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AGENTS DE CHANGE

AIDES-APOTHICAIRl'lS

caiitiimiieinonl de 00.000 livres en iniiinMiblcs, ou déposer au Trésor une somme de 40.000 livres.

La Déclaration du 19 mars 1786 ' porta à 60 le nombre des agents de change. A celte date, ils devaient ■< se rendre tous les jours, excepté les lètes el dimanches, à la Bourse, rue Vivienne, où le trafic des eH'ets de tontes sortes se lait de dix Jieures du matin jusqu'à une heure '>.

Les lois des 2 mars et 14 avril 1791 supprimèrent les agents de ciiange, qui furent rétablis par celle du 28 vendémiaire an IV.

Agréés. L'édit de novembre 15C:), qui créa le trii)nnal de commerce, obligeait les parties à y « comparaître en personne ». Mais l'ignorance des uns, la timidité des autres ne permettaient guère de respecter cette prescription. Malgré l'opposition souvent renouvelée du. I'arlenieti('t, les plaideurs ne tardèrent pas à se faire représenter par des gens connaissant la proci'dure et liabilnés iv la parole. Ceux-ci, dits postula» Is, procureurs - lié ff liseurs , procureurs- anx-cnnsuls, procurenrs-snf/iciteurs, furent d'abord tolérés ; puis, en i6.")0, on se décida à accepter officiellement neuf d'entre eux comme mandataires privilégiés des parties. Ils étaient fort occupés et aussi fort concis, s'il faut en croire Séb. Mercier, qui écrivait vers 1788 : « Des procureurs, auxquels (m donne le titre d'avocats, plaident jusqu'il soixante-douze causes dans une soirée, à vingt-quatre sols pièce ; elles n'en sont pas plus mal (îxposées pour cela ^ ».

Ces avocats avaient pris le titre iragréés en 1747.

Agréeurs. Ceux qui fournissent à un bateau marchand tout ce qu'il faut pour le mettre en état de prendre la mer : câbles, voiles, vergues, ancres, etc.

'Voy. Ports (Sur les).

Agréeurs. Dans les tréfileries, c'étaient les

ouvriers qui passaient le fil par la filière. On trouve aussi nifrcyenrs.

Agréeurs. Nom donné parfois aux Courtiers-Jauge urs d'eau-de-vie.

Agréments (Maîtres d'). Leur profession, qui date dn dix-huilième siècle, consistait à enseigner aux jeunes gens l'art de plaire en société. Ils leur apprenaient à entrer dans un salon, à v annoncer leur arrivée « par un juli frémissement des breloques, » à sourire devant un miroir avec finesse. « à prendre dn tabac avec grâce, à donner un coup d'œil, ii faire une révérence avec une subtilité particulière, à parler gras comme les acteurs, à les imiter sans les copier, à montrer les dents sans grimaces, etc. ' ».

Le comte de Vaublanc nous révèle, en effet, que les élégants portaient alors, parmi

' Isnnihprt, Anciennes lois frnnçnixes , I. XWIII p. 152.

- Tableau, de Paris, I. XII, p. 166.

S Séb. Mercier, Tableau de Paris. !. II, p. 216.

leurs breloques « ime petite clochette qui les annonçait ' ».

Et de la Mésangère écrivait en 1797 : « On faisait un art de se moucher, il y a quelques années. L'un imitait le son de la trompette, l'autre le jurement du chat ; le point de perfection consistait fi ne faire ni tmp de bruit ni trop peu - ».

Agréministes. .Nom que prirent, au dixhuitième siècle, les découpeurs. Séb. Mercier écrivait vers 1782 : « Les belles danujs ignorent sans doute que les ouvriers qui façonnent les agrémens diuit elles ornent leurs robes se nomment agre'nniiisles ■' ».

Rétif de la Bretonne a publié une ucjuvelle intitulée La jolie agréministe ; plusieurs de ces ouvrières sont représentées sur une gravure qui précède la nouvelle '.

