A LA MAÎTRESSE DES BOUCHERS
4 gélines *.
4 mets •''.
12 pains. 2 setiers de vin.
Au vovER DE Paris, au prévôt du Forl'Evijque, au célérier du Parlement, au concierge DU Parlement :
A chacun, un demi-setier de vin et deux gâteaux.
Mais chacun des privilégiés ci-dessus uommés devait payer deux deniers au « jugleeur ' » qui jouait dans la salle où avait lieu le festin *.
Abouresses. Femmes qui travaillaient à rembourrer des vêtements ? Aiourer, en vieux français signiliail rembourrer, et l'article 34 de l'ordonnance du 5 octobre 1443 cite les abouresses avec les tisserands, les cardeurs, etc. *.
AboyeuTS. On nommait ainsi les individus qui, à la porte des petits théâtres, annonçaient à hante voix aux passants l'heure et la composition du spectacle. Le théâtre des ombres chinoises est un des derniers qui ait eu un aboyeur. Prudbomme écrivait en 1807 : « On remarque à la porte un crieur qui, depuis six heures du soir jusqu'à dix, étourdit les oreilles des passaus par ces mots : « Entrez, Messieurs, l'ou va commercer tout à l'heure ' ».
Abréviateurs. Voy. sténographes.
Abuvrement. Voy. Aboivrement.
Académies d'armes. Voy. Armes (Maîtres d').
Académies de coiffure. .\ la fîn du
dix-huitième siècle, les coiffeurs de dames, rougissant d'appartenir à la corporation des barbiers- perruquiers , voulurent former une connnuuauté indépendante, créer une académie
I \ov. l'arl Maître des boueliers.
î Poules.
'■> L ordonnanei'dit : « de chacun mes que l'on meine, quatre mes ». Le mol niés ou me/s désii;nail ii la fois ce i|ue nous appelons aujouni'liui un serriee el chacun des plats composant ce service.
i \ ov. l'art. Instruments (Joueurs d').
•"' Lettres patentes de juin 1381, dans li's OrJonn. royales. I. VI, p. .'i'.Hi.
•■■ Orilunii. royales. I. XIII, p. 382.
" Miroir lie Paris, t. \', p. 20 1.
ACADK.MIKS l>I'; COIFFUHK
ACADKMISTMS
de roiffure. Un arrdt du ^âjiinvii-r 1780 n'ijoussa cetli' proli'iitinii '.
Viiy. Coiffeurs.
Académistes. Propriétaires d'une académie. .\prés trois ou (piaire aimées consacrées au.x lettres et aux sciences, les jeunes o^ens de qualité entraient ù racadémie, où l'on ne se préoccupait plus ^iière que de les perfectionner dans les exercices du ci>rps. Ony enseif^nail bien un peu d'histoire, de niatliémati(pies et d'art militaire, mais ce que l'on y cultivait surtout (•"était l'équilation, la danse et l'escrime, les courses de ba;;ues et de têtes, avec la lance et l'épée. L'académie était donc le complément indispensiible de l'éducation pour un y^entilhomme. .\u reste, avant même deii être sorti, et dès \'à<^e de dix-sept ans, l'on pouvait acheter une lieulenance.
L'on entrait parfois an service bien avant cet âge. Le fîls du duc île Crillon y débuta à cinq ans. et Fronsac fut l'ait colonel à sept ans -. Le fils du duc de Chauhies attendit aussi jusqu'à sept ans. « Il ^^nt remercier le roi avec le grand uniforme des chevau-lég^ers et des bottes •^. L'oncle de Mirabeau était aspirant de marine ' à douze ans ■*. A douze ans encore, Lauzun entrait dans les g^ardes-frani^aises, et à quatorze ans, il était fait en.seigne ''. A IVig'e de quatorze ans, écrit M. le comte d'Haussonville '', « mon père reçut. p<uir ses étrennes. un brevet de lieutenant dans le réji:iment d'.\rnia<jnac et à (piinze ans un brevet de capitaine de cavalerie ». I^a possession de ces «j^rades n'empêchait pas un enfant de devenir pensionnaire dans une académie.
