III. !.l'^ HOIRRKI.IKRS. Ils CxécUlaitMll le Ji^riis
liiiiiiiR'lifinent, pinir bètes de soiiiinp.
1\'. Les CHAPi'iSEURS. Ils conslniisiiicnl iii cliiirpeiile des selles.
\'. l,es t:ONTRESANC;l.IliRS. FilisiMlrs {]v tiilllri'-
sanjjjles.
VI. Les I.ORMIERS. Ils rdiiiiiissiiii'iil les IVeiiis, les mors, les lirides, e(c.
VII. Les l'EiNTHKS. Ils ajoulaieiil aux selles les onieineuls et les peiiiliires. les urs el les eiiuleurs.
VIII. Les SEl.UEH.s. Ils reinlpiiuriiiienl el recouvraient loiiles sortes de selles.
\i>y. tiius ci's imins.
Harnacheurs. Titre qui apparlemiit il la ciirporatiiiii (ll■^ sellici's.
HarpeurS. Faiseurs ou joueurs de liarjies. On n'en rencontre ni dans la T<iille de l'J'.rj ni dans celle ile l.'iOO, nuiis la Tuillf de l'Sl'J cite, dans la rue l'mipée, ' « Ailaui, le harpeur >>.
La harpe, alors de très petite dimension et orilinairenieul suspendue au cou, était fort en honneur au (piinzième siècle, (ruillebert de Metz - fait relouée de (îuilleniin Dancel el de l'errin de Sens, qu'il qualifie de << souverains harpeurs ' », mais il s'agil ici d'exécutants. Le meilleur eonsirnclenr de harpes se nommait Lorens de Hest. Je lis dans de vieux comptes qu'en 1400, il reconnaît avoir reçu de la duchesse d'Orléans 3"2 sous parisis, « pour avoir rappareillé et mis à point deux harpes, es ([uelles il a fait et mis broches et cordes toutes neufves ». En mai-s 1401, il reçoit encore 36 sous, pour un travail semblable.
Isabeau de Bavière jouait éijalemenl de la harpe. En octobre 1416, elle pave à un luthier 4 sous, pour fourniture de cordes, et en novembre 6 sous pour le même objet.
La harpe, très négliy^ée par la suite, reprit faveur au dix-huitième siècle. A cette époque, le fabricant en vogue était un sieur Naderman, luthier ordinaire de la Dauphine ; il lui avait fourni une harpe en argent.
On trouve souvent htrpins et herpe-urs.
Harpins. \'"y- Harpeurs.
Harquebusiers d Harquebuziers.
\ nv. Arquebusiers.
Hâteurs. On doimail ce nom. dans les grandes maisons, aux cuisiniers chargés des rôtis.
.Saint Louis avait qualorze hâteurs. A la ( uisine-bouche de Louis XIV, il existait quatre hâteurs pavés 400 livres et servant par semestre;
' .■^u|.[iiiimV en 1855, elle allait Je la rue de la Haipt à l:i ru.' Hauti'feiiilli'.
- Of^cripliitH tif Paris sous Charlt-s \'l. ^ Édil. Lo Roux de Linej-, [i. 232.
la cuisine du cnuiinuri complail ili<u/i' hâteurs servant par ipiarlier et touchant 300 livres. \'Eliil de lu France pour I(1S7 . écrit /là/en.r '.
Hâteurs. Vov. Piqueurs.
Hàteux. \n\. Hâteurs.
Hauban. Le Lirre des iiielier.'i deliiiil ainsi ce mot : « Haubans est uns propres nous dune coustume asise, par la quele il lu (>slabli ancienement (pie qiiiconques .seroit haiibaniers, qii'i seroit plus fraiis et paieroit mains de droitures et des coustumes de la marchandise de son niestier (pie cil qui ne seroit pas haiibaniers - •■>. Les bi>iirsiers disent dans leurs statuts qu'en pavant le droit de hauban « ils sont francs (1(> loiiz les tonliiiz '' des cuirs que ils achaleiil dedanz la banlieue de Paris * ». Les bdiilangi'rs s'all'raiichissaient ég-alenient, par le hauban, des droits (pi'ils eussent payés pour l'achat des farines, pour celui aussi des porcs et autres animaux qu'ils nourrissaient. Les gantiers sont encore [iliis précis ; ils paient le hauban, disent-ils, « et pour tant sont-il qiiile de toutes coustumes ». Près de deux cents ans plus tard, les foulons déclarent qu'en pavant « par chascun an au Roy ou il son receveur à Paris six solz parisis de hauban, ils sont, par ce, ([uictes et francs de tout tindieii el coustumes ^ >..
Dans toutes ces citations le mot couxiio/iex est pris dans le sens d'impôt en général. Le hauban était donc une sorte d'abonnement vis-à-vis du fisc. Moyennant une somme une fois versée, le haubanier se trouvait dispensé de payer au jour le jour une foule de petites taxes, de petites redevances (pi'élaient tenus iracquiller les marchands non haubaniers.
DansTiii^ig-ine, le hauban se payait en nature ; il consistait en un muid de vin '', dû annuellement au roi à l'époque des vendanges. Mais la plupart des haubaniers ne possédaient pas de vignes, et étaient obligés d'acheter le vin qu'ils livraient à l'échanson royal ; ils proposèrent donc de fournir en argent la valeur du muid. Des contestations s'élevèrent alors au sujet du prix du vin, (pii variait cha(]ue année suivant l'abomlance de la récolte ; aussi Philippe-Auguste rendit-il en 1201 une ordonnance • qui fixait la taxe à payer pour le hauliiin.
Le droit de hauban présentait de réels avantages, et était fort recherché. Un certain nombre de métiers pouvaient seuls en jouir, el au sein de ces métiers même n'en jouissaient qu'un certain nombre de maîtres spécialement el personnellemenl gratifiés de ce privilège.
