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PANIERS — PANORAMAS

ne venoit guère qu'à mi-jambe, fait d'une grosse toile gommée, assez large pour donner de la grâce, tenir les jupes en état, et faire paroîlre la taille ». Le liruit que faisaient ces espèces de paniers, pour peu qu'on les pressât, leur fit donner le nom de criardes.

.S'il faut en croire le Mercure de France ', celle mode avait pris naissance en Allemagne, d'où elle passa en .Angleterre, puis en France. Elle y était définitivement fi.vée à la fin de 1722, bien que le théâtre raillât encore ses débuts.

Ces paniers rendaient les femmes aussi larges que hautes et les faisaient comparer soit à des cliiclies, soit à des boules. «Qui peut s'empêcher de rire à la vue d'un panier dont une femme est environnée comme le battant d'une cloche -? Le chevalier d'Hénissart ne se montre pas plus tendre. Le public, écrivail-il,

Dit que cette vjiine parure

N'est ([ue pour prendre au trébuchel

Ccu.x qui viennent à l'avenlure.

Et la critique, sans égard,

Tient qu'incivile est l'habitude

D'avoir placé U traquenard

D'une façon qui soit si rude 3.

Traquenard était le nom donné au premier cerceau des paniers, à celui d'en haut. On en mettait ordinaii'ement cinq. Les paniers dits à /' a iii//(iixe en aviiieni huit ; faits en toile glacée ou en lall'etas, ils coûtaient de dix à cinquante livres. Il en existait de moins élégants, pour les petites gens, car. en 1729, tout le monde prétendait s'en parer. « Il n'y a pas, disait le Mercure, jusqu'aux servantes qui ne sçauroient aller au marché sans panier * ».

Mais les paniers n'ont pas seulement une histoire anecdotique et une histoire religieuse ; ils ont aussi joué un rôle politique, et fort tourmenté le cardinal de Fleurv, premier ministre sous Louis X\ . On trouvera le récit de cet amusant épisode dans le Mercure de France, numéros de mars et de mai 1728.

L'article 13 des statuts accordés aux tailleurs en 1660 interdit à toute autre corporation de confectionner des vertusadins. Mais les boursiers obtinrent plus tard le monopole des paniers et des //ou/jantes, paniers communs montés en fil de laiton ; il y avait des bouffantes piquées, des bouffantes en crin, etc. Dans les dernières années du dix-huitième siècle, les marchandes de modes, qui confectionnaient alors l'habit de cour, y comprenaient les paniers. Je vois que, le 31 août 1789, M"""' de Loslange, présentée à Versailles, paya 102 livres une vaste armature de paniers qui lui fut livrée par M'-'"'^ Motte, une des deux « fourniss(■use^ de la cour ' >>.

Voy. Tournures (Fabricants de).

Panonceaux (Faiseurs de). Un des imposés

1 Numéro doclobre 1730, p. 2,311.

- Le Houttlliste sans fiiril, W du 26 février 172Ô •** Siilire sur les cerrraux^ etc.

1 N" de mars 172!), p. fill.

» Comte de Keisil, i.icir journal de .V"" É'iofe, I. I, p. 407.

de la ïaiUe levée sur Paris en 1300 est qualifié : qui fait panonceaux.

Le mot panonceau avait plusieurs sens. On appelait ainsi le petit drapeau ([ui pendait aux trompettes. Je vois qu'en 1317, loi-s du sacre de l'iiilippe le Long, on acheta des cendaux « pour faire panonciaux à trompeurs ' ».

l'anonceau était aussi synonyme de girouette, et la noblesse .seule y avait droit. Placés au faîte des créneaux ou des tours, leur forme et les armoiries qu'ils portaient indiquaient le rang du seigneur à qui appartenait l'édifice. Taillés en pointe, ils désignaient la demeure d'un chevalier ; taillés en bannière ou carrés, ils désignaient un chevalier banneret. Le premier acte de possession d'un fief, d'ime seigneurie, consistait à arborer sur le lieu le plus élevé le panonceau du seigneur -. (Jn rencontrait aussi, fixés a des poteaux sur les chemins, des panonceaux destinés à signaler un droit de justice ou de voirie.