L'Université voyait de mauvais œil l'existence de sendjlables établissements sur son territoire. En 1661, quand .Mazarin fonda par testament le collèg'e qui porta son nom, il ordonna qu'une académie y serait annexée. Le 22 octobre 1674, ses exéeuleui's testamentaires présentèrent il l'Université une humble requête pour les supplier d'admettre le nouveau collèg'e dans son sein. Les doyens des quatre Facultés et les procureurs des quatre Nations *, délibèrent en commun, et rédigèrent leur rapport. Tous concluaient à l'adoption, mais avec des rései'ves qui dénaturaient les prévoyantes intentions de Mazarin.
-Au dix-septième siècle encore, la noblesse manifestait quelque répugnance pour l'éducation universitaire. Plus désireuse de former des hommes braves, intelligents et spirituels que des savants, elle voyait très bien à quel danger la rie de collège exposait ses enfants. Avec raison.
I Séb. MiTci.T, Tiiilrau de Paris, I. II, |.. 192
ï Duc ito Luyni's, Mémoires, 14 luai-s 17"S, I. NUI,
3 nue (le Luynos, Mémoires, 10 clri-iinl)ir H I.S,
* On «lisait a'ors garnir il'' t'éli'iutanl.
5 L. di' Loiuéiiii', /.es Mirabeau, I. I, |j. 158. S ft. Maujjras, Le due dr l.auzun, ji. 00. "• Ma jeunesse, p. 'i~ï.
* Dès le lit'iziéme sièclo, les élèves île la Faculté îles arts s'étaient divisés, suivant leur pays iloiigine, en quatre Xatiuns ; France, Picardie, Normandie et .Allemagne. Chacune de ces a.'ïsociations nommait un procureur, un censeur, etc.
elle redoutait [jour eux, et lasservissemenl a une règle inllexible qui amollit le caractère, et l'inlluence d'un travail incessant et forcé qui enlève à l'esprit sa spontanéité, son originalité et sa grâce. D'ailleurs, l'héritier du nom et des armes de la famille devait, avant totit, prendre les habitudes, le ton et les manières du monde dans leipiel il était appelé à vivre.
Mazarin montra qu'il avait senti tout cela, lorsque créant un collège exclusivement destiné à la noblesse, il prescrivit, tout cardinal qu'il était, qu'une académie y serait annexée, que l'éqnitation, l'escrime et la danse feraient partie intégrante de l'éducation qu'on y recevrait.
Sa pensée fut si peu saisie, que les architectes prirent d'abord sur eux de ne pas construire le manège, puis viid l'Université, qui se voila la face, et d'un Irait de plume annida la volonté de Mazarin. Sur ce point, il y eut presque unanimité dans les rapports présentés au conseil. Le doyen de la l'acuité de théologie exigeait •.■ ut pra'diclum coUegium nullam liabeat academiam palivstricam, >> et le procureur de la Xation française «. ut academia palsestrica removeatur. >• Le procureur de la Xatiun de Picardie déclara « acailemiam gladiatoriam arceri velle, » et celui d'Allemagne demanda simplement « ut ab eo coUegio arceantur gladiatores et sallatores. )• Les autres membres de la commission, sans parler aussi nellement, avaient exprimé le même vœu ; il se trouvait compris dans une formule générale, aux termes de laquelle le nouveau collège devait être soumis à tous les règlements de l'Université, sans exception *.
Au dix-septième siècle, les académistes le plus en vogue, ceux que l'on trouve le plus souvent cités dans les mémoires du temps étaient les suivants :
Benj.\mi.n, établi à l'angle de la rue des Fossés ' et de la rue Neuve-Saint-Lambert ^. Il compta parmi ses élèves le duc d'Enghien, Cinq-Mars, etc. Son succes.seur lui Arnoi.ki.m, qui enseigna l'é([uitalion à Louis XIV. et mourut en 1657, laissant sa maison au sieur Ber.nardi, comme lui originaire de Lucques. « Cette académie, écrit Le Maire *, a cela de particulier que tous les ans l'on y donne a la noblesse, pendant trois mois, une idée véritable de tout ce qu'on fait aujourd'huy dans les armées du Roy. Proche les murs du palais d'Orléans, autrement dit le Luxembourg, l'on a fait bastir un fort à quatre bastions ^, avec des demi-lunes partout et la contrescarpe. Les gentilshommes commencent le siège de ce fort par les lignes de circonvallations, ensuite on fait les attaques et les approches par des mines et des logemens, tout de mesnie qu'à un véritable sièffe ».
* Excriptum ex aelis L'nifersilalis Parisiensis. Dans le Itecueil de la fundalioii du collège Ma:ariiii. (Bibliolh. Mazarine. n" 2770 A.).
