PARAPLUIES — PAR.\TON.\ERHKS
car le parapluie esl la marque sûre qu'on n'a pas d'éqiiipag'e ' ».
Sous la Révolution, le parapluie joiin un hout (le rôle <lans la politique. Blanc en 1788, il devint verl en 1789. rou}jre en 1791, et hleu en 1804. L'énorme parapluie de serge rouge fut. vers celte date, adopté par les poissardes et les marchandes de légumes.
La langue populaire a atlrilmé au parapluie un grand nombre de dénominations, et deux d'entre elles ont eu l'honneur d'être recueillies par M. Littré dans son Dictionnaire. L'élymologie du mot robinson n'a pas besoin d'être expliquée, mais celle du mot riflard est moins connue. « Rii'!..\rd, vieux parapluie, dit M. Litrtré. expression due à la vogue d'une pièce de Picard [La petite ville, jouée en 1801 j, où l'auteur, chargé du rôle ridicule île Riflard, paraît en scène armé d'un énorme parapluie. » Ce substantif a une origine beaucoup plus ancienne. Au moyen âge. le verbe rieflare signifiait dérober, et ri/lard désignait souvent un sergent ou un huissier -. Dans Le nii/.slère de la Passion, qui fut représenté vers 14ô0, Rillard est un berger '. Accusé de je ne sais quelle mauvaise action, il comparai! devant des sergents. Celui qui l'interroge se nomme Màchefrain ' ;
— Dont es-tu? dit l'un bien liabille '.
— Je suis, ce dis-jc, de no ville 6 Tuul nourri de pois et de lai't.
— Et comment te nomme-on? Kifflaii ".
Les fabricants de parapluies ne formaient pas une corporation particidière. Quelques maîtres boursiers avaient adopté cette spécialité et y gagnaient largement leur vie.
Voy. Boursiers chands de).
Cannes (Mar-
Parapluies (Loueurs de). Caraccioli nous apprend qu'en 1768, les Parisiens vaniteux hésitaient à se numir d'un para.sol pendant l'été et d'un parapluie pendant l'hiver, aimant mieux « courir les risques de se mouiller que d'être regardés comme des gens qui vont iipied; carie parapluie e^l la marque sure qu'on n'a pas d'équipage ^ ». De là, sans doute, naquit l'idée de créer un service de parasols publics destinés surtout à la traversée des ponts, car l'étroitesse de la plupart des rues y facilitait la recherche de Tombre. Bachaumont raconte qu'en 1769, une compagnie obtint un privilège pour la location de parasols durant les nu)is d'été. « Il y aura, dit-il. des bureaux k chaque extrémité du Pont-Neuf, où les voluptueux petits-maîtres qui ne voudront pas gâter leur teint se pourvoiront de cette utile machine. Ils la rendront au bureau de l'autre côté, ainsi alternativement, moyennant deux
1 Ciaraccioli. Diclioiinaiic cii/iç.ir, pilloresqiie el seu- Iniciriix, t. II. p. 1S8.
2 \'uy. Dncanjre, au mot rieflnre.
•'• l"li (1 jtiistoreau. »
i l*eTit-èlre synonyme (Vaiiimal.
5 Hirn habile.
6 De notre ville.
'' Arnould Greban, Le mystère île lu Passion, y. 62.
8 Ùiclionnaire cn'tijiie, /lilloresjiie.cW., t. 11, p. 188.
liards par personne. Ce projet a commencé à s'exécuter lundi dernier ' ».
S'il faut en croire le lieutenant général de police, c'est le 16 septembre que la compagnie privilégiée exliiba ses premiers parasols, et elle avait alors complété son œuvre en organisant un serx'ice de nuit pour la location de parapluies. Le 14 septembre. M. de Sartine faisait afficher dans les rues le règlement suivant :
De l'.vn i.E Hoi et Monseigneur le Lieutenant général de police.
PARAI'LIIES PUBLICS
L'objet qu'(jn a. en établi>>aiit des parapluies pulilics. pour la nuit comme pour le jour, esl de procurer aux habitants une commodité de plus dans la ville, et aux "•af'ne-deiiiers une facilité de (îairner leur vie.
Mais, comme il esl imporlanl pour la sflrefé publique, qu'il n'y ait point île rôdeurs pendant la nuil dans les nu's et carrefours, Monseigneur le Lieutenant généi-al de police ordonne :
I" Que les gagne-deniers qui porteront des parapluies pendant la nuit, les liendrout du bureau de la direction, où ils seront enregistrés par signalement, noms et demeures, ainsi que chez le sieur Heancre, inspecleur de police, et a» bureau de la sûreté.