On appelait encore panonceaux les girouettes, tableaux, placards, affiches portant les armes du roi. Quand un lieu quelconque, abbaye, hôpital, château, maison particidière était placé sous la sauvegarde du roi ou (piand il était saisi, l'on y apposait le panonceau royal •*. M. Coyecque a tout récenunent retrouvé un des panonceaux jadis placés sur la porte de l'Iiôlel-Dieu. C'e>l une plaque de tôle, mesurant 0.40 c. de hauteur sur 0,30 c. de largeur ; on y voit représentées les armes de France et de Navarre, avec les colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint- Esprit, qu'accompagne l'inscription suivante :

S.\LrvE R.\RDE DU ROY POUR l'hÔTEI. DiEU DE

Paris *.

Les panonceaux qui figurent aux portes des notaires remontent au règne de Charles VI. Des lettres patentes d'avril 1411 s'expriment ainsi : « Et, en signe de nostre sauvegarde espéciale. voulons qu'il ^ fasse mettre nos pennonceaux royaulx es maisons, possessions et autres biens (les notaires au nostre Chastelel de Paris, affin que nul ne se puis.se excuser d'ignorance ' ».

Panoramas ( Extreprexeurs de). Le

panorama est une peinture circulaire, exposée de façon à ce que l'œil du spectateur placé au centre et embrassant tout son horizon, ne rencontre que le tableau qui l'enveloppe. Celte invention, date de 1785, et est due à un jeune peintre d'Edimbourg, nommé Robert Barker. Les premiers panoramas que l'on ait vus à Paris furent créés, vers 1800. par un sieur James Thayer. En bordure du botdevard Montmartre, il leur consacra deux rotondes, séparées par un passage qui prit le nom de passage des

1 Sonneurs de trompe. Dans Douët-d'Arcq, Comptes de l' argenterie, p. 48.

- Vov. La (.luriio de Sainte-Palayc, Mémoires sur l'ancienne cieralerie, éd. de 1753, p. 77 et 204.

3 \ay. Claude Fauchet, De l'orljiiu des kéraulls et armoiries, p. 47.

* Hulletia de la société lie r histoire lie Paris, année I90I, p. lOtl.

'■ Le prévôt de Paris.

6 Ordonnances royales, t. IX, p. 004.

l'AXOHAMAS — ['APETIEHS

Piiiiiiniiuas, luiiiuiu'il porlc i-iicori'. l neaimoiice de l'aiitioe 1800 s'exprimait ainsi : « Le panorama ou lal)leati sans bornes représente une superbe vue de Paris et de ses environs prise du haut tUi palais des Tuileries. Il est ouvert tous les joui-s depuis huit heures du malin jusqu'à huit heures du soir. Prix d'entrée, un IVane eiM(|uanle cenlinies ». Le second panorama représentait l'évacuation de Toulon j)ar les Anjrlais en I79U.

Le peintre l*i'évosl, qui avait peint ces deux tableaux, resta associé avec James Thaver, et vei-s 1807 ils ouvrirent un nouveau panorama entre la rue Neuve-Saint-.^upustin et le boulevard des (iapucines. La rotonde aval! '.i2 mètres de diaméire sur Ki de haul(Mir et l'on y assistait il l'entrevue di> Tilsilt. Napoléon v vint en

Le dioraïua a eu pour inventeurs Bouton et Da^uerre. Il fut inaujjuré, le 1 1 juillet 18"2l{, dans une siille située derrière le Chùteau-d'Eau. Celle-ci ayant été incendiée en 1839, Daguerre resté seul en til bàlir une nuire sur le lundevard Bonne-Nouvelle ' .

Le cosmoranui. inventé par l'abbé (îa/.zera, date de l'année 1808.

PaolierS. Faiseui's de poêlons liers.

Vov. Faa-

Paonniers. La Tuilk de li?92 en mentiiinne cini|. i:f//f i/e I.'IOO en cite trois. Suivant (iéraud -, c'étaient des marchands de paons; suivant M. Fagniez^, il faut y voir des chapeliers de paon, industriels qui sont devenus les plumassiers. Cette seconde bypothèse est la plus vraisemblable.

Vov. Chapeliers de paon.

Papetiers. Quatre corporations prenaient ce litre :

1" Les fabricants de papier.

2" Les carlonniers.

:?" Les cartiei-s.

4" Les merciers.

