PAIX-D'ÉPICIERS — PALEFRENIERS
Louis XIII avait une passion pour le pain d'épices. Aussi s'en fit-iL sous son règne, une ('■nornie consommai ion : « tout le monde en [jortoit (liins sa poclie ; on s'en donnoil aussi les uns aux autres, et on en vendoit dans tons les lieux où il y avoil des assemblées, soit de plaisir, soit de (lévi)ti<m ' >..
Les paiii-d'épiciers, dits aussi pâtissiers île pain d'épiées, étaient au nombre de quinze ou seize à la lin du dix-huitième siècle.
Paing-neurs. Painteurs. Paintres.
Vov. Peintres.
Painturiers. Nom que le Livre des métiers donne aux peintres-selliers -.
Voy. Ajmoyeurs it Blasonniers.
Paissonniers. Ceux qui faisaient paître les bestiaux. Ils sont cités sous ce nom dans l'ordonnance du 13 août 1669 sur les eaux et forêts '.
Palais ifi.u.EKiES nri. Plusieurs commerçanls pcissédaienl une jjoutique à l'intérieur du palais de justice. L'endroit le plus recherché élail la (jalerie marchande, dite aussi merrerie du Puluis, salle aux merciers, galerie mercière, etc., parce qu'elle abritait, depuis plusieurs siècles un j^ranil nombre de merciers. Située en haut du [ifrand escalier qui fait face au boulevard du Palais, c'est celle qu'occupent aujourd'hui les loueui-s de robes et de toques à ru.sa<je des avocats. Par derrière, et attenantes à la grosse tour centrale, se trouvaient une vaste pièce et une cuisine dont les merciers avaient aussi la jouissance ; là étaient organisés les banquets donnés par la communauté dans les occasions solennelles, élection des jurés, fête de saint Louis, etc.
« La .sale des merciers, disait Guillebert de Metz vers 1410, a de long quatre vingt pies. Là vent-on divers joyaux dor. d'argent, de pierres précieuses et autres * ». Antoine Astesan, qui décrivit cette galerie quarante ans après, en fait un éloge plus enthousiaste et plus complet. Là, dit-il, on trouve des vêtements neufs ou vieux, de superbes tissus, de la laine, du fil, de la soie, tout ce qui peut servir à parer les jeunes filles et les jeunes femmes, les mères, les enfants et les hommes. Tout ce qui peut apporter quelque joie aux malheureux mortels s'achète dans cette salle. 11 n'y manque ni les échecs, ni les dés, ni les autres jeux. On y rencontre, présents si doux pour les petites iiUes, de belles poupées, aussi bien faites que bien haliillées •'.
On V vendait i)eaucoup d'autres choses, et cette galerie n'était pas la seule livrée aux marchands. L'ambassadeur vénitien Lippomano écrivait en l.")77: « Dans les corridors
' Nuniéi'o (le tVvrier 1732, p. 200-
î Tiln- lAXVIII, ail. 3U.
3 Édit. do lfir.9, p. I.'iO.
* Deficripfioii lie Pai'ix, clinp. XXI.
5 Descriplioii de Paris, cdil. Le Roux de Liacy, p. D33.
du Palais, il y a une immense quantité de boutiques, à peu près comme dans la Mercerie de \'enise, et l'on y rencontre toujours une foule de cavaliers et de dames ' ». (Corneille, dans sa Galerie du Palais *, fait figurer parmi ses personnages un libraire, une lingère et un mercier '.
Leurs bouli(jues, bien étroites et bien .sondires si on les compare à nos magasins actuels, n'avaient guère de rivales à Paris. Abraham Bosse en a reproduit laspect dans une jolie gravure *, au bas de laipielh; on lit ces vers :
Tout ce que l'art humain a jamais inventé Pour iiiicu.x cliarmer les sens par la ffalanterie, Kt tout ce qu'ont d'apfias la {^ràee et la beautt* Se descouvre à nos jeu.x en celte galloric. . . ley, faisant semblant d'acheter devant tous Des pands, tles esventails, du niban, des dentelles, Les a<lroils courtisans se donnent rentlez-vuus, Et pour .se faire aimer galantissenl les belles. Icy <|uelipie lingère, à faute de succez A vendre abonflamment, de colère se picque (Contre les chicaneurs 5 qui, parlant de procez, Enipeschent les chalands d'aborder .sa boutique.
Fitelieu nous apprend qu'au milieu du dixseptième siècle, les mercières du Palais se montraient fort coquettes, et que la mode des coiffures était donnée par elles. « Les mercières du Palais, dit-il. galantissent de ce costé, et pour faire envie à celles qui les visitent pour s'inl'diiiier des nouveautés, il n'e.st rien de si ajusté ([u'elles, ny de si gentil que leur teste. Ces affetées ne manquent pas de rhétorique pour leur persuader cette mode qui leur donne du pain '"' ».
Rien n'était changé en cet endroit un siècle plus tard, car Rica écrivait alors de Paris: (1 J'allai l'autre jour dans un lieu où se rend la justice. Avant que d'y arriver, il faut passer sous les armes d'un nombre infini de jeunes marchandes, qui vous appellent d'une voix trompeusi' " >>.
Palefreniers. Ce sont ceux « qui pansent et entretiennent les chevaux. On les nomme valets d^écurie dans les hôtelleries et dans les auberges, et palefreniers dans les académies et les grandes maisons... Dans les manèges, les palefreniers sont ordinairement chargés du soin de sept chevaux ; ailleui-s, ils n'en ont que quatre à panser par jour, et c'est as.sez * ». Les « instrumens propres à leur usage sont l'étrille, la iirosse. le peigne de corne, l'éponge, l'époussette, le couteau de chaleur, les ciseaux ou le rasoir, le seau, la pelle, la fourche de bois, le balai de bouleau, le balai de jonc, la fourche de
' /teintions des ambassadeurs rènilieHS, t. II, p. ."«OS.
2 Jouée en 1(>;)4.
■** .Vcle I, scèni* vu.
* On la trouve dans I.r magasin pilluresqne, t. XX, p. 3.">t<, et dans le Paris à Irnrrrs les Sges. p. ."l.'i île lo livraison consacrée ;iu Palais de justice. Pap' r»7 de la même livraison, uni' };ravuii' de Mon>au n-pré.senle la j^alerie du Palais au dix-htiiliéme siùclc.
•> Plaideurs.
'• La rontre-mifle, p. 380.
'■ Lettres persanes, lelln' 87.