II" Que ces gagne-deniers poiieronl une petite, lanterne, sur la porte de laquelle sera découpé le même numéro du parapluie ; non pour servir de falot, les lanternes à réverbère étant plus que suffisantes, mais pour ser\'ir à reconnoitre le porteur du parapluie et recevoir son payement.
Os parapluies, qu'on nomme connuunémeni parasols, sont de taffetas veril. solides, bien conditionnés et numérotés. On commencera à en distribuer aux gagne-deniers, samedi seize septembre 1769, au bureau de la direction. rueSaint-Denys. près celle du Grand-Heurleur, au Magazin d'Italie.
La saison n'exigeant plus qu'il y ait des parasols pour le Pont-Neuf, la direction fera cesser c« service public le 17. pour ne le recommencer qu'à la belle saison, tant pour ce poni que pour celui de la Tournelle. le Pont-Royal, le Carrousel, la place de Loiiis-tjiiinze et autres endroits où ou croira que cette commodité petit être utile.
Permis d'imprimer et afficher ce 14 septembre
1)es.\rtine.
De rimpiiiiierie de Cl. Héris,siinl. rue Neuve- Notre-Dame*.
Parasols. N Oy. Parapluies..
Paratonnerres (Commerce des . .leii^me de Monteiix. médecin ordinaire des rois Henri II
I Mémoires secrets, 6 scplemlin- 1709, I. IV, p. 3(UÎ. S ilulleti» (le la société de t'kisloirt de Paris, année 1874, p. 7'J.
l'ARATONNKHRKS — l'ARCHKMINIKHS
et François II, ne révoque cm doulc iiucnii des présorvalifs dont usaient les anciens pour se garantir de la foudre. On pouvait, par exemple, porter sur soi un inoreeau de inrail, se mettre ù l'aliri sous un laurier ou un llij-nier, etc. L'ai";le, le crocodile, la tortue, l'iivt'ne, le veau marin n'étaient jamais fra[)pés de la foudre ; aussi, ajoute Mouteux, « les patrons des navires arment les extrémités de leurs vodes avec cuir de veau marin ou d'hyène ' ». Mais tout cela n'explique pas pourquoi Isaheau de Baviève possédait un « cliariol servaid pour le tonnerre - ».
Amliroise l'ai'é conseille de poi ter un << panache de plumes d'ai-j^le •' >>. 1,'alilié Lelieuf accordait plus de conlianct> aux saintes reli([ues ; on en remplit, écril-il, une lioile de ploud), et celle-ci, placée « <laus wno concavité de la lléche d'une ég'lise », la protège « contre les fouilres et le tonnerre '». Marie Leczinska possédait une petite cloche de vermeil qui avait la propriété de « détourner le tonnerre •' > .
Vers 1780. il n'existait encore ii Paris que deux paratonnerres, l'un sur l'hôtel de (iliarost au faubourg Saint-Honoré. l'autre sur le couvent des Angustines anglaises, dans la rue des î"ossés-Saint-Victor ". Séhastien Mercier, à qui j'emprunte ce renseignement, ne leur accordait, d'ailleurs aucune confiance, « C'est, dit-il, une puérilité de vouloir détourner le feu du tonnerre avec ces aiguilles ; c'est comme si l'on voulait épuiser l'océan avec des tuvaux capillaires, et je ne doide pas qu'on ne range bientôt celte extravagance parmi les plus fortes de ce siècle ' ».
L. Prud'honune, dans son Miroir de Paris en 1807 *, nous apprend qu'à cette date, l'on ne voyait encore de paratonnerres qu'aux Tuileries, au Luxembourg et sur quelques hùtels nouvellement construits. Pourtant, dès 1789, deux fabricants d'instrtunents de mathématiques, qui se qualifiaient de mathématiciens et d'ingénieurs, s'étaient fait une spécialité de la pose des paratonnerres. C'étaient les sieurs Baradelle, qui demeurait quai de l'Horloge, et Billiaux qui était établi rue du Bouloi ■'.
Parcheminiers. L'archevêque de Tours, Hildebcrt. dans un sermon où il exhorte ses ouailles à la repentance '". nous montre condiien la fabrication du parchemin était encore imparfaite au onzièn\e siècle, et quelles précautions devraient preuilre les écrivains avant de s'en servir. Il leur' fallait le polir, en égali.ser le grain
' CoitserrttlioH lie santé et frolungatioii île rii', Inil. m français par maistn' (Maiuli' Valgelas, ilucleur en médecine. 15ÔU et l."i72. iii-:!a.
