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OUVRIERS

qiiHiid un iiu'ti<'r était trop pi'iiililc, on le leur iiitirilisait : « Nule rcnn'. (Hm'mI les faiseurs de tapis sarra/.iiinis, ne puel ne ne iloit esire aprise au nii'stier devant dit, ])iiur le lueslier (|ui est trop j^reveus ' >>.

L'aj)prenti re(;u ouvrier n'était admis ii l'atelier ((u'après avoir fuit sur les reli(iiies des saints et en présence de deu\ membres de la corporation - un serment solennel ^, qui l'enj^af^euit pour toute sa vie. Il jurait do se conformer aux statuts de la communauté, et de dénoncer aux jurés les infractions qu'il pourrait découvrir, fussent-elles commises par son propre maître. Aussi intli|;eail-ori une amende de (■in(i sous au maître qui n"exiy;eait pas ce serment '.

Le nombre des ouvriers accordés à chaque maître n'était pas limité. De là, cette formule, qui est inscrite dans les statuts do pn-sque tous les métiers : « Quiconque est . . . à Paris, il puet avoir tant de valés comme il li plera ■'■ >^. Mais il v avait des exceptions à celte ri'i^le. Les l'ourbisseurs, par exemple, ne devaient avoir qu'un seul ouvrier commensal de Min maître, « beuvant, manjjeant, couchant et levant en son liostel y>. Le fourbisseur du roi « (|ui fet les ouvres le Roy » pouvait cependant en posséder deux dans ces conditions *. En 1290. les quarante fourlnsseurs établis à Paris occupaient seulement soixante-cinq ouvriers.

Les statutssont à peu près muets sur la ([uestion du salaire. Ceux qui le mentionnent n'ont, d'ailleurs, d'autre souci que de prévenir les discussions entre le patron et l'ouvrier. Les tailleurs stipulent (pie ce dernier aura seulement droit au salaire alors en usajje : les faisetirs de courroies exij^ent qu'il se contente, pendant une semaine au moins, du prix fixé le jour de son embauchap;e.

Si l'on s'en tient à ce qui précède, la condition de l'ouNTier ditrérait peu au treizième siècle de ce qu'elle est au dix-neuvième. Toutefois, le premier, dépendant d'une association, prêtait serment de la servir et de lui rester fidèle ; en outre, il s'enirairoait ordinairement avec son patron pour une année, et il était lojrè et nourri chez lui. Le plus souvent, c'était l'ai^prenti, ([ui, son temps achevé, se loiuiit ainsi, conservait au loj^is et à la table de famille la place qu'il occupait déjii depuis cinq, six, huit ans. De là, entre son maître et lui une intimité d'autaid plus "grande (jue le nondire des ouvriers emplovi's par chaqiu> maître était toujours fort restreint.

L'enfant, dès si m entrée à l'atelier, était meiubre de la corporation et avait des droits vis-à-vis de son maître. Les statuts lui en accordaient bien d'autres le jour où, après les longues années de

* Liere lifs métiers, titro LI.

- lÀere des mêliers, titiT XXXIII, ail. 1

•'' l.irre des métiers, litre XXXVI, ml. 7; XI.VIll, ait. 8; tiliv LXXVIII, ail. an.

' Liere des métiers, litii' I.XXII, arl. 12, et LXXIX, art. 13.

5 Litre des métiers, titre III, art. .S litre XV, art. 9 ; titre XVIII, art. .". 4 : lilr.- XIAIII, arl. 7, elc, itc.

6 Uepping, p. 369.

lilir

titre XIII. art. 2 ; lilr.' XXIV, art.

travail et d'altenle, il avait conquis le titre d'ouvrier. Confrère de son uuiître, il devenait alors à bien peu de ejioses près sou éi^al. l'u mémo amour, iiispiri" par l'esprit île corps el la confonuile des intérêts, les liait à la même association, el tous deux prenaient une pai't arliveaii «^ouvernemeiil de ce |)elit miuiile <pii était Uml leur horizon.

S'ajîi.ssait-il de modifier les statuts i|ui le rétrissaient '? Patrons et ouvriers se réunissaient, et ils arrêtaient ensemble \ine nouvelle rédaction, qu'ils allaient siiumellre au [iréviM de Paris.

En aoiil l'^.")?, comparurent devant lui « les maistres foulons el leurs varlets, et apporti-rent un escript qui avoit esté faict ])ar l'accord des deux parties ' . . . >>

Le prév6tRej^naul Uarbou écrit en mai 1270 : « Nous faisons à savoir que par devant nous vindrent les mestres et valiez d'oubloirie, et recofrniu'ent qu'ils avoient fait ceste ordonnance de leur meslier en la manière qui s'ensuit -. . . » Au mois d'avril l"2yO. « s'assemblèrent les coulepointiers, maistres et vallès, presque tous ceux (pii adonc estoient à Paris ouvrant ^ de ce mestier, et suplièrent Jehan de Montei<;ni, ailonc prevost de Paris, que pour le profit de leur mestier tels establi.ssemens fussent faits audit mestier ' >.

La même année. f(uaranle maîtres el soixantecinq valets fourbissetirs oblinrenl é^alemenl la revision de leurs statuts ■'.

Ils sont imités en 129;i par les maîtres et ouvriers tailleurs '' ; en I2l)ô, par les maîtres et ouvriers faiseurs de tapis ' ; en 1299, par les « maîtresses et ouvrières » qui avaient la spécialité des bourses et desaumônières sarazinoises * ; vers 1300, parles maîtres et ouvriers brodeurs " ; en 1346, par les maîtres et ouvriers chaussetiers '».

Les droits des patrons et des ouvriers semblent avoir été alisolument éj.faux en ces circonstances, car les actes soumis à l'autorité prévôfale portent les siirnatiires ou du moins les noms des uns et des autres.

S'agissait-il de nommer les jurés qui, pendant deux ou trois ans, allaient administrer la coiuinuiiaulé ? L'élection se faisait au Hujfratje vinrrr.sfl, maîtres et ouvriers réunis. Les jurés, disait-on, étaient « esleus et establis par l'accord du commun du meslier ». Et ce n'est pas tout, dans un grand nombre de corporations une partie des jurés était choisie parmi les ouvriers. La communauté des foulons était régie par quatre jurés dont deux pris parmi les patrons et deux parmi les ouvriers ". Au sein de ce métier.

' Depping, p. 3il7.

- Deppiiii;, p. 350.

■* Travaillant.

* Deppiiij;, \>. HHtl.

■• Dcppiiif;, p. 367.

6 Depping, p. 412.

'' DcppinfT, |i. 41(1.

8 Deppin;,', p. 3><2.

" UeppiniJ:. p. 179.

10 Statuts des taillfur.s, p. 21.

" Dcpping, p. 398.

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