Livre dis métiers
Voy. Mesureurs.
Mesureurs de noisettes, de noix et d'oig"nons. N oy. Mesureurs d'aulx.
Mesureurs de pierres de taille, moellons, chaux, etc. \'oy. inspecteurs.
Mesureurs de plâtre. Au treizième siècle, les bateaux qui amenaient le plâtre à Paris étaient contrôlés par les maîtres des ponts qui recevaient liiut sous parisis pour chaque barque jaugée. L'office de mesureur et jangeur qénérul des plâtres cuits et crus fut inslitu('i par édit tl'avril l.")68,el un sieur (iuillaunie Trcillault parait en avoir été pourvu le premier.
Un second office de Juré Jungeur, mesureur et visiteur de plâtre fut créé par édil du mois de décembre lô76.
Ces deux offices furent supprimés dans l;i suite. L'édit d'avril 1641 en rétablit un, qui subsista même après les édits de 1715 et de 1719, aux termes desquels presque tous les offices élaiilis sur les ports se virent supprimés •'.
Ces ofliciers sont souvent nommés faiseurs de plâtre.
Voy. Mesureurs.
Mesureurs de sel. Leur existence paraît antérieure à l'an 1200. L'ordonnance de février 141.") fixe leur nombre à vingt-quatre *.
Les mesureurs de sel, avaient encore le titre de compteurs de saline et celui d'étalonneurs et visiteurs des mesures.
Comme compteurs de saline, ils étaient chargés de compter les poissons salés et le beurre qui arrivaient à Paris par bateaux.
Comme étahnnews et visiteurs, ils devaient « adjuster sur les estalons de cuy\Te qui sont à l'Hostel de ville » et poinçonner après examen les mesures destinées au commerce du sel et à celui des grains : minots, boisseaux, picotins, etc. Us faisaient chaque année une visite chez les marchands qui se servaient de ces mesures, s'assuraient qu'elles étaient en bon état, et signalaient au besoin les contraventions. Toute fraude non révélée les exposait à une amende de soixante sous.
L'ordonnance de décembre 1672 statue que l'armoire de l'Hôtel de Ville, renfermant les étalons des mesures employées parles marchands de grains et par les marchands de sel sera fermée à deux clefs, dont l'une restera entre les mains du plus ancien des mesureurs de sel, l'autre entre les mains du dernier nommé. J'y vois aussi
1 Chapifr.- XXVIII.
2 Titre LXIII, art. ."> et 6.
3 Delamarre. Traité de la police, t. IV, p. 40. * Chapitre XVIII
48fi
MK.SUH1<;UHS
MKUNIKHS
que les porteurs (levaient alors leur fiiurnir les radoires *, les briseurs fournir les pelles, el les courtiers fournir les minots, les toiles et les bannes ^.
Voy. Mesureurs et Sel (Commerce du).
Mesureurs de terres, etc. \(>.v. Arpenteurs.
Mesureurs de toiles. Voy. Auneurs.
Mesureurs de vin. Voy. Jaugeurs de futailles.
Métais. Voy. Métayers.
Métaux précieux. Voy. Affineurs. — A-rgenteurs. — Banquiers. — Batteurs d'or. — Bijoutiers. — Bijoutiers en faux. — Bijoux (Commerce des). — Billonneurs. — Brunisseurs. — Changeurs.
— Ciseleurs. — Contrôleurs de la marque. — Cuilleristes. — Doreurs sur métaux. — Écacheurs. — Essayeurs. — Kiligraneurs. — Graveurs sur métaux.
— Joailliers. - Laveurs de cendres. — Monnayeurs. — Or et d'argent (Marchands d'). — Orfèvres. — Orfroisiers.
— Orpailleurs. — Planeurs. — Polisseurs. — Sertisseurs. — Tireiirs d'or.