- Comptes ruynuj'. \ la Miile de A"allr( de \'ii'iville, Chronique tie Jeun C.liartier, éd. elzev., t. III, p. 27t!-
3 Œiirres, \\. ."ilï et IdS.
^ Histoire du iliui'èse île Pans, t. I, p. 183.
5 Duc de Lujnes, Mémoires, 31 juillet 1737, t. I, p 312.
6 Séb. Meieior, Tableau de Paris, [. \\. p. 239.
' Sôb. Mercier, Tableau de Paris, t. XII, p. 140.
8 Tome I, p. 203.
' Alinannei Dauphin pour 1789.
10 HiUeberli sermoiies, sennu .W , p. 300.
au moyen d'un fer acéré, d'un srrattoir ', et le pas.ser ensuite à la pierre piince -. Sa rareti- à cerlaines épo(|ues avait doniu' naissance aux palimpsestes. .\vec la pierre ponce ou avec une éponge, on ell'açait l'écriture (pii couvrait une feuille (le |)arciiemin, et celle-ci pouvait alors servir de nouveau, l ne foule de bons ouvrages ont été ainsi anéantis et remplacés par d'insignifiants traités de liturgie ou de dévotion. ()\\ cite parmi les plus curieux palimpsestes celui qui est connu sous le nom de Virgile ifAspn- ^ : les patients bénédictins de Saird-(iermain des Prés, à ([ni il appartenait, sont parvenus ii retrouver un fragment de \'irgile tracé en sigles sous l'écriture nouvelle dont un l'avait couvert.
On ne s'en tiid pas là, s'il faut en croire (iayet de Sansale, savant docteur et biljliothécaire de Sorbonne. Une note, placée par lui en tète d'un texte des Der.retnles, affirme qu'il est écrit sur peau humaine *. Il reproduit cette mention au conunencenient d'une Bible latine du treizième siècle *. Enfin, il regarde comme écrite sur peau d'agneau d'Irlande mort-né, une Bible charmante, au.ssi reniar([uable par l'élégance des caractères que par la blancheur et la finesse du vélin, et que l'abbé Rive croyait écrite sur peau de femme ^. Ces assertions ont été contestées, sept cents ans à l'avance, par un religieux de Nieul-sur-Autize, qui recevant (douzième siècle) notification du décès d'un de ses frères, écrivit sur le Rmdeim des morts ' : « La chair de l'homme est plus vile que la peau de la brebis. Sur celle-ci. l'on peut écrire des deux côtés, mais quand l'homme est mort, sa chair, sa peau et ses os inutiles meurent avec lui * ».
L'Université s'était réservé le monopole du parchemin. Elle prélevait sur la vente un impôt, qui demeura jusqu'à la Révolution le seul revenu fixe du rectorat. Une botte de parchemin devait, avant d'entrer en circulation, avoir acquitté un droit de vingt deniers tournois. Le débit n'en était toléré que dans trois endroits : à la foire Saint-Laurent, à celle du Lendit et dans une salle du couvent des Mathurins. Le recteur envoyait ses quatre parcheminiers jurés compter et taxer les hottes apportées par les marchands forains. Mais une fois soldée la redevance imiversilaire. la vente n'était pas encore libre ; elle ne le devenait que quand les fournisseurs du roi. ceux de révè(]ue, les niaîlres et les écoliers avaient terminé leurs achats ". Eii 1292. mi comptait à Paris 19 parcheminiers, et 9 d'edlre
• ttasiirium, novacula.
- PuniPX.
■I Bihiiutli. nationale, exposition, n" 113.
' Kibliolli. nationale, fonds latin, n" l(),r)12.
•' Kililiolli. nationale, fonds latin, n" lti,268.
^ Hihliolli. nationale, fonds latin, n" Hi,26."i.
' Sorte de Ijillets de part, i(ue les moines d un même ocdro s'envoyaient d'un couvent ù l'autcc pour annoncer la mort de leurs fri'res. Cliaque monastère ajoutait i|ueli[ue pieuse pensi-e à la communication qui lui était faite ; aus.>,i ces rouleaux, s'aufjmentant sans cesse de nouveaux décès et de nouvelles reflexions, Knissaieul-ils par atteindre jusi|u à vin{,'t mètres de longueur.
>> \'o\-. I,. Oelisle, Kfiiileniiœ des tnoris, \K 3i>(l.