Ou trouve très souvent iti/rimiitisles.

Agréyeurs. Vov- Agréeurs.

Agriculteurs. \ oy. Agronomes.

Agrier. Voy. Champart (Droit de).

Agrlmenseurs. Nom queRal)elais-'*donne aux arpenteurs.

Ag^riministes. Voy. Agréministes.

Agronomes. Xs'agroiwme est le savant qui étudie les lois de la végétation appliquée à la production des objets nécessaires à l'homme. indépendamment de la pralique.

Le cultirnteur est celui qui. sur un terrain et dans des circonstances dcmnées, applique des règles toutes tracées, dont il n'est pas tenu de connaître les raisons et l'enchaînement.

Ij'agrirnlteur est l'homme qui, pénétré des principes de la science, sait les appliquer aux diverses circonstances de temps et de lieu, et prescrire au cultivateur les règles pratiques qu'il doit sui\Te.

Le cultivateur est l'artisan, l'agriculteur est l'artiste, l'agronomeest le savant qui ouvre la voie dans laquelle les deux premiers doivent marcher*'.

•le citerai seulement, parmi un très grand nombre de formes : cultiveurs. cortieeurs. cnvtivenrs, cousiuriers. rnuturiers et culliviers.

Voy. Jardiniers.

Aguilliers. Nom que la Tnillr </'■ 1^02 (Idiine aux aiguilliers. Voy. Aiguilles (Fabricants d').

Aides-apothicaires. Quatre apothicaires et quaire aides-apclhicaires étaient attachés à la perscmne de Louis XIV. Les apothicaires recevaient seize cents livres de gages et leurs aides environ sept cents livres ''. Parmi ces derniers

' Mémoires, p. 216.

2 Le toyageiir à Paris, t. II, p. 95.

3 Tableau de Paris, t. III, p. U32.

* Les eonlemporaines. t. XXI, \<. 234.

•' Piinlnfiritft, liv. Il, clmi». 20.

*» .\ilrien de fiasprtrin, Cours d'ngrieulltire. '• f, lai de la France pour 17 12, p. 246.

AIDES-AI'OTHICAIRES — AlfiUILLKTIKRS

je relève le lumi île Maiiii (lliiire.il, un aiicèlre peut-être de notre célèbre aliéiiislc.

Apotliiciiires et aides royaux prêtaient serment entre les mains du premier médecin, et ils fjafînaient liien leur arijeni ii la Cour, car nous savons que Louis XIII prit, en un an, 215 piirjrations et 212 lavements'. Il est prol)alile que, quand il s'afjissail du roi le maître apothicaire opérait en personne : mais, pour la clientèle ordinaire, c'était l'aide nni, presque toujours, le remplaçait.

Aides des cérémonies. Ils servaient sous les ordres «luCirand maiire il du maître des cérémonies. Ils portaient un liàton de commandement semlilalile au leur.

\'o V. Cérémonieil.

Aides de cuisine. \ ov. G-alopins.

Aides-g'arçons. Dans le>lioulan<,''eries, on nommait aide-j^arçon. le premier g'an;on, celui qui venait après le ^indre.

Aides des maîtres des ponts. Il leur était enjoint •<, de faire résidence au lieu de leur établissement et d'oliéir piuicluellement aux onires donnés par les maîtres des ponts, à peine de demeurer respiuisables de toutes perles causées par leur ilésobéissance - ».

Aides à mouleurs de bois. L'ordonnance lie decend)re 1672 détermine ainsi leurs fonctions: « Seront les ajdes à mouleurs tenus de mettre les bois par le milieu dans les membrures, et les ranger de sorte que la mesure s'y trouve bonne et loyale, sans y sonfFrir aucun l)ois courts ou si lorlusque la mesure en soit diminuée. A eux fait défenses de travailler qu'en présence des jurez-mouleurs ' ». Ils étaient au nombre de cent en 1674.

Voy. Movileurs de bois.

