardes-scels des monnaies, offices

ort'cs l'ii oi'lolire 1(39!). l.i's f^iinli's-M-cls claù'iit ((■nus (le sceller tous les jugciiu-iis, ortliiiinanci's l'I autres actes énianaiit de rii(Mel des inoiiiiaies auquel ils étaient allacliés.

Gardes-scels des sentences, .vctes

Jll)IC:i.VIKESDES JLRIDICTIONS, CONTH.U'S ET ACTES l'AS.SKS l'AR LES NOTAIRES ET TABEI.UONS ROY.VUX.

lui juin 1697, ces uflices lurent désunis. Il v eut tU'ii gardes-scels (/f.i senteiices, uctesjutlicittires (lesjuridirlitins, et d'autres officiers indépendants (le ceux-ci, dits gardes-scels des contrats et actes des notaires et tabellions myauj-. Ces derniers furent réunis aux ncilaires qui purent dès lors ajouter à leur titre celui de qardfs-scel du roi au CAdtel < ' .

Depuis Philippe le Bel, il exista auprès de clia(]ue juridiction rovale une petite chancellerie placée sous l'antorité d'un <^arde-sccl. La formalité du sceau lut souvent néi^ligée, surtout lorsque la siijnalure des parties et des témoins eut été rendue olilig'atoire.

l n édit de 1708 autorisa les notaires royaux à apposer eux-mêmes sur leurs actes un sceau aux armes royales.

Gardes- vaisselle. Officiers de la maison royale, appartenant au service de la Bouche du roi. Ils prenaient soin de la vaisselle d'or et d'arj^ent , fournissaient caution . et devaient remplacer à leurs frais les objets perdus. En 1712, ils étaient au nondjre de quatre, loucliaient 400 liv., et servaient par ([uartier -. En 1730, ils étaient réduit.s à deux, touchaient 000 liv. et servaient par semestre ■'.

La reine, les princes avaient unfîarde-vaisselle. .\ la cour de Bourjro<jiie, il sendjle avoir porté le nom de ffarde-AucÂe *.

Dans les grandes maisons, la garde de la vaisselle d'or et d'argent était dévolue au sommelier •".

Voy. Q-ardes des joyaux.

Gardes- ventes. Officiers des eaux et forêts. Les adjudicataires de ventes les employaient pour veillera l'exploitation et à la conservation des bois qu'ils avaient acquis. Nommés aussi facteurs, ils prêtaient serment entre les mains du grand maître, des maîtres particuliers des eaux et forêts ou de leurs lieutenants. Ils pcmvaient dresser des procès-verbaux ^.

Gardeurs de bestiaux et Gardeurs de bêtes. L'ordonnance de janvier 1351 consacre un article aux gardeurs de « chevaux, brebis et autres bestes à garder et mener à provender ».

' S.-K. Lauglois, Traité i/es droits et privilèges des notaires^ p. V.

' Étal de la France, t. I, p. 109.

3 État de la France, t. I, p. 210.

* \ oy. Olivier de la Marche, Méiimires. L'éJition de 1616 le nomme Garde-kuge (pages 681 cl 689).

5 Audiffer, La maison réglée, liv. I, chap. 10.

6 Ctiaiiïand, Dictionnaire des eaux et forêts, 1. 1, p. 2 10.

Gardienne du ventre. On appelait ainsi

une femme qui était chargée de surveiller la nourrice d'un enfant de France. Les Mémoires secrets ' nousapprenneid qu'elle ne (juittail jamais la nourrice, môme lorscpie celle-ci allait à la garde-rohe. ^< Si la nourrice é|)rouvait la moindre altération de santé, la gardienne avertissait 1ns médecins, afin que la malade pût être remplacée par une des nourrices toujours en réserve pour ces cas éventuels >..

^'oy. Retenues.

Garenniers. (iardions, surveillants d'une garenne. On trouve fréquemment ^«/•(7H«('r«, et parfois gtiraiidiers.