* .\uj. rue Monsieur le Prince.
•• \uy rue de Condé.
* Paris ancien et nouteau (1085), t. III, p. 4.">9.
3 Ce fort, dit fort des académistes, est mentionné par Jaitlut, quartier du I.u.\i'mbiiur{f, p. 74.
ACADÉMISTES — ACCORDEURS
FoRESTiiiR, rue de la Sorbonne. Cet éta- Llisseinenl esl indiqué sur le plan de Gombousl (An. 1647;.
Del Campe ou Delcamp, rue du Vieux- Colombier. Lister, au cours de son voyage à Paris en 1650, y vit « plusieurs seigneurs An^lois et François faire leurs exercices devant un inoiidf de spectateurs, hommes et femmes de qualité. La cérémonie finit par une collation *.
Du Plessis, de Vaux, de Poix, Memmont, que je trouve cités en 1650 - el en 1657 ■'.
De Lo.ngpré, carrefour Saint-Benoit. Il avait rassemblé une curieuse collection de médailles.
Ro(,)UEFORt, rue de l'Univer.sité.
FouBEBT. rue Sainte-Marguerite.
CoLl.OX, rue Pérou.
De V.\.\deuil, rue de Seine Saint-Germain.
On citait surtout, au siècle suivant, les académies de :
Joi.AN, rue des Canettes. Le prix de la pension, nourriture et logement, était de 1.500 livTes par an. Chaque élève payait en outre : 700 li\Tes, pour la pension de son gouverneur, 500 liwes, pour celle de son valet de chambre, el 400 livres pour celle de son laquais.
RAZ.VDE, rue des Vieilles-Tuileries.
Saixt-Denis, rue de Courcelles, académie réservée aux dames.
Dugari), qui se qualifiait d'écuyer du roi. Son immense manège, situé près des Tuileries, entre la terrasse actuelle des Feuillants et la place Vendôme, fut transformé en 1789, et l'Assemblée constituante y tint ses séances.
A l'académie de Dugard, le prix de la pension était ainsi réglé :
Logomont et nourriture 1 . 500 liv .
— — pour un gouverneur 700 —
Logement et nourriture pour un domestique 400 —
Droit d'écurie 29 —
— pour les gaules 3 —
Au maître d'armes IS —
— de danse 15 —
— deîs exercices de voltige 15 —
— de malhémaliciues 15 —
Au laj)issier pour location des meubles et
du linge 150 —
Les pensionnaires qui n'avaient pas de domestique payaient, 6 livres par mois, un valet qui l'aisait leur chambre et les servait à table.
Le marquis de Bouille y entra vers 1756, et on lit (lans les Mémoires publiés sous son nom : « Il existoit à Paris trois établissemens où la jeune noblesse vouée aux armes s'instruisoit dans tous les exercices relatifs à sa future profession. Chaciuie de ces académies réunissoit une quarantaine de pensionnaires et un nombre double d'externes. Fort en vogue sous Louis XIV, elles jiniissoient encore d'une célébrité assez étendue ; mais elles éloient déjà moins suivies par les gens de cour. Quelques seigneurs étrangers, anglois principalement, venoient se former à des écoles renommées en Europe alors
1 Pag'' 2*''-
î M»:f historiifue d«' Lorel.
•' .\ -I'. l''<iugèri', Juiirnii. d'un toyage à Paris, p. .12.
que la noblesse française y donnoit le ton par la grâce et l'urbanité de ses manières, ainsi que par son adresse dans les arts de l'escrime el de i'équitation. Le point d'honneur y étoit traité avec une délicatesse excessive ; rarement on accomplissoil un cours de dix-huit nmis de diu-ée au moins, sans avoir à soutenir quelque duel ' ». Durant son séjour à l'académie. Bouille était entré dans les mousquetaires noirs.
Voy. .A-rmes (Maîtres d*). — Créât. — Équitation (Maîtres d'). — Peiges. — Voltigeurs, etc.
Accensiers. Gens chargés de percevoir des cens.
On trouve aussi acensiers, assenriers, elc.
Accessoires de théâtre. ^Commerce
DESi. Le Litre commode pour 1602 nous apprend que les sieurs Baraillon et du Creux avaient alors pour spécialité de fournir aux théâtres une partie de ce que nous appelons aujourd'hui les accessoires : masques, perruques, jarretières, barbes, etc. -. Les bijoutiers en faux vendaient les pierres et les perles fausses : diamants du Temple, du Médoc, d'Alençon, jargons d'Auvergne, etc. '.