Aigriers. Nom que prenaient parfois les vinaio-riers-moutardiers.

Voy. Aigrun (Marchands d').

AigTUn March.^nds d"). Titre qui appartint à la ci>rporation des fruitiers. Leurs statuts de juin 1608 débutent ainsi : « L'on appelle fruict et es>rrun à Paris toutes sortes de fruicts. poires, pommes, cerises, marrons, citrons, f>Tenades. oranges, et toutes autres sortes de fruicts, œufs, beurres et formay:es qui se vendent aux places publiques... ■<>. Les vinaiy;riers-moutardiers se disaient piirfois aigriers.

Sur le sens du mot airjrun au moyen âge, voy. l'art. Fruitiers.

Aiguilles (F.\bric.\nts d". Dès 1292, il existait à Paris seize fabricants d'aiguilles que la Taille de cette année nomme iK/uil/iers. Leurs plus anciens statuts datent du 30 janvier 1556. L'apprentissage durait quatre ans et, pour res-

• .\iuilot de la Hou.ssaye. Mémoires /lislorii/ues, I. I, p. 518.

- Orttonn. de décembn? 1672, cliap. IV, art. 6. ' Chapitre XX, arl. 1.

treiiidie la concurrence, chaque maiire ne pouvait avoir a la fois qu'un seul apprenti. Les iils de maître et, les Compagnons épousant une tille de maître étaient admis à la maîtrise sans parfaire le chef-(rœurre exigé des autres ouvriers. To\iles les aiguilles devaient être confectionnées de bon acier bien trempé.

Ces statuts furent revisés le 14septembre 1599. Dans la nouvelle rédaction, les maîtres sont qualiliés de aif/iii/liers. alétiiers. faiseurs de burins, carrelets et autres petits outils serrant aux orfèvres, rortlonniers. bourreliers, etc. ■■>. Les dispositions pi-écé<lentes sont contirmées. Mais on exige maintenant cinq ans d'apprentissage, qui doivent être suivis de trois ans de compagnonnage. Ou ne peut être admis à la maîtrise avant l'âge de vingt ans. Chaque maître doit adofjter une marque particulière, dont l'empriM'nte, reproduite sur une plaque de plomb, est conservée par le |)rocureur du roi au (^liàlelet. La communauté est placée sous le patronage de l'Assomption de la \ ierge.

La cherté de la main-d'œuvre à Paris ne permit pas aux maîtres aiguilliei-s de soutenir avec avantage la lutte contre les faliricanls de Rouen. d'Évreux. d'.\ix-la-(]liapelle et surtout d'Angleterre, en sorte qu'à la fin du dix-septième siècle cinq ou six maîtres parisiens seulement s'eff'orçaient encore de leur faire concurrence. Les lettres patentes d'octobre 1695 les réunirent aux épingliers.

l'iie des petites voies qui donnent dans la rue Saint-Denis portaitle nomde rue derAiguillerie. Opendanl. depuis le dix-septième siècle jnsqu'ei la Révolution, les aiguilles les plus estimées se vendaient rue de la Huchette. à l'angle de la rue du Chat-qui-pêclie. dans une maison qui avait pris pour enseigne l'J". C'était une enseigne en rébus, comme il y en avait tant alors à Paris. Les errèffues ou hauts-de-chausses ' étaient réunies au bas-de-cnausses - par un lien devenu ainsi un lie qrèque. Beaucoup de commerçants avaient adopté cette enseigne, entre autres un marchand il'épingles du Petit-Pont, dont la boutique fut détruite par l'incendie de 1718; mais c'est le mercier de la rue de la Huchette qui surtout la rendit célèbre. En 1790. cette maison appartenait au mercier Thomas-Charles de Lastre '.

\^ Ennji'lnpédie méthndiqne écrit e'guiUiers.

L'étui à aiguilles s'appela pendant longtemps aguillicr et aiguillier.

Aiguilletiers. Fabricants d'aiguillettes.

