‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 172 sur 422 · HABILLEURS — HALLIERS · texte numérisé non relu

HABILLEURS — HALLIERS

Habilleurs. On nomme ainsi : '

Cliez les bouchers, les chamoiseiirs et les pelletiers, les ouvriers qui écorchent les liêtes, les ouvrent et les vident.

Chez les poissonniers, ceux qui ouvrent el vident le poisson.

Chez les curdiers, ceux qui iuiruiseiit la pointe des crocs de la carde.

Chez les tanneurs, ceux qui donnent aux cuirs la première préparation avant la mise au tan.

Chez le^ potiers de terre, ceux qui mettent aux pièces des pieds ou des anses.

Au théâtre, ceux qui sont charnues d'habiller les artistes.

Ce nom a aussi ('lé donné parfois aux rhinirgiens.

Habits (Marc.h.\nd.s de vieux;. Vo\-. Fripiers.

Hache i'Maîtres de L.\). Nom donné parfois aux charpentiers.

Hacquebusiers et Hacquebuteurs.

Vo\-. Ajquebusiers . '

Hacquetiers. Vov. Haquetiers.

Halesniers. Laflemas, en KJOO, nomme les fabricants d'aig-uilles (■yiiilliers-hnlesniers. Voy. Aléniers.

Haleurs. tiens qui remontent les bateaux en les tirant avec un càiile. v Sur la Loire, on les nomme (johenrs ' et quelquefois par dérision arrache-persil . k cause que l'elfort qu'ils font en tirant les oblifrent à se tenir courbés comme s'ils vouloient tirer de terre des racines de la plante" qu'on nomme du persil ^ ».

Haliers. Voy. Hallage !■( Halliers.

Hallage fUROrr de). Redevance per(;ue sur les nuu'chandises mises en vente aux halles.

On trouve, au treizième siècle, halaqe, haleije, hallniqe, etc. (Jelui qui percevait cel impôl était dit halier, hallier ■', etc.

Hallebardiers. Ouvriers maçons qui manœuvrent les pierres nuissives dans les chantiers.

1 Je les trouve ainsi nommés dfln.s l'article 22 d'une Dt't'laralion lin 2'1 avril 170:i, relalivo à la navif^aliun .sur la I.oit't'.

- Kncijclopédit; méthoilique, commerce, t. II, p. r<ir<.

3 A'oy. le Lhre iks métiers, pussim.

L'abbé Jauberl ' s'exprime ainsi : « Avec le simple apprêt d'un levier et de deux rouleaux, ils font arriver les plus lourdes masses sur le chantier ».

Hallebic. Les halles de Paris datent du douzième siècle. L'accroissement rapide de la population força bientôt le roi à en étendre les limites. La halle au poisson fut transférée à quelque distance sur un fief de la maison de Hallebic, el l'on accorda aux anciens posses.seurs certains droits sur la vente, à titre d'indemnité. Les Hallebic ne s'en contentèrent pas; ils s'arro- •jèrent, comme seijrneurs, la juridiction sur les marchands, et allèrent jusqu'à fixer eux-mêmes le prix du poisson. Quand un prix avait été débattu entre l'acheteur et le vendeur, le servent des Hallebic intervenait, el, au lieu de percevoir la taxe convenue, diminuait, de sa pleine autorité, huit, dix ou douze sous sur chaque panier, sous prétexte que le dessous était ordinairement d'une qualité inférieure au dessus. Les marchands se plaiynaienl. disaient inutilement que tout acheteur pouvait, si bon lui semblait, retourner les paniers, on ne les écoulait pas, et ces vexations continuelles, qui aug^mentaient parfois jusqu'à un tiers le prix du poisson, firent peu à peu déserter le marché.

Des lettres patentes de 1325 abolirent le droit de hallebic, et en même temps doublèrent celui du roi. Mais les prétentions et les violences reparurent, et il fallut encore plusieurs ordonnances pour les réprimer -.

On trouve aussi Hellebic.

Halliers. Employés des halles, et plus spécialement g^ens chargés de percevoir les droits de hallage.