Métayers. Ceux « qui se cliar^ent de la culture des fonds, à condition d'en partaj^er le produit. On les nomme aussi grnn^ers, grtingiers et amoJiateurs ' y. Et aussi me'tais, mitaniers, etc.
Voy. Fermiers.
Météoromanciens. Ceux qui faisaient métier de prédire l'avenir par l'inspection des astres et plus spécialement des éclairs el du tonnerre.
Voy. Devins.
Métier (Ach.\i' du). Voy. Aspirants à la maîtrise.
Métier (Le commun du}. Voy. Corporations.
Métiers (Livre des). Voy. Livre.
Métiers jurés. Voy. Corporations.
Métoposcopiens. Bateleurs qui prétendaient lire la destinée des personnes dans les traits du visar^e.
Voy. Devins.
Metteurs en bronze. OuvriiTs c[ui
donnent la couleur du iiron/.r i'i des olijels laits d'un autre métal.
Metteurs en haie. Ouvriers ii]'i(|ucliers. Voy. Enhayeurs.
' Vov- Kadi'urs.
î Cli'apitR's XW ut XXVl.
3 Alilir.Iiiuli.'H, Diclloiiiwirr 117731 t. III, p \^^'^
Metteurs en œuvre. Ouvriers qui montaient les diamants, les perles, etc. Ce titre appartenait à la corporation des orfèvres-joailliers.
Metteurs en pag'es. Ouvriers typographes
qui assendjlent les différents paquets de composition pour en former des pages puis des feuilles.
Metteurs au point. Voy. Praticiens.
Metteurs à port. \'oy. Gardes-bateaux.
Metteurs en scène. Au théâtre, artistes qui ri'gleni, qui préparent la représentation d'une pièce.
I^a rèsrle des trois unités était de nature ù restreindre les frais de mise en scène, puis(|u'un seid décor suffisait pour toute la pièce. Pour le Cid, par exemple, le théâtre représentait pendant les cinq actes « une chambre à quatre portes», (^e c[u'on nommait « un palais à volonté » pouvait servir à toutes tins, que le sujet fût grec, romain ou autre. Dans La mort île Cyrus, tragédie de Ro/.idur jouée en l()6'2, on entend au quatrième acte Thomiris s'écrier « A moi, soldats ! » el aussitôt s'abaissait sur la scène une toile représentant tout une armée.
Voy. Théâtre.
Metteurs au tain. Titre qui appartenait
il la corporation des miroitiers.
Metteuses en mains. Ouvrières qui divisaient la soie eu paquets d'un poids déterminé nommés mains.
Meuhles (M.vrchands de). Les meuLles neufs, fabri(|ués par les menuisiers et lesébénistes, se vendaient surtout au faubourg Saint-Antoine et dans le quartier de Villeuve-sur-(iravois • aujourd'hui représenté par les rues d'Aboukir, de Cléry, etc. ()u trouvait et on louait des meubles d'occasion chez les fripiers établis sous les piliers des halles.
Voy. Brocanteurs. — Curiosités (Marchands de). — Fripiers. — Tapissiers.
Meulequiniers. Voy. Mulquiniers.
Meuliers. Faiseurs de meules. Elles étaient ordinairemenl lij'ées de la pierre dite meulière; mais il y avait aussi des meules en fer. en acier, en grès, en étain et même en bois, suivant qu'elles étaient destinées aux épingliers, aux lapidaires, aux couteliers, aux miroitiers, etc. -
Les tailleurs de meules ont été nommés aussi mnliers.
Meuniers. La Taille de iS02 cite ôO muniers, celle de 1300 en mentionne "21. Leurs statuts, insérés dans le Le licre des métiers •', nous apprennent que :
Pour devenir maître, il fallait posséder
un
I Le litre eommoiir pour 1692, t. I, p. 286.
* Encyrlopëilie mêthmliqur, arts ri métiers, I. V, p. 6.