On appelait aiguillette tout lien qui servait à rattaclier l'une à l'autre diverses pièces du costume, et plus spécialement le haut-dechausses au pourpoint. Afin de faciliter le passage de l'aiguillette à travers les œillet.s prati([ués dans les vêlements, elle était munie à chacune de ses extrémités d'une tige de métal dite ferret. Les ouvriers qui confectionnaient les

I Ou culotte.

i Ou ba->i.

3 Voy. lo Litre commode, I. II, p. 25, et I abbé Lebeuf, Diocèse de Paris, édil. Cocheris, t. III, p. 61.

ÂIGUILLETIERS — ALLIANCE

aig^uilletlp^se nomm;n>nl a\i?b\ [erreurs /F aiguilleltrs, miiis les aigiiillelles ferrées de inétiiiix précieux étaieni l'œuvre lies orfèvres.

Les aigiiillelles. déjù connues au Irei/iéme siècle, ne devinrent d'un usag;e général qu'au qualorzième.

Les aiguilleliers élaienl régis en 1:J89 par des statuts que je n'ai pu retrouver, mais je possède ceux du 19 oclolire 1397. .l'y lis que les aiguillettes se faisaient presque toujours de daim, de chevrotin, de chamois « et autres bons cuirs ». Pour leur rhef-iF mmre . les ouvriers l)riguanl la maîtrise devaient ferrer de laiton six douzaines d'aiguillettes. Ce qui prouve la vogue dont elles jouissaient, c'est que l'on comptait alors jusqu'à vingt-six fabricants établis à Paris. Ils figurent dans l'ordonnance dite des Bannières (14671 sous le nom (Fesyneidletiers.

A dater du quinzième siècle, les aiguillettes jouent un grand rôle, surtout dans le costume masculin. Lorsque .leanne d'Arc se décida à l'adopler. son pourpoint fut réuni à ses chausses par vingl aiguillettes, <i cum XX aguilletis », dit l'acte d'accusation dressé contre la vaillante fille ^

La décadence des aiguillettes commença au siècle suivant. Kn 1()68, Harpagon, irrité contre la vogue coûteuse des rubans, trouvait encore qu' « une demi-douzaine d'aiguillettes sjifpsait pour attacher un haul-de-chausses, » et Frosine, abondant dans le même sens, lui disait que sa future serait « charmée de son haut-de-chausses attaché au pourpoint par des aiguillettes ' ». Vingl ans après. Labrujére parlant d'un fat ridicule, qui « fuit la mode » pour se faire remarquer, nous le montre ayant encore des chausses à aiguillettes '. La mode voulait à ce moment que l'on portât des boutons, et le commerce des passementiers-boulonniers gagna tout ce que perdit celui des aiguilletiers. Les statuts accordés aux premiers en 1653 les aidorisaient à confectionner les aiguillettes non ferrées ; les aiguilletiers leur firent concurrence, se mirent à vendre des nœuds d'épaule, des jarretières, des cordons de canne et de chapeau, tous objets non ferrés que les passementiersboutonniers regardaient avec raison comme leur .spécialité, et qu'ils faisaient saisir chez les aiguilletiers. Ceux-ci durent renoncer à la lutte. Devenus trop peu nombreux pour former à eux seuls une corporation, ils furent en 1764 réunis aux épingliers.

Avant de les abandonner, rappelons qu'ils s'étaient placés très sérieusement sinis le patronage de saint Sébastien, dont ils célébraient la fêle le 'id janvier ii l'église Saint-Eusiache. L'époque ne répugnait pas à ces sortes de jeux de mots, dont Ihistoiredes corporations ouvrières offre de nombreux exemples.

Aig-uiseurs. \oy. Affîleurs.

Ailliers. Marchands d'ail ou de sauce à l'ail.

' <^iiiclicriit, Procès lie Jeanne d'Are, I. I, p. 220. ' .\lolipti', L'atarr, ncir I, se. -1, ctactull, se. 5. 3 É<lil. Servois, I. I, ].. 14(J.