' \oy. Uouet-d'Arcq, Cvmptes île l'hùlel. \>. IV. — Duc.'illp'. aux mots h(i.sta, haatator, haxfttrtiis. — btut fie In France jjoiir I6S7 , I. I, p. ti^ô el t>38 ; poMr 1712, l. 1, p. 108, 113 et 118 -ypoiir 1736, t. I, p. 203, 209 cl 216.
* Titre I, art. 7.
'• Di'oits de tulilit'U.
* l.irre lies me'liers, liliv LXW'II. art. 1.
3 Statuts de mai 1443. dans les Orilonn. royales, t. XVI, p .'■i90.
•■ I.e muid repré.scnlail aloi-s eiivimii deux hecloliires " Itriliiiin. rnijnles, t. I, p. 25.
HAUBAN — HAUBERGIERS
Dans le chapitre iiilitiilé Cis titres parole d«s m^stiers qui hiiubun doivent au Roy, le Livre des métiers * fournit une liste, d'ailleurs incomplète, des métiers qui jouissaient de celte faveur. J'y ajoule la somme que payait chacun d'eux el, quand cela est possiblf. l'époque où ils s'acquittaient :
Baudroyers 3 sous. A la Sainl-Martia
(11 novembre).
Bouchers 6 sous.
Boursiers 3 sous.
Cordonniers 3 sous.
Foulons 6 sous.
Fripiers 6 sous 8 deniers.
Gantiers 3 sous 5 deniers. A la Saint- André i30 novembre).
3 deniers. A la Saint- Germain (28 maij.
Greffiers 3 sous.
Heauniiers 3 sous.
Maréchaux :
Si leur truruil est chez eux, 3 sous. — — dans la rue, 6 sous.
Még-issiers 3 sous.
Pêcheurs 3 sous. A la Sainl-Marlin.
Pelletiers 6 sous 5 deniers. A la Saint- André.
3 deniers. A la Sainl- Germain.
Regraltiers 3 sous. A la Saint-Martin.
Saimiers 3 sous.
Sueurs 3 sous.
Talemeliers 6 sous. A la Saint-Marlin.
Tanneurs :
Ceux qui découpent le cuir. 9 sous.
— ne découpent pas le cuir, 6 sous.
Teiiiluriers 6 sous.
Les gantiers mentionnent encore le liaidiMn dans leurs statuts de 1656 : « Les maistres, y est-il dit, seront tenus de payer tous les ans au fermier du Roy nostre Sire le hautbani, c'est à sçavoir trois sols huit deniers au jour et feste Saint-André d'yver ; et moyennant ce. ils seront quittez de tout ce qu'ils vendent et acheptent dépendant de leur estât, car le hautbant les en acquitte - >>.
Les pelletiers aussi conservérenl. el même jusqu'à la Révolulion , la qualification de hauhanifrii. alors que les métiers qui avaient jadis eu droit à ce ti(re y avaient depuis loniflemps renoncé.
Haubaniers. <»m dc.nnail ce n.ini aux coninierçanls el aux nieliers qui jouissaient du droit de luuiban.
Un document de 1586 écrit hault-bunniers.
Voy. Hauban.
Hauberg-eniers et Hauherg-eons i Faiseurs DEi. Vov. Haubergiers.
• DiuxicniP pallie, titre VllI.
î .•\.rtiol.- 32.
Haubergiers. Fabricants de hauljerts ou cottes de mailles.
Au treizième siècle, l'armure de mailles, peu à peu perfectionnée et complétée, cou\Te entièrement le chevalier. Elle approciie de la perfection vers la fin du qiuitnrzième siècle: un fit alors des vcleinenis d'acier à doubles et à triples mailles, il enchaînement d'anneaux accouplés, qui avaient le défaut de revenir fort cher, mais qui unissaient à la solidité une souplesse extrême el une assez grande légèreté, puisque l'armure complète, à l'épreuve de tous les traits alors en usage, ne pesait pas plus de douze à quinze kilos.
Les haubergiers soumirent, vers 1268, leurs statuts à l'homologation du prévôt de Paris'. Ces statuts sont peu détaillés, maison y voit que, comme tous les corps d'étal qui servaient les gens deguerre. les haubergiers jouissaientde nombreux privilèges. Leur métier était libre, ils n'avaient donc rien à payer pour s'établir. Ils pouvaient tenir un nondire illimité d'apprentis el travailler à la lumière. Enfin, ils étaient exempts du service du guet, « quar li mestiers est pour servir chevaliers, escuiers et sergens, et pour garnir chastiaux >>.
Au treizième siècle, le centre de la fabricjition des ouvrages de mailles était la ville de Chambly, près de Beaumont-sur-Oise. Monsirelel l'appelle déjà Chiimblij-le-Haiibergier. nom qu'elle conserva longtemps encore après qu'on eut cessé de porter des armures de mailles. Les haubergiers de Paris, qui soutenaient mal cette concurrence, firent reviser leurs statuts au mois d'a\Til 1407 *. Ils V représentaient au roi que le métier était deshonoré par plusieurs individus arrivés à la maîtrise sans apprentis.sage régulier ; « on voit, disaient-ils. pendre aux fenestres de leurs iioslelz ^ enseignes et bannières paintes, faisant ilénionslracion que lelz manières de gens soni ouvriers dudil meslier de haiijiergerie. dont ils ne sçavent rien >>. Bien plus, ils vendaient des cottes de fer pour des cottes d'acier, de mauvais hauberts d'Allemagne pour de fins hauberts de Londiardie *. Trois jurés, élus par les maîtres el confirmés dans leur mandai parle prévôt de Paris, furent désurmais chargés de surveiller la fabrication et de soumettre à un sérieux examen tous les ouvriers désireux de s'établir : après celte épreuve seulement il leur était permis de « mectre à leur hiivs ^ perche ou autre chose à laquelle ait peiulue '' haubergerie ». En outre, loul objet dut porter la marque du nuiîlre qui l'avait fail. et celui-ci était tenu, avant de coiudure un marché, de déclarera l'acheteur si le liauberl proposé était de fer ou d'acier.
