‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 210 sur 422 · LOUVRE — LUNDI · texte numérisé non relu

LOUVRE — LUNDI

pour faire iiiip pépinitTP d'ouvriers, de laquelle, sous Tajipreulissawe de si lions uiaislres, il en sortiroil ])lusieurs qui par après se répandroient dans noslre royaume et qui srauroient très bien servir le public ». Os maîtres, hôtes du roi, devenaieid iiidépendaids de leur corporation et pouvaient travailler en toute liberté. Ils avaient chacun deux apprentis qui, après cinq ans de service, étaient reçus maîtres sans compapnonnajj^e ni chef-d'œuvre ; on n"exi<ifeait d'eux que la présentation d'un certificat sig'ué de leur maître '. Les ateliers du Lou\Te comptaient parmi les curiosités de Paris. Deux jeunes Hollandais qui visitèrent cette ville en 1G57 s'y firent conduire, et mentionnèrent ainsi le fait dans leur journal : «De là. nous allasmes à la f^alerie d'en bas, qui est d'environ sept cents pas et aussi ijrande que celle d'en haut. Les plus excelleiis artisans de l'Europe y travaillent, et c'est le Roy qui les y log^e. Devant chaque porte, il y a un escriteau du nom du maistre qui y demeure * ». Les connnuiiautés tentèrent vainement de conserver leur autorité sur ces priviléfjiés du roi. Des lettres patentes de 1609 et de 1671 les maintinrent eu possession de leurs droits et de leurs lon^ements, dont quelques-uns étaient encore occupés par des artistes en 1848. Horace Verne! naquit au Lou\Te, dans l'appartement qu'avaient successivement possédé Joseph, son ifrand-père. et Carie, son père ', tous deux mtiitres de hi galerie du Loutre.

Voici en quels termes le roi accordait à un artiste ou à un artisan un logement au LouvTe :

« Aujourd'hui quatriesme janvier 1608, le Roy estant à Paris, ayant résolu de retirer en ses logis et boutiques qui se font au dessous de la grande galerie de son chasteau du Louvre aucuns ouvriers des plus rares et excellens es arts et mestiers plus agréables à sa Majesté, advertie de la suffisance et capacité de Pierre Dupont, tapissier ordinaire en tapis de Turquie et façons de Levant, et ayant résolu de s'en servir, niesme le loger près saditte Majesté, pour, aux occasions qui s'offriront. l'avoir plus près d'elle et en tirer service.

Saditte Majesté lui a accordé l'un tlesdil-s logis, avec une grande boutique à costé dudit logis, pour y faire sa demeure ordinaire et y dresser ses mestiers, pour travailler esdils ouvrages. A cette fin, veut et ordonne aux intendants et ordonnateurs de ses bastimens, marquer audit Dupont l'un desdits logis convenables, pour s'y habituer et travailler en vertu du présent brevet, que sa Majesté a voulu signer de sa main * ».

La formule fut modifiée par la suite, et voici le texte du brevet de logement accordé, quarante-

* \'u)'. c'i-dcssoiis l'art. Maîtresdc la ^aU'ric du l.ouvro.

* Journal d un voyage à Paris en 1637, publié par .V.-IV l-'aupèrr, ii. 285.

•1 Arr/i/rrs r/p [ art fritnçnix, t. I, p. 197. i Brevet public' clans La siroma/ourjie île l'ierre Dupont, odit. Darocl et Guiffrcy, p. 49.

quatre ans plus lard, a Henry-Auguste Bidault, horloger du roi :