Ce sont ceux qui. au treizième siècle, criaient dans Paris

. . . L'aillie à {jranl plonlé '.

L'ailliée, sauce alors fort en lionneur, était composée d'ail, d'amandes et de mie de pain piles ensemble et détrempés avec un peu de bouillon. Elle avait la consistance de la moutarde et se conservait connue elle.

La Tu il le (le 12'J2 mentionne 9 ailligrs. Pendant le seizième siècle, c'était une coutume universelle de manger, au mois de mai. de l'ail avec du beurre frais. Ce mets ou plutcM ce remède était regardé comme affermissant la santé pendant toute l'année.

Voy. Mesureurs.

Aimetiers. Faiseurs d'hameçons. Voy.

Pèche (Ustensiles de).

Ais FÛTE .vux). Le jour où l'on célébrait la fête du patron dans une paroisse, les commerçants qui riiabilaient étaient obligés de tenir leur boutique fermée, bien qu'ils y pussent vendre comme à l'ordinaire. Ils nommaient ce jour-là la fête aux ais, ^< donnant ainsi à entendre que la fête n'était pas pour eux, mais seulement pour les ais de leur boutique * ».

Aisseule (Couvreurs d';. Voy. Couvreurs et Paille (Marchands de).

Ajusteurs. On nommait ainsi, dans les hôtels des monnaies, les ouvriers qui donnaient leur juste poids aux flans, en limant ceux qui étaient trop pesants et en rejetant ceux qui étaient trop légers.

Les ajusteurs transmettaient leur office à leurs fils, et leurs filles devenaient tailleresses.

Voy. Monnayeurs.

Aléniers. Faiseurs d'alênes pour cordonniers. Titre que prenaient les aiguilliers. Laffémas, en 1600, écrit àalesniers.

Alerresses. Dans Vétangik des quenouilles (quinzième siècle , ce mot, au singulier, désigne une sage-femme '. L'étymologie latine '. indiquerait plutôt une nourrice.

Alliance. Au treizième siècle, toute entente

pour faire soit hausser soit baisser le prix d'une marchandise, prenait le nom d'alliance, et était sévèrement défendue : « Nus toissarens •• ne nus tainturiers, ne nus foulons ne doivent mètre fueur * en leurs mestier par nule aliance... Et se aucun des mestiers desus diz faisoient aucune aliance, li niestre et li juré le feroicnl savoir au prevosl de Paris ' ». Vov. Concurrence.

' En {jrando quant ilé. — CriVi'iVï (!•■ (iiiill. (Ir la Villu

2 Savary, Dîcfionnnire, t. II, p. 33.

3 Quatricmi' jouniL'e, diap. IX.

* Alere, manger.

S Ti.ssf'rands de laine, drapiers.

S Modifier leurs pri.x.

" /.icre (les métiers, litre L, art. 35.

ALLOUÉS — ALLUMEÏTIRRS

Alloués. Ma jji'iioral, ce mot était synonyme il'uppri'iiti. Un nommait donc ainsi le jeune jj;ar«;on qui, placé chez un maitiv, prônait l'engaj^emenl de passer il son service It^ nombre d'années exii'ées par les stalnls pour devenir compagnon uUemliud inuUrise. iHie aiiniis a l'épreuve du r/if/'-(rœiinr, l'I pouvoir hiiy^uer le lilre de niaiire. l'ixceplionnellenienl, ce nom était donné, soit au compajj^non embauché pour un laps de temps déterminé, soit au jeune lionune qui désirait apprendre le métier cl bornait son ambition à devenir compagnon ; ce dernier, n'ayant pas lait un apprenlissag^e régulier, n'était pas admis au chel-d'œuvre, et ne pouvait jamais aspirer à la maîtrise, l'ne sentence du prévôt de Paris, en date du 3 décen\bre 1633, dércndit aux orfèvres d'avoir aucun alloué de ce ijenre, la corporation craignant que l'on en vînt à créer ainsi trop d'ouvriers insul'lisammeiit instruits '. Voici comment était l'orniulé.au dix-septième siècle, le contrat d'engagement d'un de ces alloués :

