‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 202 sur 422 · I.ITHOTOMISTKS · texte numérisé non relu

I.ITHOTOMISTKS

léine '. Le roi se retourne aussitôt, et re<;oit In duchesse « de l'autre costé du lit * ».

La chauilire à coucher de Louis Xl\', telle {|u"ou la montre au chàleau de \ ersaiUes, ii'eul celte destination qu'à dater de 1701. Le lit et la lialustratle ont elé retrouves au ^arde-ineulile. Le couvre-pieds, (]ui avait et>' hrode par les demoiselles de Saiiit-dvr. forme aujourd'hui le ciel du lit. Le portrait d'Anne d'Autriche par Miofuard se trouvait déjà à l'endroit ipi'il occupe actuellement ; quant au nioulaffe en cire placé vis-ù-vis. il doit être l'orl ressemlilaid . car il est l'œuvre d'un ^ieur Benoit, qui se <listiii;j:ua à cette époipie par des portraits de ce {jenre ■*. Ou devait toujours rester découvert dans la chambre du roi. Kn passjint devant le lit, les princesses du .■Miny;' ellesmêmes « t'aisoient une grande révérence ' ». Chez la reine aussi, les dames saluaient le lit •".

On dressait tous les soirs, au pied du lit du roi, le lit de p«V/<?destiné au premier valet de chambre. Celui-ci ne se couchait (]u'aprés avoir fermé les portes au verrou, tiré les rideaux et éteint le dernier bougeoir. Le lendemain, il se levait sans bruit, une heure avant le roi. allait s'habiller dans l'antichaTubre, puis rentrait. Il s'approchait alors du roi. et lui disait : \< Sire, voici l'heure », puis il introduisait les garçons de la chambre, qui ou\Taient les volets des fenêtres et éteignaient le mortier ainsi que la bougie toujours allumés durant la nuit.

L'habitude d'offrir l'hospitalité dans son propre lit s'était conservée. La veille de la .Saint-Barthélémy, Charles IX voulait garderavec lui Larochefoucault pour le soustraire aux massacres. François 1"' allait s(uivent partager le lit de Bonnivel, d'Auliigné celui de Henri IV, Luynes et Cinq-Mars celui de Louis XIII, Guise celui de Condé, etc., etc.

Le fait était plus commun encore parmi les femmes, même de niaitres,se à servante. Madame de Muci couchait volontiers avec la sienne, quoiqu'il y eût deux lits dans la pièce *. Pendant plusieurs années, madame de Maintenon, alors la veuve Scarron. n'eut d'autre lit que celui de Ninon de Lenclos ''. Dans les maisons royales, les

tilles d'honneur couchaient ensemble « en

attendant mieux », comme disait impertinemment le comte de Fiesque à deux d'entre elles *. '

Voy. Matelassiers.

Lithographes lithographes .

Vov

Imprimeiirs

Lithotomistes. Chirurgiens qui pratiquaient la lithotomie ou extraction de la pierre formée dans la ves.sie.

' Diane, lille légitimée de Henri II.

* Mémoires, édil. Cliantérac, t. I, ]». 21S. -* \oy. ci-dessus l'art Figures tie cire.

* Trabouillet, Élal île la France pour 1712, t. I, p. 203 .'t 307.

5 .\nl. lie Courtin, Traité de la eiciUtê. p. 21. " Histoire lie .Vine de .Viiri, par Mite D*'*. .\ la suite des Mêmnires ifAgrippa iPAubigné, i. Il, p. 159.

" Marquis de la Fan>, Stémuires-, édit. Michaud. p. 288.

* Mnagiann, (-dit. de 171.">. t, \\ , p 171

On lit partout que cette opération fut tentée pour la première fois en France sous le règne de Louis XI durant l'année 1474. Jean de Roye raconte, en ell'el ' , qu'un franc archer de .Meudon, condamné à mort pour sacrilège, allait être pendu, (|nand on ajjpril qu'il avait la pierre, maladie alors très comnuine et dont soutirait monseigneur du Bouchage. On obtint du roi qu' « une ouverture et incision lut faicteau corps diidit franc archier, et dedens icellui quis * et regardé le lieu desdiles maladies .^>. .\insi fut fait. L'archer guérit très bien et eut sa grâce.

Ce récit a été l'origine de nombreuses erreurs. L'incision eut été pratiquée par le chirurgien (ierniaiii (](dol, qui aurait tenté cejonr-là [jour la première fois l'opération de la taille. D'abord, l'existence de ce (jermain Colot est fort contestable, linsuile, l'opération de la taille était connue et pratiquée en France depuis le dixième siècle tout au moins •*. Enfin, il ne peut s'agir ici d'une opération de ce genre, car Jean de Roye dit qu'après l'incision, les « entrailles » du patient lurent « remises dedans ». On les avait donc enlevées, ce qui n'a point lieu dans la taille périnéale. la seule qui fut alors pratiquée '.

k Paris, elle resta pendant longtemps la spécialité d'une famille dont les membres gardaient secrets et se transmettaient les uns aux autres certains procédés opératoires. Laurent CoUot ou Colot. chirurgien de Henri II ^ et lithotomiste de l'Hôtel-Dieu, enseigna sa méthode à son fils, qui l'appliqua avec succès. Il eut un fils, un troisième Laurent Colot, dont l'habileté égala celle de ses aïeux. Celui-ci donna le jour à Philippe Colot, peritissimus artifex, dit Gui Patin " ; atteint lui-même de la pierre, il se fit opérer par son fils' qu'il avait, ainsi que son neveu, associé à ses travaux. Severin Pineau, son gendre, mis en possession du fameux secret, crut devoir le divulguer * ; mais les (Jolot ne cessèrent pas pour cela d'exercer leur art, et deux d'entre eux, Jérôme et François, ont laissé un nom célèbre '.

Autour de ces maîtres de la science gravitaient une foule d'opérateurs moins connus, mais aussi occupés. Sous Louis XIV, on vit en plein air, on travaille peu,- on ue se presse point, on mange beaucoup, et les maladies qui dominent dans la classe aisée sont les congestions et les hémorroïdes, la goutte et la pierre, toutes affections tombées aujourd'hui an second rang, et auxquelles ont succédé les manifestations herpétiques, la scrofule, le rachitisme, la dyspepsie, l'hystérie et l'anémie. Au dix-septième siècle, la race, saine et vigoureuse, exempte du ner\'osisme qui

* Journal, édit. Delaborde. t. I, p.

* Clierché.

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