:> Tiliv II
MKUNIKRS — MINKUHS
moulin, soit en propriété, soit en fermaj^^e. Les ninîlres pouvaient avuir aninnt d'apprentis qu'ils voulait'iil, el ouvrer Je luiil. Le iliiiiaiielie, ils cessiiieiit le travail vers ilix lieures, uuinieut où l'on bénissait l'eau a l'éj^lise Saint-LeulVoi, el le reprenaient à six heures, moment des vêpres : « desd(Uit ' qiu- li eaue Ijenoile est faite à Siiint- LielVoj dessi adoiit que - l'en sone vespres ». Cliaque nouveau nuu'tre payait, comme droit de bienvenue, ù la eommunauté « ans eompainijnons cinq sols pour boi\Te ». Maîtres et ouvriers juraient de se prêter mutuellement assi.stance si la crue du fleuve devenait menaçante. Les meuniers se payaient en nature ; ils retenaient un boisseau .sur un .selier de forain : ^< deciiascun sestier de blé ou de autre j^rain maudre, 1 boissiel ». Les bmilanf^ers pavaient moitié seulement.
La Seine était alors couverte de moulins. On en comptait 50 entre l'île Notre-Dame et le Pontanx-Meuniers ^, et 13 sur ce pont, dont une seule arclie restait libre pour la navij;;ati()n *. Sur la Bièvre, le moulin des Copeuiur appartenait à l'abbaye de Sainte-Geneviève, el celui r/*- Croulebarbe était la propriété du Chapitre de Notre- Dame. De nombreux moulins à vent ay^itaient leurs ailes sur tous les coteaux qui entourent Paris.
Les meuniers ne jouissaient pas d'une bonne réputation. Ils sont « ordinairement larrons », dit Rabelais '. Une plaisanterie célèbre consistait à crier sur leur passaj^e ,1 l'anneau ! A Panneau ! el Tallemant des Réaiix en raconte ainsi l'orijjine : « Il y a dix ans ou environ, un meusnier, à la (irève, jura de passer dans un de ces anneaux de fer qui sont attachez au pavé pour retenir les bateaux. Il l'ut pris par le milieu du ventre, qui s'enfla aussitosl des deux coslez ; le fer s'échauffa, c'esloit en esté ; il brusloit ; il fallut l'arroser tandis qu'on limoit l'anneau, et on n'osa le limer sans permission du prévost des marchands... On en fît des tailles douces aux almanachs et, un an durant, dès qu'on voyoil un meusnier, oncrioit: A Panneau ! A F anneau .""' >••. Une de ces gravures a été reproduite dans le Magasin pittoresque '.
Ce cri A l'anneau ! exaspérait les malheureux meuniers qui, prétend Colletet, obtinrent du Parlement un arrêt interdisant de le proférer devant eux '.
Les meuniers, dits encore meusniers, moliniers, Mouliniers, etc. avaient pour patron saint Martin, qu'ils fêlaient le 11 novembre à l'église du Saint- Esprit.
On donnait aussi le nom de meuniers [muniers , musnters) aux ouvTiers charpentiers cjui fabriquaient les diverses pièces d'un moulin, les
' Depuis.
' Jusqu'à ce que.
3 Très rapproché (lu Pont-au-Change, il fut brûlé au conimencemeat du dix-septième siècle.
* N'oy. G. Fagniez, Eludes sur l'inr/ustrir, p. 159 et .suiv.
5 Pantagruel, livn- III, chap. 2.
6 Hislorieltes, t. 1\', p. 334.
■î Tome XVIII (1850), p. 132.
* Le Iriirns île Paris, édit. de 1859, p. 235.
écluses, les roues, les trémies, etc. ' , et de meuliers ou moliers aux artisans qui taillaient les meules.
Meusniers. N Oy. Meuniers.
Meyssoiiiers, \oy. Soieurs.
Mi Août Notre-Dame de la). Voy. Notre- Dame.
Miel (Commerce du). Voy. Abeillers.