Voy. G-ardes-chasse et Varenniers.

Gargotiers. Ceux qui tiennent une gargote. « Les personnes qui ne peuvent faire qu'une très médiocre dépense trouvent, dans tous les quartiers de Paris, de petites auberges appelées gargotes, où l'on vit à la portion et à si petit prix que l'on veut * ».

Ceci était écrit vers 1715, et Sébastien Mercier disait une soixantaine d'années après : « Il y a les gargotgs. que l'on appelle arches de Noé, où l'on donne à manger pour vingt-deux sols. Là, les personnes peu fortunées prennent régulièrement leurs repas ; et puis, elles se répandent aux promenades et dans les spectacles, et se vantent d'avoir diné ailleurs ^ ».

Garlande (Dictionnaire de Jean de). Le plus ancien document qui fournisse une énumération un peu détaillée des métiers exercés à Paris remonte au milieu du treizième siècle. Elle fit'ure dans un 1res curieux ou\Taffe. écrit vers 1250 par Jean de Garlande, et qui a pour titre : Dictionarius, sire de dictionibus obscuris '. L'auteur, anglais de naissance, passa une partie de .sa vie en France et surtout à Pai-is, où il professa avec succès; c'est là qu'il rédigea, à l'usage de ses élèves, son Dictionarius ', non pour leur désigner les industries les plus lucratives auxquelles on se livrait autour d'eux, ils les connaissaient aussi bien que lui, mais pour leur apprendre à traduire en latin le nom des objets les plus usuels et les plus vulgaires.

Il passe ainsi en revue quarante-six corps de métiers environ, noraine les principales marchandises fabriquées ou vendues par eux, révèle la mauvaise foi de certains marchands, les tromperies dont les ouM'iers et surtout les ouvrières se rendaient parfois coupables vis-à-vis de leurs patrons.

« Prius nominabuntur, écrit-il, res quas eundo per civitatem Parasius ^ denotavi ».

I 8 novembre 1781, t. XVIII, p. 130.

- Liger, Le coyageur fidèle, p. 327.

3 Tableau de Paris (1782), t. I, p. 227.

' M. A. Soheler l'a publié dans l'ouvrage suivant : Lexicographie latine du douzième siècle et dit treizième siècle, Leipzig, 1867, in-S».

5 M. Scheler croit que le mot Diclionariusa été emploj'é pour la première fois dans ce traité et comme Isynonyme du XsÇtxôv des grecs.

6 On sait que ce mot est indéclinable, mais pourquoi ?

GARLANDE — GAUFRIERS

Il n'est pas toujours l'iicilr de l'f^cnuiuiJlrf li's métiers désignés dans smi niiiuviiis IhIIii ; j'ai fait (le mon nn'eux, et, sdus <-elle l'éserve. voici la liste (les professions mentionnées par lui :

Arcliers, nommés par lui. .,. . . ArchitfHfnlm.

Houcliers ". Carnijircs.

Boucliers Phtsculurii.

Boursiers ^

Boulangers Pistores.

(lardeurs Pectrices.

( Ihangeurs Triipezetre.

( iiiapeliers (jipelliirii.

I iharpenliers (^arjientarii.

( lliarrons Rot.nrii.

( Cordonniers Alutarii.

(]orroiers Corrifjiurii.

(>ouleliers -

(Irieiirs de vin Pracones rini .

Cuisiniers Coci.

Drapiers Pannarii.

Ecuciers Smiarii.

Épiciers Apotecarii.

Ferniailliers Firmacnlurii.

Fileuses de soie Deracuutrices.

Fondeurs ^. ^

Forgerons Fabri.

Foulons FuUimes.

Fourbisseurs Ervfjinutores

qitidiorum.

Gantiers Cirolherarii.

Hanapiers Ciphiirii.

Lingëres *

Lormiers Lorimarii.