Ces ])récaiili(ins n'arrêtèrent pas la décadence de l'armure de mailles, qui. cinquante ans plus tard, avait l'ail place à l'armure de plates. Toutefois, pendani longtemps encore, le mol hauber-
' Lirre îles mrtirrs, titre XX\ I.
- OriloHH. royales, t. IX, ]>. 20ij.
■' .\ux l)Oiilii|iies (le leurs iiini-sons. * l'réainbulr.
5 A leur porte.
6 Soil pcniluo.
HAUBERGIKHS — Hl'IUAl'l'S DAKMMS
gerie désigna l'ensenihlo du harnais de guerre. La corporation des liauliergiers, dils aussi hmih'-rqenirrs. fuismrs île /iiiiiôfri/miis petits liaulierls , mil m if rs. etc., s"e(eignit donc peu à peu. et elle finit par se fondre avec celle des cliaiaetiers, (jui prirent alors le litre de ckalHetiers-haubergenirrs.
Hault-banniers. \ ov. Haubaniers.
Haut-à-bas. .Surnom donué aux Porteballes.
Hautboïstes. Faiseurs et joueurs de liautliois. Au (lix-lniitièine siècle, le sieur Thiriol, denu'urauL rue Dauphiiie, jouit d'une grande renommée comme facteur <le hautbois. Il ap[)iirtenait à la corporation des luthiers.
Haute-justice (Exécuteurs de l.O. Yov.
Bourreaux.
Haute-lisseurs et Haute-lissiers. \ov.
Tapissiers.
Hautes-œuvres Exécuteurs ou maîtres DES . Voy. Bourreaux.
Havagre Droit de . Droit (pi'avail le liourreau de prendre aux marchands une poignée des grains et légumes verts amenés à la halle.
Dès l'ouverture du marché, il arrivait, suivi de ses valets, et allait prélever sur chaque vendeur son droit de halage. Toutefois, dit V Eiicyclopcdie Méthodique ^ . >< a cause de l'iid'amie de son emploi et pour l'empêclier de mettre la main dans les sacs, on a réglé son droit à une mesure de fer hianc en forme de cuillière à long manche, avec la([uelle il puise les grains sans les toucher ».
11 venait, en etîet, percevoir sa redevance en personne, et à mesure qu'on l'acquittait, ses valet-s marquaient le dos du payeur avec de la craie. Cet usage subsista jusqu'à la Révolution, car Legrand d'Aussy écrivait vers 1780 : <v II y a encore beaucoup de gens qui ont été témoins de ce fait ; et moi-même, j'ai questionné à ce sujet plusieurs horlillons * qui, sans être extrêmement âgés, m'ont dit avoir été marqués ainsi pendant leur jeunesse ^ ».
Harée en vieux français signifiait poignée, morceau, etc.
Voy. Bourreaux.
Heaumiers. Faliricants de heaumes. Le heaume était l'armure de tête des chevaliers. Une fois son heaume bouclé après le haubert, l'iKunme d'armes ne pouvait plus guère lever ni baisser la tête, et il ne lui était plus permis de respirer que par les trous percés devant la bouche, de voir que par les œillères, d'entendre que par les ouïes.
Au treizième siècle, les heaumiers formaient, avec les maréchaux ferranUs, les greffiers et les vrilliers une seule corporation, qui soumit ses statuts à l'homologation du prévôt Etienne Boileau '. On y voit que le roi avait donné la
I Commerce (1783], t. Il, p. 527.
* Maraîctifrs.
3 Vie pritëe des François, êdit Roquefort, I. I, p. 103
' Litre des métiers, titre XV.
justice professionnelle et les revenus de ce métier au premier maréchal ferrant de son écurie, ("est donc il lui (|u'il fallait acheter le dniil de s'établir. Les heaumiei-s jouissaient du haidian. Ils |)ouvaienl avoir un nondire illimité d'apprentis et travailler à la lumière. Chaque maître payait, à la Pentecôte, six deniers pour sa quole part de l'impôt dit des fers du roi ' .
La Taille de 1295 cite sept hiuuiaiers. celle de iSUIJ en mentionne huit.
La corporation ne tarda pas à se fondre dans celle des armuriers, «[ui prirent alors le litre d'arumriers- heaumiers . Une ordonnance de l.'jfi'i - prouve que, dès l'année 1409, cette réunion était effectuée.
Héberg-eurs de messagers. .le n'ai
trouvé lelle profession mentiouru-e ([ue dans la Taille de 1313 -K Voy. Messagers.
Heiduques. Valets habilles a la lu)Ugroise.
Ils datent de la fin du dix-septième siècle, époque où des prisonniers hongrois s'attachèrent au service de quelques grands seigneurs fraiicjais. .\u dix-huitième siècle, ce n'étaient, le plus souvent, que de solides gaillards aruu's d'un sabre et vêtus à la hongroise. Ils se faisaient surtout remarquer par leur coiffure, hante de quarante centimètres et dont les boursiers avaient la spécialité. Os bonnets, ornés de galons et de panaches, se terminaient par ime longue queue qid retombait sur l'épaule droite '.
Hellebic. Voy. Hallebic.
Héminag'e. Droit prélevé en nature par le seigneur sur le blé vendu. Il était ainsi nommé des mots mine ou Mraine qui désignèrent pendant plusieurs siècles la mesure la plus utilisée pour les grains '.
On écrivait aussi éminage.
Hémineurs. Voy. Mesureurs.
Hennapiers. Voy. Hanapiers.
Hénoards. Voy. Porteurs de sel.
Hénouars et Hénouarts. Noms que
l'ordonnance de février 141."i et celle dite des Bannières (1467) donnent aux porteurs de sel.
