‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 179 sur 422 · INSPECTEURS — INSTRUMENTS (JOUEURS I · texte numérisé non relu

INSPECTEURS — INSTRUMENTS (JOUEURS I

Inspecteurs prénéraux et visiteurs des manufactures de toiles, oriices cn-t-s y)cir l'ilit (ruc-liiliri' 1704 ••! <ii|i[iriiiii's par édil du 20 ilueeml)re de lu nicine année.

Inspecteurs sur la Vallée et les halles. \ ov. Commissaires.

Inspecteurs des veaux. Offices créés en 1710. Ils subsistaient encore en 1767.

Instituteurs. \i\v. Maîtres d'école.

Instruction publique. \ov. Acalémistes. — Bsdeaux. — Copistes. — Écrivains. — Encre (Fabricants d"). — Géographie (Professeurs de). — Imprimeurs. — Instruments de mathématiques. — Lendit (Foire du). — Libraires. — Maitres d'école. — Maitres de pension. — Maîtresses de pension. — Massiers. — Messagers. — Papetiers.

— Pédagogues. — Permissionnaires.

— Plumassiers. — Principaux. — Prccurevtrs. — Relieurs.

Instruments (Joueurs ii' . Sous le nom de jiujleturs ou de ménestrels, dénominations susceptibles d'inlinies variantes, ils cumulèrent longtemps, avec la nuisit[ue et le chant, les tours de force et d'escamotage. Artistes errants, le plus souvent sans sou ni maille, ils sont méprisés à cause de leurs mœurs dissolues, recherchés pourtant ii cause des distractions ([u'ils procurent. .\u treizième siècle, quand l'un d'eux arrivait à Paris, il était dispensé du droit d'entrée exigé au Petit-Pont, à condition qu'il chantât un couplet de chanson ou, s'il était accompagné d'un singe, qu'il le fit danser devant le péager *.

La Taille de 129'2 mentionne 3 juqieeurs et 1 me'nestrel. Dès cette époque, une rue située sur les paroisses Saint-Josse et Saint-Nicolas, était dite rue ans Jngleeurs -, ans Jeugleeurs ou aux Jugleurs ^. Devenue nie des Me'/iestrels au quinzième siècle, puis rue des Menelriers. elle a été supprimée en 1838, lors du percement de la rue de Rambuteau.

Déjà, il existait des corps de musique attachés il la personne des rois et des princes. Un rôle de la (Chambre des comptes pour l'année 1313-1314 désigne, parmi les officiers composant la maison (lu comte de Poitiers > : .. Raouliu de Saint- Verin. ménestrel de cor sarrazinois ; .\ndrieu et Bernarl, tronipecurs ; Parisot, ménestrel de naquaires ou tvndjales ; et Bernard, ménestrel de trompette ». Vn compte de l'hôtel du duc de Normandie, qui régna en 1350 et prit le nom de Jean II, comprend sous le titre de meuestreua « ceux qui jouent des naciuaires. du demy-canon',

' lirre //ex métiers. 2» iiarlic, li(ri> II. — Voy. i-i-(lossous, lart. Petit-Ponl (l'êagodu'.

* Taille île i292, p. 61 et 68.

•l Taille ,1e 1313. p. 60 et 72.

* Devenu le roi Philippe V.

5 Ou dcmi-flate.

du cornet, de la guilerne latine, de la lluste beiiaigne ', de la trompette, de la guilerni; mores(|ue et de la vielle -. \']i\ gi'uéral. ces gens ne soûl plus ([ualillés de jongleurs, on les nomme ménestrels, uien-.'Slreurs, menestreux, et ce litre, employé d'abord pour désigner seulement les inslrumenlisles remplissant des charges de umsiciens à la cour, passa ensuite, connue uu titre d'honneur, ù toutes personnes exerçant lu profession de joueurs d'instruments.