« Pardevant les conseillers du Roy. nottaires au (jhàtelet de Paris soussignez. fut présent .\ntoine Gallien, clief de cuisine do madame la marquise de la Valliére. demeurant rue de l'Esclielle, parroisse Saint-Germain de l'Auxerrois. Lequel, pour le proflil faire de Biaise Simon, son beau-frère, aagé de vingt-un ans. qu'il cerlil'tie fidel, l'a par ces présentes obligé en qualité d'alloué, de cejourdhuy jusques et pour trois ans prochains ensuivant finis et accomplis, avec sieur Samuel Helol. niaistre orlogeur ii Paris, y demeurant rue et parroisse Saint-.\ndré des .\rls, à ce présent et acceptant, qui l'a pris et retenu pour son alloué. Et promet pendant ledit temps de luy montrer à travailler à son possible dudit mestier d'orlogeur et de tout ce dont il se me.sle et entremet en icelluy ; le coucher, nourrir, loger, blanchir et le traitter doucement et iiumainemenl comme il appartient. Ledit Simon s'entretiendra d'habit.s, linge, bardes, chaussures et autres choses ses nécessités suivant son estât ; servira sondit maistre en ce qu'il luy commandera de licite et honneste ; l'advertira de son dommage s'il vient à sa connoissance ; sans pouvoir s'absenter ny aller ailleurs travailler. Auquel cas d'absence, ledit Gallien promet le chercher et faire chercher par la Ville el banlieue de Paris : pour s'il est trouvé le ramener à sondit maistre. à l'effet de rachever le temps qui restera lors à expirer des présentes. Et en cas qu'il ne le puisse pas ramener, il s'oblige à payer audit Helot, quinze jours après l'absence dudit .Simon, en .sa demeure ou au porteur des présentes, la somme de cent livres, à peine et pour l'indemniser des seiTices qui luy pourroienl estre rendus par ledit Simon, .\uquel ledit sieur Helot promet luy payer la dernière desdites trois années, en faveur des présentes, la somme de trente-six livres, à peine de tous dépens et dommages et interests.

• ^'oy. Leroy, Stalnls el privilèi/es </« corps des orferrrs, p. 50.

Fait et passé à Paris en l'estude de Boucher, notaire, le seizicsme mars mil six cents quatre vingt huit après midy. Et ont signé, fors ledit (iallien qui a déclaré ne sçavoir escrire ny signer, ainsy qu'il est dit en la miimtte des présentes demeurée audit Hoiicher. notaire.

BOISSIOAU. BOIICIIEH ' ».

Alloués. Nom qu'ont purté les procureurs.

Allumettiers . Faiseui-s d'allumettes .

Celles-ci sont d'abord représentées par le fusil, foisit, fuuesil, fiail, fhttsil, feusil, fuisi/, etc., ustensile de métal, qui, en frappant un silex, fait jaillir des étincelles. Appliqué plus tard à une arme à feu, il lui donna son nom. Le roi Charles V possédait un grand no)nbre de fusils ', dont quelques-uns étaient très luxueux. .le citerai, par exemple, le numéro 2172 de l'inventaire do son mobilier ; on y lit : « Ung petit foisil d'argent doré, cizellé autour, et est le couvercle esmaillé des armes de France >■>. Les fusils étaient soit renfermés dans un étui à couvercle, soit suspendus à un cordon, comme celui que désigne le numéro 3120 : « Ung foisil d'argent, esmaillé à fleurs de lys, pendant à ung laz de soye ».