'■' \'oy. Crevier, Histoire île l'Vnicersité, t, II, p. 130.
parchf:miniers — parfumeurs
eux habitaient la rue des Écrivains', qui devint la nie des Parcheminiers et est aujourd'hui la rue de la Parcheminerie.
Les derniers statuts des parcheminiers datent du mois de mars 1728. On y voit que l'apprentissage durait cinq ans et était suivi de trois ans de compagnonnage. Chaque maître ne pouvait avoir à la fois plus d'un apprenti. Les ouvriers commençaient le travail à cinq heures du malin et ne le cessaient qu'à liuit heures du soir. Les forains, dit l'article 6, amèneront les parchemins, vélins, fonds de tambour, etc. à la halle du recteur de l'Université, où ils seront visités par les jurés du recteur et par ceux de la communauté.
Les maîtres étaient au nombre de trente environ et, comme les libraires auxquels ils avaient été pendant longtemps associés, ils reconnaissaient pour patron saint Jean l'Evangéliste. Au dix-septième siècle, ils y ajoutèrent saint Louis.
Des lettres patentes du 24 juin 1467 - les appellent parcheminieurs. On les trouve encore nonwwè» paveurs, raturiers, ratvreitrs de parchemin, etc.
Parcheminieurs. Voy. Parchemi-
Pardonaires. Pardoniers. Pardonneurs. Pardons. Voy. Quéreurs de pardons.
Pareiirs. Chez les sabotiers, ceux qui donnaient aux sabots la dernière main, les mettaient en état d'être vendus.
Dans les manufactures de tabac, ouvriers c[ui coupaient et ébarbaient les carottes.
Pareurs de drap. Yoy. Laineurs.
Pareurs de parchemin. Voy. Parcheminiers.
Pareurs de peaux. Nom que l'ordonnance dite des Bannières (1467), donne aux peaussiers.
Parfaiseurs. Fabricants de peignes pour les étoffes. On trouve cette fabrication décrite en détail dans X Encyclopédie méthodique, arts et métiers, t. V, p. 628.
Parfileurs. Parfiler, c'était défaire, fil à iil, une étoffe ou un galon d'or ou d'argent. A la tin du dix-huilicme siècle, le parlilage fut à la fois une mode mondaine et un commerce. «On demandoit à tous les hommes de sa connoi.ssance leurs vieilles épauleltes d'or, leurs vieux nœuds d'épée d'or, leurs vieux galons, etc. que l'on enlevoit ainsi à leurs valets de diambre, et l'on parfiloil toutes ces choses, c'est ii dire qu'on séparoit l'or de la soie pour le vendre ensuite à son profit. En outre, on recevoit aux étrennes des bobines d'or ou de petits meubles couverts
I Tiillle ,1e 1292, p. 157.
t Ori/onn. royales, t. XVI, p. 669.
d'or, que, de même on parfiloit et que l'on vendoit... Communément, une habile partileuse gagnoit, à cet étrange métier, environ cent louis par an * ».
Parfumeurs. Dès le treizième siècle, l'on appréciait lu France les drogues destinées à teindre les cheveux, les cosmélicjues pour la peau, les pâtes épilaloii-es, les pommades pour les lèvres, les poudres dentifrices, les parfums, etc. Les femmes recherchaient le musc et l'ambre, se barbouillaient le visage de blanc, de rouge et même de jaune. Elles raffolaient alors du linge couleur crème, et c'est de safran (|ne les véritables élégantes se badigeonnaient. lOlles plaçaient au milieu du linge des sachets, dits coissines ou coussines. pour l'imprégner de senteurs. Au quatorzième siècle, la haute société parait avoir estimé surtout la lavande et la violette.
Ces belles choses se vendaient chez les merciers, car rien n'autorise à supposer qu'il existât alors une corporation de parfumeurs.
Au quinzième siècle, les parfums préférés étaient la poudre de violette et celle de Chypre, la civette, le musc, l'ambre gris, les essences de fleurs d'oranger, de rose et de romarin.
Charles VIII eut un parfumeur en titre, Catherine de Médicis eut également le sien, et le règne de ses trois fils fut aussi celui des pâtes, des odeurs et des fards. On voit très souvent mentionnés dans les mémoires de cette époque les oiselets de Chypre. C'étaient des sachets en forme d'oiseaux faits d'étofîes et recouverts de plumes. Après les avoir remplis de poudre parfumée, on les plaçait, comme de véritables oiseaux, dans de riches cages suspendues aux plafonds ; ou bien, on les enfermait dans des encensoirs, dans des coffrets entr'ouverts. Parfois aussi, on en modelait au moyen d'une pâle où entraient des aromates et des matières inflammables. Ceux-là s'employaient comme nos pastilles d\i sérail ; ils constituaient des boules de senteur « lesquelles on brusle lentement au feu, pour jouir de la suave et agréable fumée qui sort d'iceux ».