Leur nombre et leur importance avant aufmente, les ménestrels songèrent à se constituer en communauté, connue l'étaient, déjà la plupart des métiers. Le 14 septendire 13'21, Ireute-huit personnes, se disant menestreux et nu'Hest relies, jongleurs et jongleresses, menestreurs, meneslerels, etc., à la tête desquelles figurait Parisot, alors « ménestrel le Roy », présentèrent à la sanction du prévôt de Paris un projet de statuts en onze articles, qu'ils avaient rédigés d'un connnun accord. Le chef de la corporation v prend le titre de prévôt de Saint-Julien. C'est à lui ([u'il faut .s'adresser pour avoir des ménestrels. Tout membre de l'association à qui l'on en demanderait doit répondre : « Seigneur, je ne puis alouer autrui ^ que moy mesmes, par les ordenances de noslre mestier, mais se il vous fault menestreus ou aprentiz , allez en la rue aus Jougleurs, vous en trouverez de bons * ».

Sept ans après, deux ménétriers commencèrent, dans la rue Saint-Martin, la construction d'un hôpital dédié à saint Julien le Pau\Te. La corporation tout entière s'associa à cette fondation, bientôt complétée par l'érection d'une église, dite de S;-iiut-JuIien des Ménétriers.

Au mois d'octobre 137'2, une curieuse ordonnance défendit aux taverniers de donner à boire après le couvre-feu sonné, et aux ménétriers de jouer après ladite heure, si ce n'est pour une noce et dans l'intérieur d'une maison.

« Que nul tavernier, y e>l-il dit. ne suit si hardy de tenir ny asseoir beuveurs en sa taverne après heure de couvre-feu sonnée, sur peine de soixante sols parisis à prendre sur celuv ([ui .>eni trouvé faisant le contraire.

Item, que nul ne soit si liardy de boire en taverne après ladite heure de couvre-feu, se ne sont gens forains. . . .

Item, pour ce q\i'il est venu à la cognoissance du prévost de Paris que, sous undsre de ce que plusieurs ménestriers vont jouer et corner de nuit, plusieurs roberies ont été faites à Paris et imys rompus, avec plusieui-s autres déliz et maléfices, est aussi detléndu. de parle Rov iiostre sire et de par monsieur le prévost île Paris, que doresnavant nuls ménestriers ne sovent sy csés et hardys de jouer ne faire leur mestier soit en taverne ou dehoi-s, après l'heure de couvre-feu sonnée, se ce n'est que ils soient à nopces et en

' (Ju botienuonne.

* Voy. Ducange, aa mot minslelli.

•' .\utre.

* Ces statut.s ont été publiés pour la première fois par M. B. Bernhard, dans la Bibliolluqiie rie l'école des Chartes, t. III (1842), p. 400.

INSTHLTMRNTS JOUEURS D')

riinsli'l (111 li's nopct's seront, mit peine de perdre irl^lnIIneIl^ et de qiuiranle sols parisis d'amende an Rov.

Item, que nid ne contraif^ne ne s'efforce de contraindre lesdits ménesiriersà faire ne jouer de leur meslier outre la dite heure, sur peine de quarante sols parisis ».

Les statuts de la communauté furent revisés en 1407. Celte fois Parisot. chef du métier, qui s'était dit en l;321 ménestrel du roi, prend le titre de roi </rs me'/irstrr/x. et ce titre, transformé un peu plus tard en celui de ro(Vf'.v/o/oH.v. devint célèbre par la suite. Toute l'administration était concentrée entre ses mains. L'apprenti recevait de lui son brevet, l'étranj^er sa licence de jouer en ville. Aucun ménestrel salarié ne pouvait se faire entendre sans son autorisation. l)es personnages nommés par lui remplissaient les fonctions de jurés. Les maîtres sont alors dits nfticiellemenf me'nestriers, Joiaurs (Tinstncinens tnni IiiiuLt quf bas.

(]es statuts régirent la communauté jusipTau milieu du dix-huitième siècle. Renouvelés en octobre IfiôS. ils confirmèrent, étendirent même l'autorité du roy des violons. Il lui est permis d'avoir « des lieutenans en chaque ville pour faire observer les statuts, recevoir et agréer les maistres ». C'est lui, en elTet. qui délivre les lettres de nuiitrise au prix de 60 livres, et qui perçoit les amendes professionnelles ; on le retrouve partout où il y a une autorisation à diuiuer. une somme à recevoir. Otte fois, l'art de la danse est assimilé à l'art musical, les maîtres sont dits maîtres à danser et joueurs d'instrwr/iens. La durée de l'apprentissage est fixée à quatre ans. Les aspirants à la maîtrise doivent parfaire l'expe'rienreen présence de vingt maîtres présidés par le roi des violons. « Aucune ])ersonne ne pourra tenir école, monstrer la danse n v les jeux des insirumens hauts et bas, s'attrouper jour n\' nuit pour donner des sérénades ou jouer desdits instrumens en aucunes nopces ou assemblées, ny faire aucune chose concernant l'exercice de ladite science, s'il n'est reçu maistre, ou agréé par ledit roy ou ses lieutenans >^.