Os derniers représentaient nos papetiers actuels, car ils détaillaient, sans en fabriquer aucun, tous les articles de papeterie. Voici, comme exemple, la carte-adresse de Jollivet qui fui papetier ordinaire de Louis XIV et de la Dauphine :

« A l.'lM.VGE XOTRE-D.VME, rue de Bussi, vis à vis l'IuUel impérial, faubourg S. Germain il Paris.

JoLi.ivET. marchand ordinaire du Roy et de Madame la Dauphine, vend de très beau papier batu, lavé, coupé, d'oré [sic], préparé, de toute grandeur pour bien écrire, et toute sorte de

* Gi'fiiiain Bap>t, E.'isai sur l'histoire des panoramas et lies ilioramas, 1891 . — Prudlionimo, Miroir de Paris, t. A", p. 146, consacre aux panoramas une notice courte et peu exacte.

- Paris sous Philippe le Bel, p. 528.

3 Etwles sitr l'iiiditstrie, p. 17.

papier de nmsi(|ue ; d'excellenles plumes d'Hollande, et des mieux taillées pour les personnes de qualité ; de la plus belle cire d'Kspagne de toute couleur ; des canifs de toutes façons ; des registres de toute sorte de grande\ir -, des portefeuilles de maroquin rouge et noir des plus ù la mode, ferma ns à la clef el d'autre manière; des labletl(>s <le maro(juin des plus nouvelles, garnies d'or et d'argent ; des écriloires de toute grandeur, trarnies d'aryreni, l'ernuintes à cl.d' et découvertes, pour mettre sur des bureaux ; des cachets ; porte crayons et compas d'argent ; et la véritable encre double et luisante et autres sortes; de toutes sortes de papiers ii lettres très tin d'Hollande, doré et non doré pour écrire dans les pais étrangers ; et de toutes sortes de marchandises des plus nouvelles et ajuste prix ' ï>.

Ces utiles commerçants avaient pour concurrents les cartonniei's. En outre, les épii'iers vendaient les papiers d'endiallage : les chandeliers el quelques regrattiers vendaient le papier écolier, nuiis les premiers n'en pouvaient livrer à la fois plus d'une main et les seconds plus d'une feuille au même acheteur.

Le papier , connu en France depuis le douzième siècle, était encore rare el recherché au ({uatorzième. Sur les 97;i volumes qui composaient la bibliolhèi[ue de Charles V, le papier est au parchemin dans la proportion de 1 sur 28 -. En 1360, le papier à écrire se payait 1 sol 2 deniers le cahier, et le papier à envelopper 2 deniers seulement •'.

En ce qui concerne le papier à lettres, la mode varia sans cesse. Dans le compte des dépenses faites pour Henri IV, au temps où il n'était encore que roi de Navarre, je vois figurer du « papier au chiffre et à la devise royale * >^. La reine Marguerite, sa femme, préférait « une sorte de papier dont les marques estoient toutes pleines de trophées d'amour ^ ». La vogue fut ensuite au papier parfumé f', puis aux papiers de couleur. Racine le mande en ces termes ii sa fille cadette :

« 4 octobre 1746. Je vous écris trois lettres, ma chère fille, sans avoir rien à vous mander ; je ne veux que vous faire connoitre ii quoi s'amusent aujourd'hui les dames. Elles écrivent sur des papiers de toutes couleurs. Celui-ci. qui est du papier de petit deuil, n'est plus de mode, parce qu'on s'en servoit il y a un mois ; les deux suivantes sont sur des papiers si à la mode que le marchand n'y peut fournir : toutes les dames en font provision. On pourroit penser que les femmes sont folles, mais qui oseroit le dire ? J'écris sur du pareil papier à votre frère. Adieu, ma chère fille, mes lettres ne sont pas longues ; elles ne

' Bulletin historique du VI" arrondissement de Paris, année 1903, p. 223.

- Banois, Bibliothèque protypograpMque, introduction, p. XX\I.

3 Douël-d'.\rcq, Comptes de l argenterie, p. 217 et 227.

* Archives des Basses-Pyrèni-'es, t. I, p. G.

3 Tallemant des Rcaux, Historiettes, t. I, p. 147.

6 Voy. Madame de Sévigné, Lettre du 19 août 1071, t. Il, p. 320.

PAPETIKRS

sont t[ue pour vous faire connoUre notre papier à la mode ' .