Tout ce qui ne rentrait ni dans la catégorie du coslnnie, ni dans celle dn décor, appartenait aux accessoires. Un mémoire publié par la société de l'histoire de Paris ', prouve que l'on y attachait déjà une grande importance. La prise de Marcilly, pièce jouée vers 1631, exigeait: tin bateau, des avirons, des rossignols, des coqs, des ciiiens, une lance, etc. Les vendanges de Svresnes, comédie de Duryer, représentée en 1635, nécessitèrent l'emploi de : une hotte de vendangeur pleine de raisins et de feuilles de vigne , deux paniers, deuxéchalas, une serpette; et l'on lit en note : « En la saison du raisin, il en faut avoir cinq ou six grappes, pour la feinte ». Le théâtre devait fournir quand on jouait Lazare: des lunettes, un balai, une batte, une cassette, une table, une chaise, une écritoire, du papier, deux flambeaux, elc. ; et quand on jouait Les plaideurs : une échelle, un flambeau, des jetons, une batte, le col et les pattes d'un chapon, un fauteuil, des robes, (les petits chiens dans un panier, un oreiller, une écritoire, etc.
Voy. Sculpteurs sur carton et Théâtre.
Accordeurs. .\u di.x-septième siècle, tout facteur était accordeur, et le Litre commode pour 1('>02 fournit une assez longue liste d'accordeurs pour l'orgue et le clavecin *. L' Encyclopédie mélliodique s'exprime ainsi : « Ce sont ordinairement les facteurs de clavecins qui empbiment et accordent ces inslrumens dans les maisons, et ce n'est point le moins intéressant
1 Essai sur la pie du marquis de Bouille , ('"tlit. Barrière, p. 4.
* Tome I, p. 2Tt.
8 \oy. l'art. Bijoutiers en faui.
» Tome XXVIll (1901), p. 104.
B Tome I, p. 208.
ACCOHDia KS — ACHAT 1)1' MKTII':
(!i' li'ur arl, lorsqu'il vvulciil ildinifi' un l'iiipliiiiia^e U'î^'t^r, triiiicliiinl et p.ii'-toiil éj^al ' ».
Sur 11' siMis (lu imil empluMuge, vuy. ci-di'ssous 1 aiticlf Épinetiers.
Accoucheurs. Amlmiist' l'aiv. (li's l.")73, avait publié si>n iiuvrajxfsurlcs aci-ducliPiniMils '. TreutP-six ans après, Jacques (iuilleineau, scui élove, faisait imprimer un (railé plus pratique ', reproduit en 1()4!) dans ses ffii/crw. «Sireufant, y Pst-il (lit, est mal tourné, l'oilile ou hiiif^nide *, et que la sa^j^e-l'emme soit au bout de sou pxpérienee. il faut pour le "garantir delà mort, et par conséquent la mère, qu'on y appelle le cliiruririen pour la délivrer elle meltriNin monde >^.
.\ l'époque où (iuiliemeau écrivait cette phrase, quelques accoucheurs s'étaient fait une brillante réputation à la Cour et dans la haute liouri::eoisie; on citait surtout parmi eux Jacques de la Cuisse et son beau-père Bonchet *. .Anne d'.\ulriche, ainsi que Marie-Thérèse, eurent recours à des saj;es-lemmes * ; mais Mlle de Lavallière et la Danphine furent délivrées par le chiriiro^ien Julien Clément. Il avait <léjii d'habiles confrères : Bonamy ; Paul l'ortal ; Desforf^es ; de Frades ' ; Fram^dis Mauriceau, qui avait donné en 101)8 la première édition de son Traite ihs maladies des femmes grosses, ouvrag'e resté classique jusqu'il la fin du dix-huitième siècle ; Philippe Peu, dont la Pratique des acrnucAemens * jouit aussi d'une faraude réputation. Presque tous avaient approfondi leur art et acquis une o:rande expérience comme chirurjjiens de l'HAIel-Dieu ", le dernier se vantait même d'y avoir assisté à plus de cinq mille acc'oiu-hements.