Etaient seuls exceptés de cette règle « les violons de la chambre de Sa Majesté ». On désignait ainsi les artistes com])osant ce que l'on nomma d'abord la grande hande. puis les '21 ritil(in.s de lu ehunihre diirui. qui jouaient dans rantichandjre durant le dîner du souverain et lesjours de cérémonie. Les Ht violons du cabinet. ilits de la petite bande, avaient dans leurs attributions les « sérénades, bals, ballets, comédies, concerts particuliers, etc. ' ».

Les statuts que je viens de résumer sont dits avoir élé <^ obtenus et impélrés par (iuillaume du ^lanoir. roy et maistre ^\e■ tous les maistres joueurs d'iuslrumens et maistres à danser par tout le royaume de France ».

Cette royauté fut moins éphémère (|Ue ne l'espéraient ses détracteurs, et elle toudja vic-

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time (le ses imprudences. Le sieur J. -P. Guignon, nommé en 1741 roi des ménétriers. « titre mort et presque oublié depuis un demi-siècle », dit un faclum contemporain '. voulut faire revixTC les antiques privilèges attachés h sa souveraineté. Il obtint des lettres patentes qui interdisaient l'enseignement de la musique et de la lianse à toute personne non inscrite sur les registres de la communauté. Des protestations s'élevèrent de toutes parts, et un édit du 13 nuirs 1773 déclara éteinte et supprimée « la charge de roi et maître des ménestriers* ». L'édit s'exprime ainsi : « Notre amé Jean- Pierre Guignon nou> ayant très hund)lenienl fait supplier d'agréer sa démission pure et simple de l'office de roi et maître des ménestriers et joueurs d'in.strumens tant hauLs que bas dans notre royaume, dont nous l'avions pourvu par nos lettres du 15 juin 1741, nous nous sommes fait rendre compte des pouvoirs et privilèges généralement attribués à cette charge, et bien informés que l'exercice desdits privilèges paraît nuire ù l'émulation néces,saire au progrès de l'art delà musi(|ue que notre intention est de protéger de plus en plus, nous avons jugé à propos, en déférant ci la demande dudil sieur Guignon, de supprimer à toujours ladite charge. A ces causes et autres à ce nous mouvant, de l'avis de noire conseil, et de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, uousavons par notre présent édit perpétuel et irrévocable, éteint et supprimé, éteignons et supprimons la charge de roi et maître des ménestriers et joueurs d'inslrumens tant haut que bas de notre royaume, vacante par la démission volontaire qu'en a faite le sieur (îuitrnon ■' >>.

L'édit de février ] 776 supprima la corporation des ménétriers. Ses biens, consistant dans la propriété et les revenus de l'ancien hospice et de la chapelle Saint-Julien *, donnèrent lieu à un long procès. L'académie de danse, dont presque tous les membres avaient apjiartenu à la communauté, les réclama comme héritière naturelle, proposant en même temps la réorganisation du corps sous une forme nouvelle. D'un autre côté, ils étaient convoités par la fabrique de l'église Saint-Merri, parois.se de la chapelle ; elle voulait les transformer en lieu d'inhumation '. Ces prétentions, soumises d'abord au Parlement, furent évoqués au conseil d'Etat par arrêt du \'l août 178"2. L'affaire était encore pendaïAe quand éclata la Révolution, (pii mil tout le monde d'accord. En déc.emlire |78i). la France, menacée de toutes parts, sollicitait des oll'randes (]ui lui permissent de faire fa<e a l'ennemi. Le 17 de ce mois, une dépulatiou de l'ancienne c(uumunaulé se présenta ù la barre <le l'assemblée nationale, et lui fit don lie tous les biens el revenus appartenant

' }U irnres pniii' It'S oi'fiiutiiitrs l'ii /fui rinitrr le x.'fuf (hiîgniiii, etc.

