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On sait quii IDrij^^iiH' li> iniiiiiliiis s'ii|)|i('liii('iil carr.'ssfs à cinq snus. Lit pri'iiiiiTc lij^in' iTi'ci', allaiil (11' la porte Saiiil-Aiituiin' au I.iixfiiihuur^, coiniiu'iH'a à oirciiItT le 18 mars l(i()2. Liirol, ilans sa G<i:etle * nous a conservé eiMte dale, avei; un ciMniiienlaire qui a aujoui-d'liui sa valeur. Kcoutez-le :
L'élablissemenl ilcs Caresses, Tirez par des Chevaux non rosses, (Mais (|v»i puuroiU à i'aveiiii' Par leur travail le devenir) A eoninieneé d'aujourd'liuy mesme, (lominoditc sans doule extresme El que les Bourgeois de Paris, C'.onsidérans le peu de prix Qu'on donne pour eliaijue voyaj^e Prétendent bien mettre en uza;^e.
Ceux {[ui voudront plus amplement Du susdit Établissement Sçavuir au vray les ordonnanees, CiiTonstances et dépendances, Les peuvent lire tous les jours Dans les plaeards des caretburs.
Le dix-huit île mars, nostiv veine D'éerire eeey prit la peine.
M""' Perrier, sœur de Pascal -, va maintenant nous raconter les débuts d'une entreprise qui était appelée à un si bel avenir. Elle écrivait, le 21 mars à Arnauld de Pomponne :
A L'établissement commença sameili à sept heures du matin, mais un avec un éclat et une pompe merveilleuse. On distriiiua les sept carrosses dont on a fourni cette première route. On en envoya trois à la porte Saint-.\ntoine et quatre (levant le Luxembourg, oii se trouvèrent en même temps deux commissaires du Chùtelet en robe , quatre «j^ardes de monsieur le grand prévost, dix ou douze archers de la Ville, et autant d'hommes à cheval.
Ouand lotîtes les choses lurent en état, Messieurs les commissaires proclamèrent l'établissement, et en avant remontré les utilités, ils exhortèrent les bourgeois de tenir main forte, et déclarèrent à tout le petit peuple que si on faisait la moindre insulte, la punition serait rigoureuse, et ils dirent tout cela de la pari du Roi. Ensuite ils déli\Tèrent aux cochers chacun leurs casaques, qui sont bleues, des couleurs du Roi et de la Ville, en broderies sur l'estomac -, puis ils commandèrent la marche.
.\lors il partit un carrosse avec un garde de Monsieur le grand prév(l^t dedans. Un demi quartd'heure après, on en fit partir un autre, et puis les deux autres dans des distances pareilles, ayant chacun un garde, qui y demeurèrent tout ce jourla. En même temps, les archers de la Ville et les gens de cheval se répandirent dans toute la roule. Du côté de la porte Sainl-.Antoine. on pratiqua les mêmes cérémonies à la même heure pour les trois carrosses qui s'y étaient rendus, et on observa les mêmes choses qu'à l'autre côté pour les gardes, pour les archers et pour les gens de cheval. Enlln, la chose a été si bien conduite (ju'il n'est pas arrivé le moindre désordre et ces carrosses marchent aussi paisiblement comme les autres.
' Numéro du 18 mars 1662, Lettre 11.
- Pascal était inléres.sé dans leulrcprise.
La chose a réussi si heureusement, que dès la première malinée, il y eut quantité ib> carrosses pleins, el il y alla même plusieurs femmes. Mais l'apri's dinée, ce fut une si grande foule qu'on ne poiiyoit en approc-her, el les aulresjours oui été pareils ; de sorte ([u'iin voit jjar expérience ([ue le ])lus grand inconvénient qui >'y trouve, c'est celui que vous aviez ap[)réhen(lé : car on yoit le luonde dans les rues ([ui attend un carro.sse pjur se mettre dedans ; mais quand il arrive, il se trouve plein : cela (^st fâcheux. Mais on se console, car on sait qu'il en viendra un autre dans un deini-tpiart d'heure. Cependant, quand cet autre arrive, il se trouve qu'il est encnr.- ])lein, et quand cela est arrivé ainsi plusieurs f(}is, on est ccuilraint de s'en aller à pied. Et afin (pie vous ne croyiez pas que je dis cela par hyperbole, c'est que cela m'est arrivé à moi-iiièiiie. J'attendais à la porte de Saint-Merry, dans la rue de la Verrerie, ayant grande envie de m'en retourner en carro.sse, parce que la traite est un peu longue de là chez mon frère, niais j'eus le déplaisir d'en voir passer cinq devant moi, sans pouvoir y avoir place, parce qu'ils étoient tous pleins ; et pendant ce tempslà. j'entendais les bénédictions qu'on donnoit aux ailleurs d'un établissement si avaiitagiMix el si ulile au public.
Le premier et le second jour, le monde éloit rangé sur le Pont-Neuf et dans toutes les rues pour les voir passer et c'étoit une chose plaisante de voir tous les artisans cesser leur ouvTage pour les regarder, en sorte que l'on ne fît rien samedi dans toute la route, non plus que si c'et'it été une fête. On nevoyoit partout que des visages riants ; ce n'étoit pas un rire de moquerie, mais un rire d'agrémeni et de joie, et celte commodité se trouve si grande que tout le monde la souhaite, chacun dans son quartier ■» ' .
On ne sait trop pourquoi celte vogue ne se soutint pas. En 1664, le prix des places fut porté de cinq à six sous. Les carrosses à six sous, comme on les appelait, existaient encore huit ans après, car je rencontre celle phrase dans un ouvrage publié en 167'2 : « Les carrosses sont si communs à Paris que plusieurs maisons en ont deux et trois ; quantité d'avocats, de marchands et de bons bourgeois s'en servent ordinairement depuis que les carrosses à six sols manpiez "- roulent dans Paris ' ».
On n'a retrouvé aucune gravure pouvant faire connaître la forme exacte de ces voitures. Les documents conservés prouvent toutefois qu'ils contenaient huit places et ressemblaient fort aux carrosses représentés dans les tableaux de van der Meulen et de J.-B. Martin.
Nos omnibus actuels datent de 1828. Le prix fut d'abord fixé à cinq sous seulement ; les voitures, établies pour quatorze places, étaient
' Cette lettre, dont l'orig-inal existe à la bibliothi^quc de l'Arsenal, a été publiée par XI. de Monmerqué, d ins Len carrosses à cinq sols ou les omnibus au. dix-septième siècle, 1828, in-18.
* .\neiens sous ayant subi une nouvelle niartiue aux armes de Louis XIV.
■* H. -P. Houssin^ault, Lu ijuifle universelle fies Puis- Bas, édit. de 1672, p. 362.