Hérauts d'armes. Le mi d'armes se nommait toujours Monijoie-Saiut-Deuis. Les hérauts d'armes portaient le nom de diverses provinces. Trabouillet décrit ainsi leur office :
« Le Roy elles hérauts d'armes sont vêtus aux cérémonies de leurs cottes d'armes de vehuns violet cramoisi, chargées devant et derrière île trois Heurs de lis d'or, et autant sur cliaque manche, où le nom de leur province est écrit en broderie d'or. De plus, le roy d'armes Mont-joie
' Voy. ci-dessus le? articles Fei-s du roi et HauLan. - Dans Fotilanon, Edits et ordonartanees, t. I, p. 1128. ^ Voy. pafre 104.
' Encyrlopédie iitilkodique . manufactures, t. I, p. 88. •> Cartulaire de Saint-Père de Chartres, t. I, p. CXLJ\\
HERAUTS DARMKS — HKKCULES
Saint-Denis, met une couioune ruialt- au dessus de ces fleurs de lis. Ils portent une toque de velours noir, ornée d'un cordon d'or, et ont des l)ro(li"quins pour les cérémonies de paix et des hottes pour celles de gfuerre. Ils sont revêtus, aux pompes l'unchrcs des rois et des princes, par dessus leur coite d'armes, d'une lonj^ue rolie de <leuil IrainuutH. et tiennent un hûtoii, dit caducée, couvert de velours violet et semé de Heurs de lis d'or en broderie. Ils portent aussi la médaille du Rov pendue au col.
>■ Les poursuivans d'armes, quoi qu'ils soient jialiillés presque de luème façon, ne portent point de liàlon. n'ayant rien à commander, et n'étant que cuninie les aides des liéraults d'armes.
» Leurfonclion ' est d'aller dénoncer la j^uerre. et sonmier li's villes de se rendre ; de publier la paix ; d'assister aux sermens solennels, aux Ktats-généraux, aux juremens de paix et aux renouvellemens d'alliance : au sacre, où ils font larg^esse au peuple de pièces d'or et d'argent ; de se trouver aux pompes funèbres des rois, des reines, des princes et des prim-esses du sanjj.
>^ Ils marchent devant le Roy, hirsqu'il va à l'ollrande le jour de sim sacre. Ils assislt-nl aux mariages des rois et des reines, aux cérémonies des chevaliers du Saint -l'esprit . aux festins royaux, comme aussi aux baptêmes des lùilans de France, oii ils font largesses de pièces d'or et d'argent. Aux obsèques des rois, dans la chambre du lit de parade où le corps du défunt ou son effigie paroil . il y a toujours deux Jiérauts d'armes, qui se tiennent jour et nui! au pied du lit de parade, et qui présenleiil le goupillon aux princes, prélats et auti'es de la qualité lequise qui viennent jeler de l'eau bénite. Ils font aussi d'autres fonctions aux funérailles - ».
Herbières. Récolteuses. vendeuses d'herbes.
Herboristes. Ka Taille de l-2t>2 cite 7 eriiers. que l'on peut considérer connue les ancêtres de nos herboristes. .\ cette époque, on les voyait parfois attirer la foule dans les carrefours, autour d'un tapis bariolé, et débiter leurs simples à grand renfort de liàbleries ^.
Ils ne se bornaient pas à cela, car les statuts de la Faculté de médecine en 1281 el le concile d.Vvigmm i-n l:{;^7 s'élevèrent contre l'ingérence des apothicaires et des herbiers dans l'art niédiciil. Ils inlerdirenl à ces derniers de visiter aucun malade, même de fournir aucun remède alleiani ou laxatif sans ordonnance de médecin *. Nous n'en voyons pas moins Perronnelle, riierbière, appelée en consult<ilion ' de Paris à Coidlans par la comtesse Maliaul d'Artois •"'. La corporation, si ])ien soutenue, empiète de plus en plus sur le domaine médicid. .\u (juatorziènie
' ("elle (1rs liéniuls d'aniiiv-.
- Trabouillel , A'Ial île la France jiniir /7/~',i. 1, y. ."jTU.
■* Hibliolh. niitionule, manuscrit français m** l(î3.">, P» 80. \u\. aiis.si .\. Jiibinal, nCiirres de Hnl^enf. t. II. I'. ôl.i'l "t. III, |.. 182.
* \'oy. Choint'i, Ksxai hijitorîfjnr s*/r fn MeWeeiiie, |.. 12S.
<■' .Vnnéi- i;tlO.
•» .l.-M. Hichanl, Vit/tiiit/, v'imlesse dAr/ois, p. 155.
Niècle, les herbiers ne se contentent pas de déiiiter des simples, une ordonnance d'août 1353 leur reconnaît le droit de préparer des emplâtres et des clystères ; on leur demande seulement d'administrer ceux-ci <' bien el loyaumeni >>. et d'avoir toujours dans leur officine du •< sucre bon et convenable ' >'. Ils restaient d'ailleurs dans la dépendance de la Faculté, puisque, avant d'exercer, il.s devaient prêter serment entre les mains du doyen -.
O serment fut supprimé ; mais, au dix-huitième siècle encore, les herboristes n'étaient admis à exercer qu'après avoir « été examinés sur la connoissance des plantes et racines qui sont en usage dans la médecine •' >>. \^' Almantirh Dauphin cite les deux principa\ix herboristes établis à Paris en 1777 :
« F.wiER, botaniste suisse, rue BaiUeltt- *, tient assortiment considérable de plantes balsamiques de Suisse, propres a la guérison de plusieurs sortes de maladies.
Gii.r.OT Ediiie , rue de r.\rbre-Sec, au coin de celle Baillelte, distribue à un prix modique la planle rpie les bolanisles nonnuent lidarpi •' champêtre, ipii délivre absolinnent et sans retour de l'inconnuodilé des punaises ».
Pendant longtemps, le mot arhnrhtn a désigné tout à la fois les pépiniéristes et les herboristes. Ces derniers sont encore dil.s parfois roupftirs (le racines, cueiUeiirit d'herbes, etc.