Je ne sais trop d'ailleurs, à qui appartenait alors le nom de parfumeur. Merciers et gantiers y prétendaient : les premiers parce qu'ils vendaient des parfums, les seconds parce qu'ils en fabriquaient. L'n arrêt du 26 novembre 1594 chercha à les mettre d'accord en défendant aux membres des deux corporations « de se dire el nommer parfumeurs ». En même temps, il les aiitorisa à « parfumer, laver, enjoliver leurs marchandises >». mais interdit aux gantiers de vendre aucun parfum qui n'eût été fabriqué par eux. Une requête produite à cette occasion par les merciers cite, au nombre des senteurs les plus recherchées, la violett*, l'iris, le muse, l'ambre et la civette.
L'arrêt de 1594 n'avait naturellement satisfait personne, el le titre de parfumeur restait toujours disponible. Ce furent les gantiers qui l'obtinrent.
' Comtesse de Genlis, Dietio»iioirt Jet ëli^Metln t. JI, p. 38.
l'AHFl'MEURS — PART
Des lettres palenles du niuis de jaiivii'r 1()14 leur oclrovi'rent tMifiii « perinission do se iKiininer et qualitier tant Illai^t^es^anliersl|ll<• partuiiu-urs ».
A aiu'Uiie fpi)(|ui'. Ton n'ahusii autant des parfums qu'au dix-seplii'ine siècle. L'odorat l)lasé par les senteurs que l'Inde et r.\niérique fournissaient depuis cent ans, ne pouvait plus se contenter que d'essences et de quintessences. Les parfumeurs faisaient vite fortune, et cpielquesuns d'entre eux, honorés de la faveur des {"(•randes dames, ont vu leur nom conservé par la postérité.
On di>ail d'.\nne d'Autriche qu'avec du beau linge et des parfums on la mènerait aux enfers. Elle n'était sans doute pas seule dans ce cas, car un ouvrage pulilié en IQ'.l'.i m'apprend que les dames de ce temps « avoieut toujours une petite boule musquée dans la bouche, afin que leurs joues ne paroissent pas creuses et que leur lialeine sente l'ambre et le musc ' ». Par contre, c'est le moment que clioisirenl le tabac et la pipe pour faire leur apparition.
Louis XI\ eut d'abord les mêmes goûts que sa mère. « Jamais iiomme, tlit Saint-vSimon -, n'aima tant les odeurs et ne les craignit tant après, à force d'en avoir abusé >••.
La mode des parfums ne survécut point à la Révolution. Afin de ne pas oublier un nom resté célèbre, je rappelle que, le 7 juillet 1809, le sieur BuUy prit un brevet de cinq ans « pour une eau antiméphitique » dans la composition de laciuelle entraient quatorze ingrédients dilTérents. Le '20 septembre 1814. il obtient un brevet de perfectionnement, d'une durée de cinq ans.
Les parfumeurs appartenaient à la corporation des gantiers et s'étaient, comme eux, placés sous le patronage de sainte Anne et de sainte Madeleine. *
Parfumeurs en cuir. Titre qui appartenait à la corporation des peaussiers.
Parloir aux bourg-eois Sergent du).
\oy. Sergents.
Parqfueteurs. Au moyen âge, l'on nommait j)lanchtr ou plniichier le premier étage d'une maison, le seul sans doute dont l'aire fut parfois recouverte de bois ^. Vers le milieu du quinzième siècle, Antoine de la Sale raconte que le petit Jehan de Saintré, lors de >a rencontre avec l'anglais, fit <^ planchoyer deux maisons semblables, l'une pour luy et l'autre pour les seigneurs anglois ' ». Corrozet, dans ses 5/«w/m domestiques, •* mentionne la
Cliambre où pour faire ung doulx marclipr Ou a cnibrissé " le plancher.
' Amours et intrigues fies (/omestiçues, p. XIII. - Mémoires, t. 1, p. 499.
■' \'o v. Ducaii^'i', Olossariiim, au.x mots planciilum et plaHrhfriit»!.
* Hystui/re il» petit Jehan de Saintré, édit. Helleny, p. 24S. — NoU-z ({ue/i/nar^oycrùlait pris aussi «tans le sens de construire une maison en bois. Voy. Ducanffe, au mot-s pUinentum .