Il y avait déjà à Paris, au douzième siècle, plusieurs nuirciiés. Le plus ancien de tous, situé dans la rue de la Juiverie, au centre de la Cité, était destiné à la vente du blé ; un autre se tenait, depuis Louis le Jeune, sur la place de Grève; un troisième avait été créé par Louis le Gros sur un terrain appelé les Champeaux. emplacement actuel des Halles centrales.

Philippe-Auguste, en 1183. l'agrandit et le réorganisa. Il y fit construire deux grandes halles, protégées par un solide mur de clôture, autour duquel s'élevaient de nombreux étaux couverts ■''. Chaque brandie de commerce y avait

1 Dif/ionnittre tles aris et métiers, l. I, p. 120 - \'oy. K. Lcvasscur, Histoire des einsses I. I. p 30U.

y Iteciteil lies historiens, t. X^ II, ji. 304.

oumères.

HM.I.IKnS — HANSE PARISIKXNK

sa section parliculière ; et l'on y vit bientôt aflluer les iihjets île consiunniation et les acheteurs.

Saint Louis élai'^;il ce marché. Il y ajouta lieux pavillons destinés au coninierce îles (lra[)s, et permit aux lin^éres et aux fripiers il'étaler leurs nuirchanilises sous îles « auvents attachez à crochets >> contre les murs ilu cimetière des Innocents ', qui limitait les Cliainpeaux à l'est. Philippe le hang fit élever au même endroit une nouvelle halle pour les cordonniers et les peaussiers. Le souvenir de ces divei-s élaLlissenients se conserva dans le nom des rues qui avoisinaient encore les halles il y a une viiiyptaine d'années : rues de la Lingerie, de la (iordonnerie, de la (îrande et de la IVIile-Friperie, etc. ; mais ce n'étaient sans doute encore, au treizième siècle, que des allées plus ou moins étroites, qui permettaient de communiquer d'une halle à l'autre.

Les halles n'avaient o-uère chanjjé au quatorzième siècle, et pourtant un écrivain de ce temps nous a conservé une description enthousiaste des merveilles que l'on y rencontrait. «Sous des amas, des monceaux d'autres marchandises, écrit-il. on voit des draps plus lieaux les uns que les autres; dans d'autres, de superlies pelisses, les unes faites de peaux de bêtes, les autres d'élolTes de soie, d'autres enfin composées de matières délicates et étrangères dont j'avoue ne pas connaître les noms latins. Dans la partie supérieure de l'édifice, qui forme comme une rue d'une étonnante longueur, sont exposés tous les objets qui servent à parer les différentes parties du corps iiuniain : pour la tête, des coiu"onnes, des tresses, des bonnets, des peignes d'ivoire pour les cheveux ; des miroirs pour se regarder, des ceintures pour les reins, des bourses pour suspendre au côté, des gants pour les mains, des colliers pour la poitrine et autres choses de ce genre, que je ne puis citer, plutôt à cause de la pénurie des mots latins que faute île les avoir bien vues - >..

Au moyen àtre, les marchands et les artisans parisiens étaient tenus de fermer boutique le samedi, et de venir étaler leurs marchandises au marche le Roy. La plupart d'entre eux y avaient, en lieu fixe, un étal ou un comptoir ; d'autres, les fripiers, les savetiers, par exemple faisaient leur étalage à terre. On pouvait tout examiner à l'aise, et comme la lumière était meilleure que dans les boutiques, on risquait moins d'être trompé. Au reste, les prix étaient les mêmes, bien que le marchand dût payer, pour la location de la place qu'il occupait, les droits dits de tonlieu et de hallage, que percevait, au nom du roi, le hallier, représentant du fisc.

(]'est au quinzième siècle seulement que les halles de Chanipeaux devinrent le centre presque exclusif des objets d'alimentation.

En 1551, dit Gilles Corrozet, «les halles de Paris furent entièrement rebasties de neuf, et lurent dressés, bastis et continués excellens

' DiibrPiil, Théâtre des antiquité: de Paris, p. 628.

* Jiaii ili- Jandun, Descriptinn île Paris 1323). dans 1^' Houx (te Linry, Paris aux quatorzième et quinzième siècles, p. 51.

édifices, hoslels et maisons somptueuses. » Celle réformation fut achevée en 1572. et Savary écrivait en 172U : « Il n'est point arrivé depuis de changement considérable aux halles ; elles se trouvent présentement à peu près de même * ».