Hercules. Dans les lhéi\tres f )rains. personnages c[ui avaient la spécialité des tours de force.
("elui qui s'exhilia en 1714Ù la fiireSaint-I>iurenl parait n'avoir guère été surpas-sé, au moins pour la hâblerie. D'une main, il soulevait et tenait suspendu en l'air un cheval et son cavalier. Il s'étendait entre deux chaises, la léte sur l'une, les talons sur l'autre, el ainsi placé, il supportait sur son ventre cinq ou six hommes fort lourds. On lui inellait sur la poitrine une enclume pesant 600 li\Tes, el sur laquelle deux maréchaux brisaient une épai--se barre ih" fer. Deux chevaux attelés à sa personne ne pouvaient le faire bouger. Le propectus que je copie ' ajoute : « et en cas que l'on dise que les chevaux que l'on attache peuvent eslre insiniils à ne pas tirer, les peisonnes de qualité qui en ont île vigoureux peuvent les faire venir pour s'en servir et osier tout soupçon ». Notez que tous ces engîigements étaient pris «. par permission du Roi et de monsieur le lieu tenant général de police ■•■.
Je mentionnerai encore l'hercule qui attirail la fn\de chez Nicolet en 178*2. Il soutenait sur son <los le poids d'une table changée de dix-sept hommes, dont un géant de dix-sept pieds el demi ; plus tard, le géant fut remplacé par trois honmies de taille ordinaire, ce qui porta à ^^ngt
' Dans Koiilanciii, Kililx et oiHi/HHaHces, I. I\ , p. ihV. S C.le-mrl. p. 137.
' .Mille Jimbii-i, I. II. |i. y.a.
* Hue- bnillrl.
s Sans ilimii' \<- tlilnspi
•> Hil>li>'llicqu>- Mnzaiiiii' , ivfiieil n" .V 15.">(tl . Wi" pièce.
HERCULKS — HERNIAIRES
le nombre des individus en équilibre sur la table. Le chirurgien, J.-J. Sue. grand-père du romancier , crut devoir conduire ses élèves chez Nicolel pour leur faire admirer la structure de cet athlète '.
Il parait que les femmes fournis-saient aussi des hercules. Vn ^niJe île 1757 fait figurer les FEMMES-FORTES parmi les lateleurs qui émerveillaient alors Paris. On les voit, écrit-il. porter dt^ poids de cent jusqu'à deux cents livres avec leurs cheveux ; marcher nus pieds sur des charbons ardents ou sur du fer chaud ; << empoigner à main nue des l)arres île fer rouge et endurer dans la bouche du plomb fondu, en se frottant auparavant les pieds, les mains et la bouche d'une huile et autres liqueurs d'une composition incombustible. On les voit pour le même prix, et aux mêmes endroits que les marionnettes ' >>.
Vov. Bateleurs •■( Femmes â barbe.
Herniaires. La réduction des hernies fut durant bien longtemps réservée aux inciseurs. qui, avant le seizième siècle, avaient déjà fait une étude assez sérieuse de cette affection. Dès 1556, on en trouve huit espèces différentes de hernies décrites dans un volume ' publié par le plus savant anatomiste de France après Paré. Pierre Franco, qui n'était pas chirurgien, pas même barbier, mais simple ineiseur. Au siècle précédent. Marco Gatinaria. médecin de Pavie, s'était appliqué à la cure des hernies, et il célèbre les heureux effets des brayers que fabriquait un forgeron de ses amis.
Braytr était alors, et resta jusqu'au dix-huitième siècle, le nom donné aux bandages herniaires ; et, comme leur armature était revêtue de peau de chamois, les ou\Tiers employés à cette fabrication faisaient partie de la corporation des boursiers. En vertu d'une fondation spéciale, les religieux du couvent des Grands-.Augustins. situé sur le quai de ce nom. distribuaient pour rien des brayers aux pauwes gens aflligés de hernies.
Celles-ci furent d'abord appelées /iurywf*. « Ce mot de hartrne, écrit Ambroise Paré, a esté donné à cest* maladie, parce que ceux qui eu sont vexez, par la douleur qu'ils sentent, coustumièrement sont hargneux , c'est-à-dire mal-plaisans et criars ' ^. Ménage nous apprend que « plusieiu^ disent hargm. mais le bel usage est pour hergm ^ ». Furetière, en 1701, veut que l'on écrive hThieei que l'on prononce ^«■/ywe^ *. Enfin, suivant le Dictionnaire de Tre'coux en 1771, « on dit hernie et jamais hergne ' ».
Vers la fin du dix-septième siècle un sieur Trimont de Cabrières. prieur de Saint-Geniès de Malgoires, confia à Louis XIV un remède infaillible pour la guérison des hernies. Il consistait tout simplement en un mélange d'esprit
' É. Campardon. Les spntnrles de la foire, t. I, p. 396. - Jèz?, Étal lie Paris, «lit. de 1757. p. 179. 3 Petit traité eûntenant une fies parties de la ekirmrjie^ Uiftelle les ehirurjiens-imiers exereexl.
' Œurret, p. 303.
5 DietioHMaire ettfmologi^iie, p. 398.
" Dietioniuire unitersel^ au mol Hernie. ' Tome IV, p. 804.
de sel ' et de vin rouge, dont on stimulait l'action par l'emploi d'emplâtres astringents. Le roi s'était engagé à ne révéler la composition de ce spécifique qu'après la mort du prieur ; il le préparait doiic de ses propres mains, afin d'en fournir aux malades.
