JOAILLIERS — JOUETS
propres à resjouvr le cœur. Voilà poiiniuov les alchvmistes fonl une (certaine liqueur qu'ils appellent liqueur de perles, avec laquelle ils promettent merveilles pour la »uérison de plusieurs maladies, encore que le plus souvent tout leur fait ne soit (jue fumée, vanité et charlalanerie. Un certain barbier que j'av cofj^neu autre-fois en reste ville de Paris, appelé par un malade pour lui appliquer deux sangsues fut si iu\prudeut (|iii' de demander six écus d"or pour sa peine, disant ([u'il avoil nourry ces deux sanj^sues d'aucun autre aliment que de la seule liqueur de perle par l'espace d'un mois entier ' ».
Bœlimer et Bassang'e, qui fournirent à Marie- Antoinette son célèlire collier, étaient joailliers ordinaires de la (^our et demeuraient rue de \'endôme *.
\'iiv. Bijoux (Commerce des) it Or (Majchands d').
Jockeis et Jokeis. \ uy. Jockays.
Jockeys. On nomma d'aljord ainsi des valets de pied très jeunes, appelés plus tard desyroo»/. C'étaient aussi des postillons de petite taille destinés aux voitures élégantes.
Ce nom, qui ne semble pas antérieur à la tin du dix-huitiènie siècle, a été orthojrrapliié de bien des manières. Dans le récit d'une course qui eut lieu en 177f> à la plaine des Sablons, je lis : « Les chevaux sont conduits par deux jaqiiets^ ». La même année, le chevalier de Rutlidire écrity«ryy.s- ', et les Mémoires de Bachavmoiil jacqueis •''. S'baslien Mercier préfère jokeis et jockein "• Le premier dictionnaire français où fij^ure ce mot est, je crois, celui de Laveaux, paru en 18"20 ; j'y trouve, à l'article jock&y, cette définition : « Jeune homme faisant l'oftice de postillon ou même de valet de pied ' ».
JoelierS. Nomijucla T'iHle de 1292 donne aux joailliers.
Joindre. Ce mot désigne un gindre dans les statuts accordés aux boulangers vers la fin du treizième siècle *.
Jong"leurs . ^'oy .Instruments(Joueurs d') et Frastidigitateurs.
Jouailliers. \oy. Joailliers.
Jouets F.\BRic.\NTS de'. Je les trouve cités pour la première fois dans l'ordonnance des Bdiinièresijnin 1467 , i\m\e^nomme diielotiers^ . peu irannées a])rès, et en tout cas avant 1489. ils
' Œuvres phnrm'tcent'ijui'n. tcail. rn fi-.im'ais pai' Louis (le SiTi-fS, ]i. .is-.;.
- Aluinmncli iJiiiipliitt pjitr Ï789 .
•1 Hililioltièijvif nalionalf. niaiiu>crits. fviiuls dt-s n»>uvi-lli's acquisition^, n'^ -I.-IM-
i I.n //ni/ijiii/ie tnifjlaixe à Paris, p. 194.
3 14 sipliMibre i'tTC. I. IX, p. 214.
6 Tidlenu ,!r Paris, l. \', p. 224 ; t. VIII. p. 40 ; t.X. ,1. 2(i;l.
'• yoiaeau dietioHHoirede la langue foHÇttise, \ .\, p. ID'O.
* Livre îles mé/iers, litre I, art. 44.
9 Or'/onnniires myii/es, I. XA I, ]>. 0'Î2.
sont réunis aux miroitiers et forment avec eux la
corporation des biiiibelotiers-mireliers.
k. dater de ce moment, ils ont le monopole de la fabrication des jouets communs et de bas prix, dont ils partagent le débit avec les merciers, qui ne fabriquaient rien, mais vendaient de tout.
Lesjouetsd'oret d'argent étaient confectionnés par les orfèvTes, ceux d'ivoire, d'os, etc. par les tabletiers, etc. En 1380. Isabeau de Bavière achète à un (le ces derniers un jeu de jonchets '. En 1028. les enfants de François p' ayant assisté au /('!( de la Snint-Jean, la ville leur lit don de nombreux jouets : des pelotes et des raquettes ; un petit chariot doublé de velours vert et traîné par deux chevaux « couverts de poils », à l'intérieur se prélassaient deux dames richement habillées et trois petits chiens couverts de poils, eux aussi ; un singe était monté derrière. Tout ceci pour les garçons. Mais les filles ne furent pas oubliées, elles reçurent un jeu de (|uilles, une boite à ouvTage - et im petit ménage d'argent'.
En l.")?!, Claude de France, duclies.se de Lorraine, commande à un orfèvre « un petit mesnage d'argent, tout conqdet de buirel. pots, plats, écuelle.s, etc. » *
Savary énumère ainsi les principaux objets dont se composait le commerce des hinibluliers au début du dix-huitième siècle : « Petits ménages d'enl'aus . plats . assiettes . éguières ; petites vai>selles d'église, comme croix, chandeliers, encensoirs, eic. , qui tous n'excèdent guères quatre ou cinq pouces de haut et ont encore moins de diamètre, le tout en étain uni à (|uel(|iie alliage; poupées, chevaux de carte, petits carrosses, religieux sonnant leur cloche, prédicateurs en chaire, crochetenrs diargés de bonbons, etc., etc. •* »
Cette liste est très incomplète. Lien que l'Allema»ne et l'Anirleterre nous fournisseot alors la plupart des jouets compliqués.
On nommait poupeliers les ouvriers spécialement occupés de la confection des pimpées. et haU(iii)ner.i les faiseurs de ballons. Les volants dépendaient du commerce des patenùtriers-bouchonniers *. Presque tous les jouets en étain appartenaient à celui des potiers d'élain.
On trouvait chez les tabletiei-s des dés ù jouer et des cornet.s, des damiers et des échiquiers, des tric-trac, des quilles, des billes de billard, des dominos, des totons. des bilboquets, etc. On sait de <|uelle vogue jouit ce dernier aux seizième et dix-septième siècles. Sa forme n'était pas exactement la même qu'aujounTliui. car, en 1771 encore, le Dirtidumiire de Trerauj le définissait ainsi : « Petit instrument fait d'un bâton creusé rond par les deux bouts, au milieu duquel est une corde où une balle de plomb est attachée. Les enfans la jettent en l'air, et la reçoivent alternativement <lans les deux creux ' >.
I V. (îay. Glossaire arciéoloj jue, I. I, p. 132.
- (< l'n panirr à comiiv ».
■'1 Httllelin lie la société de rkitloire île Paris, t. \\ III
(i8yi;, p. n2.
* l)i' Latioiilr, Xolire des émaux, p. 38".
5 Dirlioniiaire, lorue I. p. SIX.
*> \oY. ci-tlessus l'art. ( jirc-flenls.
" Toiiu- I, p. 902.