1" août 1747. Puisque j"ai écrit à ma cadette avec cérémonie, il est bien naturel que je vous écrive de même en vous donnant un Madame en tête, et un petit serriteur à la fin. Je lâcherai de vous apporter une pareille feuille, au lieu d'un serviteur ce sera une semante et vous pourrez vous en servir pour écrire à M. Vabhé ».

Cette lettre, dit M. de la Roque, qui l'a publiée d'après l'original, « est ornée de vignettes coloriées. En tète figure une dame richement vêtue à la manière du temps pour tenir lieu du vwoV madarae \ h. la tin. pour remplacer celui de serviteur, on voit un beau monsieur faisant une profonde révérence ^ ».

L'emploi des enveloppes est encore très restreint. La lettre une fois pliée, est entourée d'un fil de soie dont les deux bouts sont réunis par un cachet de cire >*.

Tous ces usages commencent à se modifier vers 1640. Le format du papier diminue. La fermeture en fil de soie devient moins commune, et le cachet s'applique alors sur le repli du papier. La mode des enveloppes se généralise ; mais l'enveloppe n'est encore qu'une feuille de papier blanc, dans laquelle on renferme sa missive en répétant une seconde fois l'adresse. Antoine de Court in écrivait en 1695 : « Il est bon aussi de .savoir que, pour plus de respect, on met la lettre dans une enveloppe, sur laquelle on écrit le dessus *. El pour les dames, on cacheté les lettres avec de la soye; si ce n'est que pour marque d'un plus grand respect, on peut mettre la lettre déjii cachetée de soye dans une enveloppe, sur laquelle on met encore le dessus ^ ».

Dès 1715, les lettres présentent à peu près le même aspect qu'aujourd'hui.

A la fin du seizième siècle " et même au

conunencement du dix-septième, les lettres

d'amour étaient appelées des chapons '. En

1604. elles étaient devenues des poulets *,

expression encore usitée aujourd'hui. Son origine

a donné naissance à une foule de conjectures

sauirrenues. La moins déraisonnable nous est

fournie par Le Duchat : On nomme amsi les

billets d'anuuir, dit-il, « parce que les premiers

furent plies en forme de poulets, h la manière

dont les officiers de bouche plient les serviettes,

auxquelles ils savent donner différentes figures

d'animaux ' ». L'Isabelle de L'école des maris^"

I Ci'tli' li'ltiv est ccriti' sur du fm[)i('r tluré sur tranclu's et oriu' tlf vi^iH'tU's à l'encre de (".hinc ; !a suivante est sur j)aj)ier jaune, la tri)isièine n'a pas été retrouvée.

- Lettres ine'dites de Racine, p. 450 et 457.

■• Vovez-en un exemple dans le Musée des arclnces, n" 812. ■

* I/adrosse.

s A'oiipeutt traité de tn eiritité, p. 213.

6 Voy. Goujet, lllt)lii>lhé<iiie fnun-nise, t. Xlll, p. .302.

" \'ov. J.e Uinijène frnitçitis (1017K p. 3-

X Mi-m-M-A. J„ il riml, 14 janvier 1004, t. I, p. 61. Voy. aussi .Math. He^rnier, Élégie II (1613} édil. plzév., p. 254.

•' Menace , Dietioniiaire étgt/iotoffii/iie (1750), I. II, ]'. 348. — I''uretière, IJictiuiinaire françois (1727), au nml piiulel.

'0 Acte II, seène D.

l'entendait bien de cette manière lorsqu'elle raconte à Sganarelle qu'un jeune homme

. . . A droit dans sa chambre une boîte jetée Qui renferme une lettre en poulet cachetée.

On trouve les plumes à écrire citées dès le huitième siècle ; on se servait de roseaux, de styles en os ou en métal *, de plumes d'oie, de cygne, de paon, de grue, etc. * Il y avait à Paris en 1596 « douze grandes Ijoutiques de plumes à écrire ' ». Les marchands s'intitulaient parfois plumassiers de plumes à écrire. Au dixseptième siècle, on estimait surtout, parmi les plumes d'oie, celles de Hollande '.