-i Ce fut poiu" lors, écrit Dionis *, qu'on décou\Tit combien de gens étoieut affectés de descentes, piir le grand nombre de ceux qui venoient demander ce remède. On s'adres.s<(it au premier valet de chajnbre du Roy en quartier, on luy doniioit un petit billet de l'ùge de celui ou de celle qui avoit besoin du remède. Quelques jours après, on retournoit quérir un petit panier d'ozier, dans lequel il y avoit trois bouteilles de chopine chacune pleine de vin mélangé, dont on prenoit pendant vingt et un jours. Il y avoit aussi dans ce panier des emplâtres convenables et particuliers à cette maladie. De ceux qui ont pris ce remède, les uns ont assuré d'en avoir été guéris ou soulagez, les autres ont dit qu'il ne leur avoit rien fait. Je conseilleray néanmoins de s'en servir, car quoique le bandage aidé de Templàtre astringent suffise souvent pour la cure de cette infirmité, il est ^Tay toutefois que l'esprit de sel mêlé dans le vin ne peut faire que du bien ».
N'en déplaise à Dionis, ce remède de\-ait être tout aussi efficace que celui dont certains charlatans préconisaient l'emploi, et qui consistait â <.< fendre un chêne et faire passer trois fois le malade dedans ' » .
Les statuts accordés aux chirurgiens en 1699 et eu 1768 réglèrent la condition des membres de la communauté qui se consacraient spécialement à la cure des hernies. Les statuts de 1768 leur défendent de prendre tout autre titre que celui à'ejperU-herniairei. Pour être admis à exercer, ils de\-aient avoir servi pendant deux ans. soit chez un chirurgien, soit chez un expert herniaire, et subir deux examens au collège de chirurgie en présence du doyen de la Faculté de médecine. En 1699, ils ne pouvaient « faire aucune opération ni incision, mais seulement l'application des bandages », interdiction stipulée d'une manière moins formelle dans les statuts de 1768.
11 y avait à Paris en 1760 trois chirurgiens fadsant de la cure des hernies leur spécialité, et dix-sept expert.s-herniaires reçus à Saint-Côme, parmi lesquels on remarque deux <.< demoiselles ' ?». Les plus habiles d'entre eux sont signalés en ces termes dans un ouvTage publié en 1777 ^ :
s< Brogx.uu), rue de la Vieille-ifonnoge. — Inventeur de nouveaux bandages élastiques très doux et très commodes.
Dhtribarex. rue de la Harpe. — Elève du sieur Sorray *. est connu avantageusement par
' .\cide clilorhvdrique.
- Opérations de eiirurjie, p. 269.
3 J.-B. Thiers. Traité des superstitioas. t. I, p. 383. * Jèze. État de la tille de Paris, etc.êdil. de 1760, p. 5. 5 Almanaei DintpÀi» pour 1777 .
^ Je le troave Qommé ailleurs Soiraiz, et qualifié Je I chirurgien espagnol >.
HERNIAIRES — HONGROYEURS
une nouvelle méthode concernant la forme cl construction des bandages propres à la guérison des hernies.
JiiviLLE, rue des Fossés-S<nnt-Gfrmain VAuxerrois, vis-à-vis la colonnade du LoiuTe. — Indépendamment des dilTérens handatfes dont il fait usaj^e. il donne avis qu'il vient d'en invenler un, d'une nouvelle construction, pour les hernies ventrales et ombilicales, dcmt la iiiéchaiii((ue. qui est Ires simple, n'a pas une lijîne d'épaisseur.
Marchais, carrefour de P Ecole. — Chirurgien en charge de Mgr le comte de Provence, expert pour les descentes.
Rose, rue Sai iite-Marynerile , fauxbuurg Sainl- Germaiu. — Expert reçu à l'école de chirurgie. un des plus habiles pour la construction des bandages éla^liques pour la guérison des hernies ou descentes ». *
Herniers ei Hernistes. Même sens que Herniaires.
Herpeurs. \ ov. Harpeurs.
Heures. Dans le Lirre des métiers et dans les ordonnances du moven âge. les jieures sont souvent désignées par les sonneries des églises et des couvents.
Au treizième siècle, les cloches sonnaieni :
Matines, à min\iit.
Lnudes, k trois heures liu uialiu.
Prime, à six heures.
Tierce, à neuf heures.
Sexte, ù mi<li.
Xone, à trois heures.
Vêpres, à six heures. Compiles^, à neuf heures.
C'étaient là les heures camiiiales observées partout. Mais il y avait, en outre, dans chaque église, dans chaque couvent, d'autres offices annoncés aussi par le son des cloches, et dont l'heure élait bien connue des habitants du quartier. On les nomma un peu plus tard les petites heures. Le samedi, par exemple, les hleuses de soie cessaient leur travail en hiver ù six heures, et en été « puis que le ausmone est sonée à Saint- Martin des Champs^ ». Les meuniers ne devaient pas moudre le dimanche depuis « que li eaue benoite est faite à Saint-Liefroy ' dessi adoni * que l'on sone vespre •"». Cette bénédiction de l'eau est une cérémonie qui précède la grand'messe.
Hiaumiers. N oy. Heaumiers.
Hieurs. La hie esl iiu « billol de bois ipii sert à enfoncer des pavés ou des pilolis, et qui se nomme aussi demoiselle dans le preiuier de ces deux usages, et mouton dans le second '' ».
I Voy. tous CCS mots.
^ Livre des métiers, titre XXX\', art. 3. y I^iU chapL'lle Saint-l^oufroi, .située à l'cntive du Puutau-Cliang-i'.
* JuS(]w'il c'l>.
^ Litre des métiers, titre II, arl . y. 6 liittru, Dirtitiiinnire.
Celui qui s'en sert est un hieur '. he Journal d'un bourgeois de Paris sous Charles VI raconte qu'en 1413. lorsque l'on commença la construction du pont Notre-Dame, le roi « frappa de la hie sur le premier pieu et le duc de Guienne, son aisné fils après... * ».
Voy. Sonneurs.
Historieurs. Nom souveni donné aux enlumineurs. Aux treizième et quatorzième siècles, les livres illustrés, ornés de miniatures, étaient dits hislurie's.
Hommes (Marchands d'). Voj. Recrutetxrs.