En 1696, un écrivain allemand faisait remanjuer que, dans cette spécialité, les chirurjriens français étaient plus habiles que tous les autres. Ce n'est point, ajoutait-il, qu'ils soient doués pour l'obstétrique de dispositions particulières, mais ils ont très souvent l'occasion d'assister des femmes en couches. C'est maintenant la coutume en France que, même les jeunes mariées, mettant de côté toute honte, se laissent voir et manier sans scrupules par les chirurgiens, et que des femmes appartenant à toutes les classes de la société souhaitent l'assistance des chirurgiens ([uand elles sont prêtes d'accoucher. Il en est tout autrement chez les autres nations '"....
Cette innovation rencontra un ardent adver-
• Arts l'I métiers, I. IV, p. 15 et s.
2 Df ta génération (if t'fioinme, . . . Ensrmhte ce ^uii faut fiiirt pour ta faire mieux et pluxfosf rtccoiieher. . ., in-S**.
3 De la grossesse et accouchement des femmes . .., 1609, in-8».
* Languissant.
5 (j. Patin, Lettre du 3 mai 1050.
fi P. Su»', Essais kistur. sur les accoitcliemens , t. I, p. 111. — Toutefois, pour cette dernière, te rélèbre accoucheur l*'rançois Houctict se tenait dans la pièce voisine, prêt à intenenir si besoin était. Voy. \ Index funereus de I)evau.\, p. 66.
' N. Je Blègny, l. I, p. 159.
« 1694, in-S».
' Voy. Dovau.x.
t^* Aelorum eruditornm ijitœ Lipslœ puHicantur stipplcmenla, t. 11 (1696), p. 470.
saire dans le dévol dorleur Ilrci|uel. qui fui doyen de la Facidlé en 1712. 11 publia en 170S un (letit volume intitulé : De l'iiidereiire atfx hommes (Facroucker les femmes, et de Po'digation aux femmes de noutrir leurs eiifans. Pour montrer par des raisons de pàgsitjue, de morale et de médecine que les mères n'exposeraient ni leurs vies ni celles de leurs enfans en se passant ordinaireremenl (F uccouchett,rs et de nourrices.
Ce plaidoyer en faveur des sages-femines (It grand bruit, mais il lu; convertit personne. Moins de trois ans après son apparition, Louis XIV accordait des lettres de noblesse ù Clément ', et Dionis écrivait en 1717 : « Les princesses l'L toutes les dames de qualité choisissent des accoucheurs ; les bonnes bourgeoises suivent leur exemple, et l'on entend dire aux femmes des artisans et du menu peuple que si elles avoienl le moyen de les payer, elles les préféreroient aux sages-fenunes * ». Enfin , Prosper Marchand ajouta en note dans l'édition du Dictiomtairc de Bayle qu'il donna en 1720: « La grande mode de Paris est de se servir des accoucheurs et non pas des sages-femmes. Le temps viendra peut-être que la même mode régnera dans la plupart de l'Europe ; la honte subira le sort de mille autres choses soumises aux lois bizarres et inconstantes de la coutume ' ».
Pour Paris, la question était résolue, mais l'on s'v préoccupait encore des conditions physiques (ju'il fallait rechercher chez un accoucheur. Devait-il être jeune ou vieux, beau ou laid'? C'était un point controversé. « Il y a des gens, écrivait Mauriceau ', qui disent qu'un chirurgien qui veut pratiquer les accouchemens doit estre mal propre ou à tout le moins fort négligé, se laissant venir une longue barbe sale, afin de ne pas donner aucune jalousie aux maris des femmes qui l'envoient quérir pour les secourir. A la vérité, on en voit qui croient que cette politique leur peut faire donner beaucoup de pratiques; mais qu'ils s'en désabusent, car une semblable mine ressemble plutost à un bouclier qu'à un chirurgien, dont les femmes ont déjà assez de peur sans qu'il se déguise ainsi ». Dionis dit de son côté : « Celui qui embrasse les accouchemens doit être bien fait de sa personne, n'ayant aucun défaut corporel ni rien de choquant dans son visage. Il faut qu'il soit fait de manière qu'une femme puisse se mettre entre ses mains sans aucune répugnance. Il ne doit être ni trop jeune ni trop vieux ; il faut qu'il soit dans la vigueur de son âge et qu'il ait de la force pour pouvoir faire un accouchement laborieux, qui le met quelquefois tout en sueur ^ ».
Acensiers. Voy. Accensiers.
Achat du métier. Voy. Aspirants à la maîtrise.
