I-'rance quêtait le plus souvent fabrique le Malvoisie
qu'on y consommait.
5 Rossolis.
ambrées et parfumées, eau.x de gelées '. glaces de fruits et de fleurs, eaux d'anis, de cannelle, de l'ranchipane. aigre de cèdre *, sorbecs ', café, cerises, framboises, noix el autres fruits confits. dragées en détail ».
La corpiiratioii devait se composer de 'Z'tO niailres. qui achetèrent au roi leur maîtrise. Mais l'article 11 des statuts stipulait q\ie li-s ■^ijO lettres de maîtrise une fois placées, nul ne serait plus reçu maître «[ii'après avoir fait trois ans d"apprentis.sage.
La profession de limonadier devint bientôt si fructueuse que le roi se repentit d'avoir accordé les lettres pour cinquante éciis seulement. (Jue lit-il'? Un édil de décendtre 17fJ4 ordonna lie rembourser les maîtrises achetées en 1676, et supprima la corporation. Bien entendu, on la reconstituait aussitôt sous une aulre forme. Ilétait créé pour Paris cent cinquante charges de limonadier, nombre qui ne devait jamais et sous aucun prétexte être dépassé, et lout individu voidanl s'établir était tenu d'acheter une de ces charges. Elle devenait dès lors sa propriété, et il pouvait en disposer à son gré. En somme, c'est exactement ce qui se pratique aujourd'hui pour les notaires, les agents de change, etc.
Grand émoi parmi les limonadiers, qui se voyaient forcés de renoncer à leur commerce ou d'acheter une des nouvelles charges. Les avantages qu'elles présentaient étaient innnenses, puisque les cent cinquante tittdaires concentreraient désormais dans leurs mains tout ce commerce pour Paris, et n'auraient plus à redouter aucune concurrence. Mais aussi quel allait être le prix de ces charges '? Les limonadiers négocièrent avec le fisc, olfrirent de lui payer solidairement deux cent mille livres, à condition que leur communauté fût respectée. Le roi ne demandait pas antre chose : un édit de juillet 170."> révoqua celui de l'aruiée précédente et restitua à la communauté son organisation primitive. Il arriva que les limonadiers avaient trop présumé de leur force en offrant au roi deux cent mille livres. Un an après, 160.209 livTes seulement étaient versées au Trésor, et la communauté lui devait encore 3'.). 791 livres, non compris « les deux sols pour livre ». Le roi refusa de lui accorder du temps, el il réclama l'exécution de ses engagements avec d'aulanl plus d'insistance qu'il méditait une condiinaison avantageuse. Un édit de septembre 1706 supprima doiu' de nouveau la communauté et, revenant à son ancien projet, créa cinq cents charges héréditaires. Mais, aux termes de l'édit, celles-ci allaient être « d'un prix si modique que ceux ([ui ont inlérèl de conlinuer le conuuerce de limonadier pourront aisément les acquérir ». C'était là. comme on va le voir, hâblerie de marchand vantant sa marchandise.
Le roi s'entendit avec un Irailant, nonmié Lescuyer, qui remboursa aux intéressés les
1 Eaux (j^lacées de cerises, de fraises, etc. * Boisson faite avec des ciMrats el des limons. ■' Boisson composée de citrons, de musc, d'ambre et de suc IV.