Mig-naturistes. Voy. Miniaturistes.
Minag'e. Droit prélevé sur la mine <le blé pour le laesiirage. La mine, au dix-huitième siècle, représentait environ sept litres -.
Minag'eurs. « Ce sont des personnes préposées pour lever, au profit du roi ou des seigneurs haut-justiciers, les droits dits de minage, i|ue doivent les grains qu'on vend dans certains marchés. Les minageurs sont oldigés de fournir les mesures nécessaires ' ». Le droit à percevoir variait selon l'usage el la coutume des lieux ; il était souvent de un pour cent.
Mineurs. L'abbé Jauberl, en 1773, définit ainsi le mot mineur : <.< Ouvrier qui travaille à la mine, et dont le principal objet est défaire sauter en l'air le terrain ([ni est au-dessus des chambres qu'il a formées ». Il dit encore : « La France est peut-être le pays le plus riche en mines de toute espèce, mais c'est aussi le pays où l'on en tire le moins de parti, et où les sujets sont le moins disposés à faire des entreprises de ce genre * ». Au quinzième siècle, on n'exploitait guère que quelques mines d'or au bord du Rhône el quelques mines d'argent près de Lyon ; il fallait donc demander à l'étranger les autres métaux. Au seizième siècle encore, les mines de fer élaieiH seules l'objet d'une exploitation sérieuse. L'ambassadeur de Venise à Paris écrivait en 1546 : « La France n'a d'autres mines que des mines de fer ; pour l'or, elle en tire d'Espagne et de Portugal , et elle donne ses draps en échange. L'argent, le cuivre, une grande partie de l'étain viennent de r.^llemagne ; une autre partie de l'étain et tout le plomb viennent d'Angleterre ^ ».
En 1601, Sully lit faire un relevé de toutes les mines existant en France, el un siècle plus tard, Réaumur lut à l'Académie des sciences ^ un mémoire fort intéressant sur ce sujet. Qiuind on apprit que le Riiin. le Rhône, la Garonne roidaienl des paillettes d'or, que l'on en recueillait dans les Cévennes, dans l'Ariège, dans les Pyrénées , de nombreuses convoitises s'éveillèrent ; mais on ne larda pas à reconnaître que le produit obtenu couvrirait à peine les frais d'exploitation.
Les mineurs étaient autrefois dits creuseurs.
' Voy. le Dictionnaire de Jean di' Garlande, |i. 29 et 60.
* ^'oy. le Litre des métiers, passim.
>• .\bbé Jaubert, Dictionnaire, t. III, p. 172.
» Dictionnaire, t. III, p 210 et 213.
3 Relations des ambassadeurs te'nitiens, t. I, p. 255.
*» Mémoires de Vacadémie des sciences pour 17 Î8, p. 68.
MIMATI'HISTKS — MISKHKJOHDK
T Miniaturistes. Peintres en miniature. Ils ont pour ancêtres les enlumineurs du moyen à<^e. L'Académie n'admit le mol miniature qu'à dater de 1762. Elle le fait sui\Te de cette note placée entre parentliéses : « On prononce ordinairement mifjnulure. . On appelle quelquefois miniaturiste un peintre en miniature >>.
Ministerels . Voy . Instruments (Joueurs d').
Minutor. Mot latin souvent employé dans les clironiqufs fran(;aisps.
Voy. Phlébotomistes.
Mirailliers. Miraliers. Mireliers.
Voy. Miroitiers.
Mires. Mirgesses. Voy. Médecins.
Miroeriers. Nom que les Tailles de 1202 et de 1300 donnent aux miroitiers.