2 Jirriicil il'èfiits, iirrèln, lettres jwteHtes e» fucei/r l'es mitsii ieii.i ilii rvyititme. 1774. in-8".

■** (îiiij^noii niniirul 1 iuuie»' mèiiif i]ui suivit sa démissiiiii. II' ;tl) JHiiviiT 1774, AjXv lie suixanlt'-iloiuf ans.

* Dilr- iuis>i clia[)e]le Sftuit-tîfiics.

■' H Hiniliiinl. |i. 37(1.

INSTRUMKNÏS DE CHIUUHCUK — INTENDANTS

a la corporaliiin. Le sieur Perrin, chef de la dépiilatinii (liM)iila ainsi : « Eu qualité de coraniissiiires dt'puli-s par raiicieiiin' l'onuiuiiiaulu ili's maîtres à danser de la ville de i'aris, nous avons riionnenr de vous apporter et de remettre sur le bureau une délihéraiiou prise en notre assemblée du 13 du présent mois, par laquelle nous faisons don à la nation de notre chapelle deSaiid-Julien des Ménétriers, dont nous sommes fondateurs et patrons laùpies, et de tous les objets mobiliers et immobiliers qui en dépendent. Nous désirerions comme bons citovens être en état de faire il la patrie des sacrifices plus considérables ; mais nous sommes pauvres, et nous espérons que vous voudrez ne pas dédaif^ner une ofi"ran<le qui, pour être modiijue, n'en est que plus pure «.

T)"apr('s les procès-verbaux d'expertise dressés, le 2."> octobre 1790 par les commissaires de l'assemblée constituante et de la commune de Paris, la chapelle .Saint -Julien fut estimée 10.400 livres, non compris les objets mobiliers et les cloches. On estima les autres bâtiments 7.625 livres.

Les joueurs d'instruments s'étaient placés sous le patronag'e de saint Julien. Une de leurs confréries fut pendant long'temps dédiée il saint Gènes ou Genest, comédien converti.

Vov. Danse (Maîtres de). — Musique et Théâtre.

Instruments de chirurg-ie F.vdricants l>"'. La fabrication des instruments de chirurgie était le numopole de la cor[)oration des couteliers. Leurs slaluls. conlirnies en l(j08 ', et qui les régirent jusqu'il la lin du dix-liuiliéme siècle, leur accordent le droit exclusif de confectionner les lames d'épées, dagues, perluisanes, hallebardes '< et autres bâtons servant à la défense de riiomme », les ciscau.x. les instrument.s de chirurgie, les couteaux, les canifs, etc. En 1692. les sieurs Surmon, au Tiers-puinl cuiiroiiiie -, et Tougaret. un Ve-rre ronronne ■' faisaient des lancettes estimées; mais le meilleur fabricant d'instruments de chirurgie était le muilre ih la Coup-. André (iérard. (|ui demeurait rue Troussevache. Le muitre du Trèfle. Guillaume Vigneron, rue de la Coutellerie, avait joui |)endanl longtemps d'une grande réputation.

pour les instrumeuLs en or ou en argent, il fallait s'adresser aux orfèvTes ; le grand-père du Irajrédien Lekain ' se dislinsjua dans cette spécialité ''. On cite, au siècle suivant, l'orfèvre (^lieret. qui demeurait sur le pont Saint- Michel «.

Bien entendu. <lesi riches bijoux n'étaient pas il l'usage de tout le monde. Dionis. diiiis son CjUts (F opéra lion. s de chirurgie, a une phrase

* \ oy. Statuts et urflûHHances ties féeres-coutellers, etc., I6«0 et" 1748, 111-4».

' Il demeurait nie Saint-Julien le l'auvre.

•• Il liemeurail à la puric Saint-Germain.

^ Son vrai nom était Gain.

■■ Voy. Lt litre commn/e /mir 1692, t. H, p. 48.