Hommes d'affaires. « Agents des riches bourgeois ([ui ne peuvent ou ne veulent pas se donner la peine qu'exige d'eux la cidfure des biens, ou qui n'ont pas assez d'intelligence pour faire valoir leurs terres ». Ce mot était donc alors synonyme de réi/issewr. L'abbé Jaubert, à qui i'em|jrunle cette définition ajoute: « L'homme datiaires fait à peu près les mêmes fonctions chez le bourgeois que l'économe ou le procureur dans les monastères, et l'intendant dans les grandes maisons ' ».
Voy. A.gents d'affaires.
Hommes de chambre. Voy. Valets de chambre.
Hommes de confiance. Voy. Domestiques.
Hommes de peine. Ils appartenaient à la classe des (jugne-deiiiers ', et avaient pour patron saint Christophe.
Hongrieurs. Voy. Hongroyeurs.
HongTOyeurS. L'art de hongroyer le cuir serait, dit-on. originaire du Sénégal ; il aurait été apporté en Europe vers le milieu du seizième siècle par un sieur Boucher, lils d'un tanneur de Paris. Nous voyons cependant, un peu plus tard, Henri IV envoyer en Hongrie un habile tanneur nommé Roze ou Larose, pour retrouver ce secret, qui sans doute avait été perdu.
Aussitôt de retour. Rose établit une manufacturedeciiirshongroyés, mais, comme beaucoup d'autres créations de ce genre, celle-ci ne parait pas avoir survécu au règne de Henri IV.
En effet, par lettres patentes du .'> juin 166(), Louis XIV accorda à un sieur Bonnet le privilège de ce procédé de tannage, « à charge par lui de faire des apprentifs pour rendre le secret public après douze aimées ; lesquels apprentifs seront receus et admis aux maistrises de tanneurs et corroyeurs dans les formes ordinaires ». C'est au mois de novembre 1680 ([ue la nouvelle communauté reçut ses statuts. Elle étjiit composée seulement de douze maîtres appelés hongrieurs.
• l>ui'jiii};t', (itiissiiriiim, au mut hititor.
- K.iit. 'fuetry, 11. :n.
•' .Mille .laul)ert, Dirliminairr, \. II, p. :)il(i.
' \ov. ce mot.
HOIs'GROYEUHS — HORLOGERS
« Les (loii7,.> luiiîlres l\ony:i'it*iirs, dit l'article l'■^ élHhimiTfriiiil, itppiinnlliM'ont l't passerontles cuirs en la voi-itiiblc luanii'rc ili> Hnny^rie ». Cliacun (i'fux put avoir il la l'ois (jualro apprentis, dont le service était tixé à quatre ans et devait être suivi dedeuxansdeconipajj^noniiai^'e. I/article 10 statue que •.< le sel de morue nécessaire pour perfectionner le cuir de Hon'jrie sera déposé dans un grenier à part, et fourni de temps en temps aux jurés hong'rieurs. Deux jurés administraient la conuuunauté. dans laquelle pouvaient être incorporés les maîtres tanneurs, qui prirent dès lors le litre de lanneurs-hontjmi/rurs.
En Ui'.t8. une manufacture s'établit ii Saint- Cloud, près l'aris. l'allé se transporta ensuite dans le faubourjï Saint-Antoine ; mais les jardiniers du voisina|j:e prétendirent que des eaux polluées sortant de la fabrique contaminaient leurs léii^unies. Il fallut donc déménaf^er encore. Cette fois, le métier trouva asile à Saint-Denis, et tous les produits qui eu sortirent portaient ces mots imprimés en creux : maiiufuriure royale de cuir de Hongrie de Saint-Denis.
En 1716. les bourreliers obtinrent le droit de liono;ro ver les cuirs dont ils se servaient. Peu après, la fabrication fut déclarée libre '.
Les honijjrojeurs s'étaient placés sous le patroiiatre de sainte Elisabeth.
Honouarts. Vov. Porteurs de sel.
Hôpital-Général ^LuTRE.s de i.'). En vertu de l'art icb^ 7)5 de l'edit d'avril 1658, chaque corporation était tenue de fournir, lorsqu'elle en était requise, deux compag:nons pour en-seigner leur métier aux enfants élevés dans cet hôpital. Après six ans de séjour, ces compagnons recevaient des lettres de maîtrise, sur un certificat sisné des administrateurs.
Hoquetonniers. Faiseurs de hoquetons.
On appelait, au treizième siècle, hoqueton, auqueton, gambeson, gambaison ou cotte gambaisée le doublet - destiné aux hommes d'armes. Il se portait sous le haubert ou cotte de mailles et était fortement rembourré de ouate. C'est même de là qu'il tirait ses différents noms ; gambois ou gambais en vieux français signifiaient bourre, et les statuts donnés aux pourpointiersenjuin 1323 leur enjoignent de mettre au moins trois li\Tes de coton dans chaque hoqueton. Le hoqueton, toujours piqué et rembourré, devint par la suite un vêtement de dessus à l'usage des militaires et des civils, des femmes comme des hommes.
La Taille de l'302 mentionne quatre aiiqnetonniers, les recensements de 1300 et de 1313 n'en citent aucun, probablement parce que celte petite communauté était déjà réunie soit aux coutepointiers, faiseurs de couvertures piquées, soit aux pourpointiers.
Voy. Tailleurs.
* Jaubert, Dirfiotinatre, t. JI, ji. :îli7. — L-iIande, Arf fie l' hongroyeiir , dans J.-E. Hortrand, Oescripfinn f/r.v nrl.1 et mrliers, I. III, p. 380. — J. (^uictii'ral, Hisloiic ftu rostume^ p. 447.
- Voy. ci-dessus l'arl. Doubleliri's.
