‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 181 sur 422 · I.a chausse va si bien et proprement · texte numérisé non relu

I.a chausse va si bien et proprement

(jurlli' ne bouge, ne descend ou remue.

Tout moraliste qu'il se montre dans son poème, Olivier de La Marche ne prétend pas du tout que les femmes doivent dissimuler leurs jarrelières, il leur recommande seulement de ne point y laisser toucher, sauf par leur mari :

Le jarrelier c'est chose de value.

Et .si honnestc que homme n'y doit main mettre

S'il n'a cest cur 6 d'estre seigneur ou maislre,

El il ajoute très sagement :

Qui met la main jusque ù la jarretière, Il prétendra de plus haidt advenir ''.

Au seizième siècle, la jarretière était souvent croisée sous lejarret et venait s'attacher au-dessus du ij-enou.

Vers la [m du siècle, les femmes continuaient à « faire parade » de leurs jambes. Gatlierine de Médicis inventa mémo la selle actuelle des femmes, qui |)ermettail de montrer la jandje droite, relevée sur rar(;on de devant. Aussi attachait-elle une importance extrême ù avoir

' Boucles.

- Le moi-daiil etiiil la plaque île métal qui terminait la jarretière et facililail l'erLlree dans la boucle.

3 Clous.

* I)ouél.-<r.\rcq, Xuiiteiiix eompirs. p. ISO.

3 I)e L«l' irde, Xotiee ilps rniniix, p. 3-18.

6 S'il n'a ce bonheur.

' l.e /) :rrmeiit i!t.i itawes, chap. 4.

.lAHHKTIKRKS — .IvrCKinS DM IMATRE

toujours (l<"s lias liini lires piir <li« iiilns jiiriiliéres. « (^iillii'rin»'. racniili' BraiilAnic aviiioil une (Id ses (lanii>s par ilt-ssus toiilcs Irs ^il'llMl•^ et la favorisdil par dessus IduIcs les autres, seulemeul parce (|u'i'lle luv tiruil ses eliausses si liieti tendues et uiettoit si prcipremeiil li jarretière et mieux que toute autre... l'',t par ainsi, sur cfdP curiosité qu'elle avoit d'entretenir sa jamlie ainsi belle, faut penser que ce n'esloil pour la cacher sous sa Juppé, uy son cotillon ou sa rolilie. nuiis pour en faire parade ' v.

O'ci n'était ])lus de mise au siècle suivant, et les jarretières avaient a<lopté des allures plus modestes. Le maj;asin en vof^^ui' était situe ■< rue d'.\rnetal -. iiii sigiif (h la Croix ■' ».

Je n'ai rien dit encore des jarretières portées par les hommes et il n'y a pas jjrand' chose à en dire. .\.u déhut du seizième siècle, la rohe fait sa dernière apparition dans le costume masculin, et les jarretières, devenues visibles un moment sous François I'', se dissiiuidenl ensuite dans les hauls-de-chausses lioull'ants adoptés parHiMiri II. Dés le rè<jne de (Iharles IX. ils descendent presque jus([u'au g'enou. et la jarretière se montre de nouveau. Sous Henri IV et sous Louis XIII, les jarretières sont très Ioniques, et les iiouts, <;arnis de dentelles, pendent de côté. Les éléf^ants. contemporains des belles années de Louis XIV. ne peuvent exhiber leurs jarretières, car elles sont noyées dans les canons qui terminent le haul-de-cliausses. La jarretière reparait, mais fort simple, à la tin du règne. Sous Louis XV et sous Louis XVI. ce n'est |)lus guère qu'une patte à boucle, qui s'attache un peu au-dessous du genou.

Louis XIV portail des jarretières à boucles de diamants. Nalurellemenl, on les lui retirait le soir, et la cérémonie usitée en cette circonstance mérite d'ètie rappelée : « Sa Majesté, rapporte un annaliste de ce temps, s'assied en son fauteuil : le premier valet de chandjre et le [ireniier valet de garderolie lui défont ses jarretières à boucles de dianians. l'un à droite, l'autre à gauche. Le premier valet de chandjre donne celle jarretière à un valet de chambre, et le premier valet de garderoiie à un valet de garderobe ' ».

Constatons en terminant ([iie Paris conserva pendant longtemps la spécialité des jarretières élégantes. Voltaire écrivait, le 20 janvier 17r)8, à M""' de Kontaine : •< Madame Denis a cru (|u"on ne pouvoit avoir une jarretière bien faite sans la faire venir de l'ai'is ' >,. *

JaugeeUTS. Xom que la Taille de 1202 diiiine aux jaugeurs.