•> .Umanack Dauphin pour 1777, art. Orfèvres.

chiinimnle en piirliiril lll•^ in>lrumenls desljnés iiti nettoyage des dénis : « Ces instriimens, dit-il, sont ordiniiirement d'acier, niiiis ceux dont on se sert pour le Kov et pour les Princes sont d'or ; et s'il v avoit encore un métal plus précieux, on l'emploierait ii leur service, parce qu'ils récompensent inagniliquement ' », Je rappelle que les Romains se servaient tléjà d'or et d'iirgent pour plomber les dent.s, et de fils d'or pour lier les fausses dents aux dents conservées -,

La coutellerie anglaise fut pendant plusieurs siècles préférée i'i la nôtre, et M'"" (Jnidock pouvait encore écrire dans son JouninlXc 22 septembre 1784 : « Je me suis fait saigner, mais les lancettes françaises sont si défectueuses que cela rend celte opération assez douloureuse •* »,

Instruments de mathématiques Faiseurs d'I. Deux corporations, celle des couteliers et celle des fondeurs, se disputèrent pendant longtemjis le privilège de la fabrication des instruments de nuilliémiili([ues. Le parlement finit piir l'iidjuger iiux fondeurs, qui joignirent à leurs autres lilres celui de muitres fiiineurs d'instrumens de muthcmatiques, globes et sphères. Suivant Hurtaut et Magny, les industriels qui se livraient plus spécialement à cette fabrication étaient aussi désignés sous le nom de mathématiciens, ingénieurs, etc. '. C'étaient eux qui traçaient les cadrans solaires, posaient les paratonnerres, etc.

Les deux immenses globes de ("oronelli qui étaient conservés à la liibliolhèque Xaticmale portent sur leur nionliire rinscription suivante : ^< Faict par Gatellier, fabricateur des inslrumens de mathématiques. Id^'^ ». Un peu plus tard, un sieur Magny, qui demeurait dans la cour de Saint-Germain des Prés et avait pour enseigne Au R'ii/ alnldebert, s'intitulait << ingénieur pour l'horlogerie, les inslrumens de mathématique et phisique, ainsi qu'en mécanique ».

Les fondeurs avaient pour patron saint Hubert.

\\iy. Baromètres (Marchands de). — Boussoles (Fabricants de), — Cadrans solaires. — Fondeurs. — Géographes (Ingénieurs). — Lanterne magique. - — Faratonnerres.

Instruments de musique Faiseurs d').

Voj. Luthiers.

Intendants." L'intendant. dit l'iibbé Fleury, doit être ce serviteur Hdèle et prudent dont Jésus- Christ nous propose l'exemple dans l'Evangile, il qui son maître a confié tout le soin de sa maison ■" ». On sait que les intendants ne répondaient guère à cette définition, et, qu'en général, ils avaient surtout le souci de s'enrichir aux dépens de leur maître. <,< Il faut, écrit Audiger,

1 Pages 512 et 519.

* Voy. ci-tlessu.s l'art. Dentistes.

3 Page 87.

* Dictionnaire de Paris, t. Ill, p. 503.

3 Devoirs fies mitlres et lies itomesllqiies ^'1088 , 2' partie, ckap. 3.

INTENDANTS — IVOIRIERS

(|ii"»n intendant sache et entende parfaitement les atl'aires ; et outre rela. (|n"il s(jit honnête lioniine, plein de prohité et de conscience, inteliijrent, vigilant et actif; car de son esprit et de sa bonne conduite dépendent souvent la perte ou le rétablissement d'une maison.. Sa charj^^e et fonction concernent g'énéraleinenl Ions les biens, revenus cl idl'iiires d'un j^rand seiijnenr, desquelles il doit savoir de point en point l'étal, la force et le produit, afin que sur cela il j^ouverne la dépense et donne ordre aux dettes les plus pressées, dont il doit surtout prendre une exacte connoissance, afin d'éviter l'emliarras et les chicanes (jui p(jurroient arriver à ce sujet...

Il est encore de son devoir d'éviter la lirouillerie et la confusion dans les affaires, autant qu'il lui est possible, et de ne point laisser tomber le seifïncur dans des frais et dépens inutiles ; et lorsqu'il se présente quel([ue affaire nouvelle et difficile, il doit avant que de s'enijaffer dans des procédures prendre l)on conseil et bien exécuter. C'est ainsi que des intendans par leur soin et capacité soutiennent et reiuetleut sur pied des maisons pres(pie ruinées. Au lieu que d'autres, par leur faute et néi^ligence, abîment et sont cause de la ruine totale des phis illustres, ainsi que nous avons vingt exemples récens et notables dans les maisons de plusieurs princes et autres grands seigneurs assez connus parmi le monde ^ ».

Intendants des bâtiments du roi.