Miroitiers. Faiseurs de miroirs. La Taille de 1202 cite quatre et celle de 1300 cinq miroeriers. On se servait alors de miroirs en or, en argeni, en étain, en ivoire et en chêne, mais une corporation spéciale avait le monopole de la fabrication de chacun d'eux '. Que produisaient donc les miroitiers du treizième siècle ? Ils vendaient sans doute les verres à mirer et les miroirs à cristallin, nom que l'on donnait à un fray^ment de verre derrière lequel était appliquée une feuille de métal, une feuille d'étain en "général ^. Ce n'était pas encore la perfection, et les femmes durent pourtant s'en contenter jusqu'au quatorzième siècle.
Dans le Com2)te de l'exécution du testament de Jeanne d'Evreux, veuve de Charles le Bel et morte en 1370, on rencontre cette mention : « Une damoiselle, en façon d'une seraine ^ d'argent doré, qui tient un mirouerdecrislail en sa main * >,. Mais une explication est ici indispensable. Pour se peigner, les femmes s'asseyaient sur leur chaire à pigner ^, qu'elles plaçaient tlevant la damoiselle à atourner ; l'on nommait ainsi un porte-miroir, tournant sur un pied, et auquel les femmes suspendaient des coill'ures et leurs menus objets de toilette. Un miroir était la pièce principale de ce petit meuble. On trouve dans un compte de Jeanne de Bourgogne? en 1316 : « Pour trois chaères ", deux à laver et une à seoir, et pour deux damoyselles, 1 10 .sols ' » ; et dans l'inventaire des biens de Clémence de Hongrie en 1328 : « Item, une desvidouère, une damoisele, unes tables et un étui " ».
1 Voy. les art. Orfèvres, Fondeurs delaiii, Si'iil|ili'ur.s, Menuisiers, etc.
* Vuv- L. lie I..al)orilo, Solice des fmiiux, y. 38it- •î D'une syrène.
4 Dans Leber, Plf'Ci^s retiitlrfn à llitstoirf tle Frttnrc^ t. XIX, p. 131.
5 Meuble parfois l'inployé aussi pour les hommes. ^ oy. Douet-<r.\reii, \iiurritttx comptes de l'nrgenterie, p. 221.
t> Clbaires, siê;^es.
" DaiLS Douel-ilWreq, Cumjiles lie l'urgenlerie, p. ;)('i9.
* Dans ^'iollel-le-I)ue, Dielioitmiire ilii mobilier, t. 11, p. 90.
En 1489 , les miroitiers reçoivent leurs premiers statuts sous le nom de himhelotiersmireliers, et des lettres patentes de janvier l.")73 les qualifient de bimbelottiers-miraliers, faiseurs de mirouers et autres menues œuvres de plomli et d'estaing '. Dans de nouveaux statuts datés d'août 1.581, ils sont dits miroitiers-luneliers- Ijimhelotiers, les lunetiers leur avaient été réunLs dans rinter\'alle.
A cette époque, l'on célèbre encore les miroirs de cristal, « d'acier bien esclarcy » et de « verre bien bruny * », c'est-à-dire dont un des côtés était peint de couleur sombre. La mode vint alors, pour les hommes comme pour les femmes, de porter un miroir, parfois même deux miroirs à leur ceinture ^. Un peu plus tard, les femmes, se bornaient à en tenir un à la main. C'est J.-P. Marana qui le dit, et il ajoute : « Les rubans, les miroirs et les dentelles sont trois choses sans lesquelles les François ne peuvent vivre * ».
En septembre 1691, les doreurs sur cuiront été annexés à la corporation, dont les maîtres prennent (ifficiellement le titre de miroitiersluiietiers-iiiiil/e/otiers-doreurs sur cuir-garnisseurs et enjolireurs. Ils y ajoutèrent un peu plus lard les mots metteurs au tain.
Les miroitiers vendent alors des glaces de tous genres. Malgré les protestations des menuisiers, ils sont même autorisés à confectionner les châssis, parquets, boiseries et cadres destinés aux miroirs.
A la fin du dix-huitième siècle, la corporation comprenait environ cent cinquante maîtres. l<;ile était placée sous le patronage de siiint Jean l'Evangéliste, et aussi de sainl Clair, premier patron des miroitiers.
