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MEDECINS

docteurs île nionler sur leurs mules el d'en

descendre facilement

Les Paradoxes de

Brvscamhille nous apprennent que tout bon médecin devait être « pourveu de quatre choses », dont la première était « une bonne mule, (jui ne soit point fantasque et qui ne le renverse point dans la boue - ». A quatre-vinfj't-neuf ans, le médecin Guérin faisiiit encore ses visites à clieval ■• . et (Jui Patin n'eut jamais d'antre monture *. Dans la consultation de L'umour médecin •', Tomes vante « sa mule admiralile » el Desfonandrès « son cheval merveilleux ». Boileau a rendu célèbre (iuénaut et son cheval'' ; celui du docteur Jean Peccpiet s'abattit un jour en pleine rue et lui cassa la jambe '. Le docteur Grichard, du Grondeur, pièce jouée on 169;5. se servait encore d'une mule '.

L'impoitant était de choisir une bête tran- ([uille. qui n'exposât pas son maître à perdre la «gravité recommandée à tous les docteurs par les statuts de l'école. Ces statuts contiennent encore bien d'autres prescriptions curieuses, que les médecins juraient d'observer. Elles étaient dictées peir l'esprit de corps, et elles nous rappellent que la Faculté se regardait alors comme une famille, responsable de la conduite de tous ses membres. Tous étaient assurés de trouver auprès d'elle aide el protection, mais elle exigeait en refour im dévouement sans limite aux intérêts de la corporation. A tort peut-être, les docteurs d'aujourd'hui souriront en lisant ces injonctions extraites des statuts :

Tous les médecins vivront en bonne intelligence.

Nul n'ira visiter un malade .sans y avoir été invité.

Nul ne fréquentera les charlatans, les empiriques.

Le secret professionnel sera rigoureusement gardé. Nul ne divulguera ce qu'il aura vu, entendu ou deviné chez les malades.

Les plus jeunes docteurs se lèveront devant les anciens, les anciens seront polis et bienveillants vis-à-vis des jeunes.

Dans les consultations, le plus jeune donnera son avis le premier, puis chacun suivant son ancienneté.

Les docteurs appelés en consultation prendront l'heure du plus ancien et auront soin d'être exacts de peur que le retard d'un seul ne gêne ses collègues ou ne mécontente le malade.

Toutes les ordonnances seront écrites en latin, signées et datées. Elles porteront le nom du malade.

Dans les assemblées de la Faculté, les docteurs se conduiront avec décence et gravité. Ils opi-

' J.-A. Hazon, p. 59.

î Éilil. lie 1C15, [.. 34.

3 Gui Patin, t. III, p. 172.

* Gui Patin, I. I, p. ma.

■'■' Joué en IlSlsr>, ai-le II, sp. 3.

6 Satin- \ 1, vers 08.

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