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MONNAYEURS — MOSAÏSTES

ce crime, une chambre de jusiice qui siégea à l'Arsenal.

Philippe le Bel avait rendu, en oclobre 1309, une ordonnance portant que, dans toutes les foires, il y eut des vérificateurs de monnaies, charij^és de percer celles qui seraient reconnues fausses *.

Les monnayeurs relevaient de deux j iiridictions particulières, la cou?- des monnaies et la pn'oôlé générale des monnaies '-.

Les variantes du mot monnajeurs sont très nombreuses. Je donnerai seulement monétaires, monniers, monnoiers, monnoilaires, monoiers. monnoyers.

Voy. Monnaie.

Monniers . Monnoiers . Monnoi taires. Monoiers. Monnoyers. Monnoyeurs. \ 'O '• Monnayeurs.

Monte-charge (Constructeurs de). Les monte-charge et monte-plats étaient déjà connus en 14IJ7. (iuillebert de Metz ^, qui nous a laissé une curieuse description de Thôtel alors habité par Jacques Duchié, nous apprend que « par dessus tout l'ostel estoil une chambre carrée ou estoyent fenestres de tous costez pour regarder par dessus la ville. Et quand on y mengeoit, on avaloit * vins et viandes à une polie ^ pour ce que trop hault eust esté ù porter ».

Montée de la Marne. Impôt perçu au treizième siècle, sur les bateaux chargés de vin qui remontaient la Marne. Son tarif était arbitrairement fixé par le percepteur *.

Monteurs d'éventails. Voy. Éventaillistes.

Montre. Ce mot désignait ce que nous nonmions aujourd'hui étalage.

Morteliers. Ouvriers qui réduisaient en poussière certaines pierres dures, pour en former un ciment spécial. Celte opération nécessitait .sans doute l'emploi d'un mortier, et c'est de là qu'est venu le nom du mélange de sable et de chaux dont on se sert aujourd'hui ''.

C'est là l'explication la plus vraisemblable du travail des morteliers, sur le compte desquels on a émis cent hypothèses absurdes, jusqu'à les regarder comme marchands de l'espèce de saucisson nommé mortadelle^ . Au reste, il suffisait de lire l'article 1.^ de leurs statuts pour résoudre la question. 11 est ainsi conçu : « Li mortelier doivent jurer devant le mestre du mestier qu'il ne feront nul mortier fors que de bons liois ^ ; et se il le feit d'autre pierre, etc. ».

1 Oi'ihnufincf's rttijiili's, t. I, ji. 469-

2 \oy. ci's mois.

3 /)rsm'j)/ioii lie Piiris. l'ilit. I.i' Koiix ili' l.iiicy, p. 20(1.

4 Descciulait.

5 l'uiilii'.

f' Lirre lies métiers, 2» iiarlii', litre III, arl. i.

' \'uv- Ducanj^e, au mot mor/tirium.

** Jaubort, Dictionnnire t/es iir/.s et métiers, t. III, p. 243.

S* Pii'rri- de liais.

Au treizième siècle, les morteliers appartenaient à la corporation des maçons. Régis par les mêmes statuts, ils étaient, comme eux, soumis à l'autorité du premier maçon ou maître des œuvres du roi. Chaque maître ne pouvait avoir à la fois deux apprentis et l'apprenti devait ser\'ir pendant six ans au moins. Le travail à la lumière était interdit. Le patron de la communauté était saint Biaise « monseigneur S. Ble.sve •». Une tradition <[ui remontait à Charles Martel déclarait les morteliers exenqjts du service du guet bourgeois : « Li mortelier sont quite du gueit, très le tans de Charle Martel, si corne li preud'ome l'ont oï dire de père à fil ' ».

La Taille de 1292 cite huit mortelliers, celle de 1300 en mentionne six.

La rue de la Mortellerie allait de la Grève à la rue des Barres, à l'extrémité de laquelle était établi le port au plâtre. A quoi devait-elle son iiom'^ Est-ce aux meurtres dont elleétaitsouvenl le théâtre ? Est-ce à la famille Le Mortelier, qui y aurait demeuré 'i - Est-ce, comme le croit Jaillot, aux morteliers qui y préparaient leur mortier?' Celte dernière hypothèse est la plus vraisemblable ; elle est, d'ailleurs, confirmée par ce passage du Curtulaire de Xotre-Dame : « La rue de la Mortelerie devers Saine, où l'en fait les mortiers * ». 11 est vrai que, suivant Géraud ', il s'agirait ici de mortiers à piler, dont les fabricants se seraient également appelés des morteliers.