Voici en quoi consistait cette charge, le 8 a\Til I(i32, jour où N. Jacquelin en fut pourvu : Il avait pouvoir de régler tout ce qui concernait l'entretien, les embellissements et accroissements des « bastimens et chasteaux du Louvre. Bourbon, palais des Tuilleries. Saint-Germainen-Laye, pompe du Pont-Neuf-, collège royal ^, chasleau de Vineennes, sépulture du feu Roy, et dépendances d'iceux , collège royal des PP. Jésuites de la Flèche et à trente lieues aux environs de nostre ville de Paris, excepté Fontainebleau, et des tapisseries de haute lisse et autres manufactures, avec le pouvoir de donner ordre et de veiller sur ceux qui sont ou seront logez sous la grande galerie du Louvre* >•.

On sait que cette charge fui une de celles qu'accapara Colbert.

Voy. Louvre (Galerie du).

Intendants du commerce. Six charges créées en mai 1708 et supprimées en octobre 171,5 s.

Voy. Offices (Créations d").

1 Ln /Hin'so/i rtûjlt'e (1092), iiv. I, cliap. û.

2 La SaiiKirilaiii''.

*'* Lf ('ùliûj^r ili' Franc»' aclui'l.

4 \oy. \- Jiil, Dii-'liinninire rri/ii/itr, \>. 0U7.

i> A'oy. Savary, Dictionnfureiln i'om)nerre,{. I.]», 1 l(iO.

Intendants des eaux et fontaines.

Voy. Fontainiers.

Intendants du garde-meubles. \'oy.

Q-ardes-meubles.

Intendants des inscriptions. Le litre officiel était : « Intendant des inscriptions de^ bàtimens royaux et publics , inventions de trophées, desseins de peintures, emblèmes, devises, descriptions et autres décorations faites dans les chambres et cabinets, galeries, jardins et maisons royales, comme aussi de celles qu'il faudra faire aux portiques, arcs triomphaux et autres ouvrages po\ir les entrées de leurs majestés dans les villes, ou pour quelque autre sujet que ce puisse être ».

(]laude de Boze était titulaire de cette charge en 1712'.

Intendants des menus. Voy. Menus (Officiers des).

Intendants généraux des postes, courriers et relais de France. Cliarg.qui succéda, en 1770, a celle de grand maître et surintendant général des postes.

En 1788 M. Rigoley, baron d'Ogny, prenait le titre de Intendant général des postes avx lettres et aux chevaux, courriers^ relais et messageries. Cette charge fut supprimée par décret du 9juillet 1790.

Interprètes du roi. Louis XIV eut pendant longtemps des secrétaires-interprètes en langues latine, grecque, arabe et syriaque -.

Voy. Chambre du roi et Drogmans.

Introducteurs des ambassadeurs, dits aussi Conducteurs des ambassadeurs et princes étrangers. Ils étaient au nomiire de deux, et avaient sous leurs ordres un secrétaire à la conduite des ambassadeurs.

Ils recevaient, conduisaient, introduisaient les rois, princes, légats, cardinaux, nonces, ambassadeurs ordinaires et extraordinaires, envoyés, résidents, agents, chefs d'ordre, etc.. ainsi que leurs femmes.

Voy. Cérémonial.

Inventaire. ^ oy. Éventaire.

Inventions. ^ ny. Perfectionnements et Travail (Réglementation du).

Ivoiriers. Sculpteurs eu ivoire. Voy.

Sculpteurs.

' Tralitiiiilli-t, /.'//;/ ilr lit Fraitcf poHf t7t2, (. I,

- .V. Jal, DiclloHimire criliijue, p. (597 et 9~9.

.1 VCOCKIS — JAHDINIRRS

Jacqueis et Jacqys. Vnv. Jockeys.

Jambons (Foire aux). EUo .-.c tenait sur le parvis Xotri'-Daïue et ne durait qu'un jour, 11' luanli saint. Elle a été eéléliréo [)ar un rinieur (lu <li\-septième siècle, (jui nous apprend ([ue

Dans Ci; parvis, où l'on contfnijili' 1^ face d'un siipoibe Winplc, Jambons croissent de tous côtés .■Vinsi que s'ils esloicnt plantt's.

Entre la fontaine et li' parvis se dressait une statue dite du Jeûneur, ainsi nommée parce que ce personnafi^e assistait à la foire sans pouvoir prendre sa part du lard et du jandxin qui \foisdnnaient . Une autre légende veut ([iie la statue représentât un religieux resté mille ans sans hoire ni manji^er.