Meunii^rs Molendiiuirii.

Monnayeurs Nummularii.

Oiseliers ^

Oiseleurs Ancupes.

OrfèvTes Aurifabri.

Oublieurs Prœrones nebularum.

Raccommodeurs de pelleteries "

Raccommodeurs de vases à \ Repnri/torrs ci-

boire ( phnrum.

Regraltiers Anftionnrii.

Rôtisseurs Coquinarii.

Savetiers Pictacinrii.

Selliers Sellurii.

Tanneurs Cn-doneit.

Teinturiers Tinr/ores.

Tisserandes de soie Tectrices '.

Tisserands Tertrires.

Tonneliers Ouparii.

1 « Mi'i'caloivs liahilanti'S supra mapiium ponk-m vondunt capistra, luuibacia, ii^ulas, mar.sujiia île curio ciTvini), uvino et poi'i^ino ».

- « Vidi lioilii' inslitori'in liabrntom anto se culti'llos ad monsam, scilici't mensaculas, et artavos, vat,nnas magnas et parvas. stilos et stilaria ».

3 « Artilices illi subtiles suiil i[ui fundunl cmnpanas de aère sonoro ».

* « Quidam liomincs u.sui'pant sibi oflîeium mulienim, quiaveiiiliinlmiippnset manutergia.camisaset brnccHS.. ».

•' «In plaira nova anle ]iaravisum Dominte nuslrae avcs repi'riunliM* vendendîe ».

(> i( (Quidam declamatoivs pelliciomm re]iarandonun diseurrnrit [ler plaloas, et réparant l'uraluras epilufjiiinini et palliurum «.

' (( Textriccs (Mia- le.\unl serica texla . ;).

Garnetiers. \\>\. O-renetiers.

Garnisieres. Voy. Oarnisseuxs.

Garnisseurs. Xnm donné souvent aux selliers, parce que leurs statuts les autorisaient à « garnir les carrosses... de toutes .sortes d'élolFes, drap d'or (ju d'argent, velours, damas, satin », etc.

Les doreurs sur (Miir avaient aussi le droit de se dire garnisseurs. On a vu piiuri|uiFi ii l'article qui leur est consacré.

Garnisseurs de chapeaux. Ouvriers qui se bornaient à dre.sser les chapeaux, à les border el à y coudre la coilTe.

Garnisseurs d'épées. Titre ([ui appartenait aux l'ourbisseui-s.

Garnisseurs de g-aines. Ils complétaient

les gaines el le> l'iiurreaux labrifiués par les gainiers. Le Lirre des Métiers les n(jninie garnisieres.

Voy. Gainiers.

Gascheeurs. Voy. Gâcheurs.

Gasteliers et Gastilliers. Faiseurs de gilteaux. Les pâtissiers proprement dits coid'ectiomuiient surtout des pâtés, des taries, etc.

La Taille de 1-302 cite 7 gasteliers.

On trouve encore gateliers, tcasteliers. etc.

Gastriloques. \u\. Ventriloques.

Gâteliers. \'oy. Gasteliers.

Gâte-métiers. <■ Artisan (|ui donne sa peine à li'op bdii nuirclii' ".

Gaufreurs. Titre qui appartenait il la corporation des brodeurs et à celle des découpeurs.

Gaufriers. Faiseurs de gaufres. Ils appartenaient au corps des oublieurs, obéissaient aux mêmes statuts, avaient le même patron, et furent réunis, comme eux, aux pâtissiers en 1.566.