Jaugeurs. Chez les fabricants d'enclumes, ouvriers qui dirigent la jauge, barreau de fer destiné à manœuvrer l'enclume.

' Tome IX, p. 30fi.

- .\uj. rue Gn'neta.

•* Lr l.itrf comminU, t.

II, p. 23.

* Etiil lit U friince pour 1712, I. I, p. 299.

5 CiirresponiInKce. édil. Beuchut, I. LVII, p. 163.

Jaug-eurs de cendres, ll^ eiaieid au

nondire de deux, lors de l'arrèl (bi jO févrii'r l<i74. (pii les supprima.

\'ov. Commissaires.

Jaupreurs d'eau. .Nnii l'iintainiers.

donné parfois aux

Jaug-eurs d'eau-de-vie.

tiers.

Cour-

Jauyeurs de futailles. Leurs statuts ligurenl dans le Lirre îles nu'liers '. i'y vois ([u'ils étaient chargés de déterminer la contenance de.s tonneaux employés par les marchands de vin, de vinaiirre. d'huile et de miel. Leur inlerveidion était facultative ; mais si vendeur ou acheteur la re(|iiéraienl. ils ne pouvaient refuser leur ministère. Ils exerçaient « par tout dedenz la prevosté de l'aris » ; aussi, quand la distance à parcourir exigeait l'emploi de plusieurs heures, celui (pii les appelait devait paver les frais de déplacement et leur fournir un cheval, « cil qui le maine doit livrer cheval et leurs despens ». Ils touchaient deux deniers par tonneau jaugé, le double pour un tonneau de miel. Si un jaugeur était embarrassé pour déterminer la conli'nauce d'un vaisseau, il devait appeler ù son aide un de ses confrères, et s'ils ne pouvaieid s'entendre, un troisième venait encore se joindre à eux. Les jaugeurs étaient alors au nombre de dix ; la T'iilled- li'!)2 n'en mentionne néanmoins que trois.

L'ordonnance de févTÎer 1415 déclare que ces fonctionnaires sont établis pour jauger « toutes li([ueurs qui se vendent en gros, comme bières, cidres, vinaigres, verjus, huilles, graisses, etc. >> Ils ne pouvaient exeri'er sans l'assistance d'un collègue : '^ Nul jaugeur ne jaugera seul ». dit l'ordonnance. Leur nombre est llxé a six nuiitres et six a])preiilis. Ces derniers devaient servir pendant uiu' année au moins sous la direction d'un jaugeur avant d'être reconnus aptes à mesurer. Il n'était accordé à cliaque maître qu'un seul apprenti. (Juand une vacance se produisait dans la corporation, le plus ancien des apprentis olitenait la maîtrise.

L'édit de février HY-V.i porta à iiuit le nondire des jaugeurs. mais il n'accorda qu'aux six plus anciens un apprenti destiné à leur succéder.

Louis XIV créa et vendit à diverses reprises de nouvelles charges, 8 en 1 (54.'). 'i'2 en 1(589, etc.

Les jaugeurs sont parfois appelés telt.-urs, nom qui vient de la rslte. instnmient destiné au jaugeage des tonneaux.

L'édition publiée en l.iOO de l'ordonnance de févrii-r 14ir> renferme une ^r;vure qui représente un jaugeur. la j:iuge à la main, mesurant un toimeau -.

La corporation avait pour patron s lint Nicolas, qu'elle fi5t<iit le G décembre ;i l'église Saint-Bon.

Jaug^eurs de plâtre. Vov. Mesureurs.

1 Titiv VI.

i Piitre XI\.

JAULGEURS — JETONS

Jaulgeurs. Vny. Jaugeurs.

Jetons i'Frappe desi. Voj. Directeur du balancier du Louvre.

Jetons (Calcul pau les). Pendant bien lijiigteinps, les commerçants n'en connurent pas d'autre, et L'arithmétique dans sa perfection, ouvrage de F. Leo-endre, contient encore dans son (•(iitionde 1774 un Trailé de l'arithinétique par les jetons.

Comme le prouve la première scène du Malade imaginaire, les jetons remplaçaient, dans les comptes, la plume et les chiffres. L'emploi de cailloux [calculi) avait donné naissance au mot calcul ; la manière dont on compta ensuite créa les expressions qet, jet, (jectouers, (jetouers, (jestouers, jectoirs, jects, gets, jetons.

Rien de plus simple, à l'origine, que ce procédé de calcul.

Pour additionner, par exemple, on jetait successivement sur une table autant de jetons qu'il se présentait d'unités de même nature. Supposons que l'on voulût suivantes :

faire le total des sommes

XXIV livres VIII sols VI deniers

s;xx

YI VIII

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