‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 233 sur 422 · la tempe · texte numérisé non relu

la tempe

* Taltemant des Kéaux, Hislorielles, t. W, p. 335.

■J Ln eonire-mode (1642), p. 373.

« Paçi' 27.

î* .Suite iffs miiximes momies, p. 22.

10 \'oy, les .Mémoires île la ilttehesse de Mtiziiriii, dans Saint-Réal, (Encres, t. III, p. 577.

Sur les lèvres ta coquette.

Sur le nez rejfronti'e.

Sur le front la majestueuse.

.\n milieu de la joue la galante.

Sur le pli de la joue en riant . Penjouée.

Sous la lèvre inférieure la discrète.

Sur un bouton la voleuse.

\\\\ KiO'i, << la iHinne faiseuse de mouches » demeurait rue Saint-Denis , « la perle des mouches '.

Sous Louis XV, toutes les femmes avaient dans leur poche une boiteà inouches, petit coll'ret d'or, d'argent, il'ivoire ou d'écaillé, qui renfermait un miroir, du rouge et des mouches. Ces dernières, faites en général de tatl'etas gommé, an'eclaient toutes les fonnes : il y en avait de rondes, de carrées, d'ovales. On s'amusa même à les découper de manière à imiter les étoiles, la lune, le soleil, un croissant, un cœur, des personnages, surtout des animaux, ce qui permettait d'avoir toute une ménagerie sur la figure. Pendant un moment, la grande mode fut de se coller sur la tempe droite une large mouche ronde en velours noir, qui res.semblait à un emplâtre - et que l'on ornait parfois de petits brillants ^.

Le monopole de la fabrication des monche.s l'ut de bonne heure accordé aux découpetirs. *

Mouches. Voy. Mouchards.

Mouchettes. ^■oy. Chandeliers.

Moucheurs de chandelles. Humbles, mais indispensables, fonctionnaires des théâtres. A la fin de chaque acte, on descendait les lustres, et les moucheurs s'avançaient sur la scène pour s'acquitter de leur emploi. Forcés par l'impatience du parterre de se montrer expéditifs, ils imprimaient au lustre un léger mouvement de rotation, qui amenait une à une chaque chandelle sous le tranchant de leurs mouchettes. La mèche de chaque chandelle devait être mouchée d'une main sûre, près de la lumière, rapidement, d'un seul coup. Le public était fort attentif à cette opération : si elle réussissait sans que l'artiste eût éteint une seule lumière, eijt manqué une .seule chandelle ou etit donné un second coup de son instrument à la moine mèche, la salle éclalait en transports flatteurs.

Les moucheurs étaient parfois chargés des rôles de confidents, et avaient ainsi une nouvelle occiision de se faire applaudir ou huer. Dans la préface d'une de ses pièces, Corneille déclare qu'il ne veut plus écrire de rôles pour les moucheurs de chandelles.

Les moucheurs, écrivait Chappuzean vers 1674 sont au nombre de deux. Ils doivent s'acqniller de leurs fonctions « promplemenl. pour ne pas faire languir l'auditeur entre les actes, et avec propreté, pour ne luy pas donner de mauvaise

• Le licre conimvt/e, I. II. p. 76.

- .Mail, de (ienlis, Mémoires, t. IX, p. 222. ■* Mad. de Genlis, Dielionnnire i/es étitptettes, t. I, p. 4015.

MOUCHEURS DE CHANDELLES — MOULEURS EN l'LATRE

(idi'ur. L'un iiiouchi' \r ileviinl ilu lliéàlre et l'autre le fond, et surtout ils ont l'œil que le feu ne prenne aux toiles. Pour prévenir cet accident, on a soin de tenir toujours des muids pleins d'eau el nombre de seaux ' ».

On trouve parfois, (Jans les rej^istres de la Comédie française, en face du titre d'une pièce, ces mots Un/hur -. Cela si<pnifiait, a-t-on dit, que la pièce ne couvrant pas les frais, on s'était décidé à ne point jouer, à éteindre les chandelles, à rendre la salle noire connue un four.

p]n 1660, Molière éclairait encore la scène du l'aliiis-Hoyal avec douze lustres en cristal taillé jjorlant chacun dix chandelles de six à la livre, et la rampe avec ([uarante-huit chandelles de huit à la livre. Il ne ren<plaçait les chandelles par des liouij^ies que pour le roi.

Peu d'années auparavant, et jusqu'à la représentation de la Sylvie de Mairet (1621), l'on ne connaissait pas un pareil luxe. « Toute la lumière, dit Ch. Perrault, consistait d'abord en quelques chandelles dans des plaques de fer-blanc attachées aux tapisseries ; mais comme elles n'éclairaient les acte\irs que par derrière et un peu par les côtés, on s'avisa de faire des chandeliers avec deux lattes mise en croix, portant chacun quatre chandelles, pour mettre au devant du théâtre. Ces chandeliers, suspendus ij^rossièrement avec des cordes el des poulies apparentes, se haussoient else baissoienl sans artifice et par main d'homme pour les allumer et les moucher ' ».

