‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 182 sur 422 · VII — VIII · texte numérisé non relu

VII — VIII

On formai! trois tas de jetons, doni le premier tas, celui desli\Tos, recevait d'abord '24, piiisIJO, puis 10, puis 6 jetons ; — le second tas, celui des sous, 8, puis 6, puis 5, puis 7 jetons ; — le troisième, celui des deniers, 6, puis 8, puis 5. puis 8 jetons. On comptait ensuite chaque tas. Un trouvait, dans le premier, 70 jetons, qui représentaient 70 livres; — dans le second, 2() ji'tiins (jui rcprési'nlaient 26 sous : on en eidevait 20 ipie l'on reiuplaçait par I jeton ajouté au tas des livres ; — dans le troisième, on trouvait 27 jetons représentant 27 deniers; on en enlevait 24 que l'on remplaçait par 2 jetons Hjoutés au tas des sous. On comptait de nouveau

chaque tas ; celui des li^Tes contenait alors 71 jetons, — celui des sous 8, — celui des deniers ',i : ce qui donnait bien le total exact de

LXXI livTes VIII sols III deniers.

La soustraction, la multiplication, la division n'étaient pas plus difficiles à obtenir, et pendant longtemps ces procédés lents mais sûrs furent préférés à l'écriture , même par les clercs. îyous voyons en 1380 le clerc de la panelerie du roi acheter « deux douzaines de parchemin, une escriptouere neufve garnie de cornet et canivel, un cent de gestouers pour gester et enregistrer les parties dudit ofiice ' ». Quatrevingts ans plus tard , Olivier de la Marche voulant donner une idée ilu bel ordre qui régnait à la cour de Cliarles le Hardi, nous le montre faisant ses comptes avec ses trésoriers :

« Et luy mesme sied au bout du ))ureau, jecte et calcule comme les autres. Et n'y a différence entre eux en iceluy service, sinon que le duc jecte en jects d'or et les autres en jects d'argent - ».

Il faut reconnaître que l'emploi des chiffres romains rendait tout calcul très compliqué ; mais les jetons se maintinrent en faveur longtemps après l'adoption des chiffres arabes, et ceux-ci ne devinrent guère d'un usage général en Europe avant la seconde nu)ilié du quinzième siècle. Celte métliode de calcul fut alors lialiilemenl perfectionnée et permit d'opérer sur les plus fortes sonunes. On se servait de l'abaque ou tableau ci-contre, dans lequel huit lignes horizontales sont coupées par une ligne verticale nommée arbre.

On voit au premier coup d'œil que les petites divisions intermédiaires représentent cinq fois le nombre placé au-dessous de chacune d'elles, ce

I l)inii-l ,l'Ai(i|. Cbm/ilts lit tholel, p. 61. - Ks/iit ilf tit nifiisoii f/n t/iir rtf fivitrgnijitfy MicliMul, I. III. II. 581.

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