1 II avait mis au monde trois petits-fils de Louis XIV.
* Traité général îles accouchemens, p. 448. 3 Tome II, p. 1468.
* Traité des maladies des femmes grosses, p. 206. 5 Page 413.
ACHEMKHKSSES — ACTEURS
Achemeresses. \'i>y. Coiffeurs.
Acier (Fabricants ■ d'). Les liiéroglyphes tracés par les Egyplipiis dans les plus durs granits ont fuit supposer que ces peuples connaissaient l'acier. Son emploi parles Homains est mieux démontré. Le nioycn-àjjie allait perfectionner leurs procédés, l'appliquer surli>ut aux armes et aux armures ; les lanu's de Tolède et de Damas sont restées longjtemps célèbres.
L'acier est cité deux fois dans le Livre des méliers *, qui nous apprend qu'il payait les mêmes droits d'entrée à Paris que 1p ter.
Olivier do la Marclie écrivait vers 1490 : « L'acier est plus noble chose que l'or, l'arirenl, le plomb ne le fer, pour ce que, de l'acier comme du plus noble motail, l'on fait les armeures, les épées. les dajj^ues et autres jjlaives ' ^>.
On ne pro(hiisait pas encore d'acier en France vers la tin du seizième siècle. La première fabrique quiy ail existé fut créée à Paris vers 1603 par un sienr Camus, qui l'installa au faubourg Saint-Victor, sur les bords de la petite rivière des (iobelins.
Paris était mal choisi pour faire une expérience de ce genre, et l'industrie nouvelle comprit vite qu'elle devait se rapprocher des forges de fer, se propager surtout dans les provinces fécondes en minerai. Aussi. Louis XIV accordant eu 1()94 au sieur François (Àmstain l'autorisation de monter une « fabrique de fer en acier, limes et fanlx ^ », lui permet de l'établir où il voudra.
A celte époque, la limaille d'acier était employée dans la médecine. En 165.3, Vallot en fit prendre à Louis XIV *.
Acomptables, acomp tableurs, etc.
Voy. Comptables.
Acrobates. Pendant bien des siècles, ce mot, qui est tiré du grec, n'a guère désigné que les danseurs de corde, les funambules. En 1740 seulement, l'Académie admettait dans son dictionnaire ce dernier mot, qui a une origine latine. Mais, entre temps, le sens du premier s'était singulièrement élargi, et, en dépit de son étymologie, il est arrivé à désigner à peu près tous les gens qui exécutent en public des tours de force ou d'adresse : sallind]anques, gymnastes, clowns, sauteurs, cabrioleurs, équilibristes, disloqués, désarticulés, désossés, hercules, baladins, bateleurs, etc.
Voy. Bateleurs.
Acteurs. Il exista do tout temps des troupes de jongleurs, histrions, ménétriers, qui, de ville en ville, de château en château, s'en allaient à l'aventure, amusant peuple et seigneurs par leurs tours de force, leurs idiansons. leurs farces. Vers la fin du quatorzième siècle seulement, des troupes d'acteurs de profession commencèrent à parcourir la France, se mirent parfois aux
1 Druxirnii' pinlh', tilrr II, arl. i~. ri lilir \I\',
art. 1(1.
* lUêmoires, y. 597.
ït II y a Hnns If lexlc ; faux.
* Journal de la snnlr île Louis XIV, p. 41S.
gages de quelque prince. Dans les comptes delà maison d'Orléans pour les années 1.392 et 1393, il est fait mention de sommes payées à quatre « joueurs de personnages >> attachés à la maison du duc.
Les femmes n'eurent pendant très longtemps aucune part dans les représentations. Tous les rôles de femmes étaient joués par de très jeunes gens que l'on choisissait imlierbes. avec la voix la plus douce possible. On ne connaît que trois pièces antérieures à 15.Ï0 où les rôles de femmes aient été certainement tenus par des femmes '.