Le Ménagier de Paris (1393) fournit la recette très compliquée d'une composition destinée à tenir lieu d'amadou, il l'appelle « esche pour alumer du feu au fusil ^ ». Mais, à ce moment, les allumettes souffrées étaient déjà connues, et sous leur nom actuel. On trouve, en effet, dans un traité d'alchimie du quatorzième siècle, cette phrase : « Et n'est bon le soufre qu'à ces femmelettes qui botellent les allumettes * ».

Je rencontre seulement- trois fusils, tous en artrent doré, dans l'inventaire du mobilier de la couronne en 1418.

Rabelais a pris soin de nous informer que Panurge avait toujours dans une de ses poches '< ung f'ousil garny d'esmorche '', d'allumettes, de pierres à feu, et tout aulti'e appareil à ce requis '' ». 11 aurait pu les acheter en pleine rue, car une Chanson de tous les cris de Paris ', datée du seizième siècle, commence ainsi :

Voulez-vous cuir chansoniu'tle Do tous les cris de Paris ?

1,'un crie des allumettes, I/autre fusils, bons fusils !

Les Œurres de Bruscainhilk nous apprennent que ce petit commerce faisait vivre beaucoup de pauvres gens ^ ; mais la fabrication resta pendant longtemps concentrée surtout en Allemagne :

• Bibliotti. nationale, manuiîcnts , fonds français, n» 21.795, f" 193.

î Voy. les numéros 1986, 2233, 2418, 2729, etc., dans linventaire de son mobilier, publié en 1879 par E. Labarte.

3 Tome II, p. 263.

i \oy. V. Gay, Glossaire archéologique, p. 25.

5 Dans Douët - d'.\rcq, Pièces inédites relatires à Charles F/, t. II, p. 292 et 356.

6 D'amorce.

1 Pantagruel, liv. II, ch. 16. — Voy. aussi cbap. 30.

* Dans la collection Maurepas, t. I, p. 213. 9 Edition de 1629, p. 311.

AI-LUMETTIERS - ANCIENS. JETNES. MODERNES

« La vieille, écrit (;ii. Sorel, tira du feu d'un l'iisil d'Allenia|,'-iie qu'elle portoit toujours, dont elle itUunia une cliiuidelle ' ».

A ce vieux fusil succéda, vers 180fi, \e briquet mdfuruiiie . et un peu plus tard le briqud jiliiiiip/inrique auxquels resta attaché le nom de l'industriel Fumade. Les allumettes pho.sphoriques ou chimiques vinrent ensuite, inventées en .\lleraa}^ne vers 1832.

Allumeurs de lanternes. Voj. Lanterniers.

Almanaquiers. ^'oy. Jouets (Fabricants de).

Almosniers. \o\. A-umôniers.

Alun (Commerce de i.'J. 11 était fait par les épiciers et les droguistes. Le Livre des me'liers mentionne l'alun dans les statuts des teinturiers, des boursiers et des gantiers *.

Aniadoueurs. Marchands d'amadou. Au milieu du dix-liiatième siècle, lamadou venait encore presque exclusivement de l'Allemagne. A Paris, les épiciers le vendaient en gros a de petits merciers qui le détaillaient.

Ambleurs. Officiers de la petite écurie chez le roi. Ils sont mentionnés dans VEtat de lu France pour IGST ■', dans VÉtat de 1712 ' et dans celui de 173G ^ .

Je suppose que les titulaires de ces offices étaient chargés de dresser certains chevaux à marcher l'amble.

Ameçonneeurs. Nom que les Tailles de Î29'J et de 1300 donnent aux fabricants d'hameçons.

\'oy. Pêche (Ustensiles de).

Amidonneurs. Voy. A-midonniers.