Outre les noms mentionnés ci-dessus, les miroitiers sont encore appelés mirailliers, mirouettiers, mirrelicrs, mgrailliers, etc., etc.
Voy. Fondeurs d'étain. — Fondeurs de petit plomb, etc.
Mirouettiers. Nom que le Litre commode pour 1002 ■' donne aux miroitiers.
Mischines. Vt)y. Méchines.
Miséricorde (Maîtres de i.'hôpit.vl de i..\j. On nonunail ainsi ceux (jui avaient gagne la maîtrise en épousant une des cent orplielines recueillies dans cet asile, situé rue Censier. Elles pouvaient y demeurer jusqu'à l'âge de vingtcinq ans, mais elles n'en sortaient guère que mariées. Les administrateurs se chargeaient de leur choisir un époux parmi les ouvriers <li>nl on pouvait garantir la conduite, et l'hôpital fournissait une dot à sii pensionnaire. Le mari était reçu maître gratuitement et sans chef-d'œuvre ;
• D'olain.
* Le iliisoii (lu miroir (1531)), daus X. de MoDiaiglon. Anciennes poésies friittçoises, t. \*1, p. 203.
3 Voy. H. Eslieniie, Dialognes, édil. de 1883, t. I, p. 180.
» Lettre ifiin .Sicilien, édit. Dufour, p. 42 et 02. 5 \oy. luiue II, p. 394.
MISKHICOIU)!': - MODKS
il lui snftisail di' présenter son hrevel d'apprenlissii};!' fl l'iicli' lie ct'li'liraliim de son iiuirinf:;!' '.
Missiers. \ oy. Messiers.
Mitaniers. \ ov. Métayers.
Mitonniers. Les luilaines ou ■j:auts sans doijjts étaient connues, dès le neuvième siècle, sous le nom de moufles. Jean de Garlande, au milieu du treizième siècle , mentionne des mitaines de cuir, « mitlas corio fadas », qui étaient confectionnées par les j^antiers -. A la même épcKpie, on voit les moulles tij^urer parmi les imiombnililes oly'els qui «garnissaient les liouli(]iies des merciers :
Et mofflos à mrltrc on lor mains 3.
Au seizième siècle, les mitaines prirent la forme de sachets où les mains se trouvaient emprisonnées *. Enfin, sous Louis XV, les éléjifantes même adoptent le miton, sorte de louj^ue manclietle qui commen(.'ait au poifjnet et couvrait l'avanl-bras. Mitons et mitaines étaient alors fal)rii|ués et vendus par les bonnetiers, qui s'ini il niaient Itonnetiers-mitOHuiers.
Mitre de Saint-Leufroi. Il existait dans l'éj^lise Saint-Leul'roi une pierre en forme de milre ([ui, disait-on, avait servi d'étalon pour les mesures et les poids usités à Paris. Cette pierre provenait du Parloir aux bourgeois, et l'église Saint-Leufroi, sa voisine, l'avait reçue à une époque fort reculée *.
Mitrons. Garçons boulangers. Au dixhuitième siècle, on donnait ce nom aux geindres ou premiers garçons ".
Modeleurs. Artistes qui créent une représentation quelconque, en terre, en cire, en plâtre, etc.
Modeleurs en cire, ^'o^■. Ciriers et Figures de cire.
Modernes (M.vîtres). Voy. Anciens.
Modes (M.\r(;handes de). Dans ses Botirijtvises à la mode, Dancourt introduit une madame .\nielin. marchande de modes; elle vient réclamer H la belle .Angélique ^JIO livres, « pour l'idée d'une coeffure extraonlinaire » qui lui a été fournie '. Je n'ai rencontré aucune mention antérieure de ce corps d'état, qui ne prit irexli'ii>ion qu'à dater du dix-huilième siècle. 1mi 1777, y Aliiiiiniich />/«/>////; fournit, il l'article Meriiikrs, la liste des principales marchandes de modes établies à Paris ; mais cette expression ne
' \'oy. .\lt('lz, Tableau ih l hunuinUë et th la bUnfaixaiire, p. 142.