5 !>ubliés vers 1539, p. 15.
* Godcfroy traduit ce mot par « recouvert d'un tapis ». Diclionnnire, t. III, p. 40.
A la fin du dix-septième siècle, le plancher est devenu par([ue(, et il est déjà traité avec beaucoup d'art ; c'est, dit Félibien, un assemblage de pièces de bois qui font un compartiment en ([narré ou d'une autre uuinière, pour servir, au lieu de pavé, dans les chandjres » '. Ces parquets-là coillaient de UO à 'M\ livres la toîse carrée -. Mais il y avait mieux ; écoutez le Mercure gnlntit de 107."} : « Les gens de (pialité ne veulent plus de tapis de pied <lans leurs alcôves, à cause de la poudre (ju'iis conseiTcnt : c'est poui(|uoy. ils les font panpietiM' de bois de diverses couleurs et de pièi'es de rapport ' ».
Pourtant, c'était là, parait-il, un luxe encore assez rare eu 1()77, car Madame de Sévigné écrivait à sa fille le 7 octobre : « Nous avons. Dieu merci, l'hôlel Carnavalet; comme on ne peut tout avoir, il faut se passer des parf[nels et des petites cheminées à la mode * ».
Pluni-hieurs et pnrqneleurs appartenaient à la corporation tles menuisiers.
Part (Billets de} ^. A la tin du dix-huitième siècle, il se vendait des lettres gravées d'avance, sur lesquelles on n'avait plus qu'à ajouter les noms à la main. Vn journal de 1777 publiait l'annonce suivante : « On trouve cliez madame Colson, rue de la Tissanderie, maison des Trois-Couronnes, vis-à-vis le cul-de-sac Saint- Faron. de très jolis billets de visite pour la nouvelle année, des billets d'invitation pour les repas et des billets de mariage, tous fort bien gravés *. »
Jadis, lorsqu'un mariage était conclu entre deux familles, les parents des futurs époux allaient eux-mêmes en informer les personnes de leur connaissance. C'étaient beaucoup de visites à faire, et parfois chez des gens que l'on ne voyait pas avec plaisir. L'on s'arrangea donc pour se présenter chez eux à une heure oîi l'on savait ne pouvoir les rencontrer; on se munit alors de billets manuscrits qui contenaient l'annonce du mariage et que l'on déposait à leur porte. Dans les maisons riches, ces billets étaient écrits avec soin, sur beau papier, et ornés de peintures, d'arabescjues, d'emblèmes, etc. Lîn de ces billets, exécutés pour le mariage du célèbre duc de Richelieu, a été retrouvé au cai)inet des estampes de la Bibliothèque nationale et reproduit par le Miiqasin pittoresque '. Dans un cadre assez gracieux, au bas duquel figurent des épis de blé, une cage fermée, des jouets d'eid'ants, on lit :
,]/. le duc de Richelieu a épousé, la nuit du 6 au 7 aoust 1731, au château de Moiitjtiu en Bourgogne, le seconde fille (F Anne-Murie-Josepk de Lorraine, prince de Guise, comte de Harcourt.
' Des prinripes île l urehiteclure, p. 682.
- Le litre nimmotle, t. II, p. 123.
3 Tome III. p. 301.
* Tome V, ]). 347.
3 Ou de fairi-part. L'.\cadémie admet les deu.\ expressions.
6 Àf/iches, annonces et aeis ilirers. Nuniéio du 21 décembre 1777, p. 211.
' Tome X, année 1842, p. 184.
PART — PASSKMEXTIERS
On s'avisa ensuite de sushslitueraux manuscrits des liillels imprimés et d'un très petit format. Celle innovation fut due, croit-on, au marquis de Pons. Les l)illels qu'il fit imprimer ù l'occade son mariage sont ainsi conçus :
Monsieur et Madame de Pons sont venus pour avoir V honneur de vous faire part du mariage de M. le marquis de Pons, leur (Us, avec Mademoiselle de Brosse.
Madame de CasteUane est venue pour avoir r honneur de vous faire part du mariage Je Mademoiselle de Brosse, sa fille, avec M. le marquis de Puns.
Yoy. Semonneurs.
Parvis (Foire du). Voy. Jambons Foire aux .
Pasliers. Voy. Paaliers.
Passementiers. Les passementiers ont eu pour ancêtres les crépiniers et les boutonniers. Dés 1558, les maîtres sont dits rre'piniers-passemenliers-lnutonniers, et Henri II vient de leur accorder des statuts, qui furent confirmés sans changement en l.">94.