Voy. Théâtre.

Mouchoirs, de).

Voy. Blanc (Spécialité

Moulée (Teinturiers de). Voj. Teinturiers du petit teint.

Moules (Faiseurs de), ^'oy. Passementiers.

Mouleurs. Titre accordé aux tabletiers.

Mouleurs de bois. Le bois ii brûler était autrefois mesuré au mou/e ou à la corde. Toutes les bûches devaient avoir trois pieds et demi * de longueur, el l'on employait, suivant leur g-rosseur, l'une ou l'autre des deux mesures.

Le morde était un anneau de fer qui avait dix pieds et demi de diamètre. Il était marqué d'une Heur de l^'s, et l'étalon s'en conservait à l'Hôtel de ville. Il servait à mesurer les bûches qui avaient au moins dix-sept pouces ^ de "(•rosseur. Va\ g-énéral, il entrait environ seize bûclies par moule, et trois moules auxquels on ajoutait douze bûches faisaient la charfje d'une charrette. Aussi appelait-on le gros bois Imis de moule ou bois de compte, et le nom de compteurs de bûches était souvent donné aux moideurs. L'édition publiée en l,^00 de la grande ordon-

ï Le the'fi/re fraiiçot's, p. 245.

2 Registre rie La Grange, p. 14.

■"* Piinillèle (les aiieiens et ^es jnofternes, t. III, p. Ifll.

* Environ 1™ là centim.

5 Environ 00 centimètres.

nance de février 1415 renferme ' une gravure qui représente un mouleur de bois occupé à remplir un moule.

Les bûches d'une grosseur inférieure à dix-sept pouces .se mesuraient à la corde. La corde était composée de ([uatre pieux fichés en terre et formant un quadrilatèri' de huit pieds sur quatre *. C'e.st en 1641 seulement que. par ordre de la municipalité, fut construit l'étalon de cette mesure, membrure en charpente à la(|uelle on ne donna que (juatre pieds en tous sens. hlUe contenait environ 96 bûches ■*.

Delainarre croit qu'il existait des mouleurs ih' bois dès l'année 1170 *. Je les trouve mentionnés pour la première fois dans la Taille de i202, qui en cite un seul, dit conteevr de busches. L'ordonnance de janvier \'.]h\ veut qu'il y ait à Paris « ,")0 mesureurs de busches tant seulement •'' », el l'ordonnance de fé\Tier 141.'} fixe leur nombre à 40 jurez compteurs el mouleurs de busches '>.

Après avoir prêté serment, clia([ue mouleur devait bailler au clerc de la ville cinq sous, et verser six livres dans la caisse de la confrérie. Il ofîrait ensuite un pust ou repas à ses confrères ; le clerc de la ville n'y assistait pas. mais il avait droit à « deux pains, un mets de chair el deux pots de vin ». Les mouleurs étaient tenus de « faire continuelle résidence a jours ouvriers » sur les ports de la Grève, de l'école Saint-Germain et de la Bûcherie, « afin que le peuple en soil diligemment servy ». En cas de maladie, la corporation fournissait à celui de ses mend)resqui était incapalile de travailler (juatre sous par semaine.

Le nombre des mouleurs de bois fut porté à 51 par l'édil de 16:^3, à 100 parl'édit de 1644, à 160 par l'édit de 1646. Louis XIV créa en outre des offices de contndeurs de la b&che, qui furent rachetés par les mouleurs, el ceux-ci purent alors prendre le titre un peu prétentieux àejtirés monleurs-compteurs-cordeurs-mesureursel visiteurs de toutes sortes de bois, ù brûler, à bâtir et ^ouvrages. Les mouleurs avaient pour patronn(^ sainte Geneviève tlont ils célébraient la fêle le /{janvier à l'église Saint-.lean en (îrève.

L'ordonnance de février 1415 les nomme moleurs et riudleurs. *

Voy. iV.ides à mouleurs.

Mouleurs de briques. Ouvriers briquetiers (|ui donnaieid a la terre sa forme définitive. Un bon mouleur, dit Y Eticyclopedie me'tiodiqite* , « forme neuf à dix mille bri([ues dans sa journée, pourvu qu'il puisse travailler douze à treize heures. c(Mnine il le l'ail si le temps le permet ».

Mouleurs en plâtre. Le moulage en plâtre est iwigiuaire d'Italie, et il ne fid guère

I l'iifîi- .\.\XII.

* Environ 2"' Cl .<ur l"n32.

:> Dflanian-e, Traité ite In potier , I. III, p. 836.

i D^taniiirn-, t. III, p. 887.

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