Les couteliers fournissaient de bons canifs, canivets, ou tranche-plumes ^ ; ceux de Paris et de Toulouse étaient les plus recherchés *. Mais la taille des plumes n'en restait pas moins le supplice des écoliers et de bien d'autres personnes. .Aussi voyons-nous apparaître, dès le seizième siècle, un objet destiné à faciliter l'opération ; c'est un instrument fort ingénieux qui fut perfectionné au siècle suivant, et dont on trouve le dessin dans le Magasin pittoresque '. En 1715 un sieur de la Chaumette soumit à l'approbation de l'Académie des .sciences « un canif qui taille les plumes d'un seul coup ' ». Il fut bientôt modifié par un sieur Thomas. Les Mémoires de la calotte ' vantent

Ses mousquetons brisez.

Et canons qui, par la culasse.

Estant chargez, ont plus de chasse.

Plus, ses canifs si fort prisez Et qui taillent plumes aussi vite Qu'un lièvre qui part de son gîte.

Les plumes de métal remontent très haut, luais elles ne devinrent d'usage ordinaire que vers la fin du dix-septième siècle. Le premier qui ait eu l'idée de fabriquer des plumes en acier paraît être le sieur André Dalesme •", mort en 1727 membre de l'Académie des sciences. Je les trouve nommées en 1777 « plumes économiques d'Angleterre " ».

Les plumes à réserroir , qui contenaient , paraît-il, assez d'encre pour « escrire de suite une demy main de papier », se vendaient dix francs en 1657 '*.

Le papier buvard était dit papier fluant ", et la poudre chargée de sécher l'encre rapidement

' .Vrundo, juncus, stylus, praphiiun, calamus, pcnoa, etc.

- youteau traité de ttiulomatique, t. I, p. 537.

3 Greg. d'Ierni. Parts en 1596. — Dans le ffullrli* de la société de l'histoire de Paris, an. 1S85, p. 186.

* Delamarre, Traité de la police, t. II, p. 1384.

S Arrhires des liasses- Pyrénées, t. II, p. 51.

*> Savary, Dictionnaire du commerce, t. II, p. 74 et

■I Année 1878, p. 85.

8 Machines et inrcnlions approarées par l'Académie des sciences, t. III, ]>. 57.

tO /,e licre commode, t. II, p. 76.

11 Alainnaeh Dauphin, supplément, p. 80.

1* .\.-l>. Kaugère, Juarnal rfiiH tarage à Paris (1657), p. 200.

'3 Encyclopédie méthodique, arts et métiers, t. A', p. 570.

PAPETIl'IHS — PAPIERS l'I'llNTS

était employée ilepuis hieii longtemps '. Peutêtre faiil-il reconnaî(rc la saM(lara(|iie dans ce Sfcrel (lu seigneur Alexis : •.< Pour l'aire poudre qui Ole les lâches d'encre tombées sur le papier ' ».

Les papeliei-s avaient puiir |)alrim saint Jean rKvan;,'éli>te.

\'oy. Crayons (Marchands de). — Cire à cacheter (Marchands de). — Encre (Fabricants d'). — Fapier, etc.

Papier timbré. \oy. Distributeurs.

Papier de verre ou papier à dérouiller. Son invention date de la fin du dixhuitième siècle. Jusque-là, les objets rouilles étaient envoyés chez le serrurier, qni devait pa.>;ser chaque pièce à la lime.

Les fourbisseurs étaient dits parfois de'rnuilleitrs '.

Papiers F.vdrr:.\nïs de). Dès le quatorzième siècle, la Seine faisait tourner au-dessus de Paris (juehiues moulins à papier. Il ne s'y en fabriqua, d'ailleurs, jamais beaucoup. Le plus estimé fut. pendant bien lonj^temps celui d'Angoulème. Les conditions exigées du papier étaient (|u"il fût ferme, pesant, bien collé, sans taches, ni rides, et soniiuiit clair.

Au dix-.seplième siècle, les différentes sortes de papiers étaient désignées par les noms suivants, qui en indiquaient à la fois la qualité et la dimension. Les noms précédés d'un astérisque sont encore usités aujourd'hui.

Au soleil. Petite-fleur de I3S.

Petit-soleil. Grand-lombard.

* Grand-aigle. Grand-royal.

* (îrand-soleil. Royal.

Grande tleur de lys. Petit-royal.