« Aujourd'huy. qualorziesnu; du mois d'aousl mil six cens cinquante deux, le Roj- estant à Pontoise : sur cp qui a esté représenté à Sa Majesté par Henry-.4.ugusle Bidault, l'un de ses orlogeurs et valets de chambres. <[ue le feu Roy. de glorieuse mémoire, avoit, par son brevet du dernier décembre mil six <-ent quarante-deux, pour les causes et considérations contenues en icelluy, acconlé à Claude Biiiaull son pi-re, et à luy en sunivance l'un de l'autre, le logement et les lioutiques qui en sont séparées dans ses galleries du Louvre qu'avoit et occupoit le nommé Jean Ban(]uerol, orfèvre ; Sa Majesté après avoir esté advertie du décedz arrivé dudiri Bi<laidt père, voulant faire jouir son fils de l'ellecl dudii'l don. tant en considération des bons services dudict delfuncl (|u'à cause de la capacité et grande expérience ipu' ledict Bidault s'est acquize. dont Sa Maje>lé a une entière satisfaction ; elle a confirmé et confirme ledict brevet et en tant que be-oin est oit, .seroit de nouveau accordé aiulict Bidault fils ledict logement et les boutiques qui en sont .séparées dans les galleries du Louvre qu'avoit et occupoit naguerre le dicl Bidault père, pour en jouir par luy aux mesmes privilèges, franchises qu'en ont jouy et jouissent les mesmes et autres arlizans ((ui remplis.senl semblaLles logeniens dans lesdites galleries du Louvre, et tout ainsy qu'en a bien et tleument jouy sondict père ; mande «t wdonne la ditte Majesté aux surintendant, intendans et controolleurs de ses bastimens de le faire jouir dudict bastiment, logement et boutiques plainemenl et paisiblement, en vertu du présent brevet qu'elle a signé de sa main et faict contresigner par moy son conseiller secrétaire d'Eslat et de ses commandemens.

Ainsi signe' : LOUIS.

M jj/us bas : de Gueneciaixt ' ».

\'iiy. Intendants dos bâtiments. — Maîtres de la galerie du Louvre. — Privilégiés (Lieux).

Loviers. ^ oy. llKJuvetiers.

Loyal (Article). Voy. Marchand (Article).

Lumbarts. Voy. Changeurs.

Lumière (Travail a la'. Voy. Travail (Durée du).

Ltuniniers. Clercs ou laïques chargés de

tous les détail

luminaire dans les églises *.

Lundi. '< Tous les ouvriers chôment le lundi. c'est cliez eux une vieille et iiuléracinable jiabitude... Les ou\Tiers font ce qu'ils appellent le lundi et même le mardi ; voilù deux jours de la semaine pour la faineanti.se et la boisson...

' Archites lie Cari français, I. I, p. 213.

- \oy. Ducange, Glossaire, au mol lumimirie.

UNDI

\l ACIIIMSI'I'IS

Mnipôclinnslps iniManijos niorlcls dos ciilmi'clit'i's, (liiiiiimons le rminlirc de l'i's cmpdisoiiniMirs cl celui lies fïuiii^uetle.s ' «.

Vov. Dimanches et fêtes. — Tuer le ver, fil-.

Lunetiers. \'<\- Opticiens.

Lustreurs. Ouvriers eliiirj.;es de dcinuer le lustre aux ('(Dlles lu'uves el de lustrer île uouvenu celles <|ai élHienl fanées par Tusage. Un trouve aussi /iistrtii.r.

Lustriers. Nnm douué parfois aux fondeurs qui avaient la spécialité de faire des lustres. Les chaudronniers en mil faliri(|ué aussi -.

Luthiers. La l\ii//e de J:?9i' nienlionne 4 citoleeurs, 2 flfHteenrs ou flcutiers. '■itronipeeurs, etc. Seuls d'entre eux, les Ironipeeurs paraissent avoir formé au moyen à^e une corporation parliculière. encore la partaj;eaient-ils avec les forcetiers ■'.

Les ji^uerres d'Italie donnèrent une impulsion nouvelle au <:^oùt pour la musique. Des musiciens vinrent eu France, et aussi des ouvriers habiles dans la fahricalion des instruments. Tel fut le fameux luthier Gaspard DuilYoprugear, que François I''' ramena avec lui de Bolojïne, et qui, établi à Paris. v fabriqua des violes et des violons de toutes diuiensions. dont quekpies-uns subsistent encore.

Toutefois, c'est en I.'i'Ji) seulement que les faiseurs (T instrumeiis de musique h\Ten{ constitués en communauté. La durée de l'apprentissag'e fut fixée à six ims ; les fils de maître en étaient dispensés, aussi bien quedui,"Af/-(fœKr/'(-. Chaque maître ne pouvait avoir à la fois plus d'un apprenti ; il était cependant autorisé à en prendre un second qiumd le premier avait servi pendant

quatre années. Les maîtres, empiétant sur le métier des ■'■aiiiiers et des layetiers, avaient coinnie eux le droit île l'abriquer les éliiis de leurs inslrun\eiils. même de les unier de liliMs et ili' marqueterie.