Les gaufres sont mentionnées au treizième siècde sous le nom ^'oublies renfurrées dans les Crieries de Pitris, poème de (îuiUaume de la Villeneuve. On voit aussi figurer dans le (Jompte des dépenses de (jlunies ]'I pinir i.'ifiO. •< ung fer neuf, pour faire gaidl'res pour le Roy », el dans les dépenses d'Isabeau de Bavière « un fer il gaull'res, pour faire les gaulTres de la Royne ' «. Le M/naqier de P/iris. ccimposé vers L39;{, fournit cinq recettes pour la confection des gaufres *. Il y entrait presque toujours du froluasre. On en criait encore dans les rues au sei'/.iônie siècle, (■onnne le prouve ci> vers peu harmonieux que j'emprunte aux Cris de Clément .lannequin 1 1550) :

Tarti-letli's friandes et la belle ejaufre !

Vov. Oublieurs.

I l).niel-d'.\rei|, Ciiui/i/rs >/r l'iotr/, ;.. O.'i î Tume n, p. 121 el 2«3.

1 lit.

(I.U'I.KKUHS

gk(K;rai'H1vs

Gauleeurs. \'ov. Arpenteurs.

Gaveurs de volailles. Sul). Mercier, qui

Imir a ciuisacn' un cliiipilre, li-s wmwhm' iiii/iireitrs. 11 écrivail vers 178.") : -< La lèvre de IViiifaveur, pi((iu'p par les coups île bec nmllipliés des pigeons, devient cancéreuse ; il lant la lui couper, .l'ai l'alleslalion d'un cliirurgien ([iii prouve que ce inélier encore publie au nionienl où j'écris est non moins danj^ereux i]ue (lé;j;oiitanl ' >.

Gavots. Noms que prenaient certains compaj^Mons du Deroir. Ils eurent de fré([uenles (|uerelles avec les /)rrnru>its.

Vov. Enfants de Salonion.

Gayetiers. \ ^v. Cornemusetirs.

Gaygne, A o.v. Gagne.

Gayniers, Nom que les statuts de seplemhre 1,">()0 donnent aux j^ainiers.

Gazetiers. • On donne indifféremment ce nom à ceux qui écrivent la gazette et à ceux qui la distribuent au public. Il v a des gens qui l'ont leur état d'aller acheter les gazettes au bureau et lie les distribuer à ceux qui les veulent lire, niovennant une certaine somme par mois- ».

Les gaziers ont aussi porté ce nom.

Gaziers, dits aussi Gazetiers, Fabricants d'étolTes fines et transparentes en soie. Ils formaient une seule corporation avec les ft^rri/nilinien. La gaze d'or et d'argent portait le nom de toeque, c'était l'œuvre d'une autre communauté, celle des drajiiers de soie. Mais, les gaziers fabriquaient le innrli. tissu uni très léger qui fut fort à la mode au dix-liniliènie siècle.

G«henneurs, Vov. Bourreaux.

G«indres. Vov. Gindres.

Généraux des monnaies, dits aussi

genertiiix-iiiiiitres, ïiiuitffS-géiitruHX. et géiiérav.x proriiiciaitj-. Ils avaient pour mission de visiter les hôtels des monnaies dans les provinces et de diriger la fabrication. Dès le quatorzième siècle, ils furent constitués en tribunal et formèrent la cour des Monnaies, juridiction de laquelle relevaient tous les métiers qui travaillaient l'or ou l'argent.

Généraux provinciaux. \'^<y. Généraux des monnaies.

Généraux des relais. Office des postes institua par l'édil du 8 mai L^SQ?. Leur mission consistait ù établir « des relais de chevaux de louage, de traite en traite, sur les grands chemins, traverses et le long des rivières, pour ser\nr à vovager. porter malles et toutes sortes de hardes et bagages ; comme aussi pour servir au tirage (les voilures par eau et culture des terres ».

I Tiiileait lie P,iiix, I. XII, p. ît».

- JauLi'rt, Diellonmire J773}, t. II, l>. 323.

l 11 eilit de janvier 1()08 créa la cliaige de iie'neriil des postes et reluis qui bit siipprinn-e le 31 décembre l(i"2!*. Le général des piistes fut alors remplacé par trois surintendants ijéiiérauj; des postes et reldis.