On condamnait à l'amende les marchands qui n'allaient pas exposer à la halle les joure de marché, et ces jours ont souvent varié.

Au dix-huitième siècle, les halliers servaient surfout de gardiens, et devaient veiller à la sécurité des marchandises laissées dans le marché.

Hameçons (Faiseurs d' (Ustensiles de).

Voy. Pêche

Hanapeliers. Voy. Hanapiers.

Hanapiers. Faiseurs de hanaps. Ce sont les cijihdiii i\e Jean de Garlande. On les trouve aussi nommés hanapelùrs, hannepiers, hennapiers. etc.

^'(ly. MadreUnierselRaccominodeurs de vases.

Hannepiers. Voy. Hanapiers.

Hannouards. Nom (jue l'ordonnance de décembre 1672 donne aux Porteurs de sel.

Hanoiers et Hanouars. V( de sel.

iv. Porteurs

Hanse parisienne. Association de marchands qui faisaient sur la .Seine le commerce par eau. Elle a été appelée ^«//ir^/i?/'?;/';*, murchunds han.^és. marchands de l'eau, compagnie française. etc. On a vainement cherché à établir une filiation entre cette association et celle des nav.tœ parisiaci qui, sous le règne de Tibère, avaient élevé à Jupiter un autel dont les fragments ont été retrouvés sous le parvis de l'église Notre-Dame. Son existence n'est positivement affirmée qu'en 1121. par une charte de Louis le Gros qui lui aliandonne un ilroit de soixante sous, perçu jusque-là au profit du roi , sur chaque bateau abordant à Paris durant le temps des vendanges avec un chargement de vin -.

C'est par eau que se faisait alors presque tout le commerce extérieur de la capitale, importation et exportation. Paris, assis sur un fond marécageux, était entouré de bois épais et de collines assez élevées ; les voies de terre peu nombreuses, à peine indiquées, nullement entretenues, devenaient impraticables après la moindre averse, et étaient par tous les temps infestées de voleurs. Cette situation donna une grande force et une réelle importance politique à la hanse parisienne. Sous le règne de Philippe- Auguste, elle possédait déjà le droit d'apposer sur ses actes un sceau particulier, dont on a retrouvé des empreintes : il était ovale, et représentait une barque, avec un mât soutenu de chaque côté par des cordages.

En 1141, la hanse avait reçu de Louis VII, à l'endroit dit (a Grère. l'emplacement nécessaire

1 Dictioanuire du commerre, t. II, p. 304.

* Tout et'ci a été l'objet de nombreuses controverses. Voy. E. Picarda, Les marchands de Ceau, hnase parisienne et compagnie française, 1901, in-S".

HANSE PAHISIKXXE — HARNACHEMENT

polir l'Iiililii- un iiiiuvi'aii pdi'l. En 1170. le môme roi lui iiccorda cncorf un précieux privilén^e : nul ne pourra désormais amener dans Paris des marchandises par eau, s'il n'est Parisien et marchand de l'eau, ou s'il n'est associé ù un Parisien marchand de l'eau, « nisi ille sit Parisieiisis alque mercator , vel nisi aliquem Parisienseni atque mercatorum socium halnieril ». Tout l)ateau appartenant ù autres personnes était arrêté au pont de Mantes ; pour le dépasser, il fallait ([ue les mariniers s'entendissent avec un meiiilire de la hanse, et celui-ci fixait souvent à la moitié des hénétices du marché 1h prix de son intervention.

La lianse était administrée par quatre jurés, qui prirent bientôt le titre lïe'checins, et par un prévôt qui fut successivement appelé chef de la hanse, roi des marchands, maître des échecins, maître de la marchandise, prerût des Marchands de l'eau, puis pre'rôl des marchands.

Les réunions de la lianse parisienne se tinrent d'aliord dans une maison qui touchait le mur (l'enceinte, à rextrémité de la rue de la Harpe (alors rue Sainl-Cosmej, et derrière le couvent des Jacobins ; on la nommait la Maison de la marchandise nu le Parlouer aux bourgeois. Plus lard, ces assemblées eurent lieu sur un emplacement plus central, dans un bâtiment situé entre le (irand-Chàtelet et l'église Saint-Leufroy (place du Chùtelet actuelle). Enfin en 1357, le Parlouer aux liourgeois fut transporté sur la place de (jrève. dans une propriété qui s'était appelée successivement la Maison de Grèce, la Maison aux Dauphins ' et la Maison aux piliers. C'est sur ses ruines que s'éleva dans la siule l'hôtel de ville actuel.