.\u reste, la coummnaule ne loideclionnail •fuèrequelesinslrumenlsîi cordes el quelques ins- Irumeidsà vent. Lesmaîlress intitulaient/iï/.WMr* trinstrumeus, racoutreurs de luths, epinettes el nrf/ues. Les instruments en cuivre étaient le monopole de la corporation îles cliaudrouniei-s, les fondeurs se charfifeaienl des cloches et des carillons, el les boisseliers avaient leprivilèffe de fabriquer les tambours ; les banderoUes de timbales, ijuidons et étendards étaient l'œuvre des selliers '.

A la lin du dix-liuilième sii'cle, le nondire des maîtres luthiers se montait à nO environ, et la corporation était placée sous le patronapfe de sainte (décile.

\i>\. Musique.

Luthistes. Joueurs d(> luth. Nos rois eurent pendant lonji^lemps des joueurs de luth attachés à leur service. Le premier dont on possède le nom, .\nloine Her est qualifié « chantre et joueur de luth de la chambre du roi » Charles VIIL Maître Paul ou Jehan PauUe servit Anne de Bretag^ne et François I''^

Le pins ancien livTe de luth imprimé en France sortit, en 1529, des presses du libraire parisien Pierre Attaignant. On n'en connaît plus que deux exemplaires.

En 1092. le plus célèbre luthiste de Paris se nommait Jean Mouton. Edelinck grava de lui un beau portrait, pour le remercier d'avoir enseigné le luth à sa fille -.

LyeuTS. Voy. Lieurs.

Maagnans. \\>\. Ctiaudronniers.

Machinistes. <v Ce sont ceux qui inventent el fout des machines pour augmenter les forces mouvantes, pour l'horlogerie, l'iiydraulique. etc. On donne aus>i ce nom à ceux qui préparent et fout jouer les machines d'un théâtre * >^.

Dès le dix-septième sii'cle, les changements à

' S. Mercitr, Tailenu lU Paris [s. 1780), t. X, ji. 345. Vov. nu-isi t. IV, p. 159.

- \ uy. ci-tit'ssus I"ar!. Liiiiipisles.

■' \'oy. ci-di'ssous l'art. Tionipis (l'^aisoure île).

* .Iaub>i1, Dielionnnire, t. III. p. 1.

vue s'exécutaient avec une adresse remarquable ; la pièce, d'ailleurs, se jouait tout d'un trait, c'est en 1828 seulement que l'on conmiença à baisser le rideau après chaque acte.

En 1()71 un Italien nommé (iinseppe .Susini était menuisier, machiniste et décorateur du Théâtre-Italien. Sous Louis XI V el sous Louis X\' ,

' Statuts de septembre 16"X, art. 18.

* Voj-. Le titre eommaile /mur 11)92, t. 1, p. 211.

Michel Hienet, .Voles '"

1899, in-S". passim.

l'hisloire ilit luth en France,

MACHINISTES — MADRKLINIKRS

« la luécaniqiio (liéàtrali' était aussi avancée ((ue (le nos jours * ».

Il y avait à la cour un « inventeur et coniluctftiir des machines de tliéàtre et ballets du Roy *». A l'Opéra, ces machines étaient exécutées, en 168(5, par un certain Bérin, qu'il ne faut pas confondre avec le peintre Bérain, et qui se disait « menuisier du roi pour les machines de l'Opéra ». Kn 1692 il avait eu pour successeur un nonuné Paillard, dont la boutique était située rue Fronienteau •*. En 1777, VAlmannch Dauphin cite les sieurs Giraud, « préposé à la conduite des machines de l'Opéra » ; Bibaull, « aide-machiniste de l'Opéra »; et Kezé, « machiniste ordinaire de la Comédie italienne ».

Voy. Décorateurs et Théâtre.

Maçonnerie, ^'oy. Appareilleurs. — Architectes. — Bardeurs. — Batteurs de ciment. — Batteurs de plâtre. — Bousilleurs. — Chaufourniers. — Crépisseurs. — Ficheurs. — Gâcheurs. — Garçons du tas. — Goujats. — Hallebardiers. — Hourdeurs. — Limousins.

— Louveurs. — Maçons. — Maitre des maçons. — Manoeuvres. — Mesureurs de chaux. — Mesureurs de plâtre. — Moilonneurs. — Morte liers. — ï^iqueurs. — Plafonneurs. — Plâtriers. — Porte-auge. — Porte oiseau. — Porte-pièce. — Portevirs de plâtre. — Poseurs. — Queirreliers .

— Rocailleurs. — Tailleurs de pierre.

— Tombiers. — Vérificateurs de naémoires.