Vov. Louevirs de chevaux.

Gentilshommes servants. D'abord au

nombre ile:il), il lurenl n'ibiitsà IHeiiacn'it 1780. " Les geiililsliiiiiuiies servants, écrit (iiivot, l'ont journellement à la table du roi les fonctions que l'ont, les jouis de grandes cérémonies, le premier panetier, le premier échanson et le premier tranchant de France. . . Ils sont ({\và\i(ii:> gentilshommes sermtns le roi, parce qu'ils ne servent que sa Majesté, les tôles couronnées ou les princes du .sang et les souverains quand ils mangent avec le roi... Ils servent toujours l'épée au côté, et ils ont, par leur charge, le droit de prendre les f[ualités de chevalier et d'écuver. el d'avoir leiii-s armoiries timbrées ' ».

Géographes (Ingé.nieurs). Les fondeurs se qualiliaient de f/iiseurs irinstruiiiens de iiiiithe'matiqnes. qlohes et splf^res. Mais la partie matérielle seulement de ce travail leur incombait. Le reste était la spécialité des ingénieurs-géographes, au sujet de qui VAiiiuuiiich Dauphin s'exprime ainsi : c Les ingénieurs-géographes sont ceux qui coniioissent et possèdent l'art précieux et inestimable de désigner sur une simple carte, par des signes de convention et des lignes tracées avec une juste proportion, la distance exacte qu'il y a d'un lieu à un autre et les objets conséquents qui s'y trouvent intermédiaires - ».

Au luoment où étaient tracées ces lignes, l'art ciirtographiqiie ne méritait vraiment pas tant d'éloges.

Un excellent article de M. Gabriel Marc«l •• nous apjjrend que la plus ancienne carte de F'rance se tnuive dans le Ptolrniée de Berlinghieri dont la date est indécise, mais qu'il faut placer vers 1480. On peut citer ensuite la belle carte d'Oronce Fine, publiée en 1525 et rééditée en 1538 : la carte due à Hamon de Blois. géographe de Charles IX 1 1568i, et la carte de Normandie tracée par le prêtre Jean .Tolivet. Somme toute, ces utiles instruments étaient encore bien peu consultés au seizième siècle, puisque le maréchal de ^'ieilleville, mort en 157 1 . se flatte d'avoir été le premier eu France à se servir de carte pour ses opérations militaires. Les cartes étaient, il est vrai, bien incomplètes encore et ne pouvaient rendre que de médiocres services ; on n'y trouve en effet indiqués ni les pont.s, ni les routes bien rudimentaires de l'époque. Le premier travail un peu sérieux accompli en ce sens fut l'atlas pré.senté à Henri IV, en 1593, par l'éditeur Bouguerauhl ; encore laisse-t-il fort ii désirer : nulle triangulation, nul lever géométrique n'y figurent ; les fleuves et les montagnes ne sont représentés que

f Traite lies offres. I. I, p. ."i03. 2 Atmananac/i Dauphin pour 1777.

•'* Coup ifœil sur ta eartogrnpitte en France. Dans le.s Rapports sur l'exposiliun île 1900. Mu-séo.s létrospretifs.

GEOGRAPHIOS — GEOLIERS

d'après leur direct i(Hi «générale ; cest un dessin, une vue à vol d'oiseau du pays.

Avec Louis Xn'. pfrùce au nombre prodiji^ieux d'inj^énieurs qu'il emploiera, vont se généraliser (les plans iJ:éom('triques el i-éellemenl utilisables.

Les inijénieiirs-fj^éograplies du rt)i suivaient les armées. « Dans les sièges, ce sont eux qui lèvent le plan de la tranchée, et qui envoient tous les jours au ministre de la guerre le détail des progrès de la nuit ». Quelques-uns ont laissé des (juvrages fort estimés. Je rappellerai les noms de Nicolas Sanson, d'Anville, \'au":on(lv, .Jailbil. lierouge, de PVr. etc. Presque tous tenaient magasin de traités gé()graphi([Ues, cartes, plans, etc.