Amidonniers - Cretonniers. Faiseurs (ramidon et de creton. Ils fui'enl constitués en corporation par lettres patentes de mars 1744, enregistrées le 12 janvier 1746. La durée de l'apprentissage était de deux ans, et l'on n'exigeait point de compagnonnage. Les fils de maître étaient dispensés du chef-d'œuvre, qui consistait à « faire un cent d'amidon ». Il était interdit aux maîtres de s'élahlir dans l'intérieur de Paris, <v à cause de l'odeur infecte de leurs eaux et des matières qu'ils emploient >>. aussi presque tous habitaient-ils les faubourgs Saint-\ ictor et Suint-Marcel. La vente de la poudre à poudrer, constituant un des monopoles de la corporation des gantiers, était interdite aux amidonniers. L'article '.ili de leurs statuts leur défendait de vendre l'amidon en poudre, même « davoiraucun outil ou ustensile propre à réduire l'amidon en poudre >•. Au reste, un longéditdu 19 décembre

* Histuire eomiqne de Franc'on, étiil. Colonibev, p. 54.

* ïilres 1,1 V, lAXVIl II LXXWIII.

3 Tome I, p. 2SII.

* Tome I, p. S'JO.

!> Tuim- II. p. ï'il

1778 régla miimtieusement tout ce qui concernait la fabrication de l'amidon et du creton '.

A la lin du di.v-huitième siècle, lesamidonnierscretonniers en étaient arrivés à utiliser un grand nombre de racines, les pomme.s de terre, les marrons d'Inde ' , etc. Ils étaient alors au nombre de trente-cinq à quarante.

Ils donnaient à leur atelier le nom de tremjris.

\oy . Empeseurs et Foudriers.

Amineurs. Voy. Mesiireiirs.

Amirauté de France. Tribunal du grand amiral de France. Il connaissait en premier ressort de tout ce qui concernait le commerce maritime : sociétés commerciales, compagnies de navigation, a.ssurances, échouements, naufrages, etc. En appel, il jugeait les sentences rendues par les amirautés particulières siégeant dans certains ports.

Même ressort ([ue le Parlement de Paris.

Le personnel se composait de vingt-deux membres, tous nommés par le roi sur la présentation du grand amiral. Les audiences avaient lieu au Palais les lundi, mercredi et vendredi.

Les appels allaient au Parlement.

Amodiateurs. \uy. Métayers.

Amparliers. Voy. Avocats.

Ampoulieurs. Voy. PonUeurs.

Anatomie. Voy. Cabinets d'anatomie.

Anciens, jeunes, modernes (Maîtres).

Le commencement du seizième siècle vit s'introduire parmi les maîU'es une hiérarchie, peu à peu acceptée pai- presque toutes les communautés. Les maîtres furent alors divisés en trois classes : les Jeuiies, qui comptaient moins de dix ans de maîtrise ; les Modernes, reçus depuis plus de dix ans ; les Anciens, qui exerçaient depuis vingt ans au moins ou avaient rempli la charge de Juré.

En général, les Jeunes ne prenaient aucune part à l'administration de la comnuinauté : ils ne pouvaient être élus jurés, et n'avaient même pas en cette circonstance le droit de vote. Ils n'étaient pas admis non plus dans les commissions appelées ii juger les chefs-d'œuvre. En réalité, le temps passé parmi les jeunes était une sorte de stage imposé au compagnon après sa réception ii la maîtrise.

Les Modernes eux-mêmes, bien qu'éligibles, ne figuraient pas tous parmi les électeurs des jurés.

Les Anciens formaient dans la corporation une véritable aristocratie, très jalouse de ses prérogatives. Au reste, chaque communauté avait sur ce point ses usages particuliers. En 1080, la corporation des couteliers se composait

I On le trouve dans Y Encyclopédie mclkodiqut , Sciences cl Arls, t. 1, p. 20.

* Vov. Uulianicl ilu .Monceau, Fabrique de fiiitiido». dans J.-E. Hcrtraud, Descriptions des arts et wHierSt t VIll, p. 453.

ANCIENS. JKUNKS. MODKKM'iy — ANIMAUX d'HIECX

de (iiialre-vingl-ouze iiiuilres, qui i-Uiieiil iiiiisi clas.st's ' :

22 Anciens,

32 Modernes,

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