Mortes-payes. Vieux serviteurs logés, nourris et payés chez leur maître, et dont l'on n'exigeait plus aucun service. En 1712, il existait au château du Louvre quatre morte.s-payes qui louchaient 90 livres de gages *.

Mortiliers. V.iy. Morteliers.

Mosaïstes. Au moyen âge, leur art s'applique surtout à de petits tableaux de sainteté ', et leur histoire présente peu d'intérêt jusqu'au dix-septième siècle.

Vers 1660, Colbert appela en France d'habiles lapidaires florentins , Horacio et Ferdinando Megliorini, Branchy, Gachetti, etc. Installés aux Gobelins, ils assendilaient le marbre, le jaspe, l'agate, le lapis, pour composer ces tables de mosaï(|ues précieu.ses, ornées d'oiseaux, d'arabesques, de fleurs et de fruits que l'on peut encore admirer au musée du Louvre *.

On trouve dans l'Encyclopédie méthodique ' la liste des 112 différentes espèces de marbres employés par les mosaïstes. Ceux-ci, restés toujours en petit nombre, n'ont point été constitués en communauté.

I Di' père en fils. Licre îles métiers, titro XI. \ 111

S Sauvai, Reehereltes sur Paris, I. I, p. 152.

■' (Quartier ili- la (Irève, p. 40.

i Tumr m, y. -Am.

5 Piiris sous Philippe-le-ltel, p. 524.

6 Tnil.ouillot, Ètiit lie la France, t. I, p. 322.

" l)i> I.aboidi', .Yii/iee îles étnaux, p. 400 ol 508.

** .\.-L. ï.acordaiiv, \otiee sur In manufitclure îles (iulielins, p. 71.

» .\rls et métiei'S, t. V, p. 244.

MOTTKS A HHri,I';i{ — MOUCHKIRS I)].; CHAXDKI.I.KS

Mottes à brûler Marchands de). Dès le Iri'izirmi' sii'cli', ils criaii'iil ilaiis Ips rues leur i\i<u'rh<inilise :

I, autres prie qui veut U- Ion ? 1.

Ou eu Irouvilil aussi chez les re^ralliors.

l'ciidaiil plusii'Ui-s siècles, les pauvres n'eurent };uère pour se chauller que des molles et de lu cliènevolle.

Mouchards. Nom donné aux ay;enls de polii-e. A la lin du dix-huilième siècle , on employait plutôt le mot mouches *.

Mouchards ambulants. \ nv. Falots.

Mouches Faiselrs de). Ou ne sait quelle est la Parisienne au teint bruni qui eut la première l'idée de se coller sur la figure des petits morceaux de talTetas noir; mais je suis assez lier d'avoir retrouvé dans un livre peu connu l'orijjine de cette coutume. A la tin du seizième siècle, on .soignait les maux de ilenls en appliquant sur les tempes de mignons emplâtres étendus sur du tatletas ou du velours ■''. Il ne fallut pas longtemps à une coquette pour remarquer que ces taches noires faisaient ressortir la lilanclieur de sa peau, et que si le remède était inel'llcace contre l'odontalgie, il jouissait d'une vertu bien autrement précieuse, celle de donner de l'éclat au visage le plus fané.

Sous Henri I\', toutes les femmes portaient des mouches *, même à l'église, car on lit dans un couplet satirique du temps :

Portcz-on à l'œil, à la temple », Ayez-en le front chamarré, Et, sans craindre votre curé, Portez-en jusque dans le temple 6.

L'austère Fitelieu s'en indigne, el déclare aux coquettes qui se couvrent de mouches « qu'il y en a bien davantage dans leurs cervelles ' ». Les hommes pouvaient prendre leur part de ce compliment, puisque les Lotx de la galanterie permettent aux « galands de la meilleure mine de porter des mouches rondes et longues, ou bien l'emplastre noire assez grande sur la temple, ce que l'on appelle l'enseigne du mal de dents * ». I.a mode linit par gagner jusqu'au clergé : une mazaiinade, écrite en 1649, menace de la colère de Dieu ^< les abbés frisez, pondrez, le visage couvert de mouches ' ».

On en portait même dans les couvents '", el chacune d'elles avait son nom. Placée

Près de l'œil, elle se nommait la passionnée. .\u coin de la bouche la baiseuse.

' I.e lan, dont les mottes sont faites. (Juill. de la \ilte Neuv»', Les crifrîrs rfe Paris.

- \\,y. Mercier, Tnbleau île Pmii, t. IX, p. 307.

■' Louis Guvon, Dir erses lefons (1(525), t. II, p. 138.

» \'oir le /<)/»■««/ d'Héroard, t. I, p. 49 et 380.

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