Happelopins. Vov. Galopins.

Haquetiers. Ce sont « ceux qui conduisent ou qui tirent un baquet, espèce de charrette sans ridelles, qui fait la bascule quand on veut, et qui a sur le devant un moulinet par le moyen duquel on tire les gros fardeaux pour les charger plus commodément * ».

Ou trouve aussi hacquetiers.

Haras royal (Officier.s du). Le haras royal, d'abord établi à Saint-Léger près de Montfort-l'Amaury, fut, sous Louis XV, transporté au Pin lOrne). Le personnel se composait de:

1 écuyer, capitaine du liaras.

1 aumônier.

(5 gardes.

1 jjalefrenier et ses aides.

2 maréchaux , faisant fonctions de vétérinaires.

1 médecin.

1 chirurgien.

' Parci' qu'elle avait a]i|)art™u aux Dauphins Viennois. — A'ov. eiu-ore Mi^molrrs de la snrie'lê île l'histoire lie /'uns. t. Vil (1880), p. 79, et t. VIII, \>. 101. — li. Levasseur, Ilisluire îles dusses oiitrières, t. I, p. 3."i I.

2 Jauliert, Dictiuiinaire, t. II, p. 379. — Voy. aussi Dclanianc, Tiallé île lu piilire, t. IV, p. -156 et suiv.

1 apothicaire.

1 taupier ' .

Voy. Directeur général.

Harengères. (trieuses de harengs frais ou salés.

Puis après orrez retentir

De cels qui le.s frè.s harens crii'nt.

Or au vivet li autre tiient.

Si>r et hlane harane très poudré,

Hareiic nostre vendre voudré !

écrit au treizième siècle Guillaume de la Ville- Neuve dans ses Crieries de Paris. Les crieuses de harengs frais appartenaient au corps des poissonniers de mer et les crieuses de harengs salés appartenaient à celui des marchands de salines, commerce qui, dans Paris, n'est guère antérieur au douzième siècle. Les premiers poissons salés que l'on vit paraître aux lialles furent les harengs ; ils arrivaient de Rouen par la Seine.

La Taille de î'393 cite neuf hurengiers.

Sous Henri 111, la pêche du hareng représentait environ deux millions de francs par an -.

On noiniiuiit :

Hareng blanc, hareng frais poudre', celui (pii était nouvellement salé.

Hareng de la nuit ou d'une nuit, celui qui avait été salé le jour même de sa prise.

Celui (]ui était salé le lendemain, ou liareng de deux nuits était beaucoup moins estimé.

Craquelot ou appétit, le hareng saur ordinaire.

Hareng de marque, celui qui venait de Hollande, en barils munis de la marque officielle.

Hareng de drogue, celui qui, étant trop petit pour être rangé dans les barils, y était jeli? pêlemêle.

Hareng en vrac, celui qui n'était salé qu'à moitié.

Hareng paqué, celui qui, après avoir subi toutes les préparations, était mis en baril.

Au treizième siècle, on appelait maise ou mese un petit baril contenant mille harengs •".

Une crieuse de harengs est figurée dans les Cris de Paris au seizième siècle, pidiliés par .1. Cousin et Pilinski.

Voy. Salines (Meirchands de). — Appétits (Marchandes d').

Harnachement. Il me paraît que tout ce qui concerne le harnachement des chevaux était, au treizième siècle, l'œuvre de huit corps d'état, <lont on pourrait, d'une manière générale, déterminer ainsi la spécialité.

C'étaient :

L Les B.VTIERS. Ils construisaient les selles les plus communes, destinées aux ânes, aux mulets,

etc.

1 finis lie lu Fiaiire : Pour 1G87, t. 1, p. 272; pour 1712, t. I. p. 508 ; pour 173li. I. II, p. 224. * Delamarre, Traité Je lu police, I. III, p. 17. S /.ivre lies méliers, litre (ÎI, art. 12.

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