Quand, une soixantaine d'années après, la corporation eut l'idée de les faire reviser, Louis X V reprenait possession de sa capitale. Cet heureux retour, « souhaité ardemment, dit le roi *, par ceux qui n'ont jamais ignoré que notre présence est le souverain liien de la ville de Paris », avait favorablement disposé le souverain. Il s'empressa d'accorder la revision demandée, et il en résulta [avril 1653) des statuts définitifs -, dans lesquels je relèverai les dispositions suivantes :
Chaque maître ne pouvait avoir à la fois qu'un seul apprenti, et le contrat devait être rédigé en présence des jurés. L'apprentissage durait cinq ans et était suivi de quatre ans de compagnonnage.
Pour tout aspirant à la maîtrise, le chef- (F œuvre était obligatoire ; mais les jurés n'y admettaient un compagnon qu'après s'être enquis de sa conduite auprès des maîtres qu'il avait servis. Les fils de maître et les compagnons qui épousaient une fille de maître étaient dispensés du chef-d'œutre et soumis seulement ù \expérience.
La veuve d'un maître pouvait continuer le commerce de son mari et achever l'apprenti commencé par lui, mais non en prendre un nouveau. Elle perdait ces droits si elle se remariait.
La corporation était administrée par quatre jurés, qu'élisaient pour de\ix ans les jures en charc-e. les baclieliers et \in tiers des maîtres.
Les objets que les passementiers étaient autorisés à fabn([uer sont innombrables. Je me bornerai à citer : « Toutes sortes de passemens et dentelles
^ Lettres patentes tie recision, p. 14. 2 Statuts, fjftlunno lices et règlemens île la eomntmiai/te fies uivîties jiassemeiitiers, etc. l'ai-i.s, 1733, in-4°.
sur l'oreiller, aux fuseaux, ajix épingles et à la main ; d'argent, tant fin que faux ; de soie, de fil blanc et de couleur, fins et communs, pleins et à jours, garnis et enjolivés. Toutes sortes de houppes et campanes ', coulantes ou arrêtées, nouées et a l'aiguille. Toutes sortes de boui-se-. nouées, au crochet et à la main, pleineset à jour. Toutes sortes de cordons de chapeaux et bonnets. Toutes sortes de boutons à vases et olives, ù l'aiguille, a l'étoile, à la turque, « point de Milan, à roses, à carreaux, à grappe, ù tête de More, à la moresque, à l'indienne, en lacs d'amour, à la polonaise, à longues queues... et toutes sortes de boutons lacés et garnis, à frelucheset « cordelières, et de toutes autres façons, qui se font au crochet, au doigt, à l'aiguille et au dé. Toutes sortes de cordons et cordonnets qui se façonnent au rouet, comme ganses, cannetilles, chaînes et chaînettes, frisons .satinés et chevillés, bouillons, frisures, guipures plaies et rondes... Toutes sortes de pots, vases et pommes de lit, pleins et à jour, garnis et chamarrés de passemens, et tissus de rubans figurés et non figurés. Toutes sortes de bouquets, guirlandes, éventails, fers de coUets montés, nœuds, roses, ceintures, guirlandes et galans, aigrettes, poignées de dagues et d'épées -, garnitures de pertuisanes. masques. Toutes sortes de moules à boutons, tels que glands, poires, pommes, vases, olives, coulans, etc. »
Vers la fin du règne de Louis XIV, le costume se ressentit un peu de la dévotion affichée par M"'" de Maintenon ; les aigiiillettes et les rubans, dont on avait tant abusé, durent s'effacer devant les boutons, d'aspect plus sévère. Restés assez simples durant le règne de Louis X\ . ils prirent leur revanche sous Louis XVI. Ils furent alors le prétexte de folies dont plusieui^s témoins oculaires nous ont transmis le burlesque souvenir. On les portait énormes, larges comme im écu de six li\Tes, afin qu'ils se prélassent mieux aux insanités dont on les faisait complices. Le comte d'Artois , loujoui-s en quête de quelque extravagance, eut un jour l'heureuse idée d'exhiber, en guise de boulons, une sarniture do montres.