* Grand-(]olombier ou * Grand raisin.

Impérial. Lombard.

A l'éléphant. Lombard ordinaire ou

Chapelet. grand-carré.

Petit-chapelet. * Cavalier.

Grand-atlas. Petit-cavalier.

A l'étoile, à l'éperon ou * Double cloche.

longuet. A la cloche.

Grand-cornet. Grande licorne à la

Grand cornet très min- cloche.

ce. * Carré. Grand-compte

A la main. ou Carré au raisin.

' Couronne ou (îriffon. Au sabre ou Sabre au Couroime ou Griffon lion.

très mince. Carré, très mince.

Champy ou Bâtard. * A l'écu, Moyen compte, *Tellière grand format. (Compte ou Pomponne. Cadran. A l'écu très mince.

Petit-atlas. Au coutelas.

Grand-Jé.sus ou Super- (îrand mes,sel.

royal. Se<-ond messel.

Grand-royal étranger. La Tellière.

' % OJ-. CM de Labordo, Ifolice des e'maujc, p. 464 et 537.,

- Édit. de 1691, p. 247.

' Vov. ce mot.

Pantalon. * .\u l'ut ou Cartier or- Pelit-raisin. IMionroyal diiiaire.

ou l'etit-cornel^ù la Pigeonne ou Homaino.

grande sorte. Espagnol.

Lestrois-(),Trois-ronds Le lys.

ou (îènes. * Pi'lit à la main ou Petit-nom de Jésus. Main lleurie.

.\ux armes d".\MiNler- * Petit-Jesus.

(lani, l'ro-patria ou Trasse, Tresse, Ktresse

Libertas. ou Main-brune,

(^utier-graiid-fornial- Bniniliard on à la Deuioi-

Dauphine. seili-.

(]artier-îrran(l-fiirnial. (tris,

Cartier. De couleur.

Voy. Papetiers,

Papiers (March.\xu.s de vieux \ L'article 19 du règlement de 1618 défend à tous autres qu'aux libraires et aux relieurs d'acheter, pour les revendre soit en gros soit en détail, les « romans neufs, vieux, fiipez ou vieux papiei-sny vieux parchemins, sur peine de conliscaliim et d'amende ». L'article 10 du règlement d'août 1(580 ne permet ce coauiierce qu'aux imprimeurs et aux libraires. L'article 11 fait pourtant une exception en faveur des femmes et veuves des maîtres relieurs et en faveur des compagnons imprimeurs, libraires et relieurs qni seraient autorisés par le syndic de leur communauté. Toutefois, nul ne devait acheter aucuns livres parchemins ou papiers « des enfans ou serviteurs des libraires ou imprimeurs, des écoliers, des serviteurs, domestiques, laquais ou autres personnes inconnues ».

Papiers peints iFabric.wts deV On nommait dominolerie. an dix-septième siècle, une industrie qui consista d'abord dans la fabrication du papier marbré. Il s'y joignit bientôt le négoce des « lanternes de papier que l'on met aux fenêtres des maisons dans les réjouissances publiques, sur lesquelles sont imprimées et peintes des armoiries, des fleurs de lys, des dauphins et autres figures convenables au sujet qui cause la joye du peuple ». Le métier se développa peu à peu et en vint à créer les grossières enluminures dites aujourd'hui imitges (TEpinnl. On eut de bonne heure l'habitude de les coUer contre les murailles, et c'est ainsi que notre papier peint naquit de la dominolerie. Savary écrivait vers 1720 : « C'est ouvrage de dominolerie que cette espèce de tapisserie de papiei-, qui n'avoit longtemps sen-i qu'aux gens de la campagne et au petit peuple de Paris, pour orner et pour ainsi dire tapisser quelques endroits de leui-s cabanes, de leurs boutiques et chandires : mais que sur la fin du dix-septième siècle, on a poussé à un point de perfection et d'agrément, qu'outre les grands envois qui s'en font pour les pays étrangers et les principales villes du royaume, il n'est point de maison à Paris, pour magnifique qu'elle soit, qui n'ait quelque endroit, soit garderobes, soit lieux encore plus secrets, qui n'en soit tapissé et assez agréablement orné ' »,

* Savary, Oiciionmiire ilu comiuerte^ t. I, p. 1718.

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