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OURS — OUVRIERS

Au <lix-septième siècle encore, on croyait fermement que quiconque s'était assis sur un oure, même muselé, ne pouvait plus jamais avoir peur '. M"" de Rambouillet n'en était pas là, et elle le prouva bien à Voiture. Ce bel esprit ayant un jour rencontré rue Saint-Thomas du Louvre un montreur d'ours, l'introduisit discrètement dans la chambre de la marquise. « Elle lisoil, le dos tourné à des paravents, elle entend du bruit, se tourne et voit deux museaux d'ours sur sa tête * ».

A cette époque, on nommait aussi meneurs d'ours « un précepteur qui conduit des jeunes j^ens, ou pour les faire voyager ou pour les faire étudier' ».

Voy. Bateleurs.

Ouvreurs. Dans les fabriques de papier, ouvriers préposés au travail de la cuve. On les nommait nuin^i puiseurs et plongeurs.

Dans les verreries, dans les tourbières, certains ouvriers portaient aussi le nom d'ouvreurs.

Ouvreurs d'huîtres. Vc.y. Écaillers.

Ouvreuses de théâtre. Ces fondions fuiTuI d'iilMjrd remplies par desliummes. Samuel Chappuzeau écrivait en 1674 : « Les ouvreurs de lo"-es, de théâtre et d'ampliithéàtre, au nondjre de quatre ou cinq, doivent estre pronts à servir le monde, et donner aux r^ens de qualité les meilleures places qu'il leur est possible, comme ils en reçoivent aussi quelques douceurs, ce qui ne leur est pas défendu * >>.

En 1760, on comptait :

A l'Opéra, 1 ouvreur et ,') ouvreuses.

A la Comédie française, 6 ouvreuses.

Aux Italiens, 9 ouvreuses =.

\o\. Contrôleurs et Théâtre.

Ouvriers. Au treizième siècle, l'ouvrier (]ui demaniiait à être embauché devait prouver d'abord qu'il était libre de tout engagement antérieur. Une simple affirmation du dernier maître ne suffisait même pas ; on exigeait de lui un serment prêté sur les reliques de (|uelque saint *. L'ouvrier arrivé de la province ou de l'étranger était également tenu d'établir qu'il avait « fait le gré de son niestre de qui il sera parti ' ». Très sai'emenf, les fermaillers lui demandaient aussi de prouver qu'il s'était soumis à un apprentissa"-e de huit ans au moins, temps imposé aux a[)prenlis de l'aris *.

Tous les membres de la corporation se regardant comme solidaires, ils en refusaient l'enti-ée aux paresseux, aux débauchés, aux bannis, aux voleurs, aux meurtriers : « Nus niaistres, disent les statuts des boucliers d'archal ne doit souIVrir

' Sauvai, Recherches sur Pnris. t. I, ji. I."i4.

2 Tallcmaiit ili's Rôaux, hislorirlirs, I. III, [i. Ô3.

3 Dicli'innaire île Trècoiix, t. A', ]). 930. * I.e théâtre friiHçois, p. 2-10.

'■> Jczi\ État ou tableau. iMc, 2'' Jiarli.'. p. 1, h v\ 1(1.

6 l.irri' des métiers, tilr.' M iM litr.' I,XI.

■■ I.irre îles métiers, titre XX\ III, ail. C.

8 Livre (les métiers, titre XXII, art. 3.

li vallet qui ne soit bons ou loiaus, ne reveeur ', ne mauves garçon *. » Dans certains métiers, on n'admettait même pas l'ouvrier qui avait une maîtresse : « Xus, disent les drapiers, ne doit souffrir entour lui ne enlour autre du meslier. larron, ne murtrier, ne boulier ' qui tiegne sa meschine * au chans ne à l'ostel = ». Les tisserands se prononcent plus énergiquement encore dans leurs statuts de 1281. Ils s'engagent à

repousser « tout boulier qui tient sa p n eus

chans» ; l'ouvrier voulant introduire ime femme dans l'atelier doit établir, « par bons tesmoins ou par créabilité de sainte Yglise '", que il a espousé la famé ' ».

La corporation se préoccupait au.ssi du vêtement des ouvriers, voulait qu'ils fussent toujours propres, même pendant le travail, « pour nobles genz, contes, barons, chevaliers et autres bonnes genz qui aucunes foiz descendent en leurs ou\T0uers ' ». Les fourbis.seurs. qui .s'expriment ainsi, devaient en effet recevoir souvent la visite de srentilshommes; aussi refusent-ils d'en^atrer un ouvrier dont le vêtement ne représente' pas une valeur de cinq sous, soit peut-être une trentaine de francs de notre monnaie. Le texte dit « cinq soudées de robe », mot qui désigne, selon toute apparence un trous.seau complet, car l'ouvrier était presque toujours logé et nourri chez son maître. Les foulons, en relations moins fréquentes avec la noblesse, se contentent d'abord d'un trousseau de douze deniers ' ; mais, dès 1443, il doit représenter quatre sous parisis '". L'ou\Tier du treizième siècle s'habillait donc proprement, et tout porte à croire qu'il soignait sa toilette autant que rou\Tier de nos jours, surtout à l'âge où il pou%'a il espérer être remarqué des femmes. Vers 1250, Jean de Garlande raillait les teinturiers qui avaient les ongles feints tantôt en rouge, tantôt en noir, tantôt en bleu, de sorte que, ajoute-l-il, lesjolies femmes restaient insensibles à leurs hommages, et ne les aimaient qu'à beaux deniers comptants, « vingues habent pictos. quorum quidam sunt rubei, quidam nigri, (juidam blodii, et ideo comtempnunlur a mulieribus formosis , nisi gratia numismatis accipianlur " ».

On comptait déjà autant de lingers que de lingères, et Jean de (iarlande se plaint de ce que les hommes aient ainsi usurpé des fonctions qui ne devraient appartenir qu'aux femmes '-. Les corporations veillaient, du moins, à ce que cellesci ne fussent pas astreintes à de durs travaux, el

< Klànour.

* /,/rrc lies métiers, titre XXII.

•1 IV'bauc-hé.

* Maîlrissr.

3 Hors de la ville ou chiz lui. — Litre des métiers, titre L.

* Par un certiOcat de l'ecclésiastiquo qui l'avait marir ' DeppinfT, Orilnnn., p. 390.

8 Statut.s de 1890, dans Depping, p. 3BC.

^ Pt'ul-i^tri' six francs de notre monnaie. — Lirre ilts métiers, titre I.III.

'0 Statuts, art. 8.

" Dictiniwrius, édit. Selieler, p. 30.

'* « (juiilam boniines usurpant sibiofficium mulieruni, quia vcndunt niappas el manutcrgia. i> P. 28.

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