Parmi les plans, ce sont ceux île Paris qui surtout nous intéressent, voici la liste à peu près complète de ceux qui ont été dressés depuis le seizième siècle. Ils sont, en général, d'uneextrême rareté.

Plans de :

Sébastien Munster. Année 1330.

Georges Braun. 1530.

Tapi.sskrik. 1.")40.

Bale. 1552.

Saint-\'i<:tor. 1500.

Bki.i.eforest. 1572.

Fr. Quesnei,. 1()08.

Vassai.ieu. 160!).

Mathieu Mérian. 1615.

Melchior Tavernier. 16.'i0.

Jean Boisseau. 1643.

Jacques Gomboilst. 1647.

J. Boisseau. 1654.

N. Berey. 1654.

JouviN de Rochefort. 16!)0.

N. DE Fer. 1697.

Bui.i.et et Blondel. 1710.

J. DE LA Caille. 1714.

Bernard Jaillot. 1717.

Delagrive. 1728.

Roussel. 1730.

Delagrive. 1733.

Turgot. 1739.

Vaugondy. 1760.

Deharme. 1763.

Desnos. 1766.

J.-B. Jaillot. 1772.

E. Yerniquet. 1791.

Ce dernier coûta trente années de travail à Yerniquet, qui employa, pour ses opérations trigonométriques, jusqu'it soixante ingénieurs et quatre-vingts aides à cheval. Lalande. chargé d'en surveiller l'exécution, écrivait le 25 vendémiaire an IV : « ('e plan, dont j'ai suivi les travaux me paraît l'ouvrage le plus parlait qui ail jamais été exécuté en ce genre ' ».

Voy. Fondeurs.

Géographie (Professeursde). L'Almanach Dimp/niipiiiir i777 leur consacre l'article suivant : « Les prol'esseurs de géographie sont ceux qui enseignent à connoitre la position et la valeur des

* \ay. A. K., Les imcieiis plans île l'aris, t. 11, p. 138.

signes tracés sur les cartes géographiques pour juger de la distance d'un lieu à un autre. Voy. Géographes (Ingénieurs).

Geôliers. Au moyen âge, les geôles ou prisons étaient all'ermées. adjugées aux enciières à des geôliers, qui exigeaient de chaque prisonnier une redevance dite geôlage. Le geôlier ne devait à ses hôtes que du pain el de l'eau : tout le reste était à la charge du prisonnier qui était rançonné de la façon la plus odieuse. Du quatorzième au seizième siècle, des tarifs furent bien établis qui proportionnaient le droit de geôlage à la condition des personnes ', mais les geôliers n'en tirent aucun compte. Il faut noter ici que. jusqu'à la fin du .seizième sii'cle, la prison ne figura que très exceptionnellement parmi les pénalités judiciaires ; remprisonnement n'était guère ordonné que pour empêcher la fuite de l'accusé ou pour le contraindre à payer amende ou dépens.

L'ordonnance de 1560 proscrivit l'u.sage des cachots souterrains. Un commentateur de celle ordonnance dépeint ainsi les soutl'rances qu'enduraient les prisonniers dans les geôles ordinaires : « On les voit se roidir de froid, enrager de inalefaini, hannir de soif, pourrir de vermine el de po\Telé, tellement que si pai' pitié quelqu'un va les voir, on les voit se lever de la terre liuiuoureuse el froide, vermoidns, bazanés, emboutis, si chélifs. maigres el défaits ([u'ils n'iuit que le bec el les ongles ». 11 n'est sorte de ciuautés que n'inventassent les geôliers pour tirer quelque argent de leurs hôtes ; ils les associaient aux fous, même aux fous furieux ils les accablaient de mauvais traitements, leur brisaient parfois les membres à coups de nerfs de bœuf.