La foire aux jambons n"avait rien perdu de sa voj^ue à la lin du dix-huiliènie siècle. Séb. Mercier écrivait alors : « Les iiouti([ues de charcutiers sont brillantes ; la cochonaille, apprêtée sous mille formes, séduit les estomacs catholiques ; elle a un air plus ra<îi)utant dans ces jours sacrés où il est défendu d'en niang'er ; elle est sous la main des fidèles, ([ui doivent la repous.ser... ' ».

(]efte foire, dite aussi foire du parvis, s'est perpétuée jusqu'à nos jours, et elle se tient actuellement au boulevard Ricliard-Lenoir.

Jaquets. Voy. Jockeys.

Jardineors et Jardineurs. Voy. Jardiniers.

Jardiniers. La Taille Je i29:> cite six courtilliers, nom que portaient alors les jardiniers. Suivant Sauvai ^, le mot courlilles, en vieux français, désiirnait « des jardins champêtres où les bourn;eois alloient se promener et prendre l'air ».

Les jardiniers furent de très bonne heure constitués en comiuunaulé, mais on ne possède pas leurs statuts antérieurs à l.")99. On voit dans ceux-ci que l'apprentissaj^e était de ([uatre années, suivies de deux années de conipagnonnajfe et du chef-fP vurre . On n'exijifeail des tils de maître que l'apprenlissag'e.

Il V avait dans les maisons royales une foule de jardiniers *. Au milieu du dix-huitième siècle,

' Tableau île Piin's. t. IX, p. 271'.. ' llrrherekes sur Paris, t. I. p. 07.

'* \o y. les Etats île la France et plus spécialement celui de 1712, t. I, p. 322 et suiv.

celui de \ ersaiUes louchait par an 18.000 livres, celui de Marly l.'î.OOO livres '.

Le voyageur ano;'lais Lister mentionne, en Ifi'JS, parmi les [)lus beaux jardins de Paris ceux du Palais-Royal, de l'Arsenal, des Chartreux, des (léleslins et de .Sainte-Geneviève. Puis, ceux des luMels d'Auniont, Pussort, Beauvilliers, Caumartin, Lesdiguières, de Lorjjes, LePeletier, Sully et Louvois *.

Au siècle suivant, on comptait à Paris juscpi'à dix jardins publics. Savoir :

Les Tuileries. Ce jardin était gardé par un détachement d'Invalides. Sauf le jour de la Saint-Louis, il était interdit aux soldais, aux domestiques et aux crens mal vêtus.

Le Luxembovrg. Jardin fréquenté surtout par les crens du quartier. On y voit '< le dimanche matin, ilans l'allée qui conduit aux Carmes, et le soir dans la jijrande allée une infinité de beau monde. On y observe la même police qu'aux Tuileries ».

Le jardin du Roi, aujourd'hui muséum d'histoire naturelle. << Il fournit une promenade aussi aijréable ([ue salubre aux habitans de ce quartier, et utile aux naturalistes et aux amateurs de la l)ùtanique ». Même règlement de police qu'aux Tuileries.

Le Palais-Royal. « La quantité de marchanils de tous genres qui s'y sont établis, ainsi que sous les galeries qui en font le pourtour, les dillérens spectacles qui y sont rassemblés, les billards de toutes formes qu'on y trouve, font de ce lieu une espèce de foire perpétuelle >>.

Le jardin de P Infante. En bordure du Louvre. Il n'était ouvert que l'été.

Le jardin de P Arsenal. Il était borné d'un côté par la Bastille et de l'autre par la Seine. L'n limonadier, qui avait eu la permission de s'y établir, y vendait des rafraîchissements.

Le jardin du Temple. On y entrait par l'endos du Temple.

Jardin de Souhise. C'était le janlin particulier de l'hôtel de Soubise, aujourd'hui palais des Archives. Le public n'y était admis (pie l'élc.

Jardin de l'hôtel de Biron, rue de Varenne, Il était ouvert au public du \" avTÎl au 1" octobre.

Le Cours-la-Reiae. Sur le liord de la Seine, entre les Tuileries et Chaillot. Seuls, les princes

* Duc de Luv'iies, Mêtnoires, t.

- Voy. p. Iljll et suiv.

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