- Dietionarius, édil. tSclietor, p. 24.
■* \ oy. te Oit d'un mercier.
' \oy. Quielit'rat, Hislulre du costume, p. 285 et 287.
5 (Irdoii/i. des mis de France, t. XII, p. 287. — (tailla rtirlsliaiin, 1. \'1I, p. 253. — .Vhbé I.elieuf, Diocèse de l'aris. 1. I, p. 71.
'■ .\bbe Jaubert, Dtctloiinaiie, l, I, p. 302. '.\cle 1, se. 7.
figure pas encore en 1778, dans le Dictionnuire de r Académie.
\.' Eiicycliipcdie mélhodique, un lnunl, grave et important recueil, puiscpi'il forme 217 gros volumes in-4°, consacra, en 178^^, au commerce (les modes un article très moral, (|ni montre connneiit fut accueilli ce métier appelé à un si
brillant avenir. J'y lis : « C'est en soi-même
un mince objet de commerce, et le protit qut; font les ouvriers, les voituriers, les trafi([uans sur cet objet cause une révolution fâcheuse dans les mœurs domestiques. Les dépenses excessives que les femmes et même les hommes s'accoutument à faire en parures et ornemens .sans ces.se variés dans la forme, font, par leurs etléts et contrecoups, des maux difliciles ii calculer ' ». Ne tenions donc pas de les calculi'r.
L'Académie française écrit en 181.">: « On dit modes au pluriel pour signifier les ajustemens, les parures à la mode : marchande <le modes ». L'édilion suivante, publiée en 1835, reproduit cette définition, et ajoute : « Dans cette acception, il ne se dit qu'en parlant de ce qui sert à l'habillement des dames ». Cette même année, elle enregistre le mot modiste, qu'elle définit ainsi : « Ouvrier, ouvrière en modes, marchande de modes ».
Au début, les modistes dépendent de la corporation des merciers, ce qui prouve qu'elles ne doivent rien fabriquer, qu'elles ont seulement la liberté (Venjoliper les objets produits par les autres corps de métier. Et pourtant, trois pages ne suffiraient pas pour donner une liste complète lies innombrables privilèges qui leur étaient accordés. L'article 7 de leurs statuts leur confère le droit exclusif <.< d'entreprendre, façonner, garnir, enjoliver, vendre toutes sortes d'ajustemens de femmes, tels que bonnets, chapeaux -, palatines, fichus, mantelets, mantilles, manchettes , pelisses , ceintures , etc. » Elles pouvaient « façonner toutes sortes de garnitures de robes, à l'exception de celles qui se font avec la même étoffe que la robe, et qui ne doivent être faites et appliquées que par les couturières, etc., etc. »
Les marchandes de modes employaient surtout le taffetas, la gaze, les dentelles, les rubans, les fleurs et les plumes. EUes « arrangent, diversifient, mélangent ces matières, suivant la destination que leur donnent l'usage et la fantaisie, suivant que le goût et le caprice du moment l'inspirent et l'exig-ent ».
C'étaient elles, en un mot , qui créaient la mode. Le grand habit ou habit de Cour, que les personnes présentées avaient seules le droit de porter, se composait d'un corsage baleiné et d'une jupe : la marchande de modes lai.ssait le tailleur confectionner le corps, et la couturière établir la jupe ; elle devait se contenter d'ajouter à ces deux pièces ce que l'on appelait les agrémens ou les garnitures. Ceci n'a l'air de rien, mais il faut savoir que, vers 1780, il y avait environ
1 Commerce, t. III, p. 177.
* -Nulles que ceux de feutre, re.siés te monopole des chapeliers.