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nourriture des dits gens de guerre passans ou séjournans, etc., etc. ».

Bien entendu, ces privilégiés n'exerçaient pus •Ml personne, faisaient faire par des commis la ridicule besofrne qui leur incombait. Ils n'avaient vu dans cette opération qu'un avantageux placement d'argent, et j'ai le regret de dire qu'en ceci ils ne s'étaient pas trompés.

four montrer toute l'utilité que le public devait retirer de ces différentes charges, il suffit d'en reproduire les titres. Louis XIV créa donc :

130 gardes de bateaux sur la Seine.

30 contrôleurs au placement des bateaux.

20 remonteurs de bateaux.

40 roulenrs de tonneaux.

120 déchargeiirs de tonneaux.

200 inspecteurs des bâtiments, visiteurs des miilériaux.

TiO cribleurs de blé.

32 jangeurs de vin.

60 mesureurs de grains.

26 — de charbon.

r>0 inspecteurs des veaux.

142 essayeurs d'eau-de-vie.

100 — d'huile.

50 — d'or.

400 contrôleurs de vin.

160 — de volaille.

130 — de marée.

100 — de beurre et fromage. 100 — de poisson d'eau douce.

50 — de fruits.

50 — de porcs.

50 — de papier.

30 — de liquides alcooliques. Etc., etc., etc.

Les corporations allaient être encore plus directement exploitées.

Au mois de mars 1691, parut un édit qui leur enlevait le droit de nommer leurs jurés. Le roi dorénavant s'en chargeait. Il créait dans chaque communauté des charges de juré, qu'il mettait en vente au plus offrant * . Le roi promettait de les choisir parmi les maîtres déjà reçus', mais chacun savait comment étaient tenus ces sortes d'engagements. On devine quel émoi saisit les communautés. Elles allaient donc être régies par des étrangers, par des inconnus ne présentant même aucune garantie d'honorabilité, à qui il faudrait ouvrir Ions les livres, communiquer tous les papiers, à qui enfin il faudrait obéir. Personne ne se trompa sur les intentions du roi. Aussi les communautés lui demandèrent-elles de conserver leurs jurés élus, offrant en échange de lui payer la somme que devait produire la création qu'il avait ordonnée. Bien entendu, le roi accepta avec empressement. Les corporations, déjà décimées par la révocation de l'édit de Nantes, vendirent leurs rentes, hypothéquèrent leurs

1 Le roi n'oublia pas lonfjtomps les petits métiers non constitués en rorporation. Uès le mois de décembre, un édil leur imposa des s™dics, dont les fonctions devaient Ctre analogues à celles des jurés des corporations.

î Article 4.

biens, empruntèrent à gros inlérôls, ne reculant devant aucim .sacrifice pour rester maîtresses chez elles. Elles versèrent ainsi plus de trois millions, et dans la formule du reçu qui leur fut donné, h- roi eut l'impudeur de reconnaître que les communatités « ont un notable inléresl. non seulement que les charges de jurés soient exercées par des personnes de probile et d'expérience, et que ceux qui en abuseront puis,senl estre dépos-sédés, mais encore que ceux de leurs corps qui peuvent s'en bien acquitter pui.s,sent y parvenir à leur tour, au lieu qu'ils en seroienl exclus, puisque ceux que nous en aurions pourvus n'en pouvoient estre dépossédés*...» Le roi reconnaissait donc l'injustice de son édit et le bien fondé des réclamations présentées par les communautés. Il ne refusa pas moins d'y faire droit jusqu'à ce que

Les merciers lui eus,sent payé 300.000 livres.

Les épiciers

Les marchands de

vin —

Les drapiers

Les tailleurs

Les orfèvres

Les menuisiers

Les bonnetiers

Les limonadiers

Les pâtissiers

Les savetiers

Les gantiers

Les fourbisse\irs

Les bourreliers

Les vinaigriers

Les pelletiers

Les tourneurs

Les éperonniers

Les gainiers

Les vidangeurs

Etc., etc., etc.

L'affaire avait été trop fructueuse pour que le roi ne fût pas tenté de la renouveler, et nous allons assister à un lamentable spectacle.

Au mois de mars 1694. Louis XIV déclare qu'il a eu bien tort de permettre aux communautés de racheter les offices de jurés créés par lui. Il a appris, en effet, avec un vrai chagrin, que les comptes des corporations sont mal tenus. L'intérêt tout particulier qu'il porte au commerce le décide donc à créer dans chaque corps de métier des offices d'auditeurs et examinateurs des comptes. Cette fois, c'est pour tout de bon: on ne peut tolérer chez des commerçants des livres négligés, la création faite par le roi répond donc à une nécessité de premier ordre.

Pas moins, quand les communautés désespérées offrent de racheter encore ces offices, le roi s'empresse d'y consentir. En nombres ronds.

Les merciers lui payent 198.000 livres.

Les marchands de vin — 120.000 —

Les épiciers — 76.000 —

Les drapiers — 59.000 —

< ûéelaralion du Roy, 1691, in-4" * Voy. à la fin de cet article.

OFFICICS

Les orfi'vres lui payent Les linionaïUers — Les chapeliers — Les l)Oiinetiers — Les pâtissiers —

Les Joailliers —

Les serruriers — Les fourhisscurs — Les bourreliers — Les pelletiers — Les passementiers — Les tahletiers — l>es vanniers —

Les vidanjjeurs — Les cordiers —

Etc., etc., etc.

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