Les officiers qui acceptaient les fonctions de geôliers dans une prison d'Klat, la Bastille ou Vinceniies par exemple, y faisaient vite fortune. A la Bastille, le roi payait en moyenne chaque jour dix francs par prisonnier, el chacun d'eux ne coûtait guère, sauf dans des cas spéciaux, plus de deux francs au gouverneur. Sur vingtcinq prisonniers, celui-ci réalisait donc un bénéfice quotidien de deux cents francs.

La charité s'efforçait de venir en aide aux malheureux détenus dans les prisons ordinaires. On quêtait pour eux par les rues. Le pain, le poi.sson, les viandes, les vins, et en général tous les vivres confisqués aux nuirchands élaienl « donnés à Dieu, » c'est-à-dire distribués dans les prisons et les hôpitaux. Les femmes en couches, croyaient obtenir une heureuse délivrance en faisant vœu de déli\Ter un prisonnier pour dettes -. Des personnes pieuses allaient visiter ces lieux de douleur, porter aux captifs des consolations el des secours. On se rappelle la recomnumdalion de Tartuffe à son valet.

Si l'on virnt pour me voir, je vais aux prisonniers Des aumônes que j'ai distribuer les Jeniers 3.

C'était, en effet, le seul moyen d'attendrir geôliers, guichetiers el porte-clefs.

I Voy. Leber, DisserlalioHS, t. XIX, p. 109. s Dionis. Triiilë des aceoHchemeiis, y. a08. 3 Acte m, scène 2.

GKOLIEnS — GLACE A RAFRAICHIR

:îr,:î

A In fin «lu ilix-liililième siècle, les principales prisons de Paris étaient :

La Bastille, prison d'Ktal.

Le (îrand-Chatelet, sur les ruines iluquel fui i-réée la place at'luelle du Cliùlelel.

Le PeT!T-(;hatelet. à la UMe du Pelil-I'onl. prison qui fut démolie en 1782.

La CoN'CiERCiERlE. dans la cour du Palais.

Salnt-Kloi, dans la rue Sainl-Paul.

Saint-Martin, l'ue S:iiMl-Mar(iii. Maison deslinee aux filles débauchées. Recoiislruile en 17"20, elle fut supprimée en 178").

Le FoR-l'KvÉgrE.rueSaint-tîerniain l'Auxerrois. Jusqu'en 1674. il resta le siè^^e et la fjeôle de la justice épiscopale forum episcopi . V.nsuite. on v enferma surtout li's prisonniers pour ilettes, les comédiens insnumis, etc.

LAbbaye, rue Sainle-Miirffuerite. C'était la prison du liailliaffe de Talibave de Saint- (îermain des Prés. Elle .servait aussi de maison de correction pour les enfants ou jeunes ffens enfermés sur la demaiule de leur père ; celui-ci (leviiil payer une pension qui variait entre 2ô0 et ;}00 francs. V,n 1789. cette maison devint la prison militaire dite de TMaye, puis fut démolie en 18.'S4.

La Force, ouverte en 1782.

L'Officialitê. Destinée aux ecclésiastiques, elle consistait en une haute tour située près de la sacristie de Notre-Dame. Elle fut démolie en 1784.

Lv Ville ou iirison du Prévôt des march.\nds, rue de la Tannerie. On y enfermait surtout les fjens qui commettaient des délits dans les marchés et sur les ports. Le peuple l'appelait hi Charbonnière.

L.\. Tourxelle. Près du pont de ce n(mi. Destinée aux •^•alériens, qui y attendaient leur départ. Elle fut démolie en 1790.

Sainte-Pélagie, rue de la Clef. Maison de détention pour les femmes débauchées, luais la police y internait pai-fois d'autres coupables.

La Salpétrière. rue Poliveau. .\ la fois hôpital et prison pour les femmes.