Horlogers. Le roi (;iiarlesV, qui possédait un siililier et trois liorloges ', eut, vers 1370, l'iilée d'établir au centre même de Paris, dans une (les tours du Pidais. une grande horloge sonnante qui put fournir l'Iieure à toute h\ ville. Mais il n'existait alors en France aucun ouvrier capable de mener à bien un tel travail. Le roi appela donc d'.\llemagne un habile homme appelé Henri de V ic ; il le logea dans la tour même et lui accorda six sous parisis par jour pour ses honoraires. Henri de Vie eniplova huit années pour parfaire son œuvre, diuit l'historien Froissart nous a conservé la des(;ription '. Quelque grossier (]u"en fût le mécanisme, les résultais qu'il donna excitèrent un véritable enthousiasme, et (lliarles V fit construire de seml)lal)les liorloges iiu château de Vincenues qu'il venait d'acliever, et à l'hôtel Saint-Paul, vaste résidence où il allait oublier les soucis de la royauté.
La construction des horloges reçut d'importants perfectionnements durant le seizième siècle, époque où l'on vil apparaître les réveils et les montres. .Jusque-là, la fabrication des instruments destinés à mesurer le temps était restée libre, mais elle s'était tout naturellement concentrée entre les mains de quelques ouvriers habiles à travailler les métaux. On lit, en effet, dans les Comptes de l'hôtel ••, à la date de 1380 : ■< A Robert d'Oregny, fevre *, pour appareiller l'oreloge du Roy qui estoit despécié, 16 s. p. » ; et dans un compte de 1407 : « A Jehan d'Alemaigne, serrurier, pour un mouvement ou petite orloge acheté de lui pour mettre en la chambre de Madame *.
En 1544, sept industriels qui avaient fait de la fabrication des horloges leur spécialité, présentèrent requête à François l", le suppliant de les constituer en communauté. Ils exposaient au roi combien il était nécessaire « pour le bien public, qu'il y ayt personnages expers, cognoissans et sachans seurement l'ouvrage et besogne ou art et mestiers de l'orlogeur, et qu'ilz lacent iceulx ouvrages de bonnes matières et étoffes ''. «
Des lettres patentes, datées de Saint-Maur-des- Fossés et accordées au mois dejuillet. donnèrent ainsi satisfaction à la demande des horlogers :
La durée de l'apprentissage était fixée à sis. ans.
Chaque maître ne pouvait avoir à la fois plus d'un apprenti. Il lui était cependant permis d'en prendre un second quand le premier avait achevé sa quatrième année d'apprentissage.
Avant d'engager un apprenti ou nu ouvrier ayant déjà servi, il fallait s'assurer que leur dernier maître n'avait pas eu à se plaindre d'eux.
Tout compagnon, avant d'être admis à la maîtrise, devait parfaire le chef-d'œurre. Les fils
1 Inventaire lies meubles de Ckarles F, n»' 2120, 2332 et 3067.
S Vuy. A. Scheler, Poésies de Frotssnrl^ t. I, p. 58.
3 Publiés par Douët-d'Arcq. p. 176.
* Terme fjénérique qui désipnail tous les ouvriers travailtaiit Us niélaux.
^ De Laborde, Xolire des e'iiinuj-. I. II, p. Il.'i.
S Matières premières.
HUKLOGEHS
lie iiitu'lri' l'inieul asireints seulement ù Vexpérieiice, épreuve beiiucciup moins compliquée.
Tout mciiire deviiit tenir « boutique et ouvi'ouer ' ouvert répondant sur rue ».
Les maîtres pouvaient seuls « faire horloges ou réveils matin, montres grosses ne menues, et autres ouvrages dudit inestier d'orlogeurs v.
(Iliaque maître élail tenu d'appliquer sur tous les objets fabriqués par lui une marque spéeiale et personnelle.
La corporation éUiil achniuisirée jjar di-iix jurés, élus pour deux ans.
(^es premiers slatuts furenl (-(infirmés sans changements par Charles IX en iioveudjre 1572, et vingt-(iuatre ans apri's, le nombre des horlogers établis à Paris était de vingt-deux*.
Dès le milieu du seizième siècle, on voit les montres affecter les formes les plus diverses. On les fit rondes, ovales, hexagonales, rectangulaires, sphériques ; on leur donna l'apparence d'une coquille, d'une étoile, d'un livre, d'une olive, d'un cœur, d'une Heur de lis. d'un gland, d'une poire, d'une tête de mort, d'une croix de Malte ou d'une croix latine •'. Bijoux destinés à faire partie de la toilette et à rester en vue, on eut des montres couvertes de fines miniatures, des montres de cristal, d'argent émaillé, de vermeil et d'or *. Les grandes dames, les gentilshommes portaient leur montre pendue au cou par un cordon ou une chaîne, et étalée sur la poitrine. Lestoile raconte, à la dale (hi 3 mars 1588. « qu'un jeune garson de Normandie, aiani esté surpris, coupant la monstre d'orloge d'un g-entilhomme. qu'il portait au col >-, fut aussitôt pendu.
En général, ces montres variaient à peu pri's d'un quart d'heure par joiir. On en fabriqua de si petites, que les femmes s'en servaient comme pendants d'oreilles ^.
En 1646, les horlogers rédigèrent de nouveaux .statuts, qui leur furent accordé-s par lettres patentes du 20 février.
Les maîtres peuvent désormais avoir aiilani d'apprentis qu'ils voudront, mais le nondjre des maîtres est limité à soixante-douze, et lorsqu'il se produit une vacance, les fils de maître doivent toujours être préférés aux autres apprentis.
La durée de l'apprentissage est fixée à huit ans au lieu de six.
Pour être reçu maître avant l'expiiatiou des huit années, il fallait une décision royale. André- (jliarles Caron, père de Beaumarchais, devint ainsi maître horloger sans avoir servi pendant le temps voulu comme apprenti. Dans la requête qu'il adressa au roi pour obtenir celle faveur, il fit valoir son titre d'apostat. Il était en effet protestant, comme son père Daniel Caron, horloger établi à Lizy-sur-Ourcq, et avait abjuré le