li'iincs
4 veuves conlinuaiil le ciininiprce de leur mari.
Ancres (Fabrh:.\nts h'). Ils appartenaient il la lorporatiiin des taillandiers. Mais les ancres destinées ù la marine royale étaient l'abriquées dans l'arsenal de Cosne (Nivernais). Les l'abricaiits se disaient ancriers.
Andouilles (Faiseurs d'). N'uj. Boudiniers.
Aneliers. Voy. Annalisrs.
AngfesdelaGrève. Voy . Crocheteurs.
Animaux curieux (Montreurs d').
(Juand Henri III se sauva de Pologne *, il passa par Vienne, où l'empereur lui « lit voir tout ce qu'il avoit de plus singulier ' . » et dans le nombre figurait un éléphant. Ce pachyderme était donc regardé encore comme un animal peu commun. Dix-sept ans après , Henri IV eut le bonheur d'en posséder un. car. le 29 juillet 1591, étant au camp devant Noyon, il écrivait à son bureau des finances, alors séant à Dieppe : ft Parce que nous désirons que l'elléphant qui nous a esté adniené des Indes soil conservé et gardé comme cho.se rare et qui ne s'est encore veue en cestuy nostre royaulme, nous vous mandons faire marché avec quelque personne qui s'entende à le Iraicter, nourrir et gouverner... » .Mais en ce temps-là, le Béarnais ne pouvait consacrer beaucoup de temps ni beaucoup d'argent aux distractions zoologiques, et puis une bêle aussi extraordinaire qu'un éléphant était bien faite pour e.vciter des convoitises. Le gouverneur de Dieppe reçut donc, au mois de septembre suivant, une lettre ainsi conçue : « Ayant entendu que la Royne d'Angleterre auroil agréable nng éléphant qui est à Dieppe, je Iny en ay faict présent, comme je ferois encores plus volontiers de chose plus excellente si je l'avois... » Ainsi qu'on le voit, Henri IV croyait être le premier roi de France qui eût po.s.sédé un éléphant. En quoi il se trompait.
Entre 801 et 803. Haroun ar Raschid envoya de Badgag à Charlemagne un éléphant nommé Abulabaz ', que le juif Isaac conduisit à Aixla-Chapelle 5, et qui mourut subitement en 810 * . Quatre siècles et demi plus tard , Louis IX revenant de la Terre Sainte envoya
' Iiibliullièi|ue nalluiiiili', iiiauu.serils Delam.iin', .\rls t't mi'liprs. t. IV, p. 59.
5 Kn 1.-.74.
' I' \taltilrii. Histoire île France, t. I, p. 39C.
* Annales TiHaHi, dans le Reeueil îles historiens, I, \', p. 2-1 et 822.
3 Éginhar.1, Opéra, éJit. Teulet, t. I, p. 52 el 254. Annales Fulileiises, daii-s le Recueil, etc., l. V, p. 3^2.
6 Annales .\a:ariani, dans !<■ Recueil, r-Xc., t. V, p. 59.
« pro niagno mnneie ■> un éléphant v (juidam elephas » ii Henri III, roi d'.\nglelerre. Mallhieu Paris, qui a enregistré le l'ait dans sa grande chronique ', ajoute: « Nous ne croyons pas qu'on eût jamais vu jusque-là d'éléphant en .\ngleterre, ni même en deçà des .\lpes ; aussi les populations s'empressaienl-elles autour d'un spectacle si nouveau ' ».
Même sous Louis XIII. l'arrivée en France d'un éléphant constituait un événement notable. Au cours de l'année 1()2() , un Hollandais nommé Sevender en amena un à Paris. Sur son passage, il excita à ce point la curiosité que le gouverneur de Montreuil ordonna d'élever « quelques barricades au lieu ou estoit logée la beste, » afin de la conserver plus longtemps dans la ville •'. Louis XIII .semble avoir fait peu de Cils du présent, car nous retrouvons l'aninuil à Rouen en 1()27 et à Toulon en I()31.
Au mois de mars 1749, Paris l'ut mis en émoi par l'arrivée d'un rhinocéros, le premier parait-il, qui eût paru en F'rance. (jonduil à Versailles, toute la Cour alla le contempler, et il fallut l'y ramener encore après son séjour a Paris *. Exhibé à la foire Saint-Germain, une foule avide se succédait sans relâche autour de lui, et l'énorme pachyderme était le sujet de toutes les conver.salions. On s'arrachait une notice dans laquelle un savant docteur, J.-B. Ladvocat, bibliothécaire tle la Sorbonne, avait recueilli à cette occasion ce que les naturalistes et les voyageurs avaient raconté de plus curieux sur les mœurs de ces animaux. Au sujet de celui que l'on admirait alors, Grimm écrivait : « On prétend qu'il pèse cinq mille livres. Il a été amené en Hollande par mer, de là en Allemagne, et d'Allemagne en France. Pour le transporter par terre, on s'est servi d'une voiture couverte, traînée quelquefois par vingt chevaux. Il mange par jour jusqu'à soixante livres de pain el il boit quatorze seaux d'eau. Il aime lout, excepté la viande et le poisson •". » L'avncal Barbier ' nous apprend que le roi voulut acheter ce phénomène ; il recula devant les cent mille écus qu'en demanda son maître, un capitaine hollandais. Naturellement, les femmes raffolèrent de cet animal, qui unissait, disait-on, à sa force prodigieuse une extrême douceur de caractère, qui léchait, avec une langue douce comme du veloure, la figure de ses gardiens et la main des docteurs de Sorbonne ''. Il y eut des perruques, des bonnets, des coififures ù la rhinocéros ; on vit
' Ckronica majora, édit. Luard, t. V. p. 489.
* Sur tout ceci, voy. la Bibliothèque de CÉcole des chartes, t. LIV (1893), p. 358. Deux fautes d impression assez importantes se .sont glissées dans cet article. L'envoi de l'éléphant à Ctiarleinagne est daté de 810, au lieu de 801 .sans doute. Pour l'éléphant de saint Louis, on renvoie au tome I\', non au tome V de l'édition Luard.
•^ \oy. Discours apologétique en faveur de rinstinct el naturel admirable de l'éléphant, KuUi-n. 1027. [i. 30.
* Duc de Luynes, J/éiaoires, 19 avril 1749, I. IX,
3 Grimni et Diderot, Correspondance, édit. Tourneu.v, t. I, p. 2"2.
6 Journal, 1. I\', p. 350.
' J.-Ii. Ladvocat, Lettre sur le rhinocéros. 1719, in-S**.