Saint-Lazare, faubourg .St-Denis. A la fin du dix-septième siècle, une partie de ce couvent fut transformée en maison de correction pour les prêtres désobéissants et pour les jeunes débauchés contre qui leur famille avait obtenu une lettre de cachet.

La Prévôté royale de Chaillot. Elle appartenait aux dames de la Visitation, qui conservèrent jusqu'à la Révolution les droits de haute et basse justice sur le territoire de leur couvent.

Quelques bailliages, aussi peu importants que celui de Chaillot avaient gardé, pour la forme, de petites geôles restées à peu près sans emploi.

La Tnille de 1292 cite un chnrtrier, un clacelier et un clerier qui étaient sans doute des geôliers, des guiclietiers ou des porte-clefs. Ceux-ci furent désignés encore par d'autres noms, plus ou moins dérivés des précédents : carlriers, ce fiers, chepiers, tcruriers, etc., etc.

Géomanciens. HaleleuiN qui prédisaient l'avenir au moyen de la terre. Ils en jetaient une poignée au hasard sur une table, et les lignes, les figures qui s'y dessinaient leur révélaient les événements futurs, etc., etc.

Vov. Devins.

Geyndres. \ o\. aindres.

Ghisterneurs. \ "v. G-uitemeurs.

Gibecière .Iouemhs dk tion (Professeurs de).

Prestidigita-

Gibeciers. Faiseurs de gibecières. Titre qui appartenait à la corporation des boursiei-s. pendant longtemps, d'ailleurs, les mots boui-se et giliecière furent à peu près synonymes.

L'article 7 des statuLs accordés aux boursiers le 18 juillet l.'J72 mentionne, parmi les épreuves du chef-d' (entre, « une gibecière de marocjuin il fer cambré à ressort ». L'article WW des statuts de décembre 1(>."S9 confirme aux boursieis le droit de confectionner des « gibecières et fauconnières de cuir ».

Gindres. Maîtres-valets dans la boulangerie. Le Licre des me'tiers les nomme joindres ', et une charte de ] -119 i/ei/ndres -.

« Le geindre, écrit M. Malonin ■*, veille ii tout dans le fournil, il délivre la farine, il passe l'eau et il la mesure. Il détermine la quantité et la sorte de pain qu'il faut faliriquer. el il avertit les autres garçons de ce qu'ils ont à l'aire. C'est le geindre qui chauffe le four, ensuite il eidourne le pain, et enfin le tire du four ».

Giponiers. Faiseurs de gipons. Au moyen âge, on nommait gipon, gippjn, jubé * une sorte de tunique qui, ajustée sur le buste, en dessinait les formes. Au quatorzième siècle, on voit ce vêtement prendre le nom de jupon, mot qui, jusqu'à la fin du dix-septième siècle, ne cessa de désigner, ilans le costume masculin, un vêtement du torse.

Les giponiers durent être réunis de bonne heure aux pourpointiers. car dans les statuts accordés à ces derniers en 1467, je vois ceux-ci autorisés à confectionner des « jupons ».

Dans le cinquième li\Te de Pantagruel, frère Jean traite Grippemiuaud de « diable engiponné ».

Je trouve encore le mot jiipponniers dans un acte d'a^Til 1407 '.

Voy. Tailleurs.

Glace à rafraîchir Commerce de i.a\ Pour rafraîchir les boissons, le moyen âge possédait des vases spéciaux appelés refredosrs. Ils furent d'abord en cuivre, puis en terre, et ces

1 Titre I, art. 21, 44, etc.

2 Ducange. Oiosstiire, au mot junior,

•^ L'art du boulanger, dans J.-.J, Bortranii, Dexeriptiou ilex arts et mi'tierx^ p. 140.

* ^'uy. Ducange, aux mots yipo elju&eus.

5 .\oie publié jiar (}. Fagniez, Études sur l industrie, p. 275.

(iLACK A KAFIUICHIH

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