Le métier d'acteur prend, au dix-septième siècle, une importance qu'on pourrait trouver pe\it-ètre exagérée. Voyez ce qu'écrivait .Samuel Chappuzeau en 1674: « Quoyque la profession des comédiens les oblige de représenter incessamment des intrigues d'amour, de rire et de folâtrer sur le théâtre : de retour chez eux, ce ne sont plus les mêmes : c'est un grand sérieux et un entrelien solide ; et dans la conduite de leurs familles, on découvre la même vertu et la même honnêteté que dans les familles des autres bourgeois qui vivent bien. Ils ont grand soin. les dimanches et les festes. d'assister a\ix exercices de piété, et ne représentent alors la comédie qu'après que l'office entier de ces jours-là
est achevé S'il se trouve dans la troupe
quelques personnes q\n ne vivent pas avec toute la régularité que l'on peut souhaiter, ce défaut ne rejaillit pas sur tout le corps, et c'est un défaut, commun à tous les estais et à toutes les
familles Le soin principal des comédiens est
de bien faire leur cour chez le Roy, de qui ils dépendent, non seulement comme sujets, mais aussi comme estant particulièrement à sa Majesté, qui les entretient à son service et leur paye régulièrement leur pension. Ils sont tenus d'aller au Louvre quand le Roy les mande, et on leur fournit de carrosses autant qu'il en est besoin. Mais quand ils marchent à Saint-Germain, à Cambor-, à Versailles ou en d'autres lieux, outre leur pension qui court toujours, outre les carrosses, chariots et chevaux qui leur sont fournis de l'écurie, ils ont. de gratiticatioH en commun, mille escus par mois, chascun deux escus par jour pour leur dépence, leurs gens à proportion, et leurs logemens par fourriers. En représentant la comédie, il est ordonné, de chez le Roy, à chacun des acteurs et actrices, à Paris ou ailleurs, esté et hyver. (rois pièces de bois, une bouteille de vin, un pain et deux bougies blanches pour le Louvre, à Saint-Ormain un flandieau pesant deux livres : ce qui leur est apporté ponctuellement par les officiers de la fruiterie, sur les registres de laquelle est couchée une collation de vingt-cinq escus tous les jours que les C(uuédiens représentent chez le Roy, estant alors commensaux. Il faut ajouter à ces avantages qu'il n'y a guère de gens de qualité qui ne soient bien aises de régaler les comédiens... ' ».
' l'-til it»* .lullcvilli', Les inystèrrs, t I, p. 3ô7 rt suiv.
- .\ ('.liauibui-it, .sans iloulr.
•"• Le Tlièàlre français, p. 131. 13Ô il lfi'2.
ACTMUHS — ADJUDICATIONS
CVsl <le la Comédie fninçaiseqiieChappiizeau parle ainsi. Kn ce qui concenip la question des mœurs, il me suftira de rappeler (|ue Imile lille appartenant a l'Opéra était rejjardée eomnie omaneipée par ee fait seul ; elle devenait absolument indépendante de sa famille dès que son pieil avait touché les planches du théàlre, et cela quel que fùl son àfïe. L'Opéra était dos loi-s pour elle un asile aussi inviolable que l'était jadis le temple de Vesta, mais la comparaison doit s'arrêter là.
Si, descendant de ces hauteurs, nous voulons savoir comment se faisaient les enpifjrements pour les théâtres tle province à la lin du dixhuitième siècle, nous n'avons qu'à ouvrir le Tableau de Paris (le .Sébastien Mercier : •< Rien n'égale ce qui se passe, pendant la quinzaine de Pâques, dans un petit café situé rue des Boucheries ' . Figurez-vous tous les directeurs de théâtre de province accourant à une espèce de marché public, pour composer leur troupe, et tous ceux qui foulent le sapin d'un pas nuijestueux accourant aussi de leur côté par troupeaux, pour se vendre et s'en<rajj:er. . . C'est un mélanjje confus d'acteurs et d'actrices qui se reconnoissent, qui rivalisent en luxure, qui se croient tous supérieurs les uns aux autres, et qui le sont en eiïet dans leur détestable jeu. Mais la médiocrité prend le ton important, s'enlle, se pavane, étale l'orgueil et la bêtise du paon au milieu d'une liasse-cour, et raconte à tous les oisons qui l'enloureut les applandissemens qu'on lui a |)roiii<j:ués à l'extrémité du royaume, où la lany:ue framboise esta peine connue. On enrôle une impératrice à cent quarante livres par mois, et le contident soupire de n'en avoir que soixante-quinze et d'être son souffleur par-dessus le marché — Les directeurs se promènent, marchandant les acteurs au milieu de cette singulière foire, aussi curieuse que celles où l'on voit des animaux de toute espèce. Les directeurs flattent celui qu'ils veulent avoir à bas prix, ils parlent surtout de faire des avances. La mauvaise actrice passe avec l'acteur engagé, parce que celui-ci est son amant ; elle dévisageroil le directeur s'il parloit de séparation... * ».