Maçons. Au treizième siècle, une seule corporation réunissait les maçons, les tailleurs de pierre, les plâtriers et les morteliers.

Saint Louis avait donné les revenus et la justice professionnelle de cette communauté ù Guillaume de Saint-Patu, son maître maçon, ou comme on le nommait déjà, son maître des antres, véritable architecte, qui traçait les plans, faisait les devis, achetait les matériaux, et surveillait les travaux*. Les statuts de 1268° s'expriment ainsi : « Li Rois qui ore est, oui Diex doinst ^ bone vie, a doné la mesfrise des maçons à mestre Guillaume de Saint-Patu tant corne il li plaira. Lequel mestre (Juillaume jura que il, le meslier de sus dit jj^arderoit bien et loiaument à son pooir ', ausi pour le po\Te come pour le riche, et pour le foible come pour le fort, tant come il plaira au Roy ([ue il garde le mestier devant dit. El puis, icelui mestre Guillaume fist la forme du serement devant dit par devant le prevost de Paris, en Chastelet ».

1 A. Jal, Dicfiuii/iiiire cri/içiie, p. 924, 1082 cl 1159. — G. Bapst, £sxai sur l'/iis/oire du Ikfàlre, y. 387.

î Êlal (h la France pour 1687, t. I, p. 577 ; pour 1712. t. I, p. «33 ; poor 1736, t. II. p. 303

•' lAtre commode fttur 16'J2, t. II, p. 121.

* Voy. G. Fafjnii'Z, Études sur l'induslric, p. 101 ft suiv.

o /Acre des métiers, lilri- XIi\ III.

•> A i|ui Dii'U donne.

' A son pouvoir.

Du reste, le métier était libre : « Il puel estre maçon à Paris qui veut, pour tant que il sache le mestier et qu'il oevre as us et aus coustunies du mestier».

Chaque maître ne pouvait avoir ù la fois qu'un seul apprenti.

La durée de l'apprentissage était de six ans au moins.

Le travail à la lumière était interdit, sauf <tans trois cas: « se ce n'est à une arche ou à un degré fermer, ou à une huisserie ' faire fermant assise seur rue ».

Les maçons déclarent dans ces statuts qu'ils ont pour patron saint Biaise « mon seigneur S. Blesve ». Ils l'ont conservé jusqu'il nos jours.

La Taille fie 1202 cite 104 maçons, celle d; 1300 en mentionne ]2'i. La première nous apprend, en outre, qu'à celte époque le maitre maçon du roi se nommait Jeiian de Ceranz, et demeurait rue Saint-Pierre-aux-Bœufs *. En Kîl.'i'', nous trouvons près de l'église Sainl- Harlhélemy un sieur Raoul de .Saint-tiermer, qui es! (|ualilié de « maçon cl receveur des pierres de la (]our ».

Les statuts des maçons furent souvent confirmés et revisés, mais les modilications les plus importantes qu'ils subirent sont relatives à la juridiction des maîtres désœuvrés.

A la fin du dix-liuilième siècle, la communauté comprenait, dit-on ', environ 200 maîtres. ce qui est bien peu, s'il est vrai, comme l'écrivait Séb. Mercier ^ en 1782 qu'un tiers de Paris eut été reconstruit depuis un demisiècle.

Voy. Maitre des maçons.

Madeliniers et Maderiniers. \ Oy.Madreliniers.

Madreliniers. Fabricants de coupes et de hanaps en madré. Ces vases se nommaient madelins, mazelins, maderins, murrhins. Sur le sens du mot madré, on peut cons\iller outre le Glossaire de Uucange *, MM. Douët-d'Arcq ', L. de Laborde ' et .1. Labarle ". Il semble résulter de leurs recherches que le madré était une pierre précieuse transparente et veinée, du jaspe, de la calcédoine, de l'onyx ou de l'agate. Mais on l'imitait au moyen de divers bois, el ce sont seulement ces imitations que vendaient, sous le nom de madré, les madreliniers el les écuelliers leurs siiccesseurs.

La Taille de 1202 menWonnc à\\(\madeHniers, celle de ISOO en cite deux. Dits aussi maderiniers, mnzeliniers, madreniers, madriniers, ma:e-

1 UnP porte.

2 Page 14C.

3 Voy. la TViiV/f de celle année, p. 151.

» Hurlant et Magiiy, Dictionaaire de Paris (1779),

3 Tableau de Paris, t. VIII, ].. 190.

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