Voy. Théâtre.
Adjudications. La procédure des adjudications publiques était déjà bien réglée au quatorzième siècle. En 1387, Raymond du Temple, architecte du roi, ayant à exécuter des constructions pour le collège de Beauvais, se rendit à la place de Grève, fît publier et afficher le cahier des charges et ou%Tif l'adjudication, « fist et devisa une cédule de qiiele forme, matière, ordennance et espoisse se feroit ledit édifice, et ycelle cédule fist doubler par son clerc, alin de monstrer ledit fait et toute la devise à tous ou%Tiers solvables et souffisans qui pour mendre pris le voudroient faire et accomplir ; la
• Aujourd'hui comprise dans le parcours «lu boulevanl Saint-Gentiain. Elle était la conlintiation de la rue de l'Ecole-df-Médccinc actuelle.
2 Tome XI, p. 139.
(pielle cédule fu portée en Grève, veue et leue en présence de tous ouvriers, etc.. ' » Le mode d'adjudication à la chandelle parait remonter au milieu du quinzième siècle ; c'est de cette façon que la (Ihandire des comptes d'.Vngers adjugea au prix de 300 écus, à la suite de plusieurs rabais, la fourniture des pierres nécessaires à l'érection du tombeau du roi René.
Kn 1()12, on voulut à Paris remplacer l'horloge de l'hôtel de ville. La municipalité désirait que la nouvelle horlotre fût semblable à celle du Palais, « voire plus pesante de 300 livres «, et mise en place dès le l" août sidvanl. Comme la dépense devait être assez considéraiile. on décida de mettre le travail en adjudication ; il fui donc << proposé et publié ladicte orloge eslre à faire et bailler au rabaiz. •■> Plusieurs horlogers se présentèrent, et baissèrent leurs prix de 4.r)00 à 3.300 livres. Mais le Flamand Jean Lintlaer. qui venait d'achever la Samaritaine, accepta le marché pour 3.000 livres. Il lui fut adjugé. Lintlaer s'engageait à établir une horloge send)lable à celle du Palais, plus pesante même de 300 livres, à la rendre « assize en place ■» au \" août suivant, et à « l'entretenir à ses fraiz et despens >> pendant un an. La somme fixée devait lui être soldée au fur et à mesure de l'avancement des travaux. Comme il était tenu de fournir caution, il présenta pour répondantun bourgeois de Paris nommé Pierre Langlois. qui possédait la moitié d'une maison dans le faubourg Saint- Martin et vingt arpents de terre à la Villette. Le procès-verbal d'adjudication, dressé le 12 janvier débide ainsi : « Comme suivant les affiches mises et apposées, tant à la cour du Pallais que aultres lieux et places accoustumées pour bailler à faire au rabais, au Bureau de la ville, les mouvemens de l'orloge qu'il convient faire en l'hostel de ladicte ville, se seroient présentez au bureau les nommez Ferrieres. Martinot, Volant, Hebrat, Dieu, et plusieurs aultres m"^ orlogicrs de ceste ville, et .Tehau Lintlaer. maistre de la pompe du Rov : ausquelz a esté proposé et publié la dicte orloge eslre à faire et bailler au rabaiz. Laquelle sera de la grandeur, grosseur et de pareilles eslolTes que celle du Pallais. et la rendre bien et deuement faicle au dire des gens ad ce congnoissans, assize et en place dedans le premier jour d'aoust prochainement venant. El sur les demandes excessives desdicts maistres orlogiers pour faire ce que dessus, les ungs de 4.500 li\Tes et les aultres de 3.600 livres, aurions remis par plusieurs fois ladicte adjudication, aflin de les faire venir à la raison, tellement que pas ung desdicts maislres orlogiers de ceste dicte ville ne l'auroieut voullu entreprendre à moins que de 3.300 livres, fors ledict Jehan Lintlaer qui a ofTert et entrepris de faire icelle orloge pareille que celle dudict Pallais, tant en grandeur, grosseur, que estoffes, voire plus pesante de trois cens livres, et la rendre assize et en place dedans le dict jour premier aoust prochain
• Vov. une pièce curieuse publiée par G. Fagniez, Etudes sur l'industrie, p. 347, et le Glossaire do V. Gay, p. 6.