.Scelle époque, les maîtres avaient pour litre officiel passnnentiers-bontoiiniers-eHJnliTeurs. Ils y ajoutaient parfois les mois cre'pin iers-lilnndiniers-faiseurs de douions, cordons, olives, campanes, et autres enjoliremens pour garnitures d'hauts, meubles et équipages, mais aucune de ces qualifications no figure dans les derniers statuts. La communauté était divisée en trois classes : les
* lit' nn)t houppe ili'?.i{^r un ^liuid ou un»' frari-^r li'iiuiiu's par une toutfr : c|u»n<l il n Ih fomif d unr clorliL'ttc, il tli'virnt ennijmnr. Le rhapi'iiu tics ranliiinux est arronipa<;n('' «if (piinz»' hoiipprs, n'jjulit'rt'iiii'nt Ifs i)rrln'vOinn's fil ont dix, ot it'> cvèiiucs six. \\)\. Ihilliul, Seienee îles armoiries, p. 13-1.
* Us inïrt.'nt sur c<" |»oiiit do Ion|Ts tlemèl^s avoc It'S fourbisseurs. Di- 165G à IfiOO, plus do dix arrêts s'i'fTorcOn-nt df nii-tln- l'acrord euti-p les di'ux corporation». Celui du 17 avril I6l>l) maintint « tant les boutonniers i|Ue les fourbisseurs en la possession de faiiv des moule.-, et ]>ui(^nces d'ûpees garnies u.
l'ASSiaïKNTIKIW — l'AST
hoiUonniers-faiseurs (le mimhs, les bou'OKniers de métal e( les IjoutOHniers-passemeiitiers. Le noiiibri' (Ifs niaiirt's s'élevait ù 5S0 en 1725, ù 535 en 177:j et il 582 en 1771) '. Ils iiviiient pour patron saint Louis.
Vov. Boutonnière.
Passés-maîtres. \ oy. Chef-d'œuvre.
Passe-talonniers. Ouvriers qui reeouvraient àf peaux de diverses couleurs les talons mis aux chaussures élégantes.
J'ai recueilli un statut de 1H25. qui interdit au derjje de l'éijlise de Notre-Dame de porter (les souliei-s d'une autre couleur que le noir, « alterius coloris quam nifj;'ri * ». C'est c[u'à cette époque, les jeunes sei{;neurs avaient eu l'idée do donner à chacun de leui-s souliers une couleur dill'érente ; si celui de gauche était blanc ou noir, celui de droite était rouge. Mais à condition encore de l'harnioniseï' avec la couleur des chausses ^ qui était ditl'érente pour cliaque jambe *.
Celte mode semble avoir disparu en même temps que celle des chaussures à la poulaine. Elle reprit faveur sous Ciiarles IX et sous Henri III 5. Dans le Compte des dépenses du premier, en 1572, je vois ûgurer <,< dix paires de souliers de maroquin blanc, et six paires de couleur, assavoir : gris, ro<iges, noirs, verts et bleus, h quarante sous la paire ^ ».
Un siècle plus tard les gi'ands seigneurs se mirent à porter des talons de couleur rouge incarnat. Ce fut là une caractéristique du costume de Cour. Aucun règlement n'interdisait d'arborer cette marque de distinction, et pourtant jamais l'idée n'en vint à un gentilhomme non présenté, c'est-à-dire non admis à la Cour ' .
A la fin du règne de Louis XV. on porta aussi des fourreaux d'épée de couleurs variées. Ceux-ci étaient encore l'œuvre des passe-talonniers.
Passeurs d'eau. Vov. Bateliers.
Past. On nommait ainsi un festin que devait offrir à ses nouveaux confivres l'ouvrier admis à la maîtrise. Ce repas avait lieu, en général, pendant l'année de la réception et au jour fixé parles jurés. D'assez curieuses redevances étaient acquittées à cette occasion. Chez les bouchers, par exemple, le nouveau maître devait donner, le jour de son past :
' Savarv, Dietionnairt in eammeree, t. II. p. 42t. Jaubert, Dictionnaire des arts et métiers, t. I, j). 314. Hurtaiit i.t Maj^ny, Dictionnaire île Paris, t. I, p. 316.
- Cartulaire de Xotre-Dame de l'uris, t. III, p. 415.
■• Des bas.
* Voy. É. Deschamps, Le miroir du mariage, édit. Crapelet, p. 213.
' H. Esticnne, Dialogues, t. I, p. 231.
^ Dans Cimberot Danjou, Archices curieuses, t. ^"III, p. 362. — \'ov. aussi Relations des ambassatleurs tênitiens, t. II, p. 55.5."
' .M°" (le Gonlis, Étiquettes de la Cour, t. II. p. 341.
(tu préoôt de Paris.
(iH '(iiallre des ftourliers.. .
f GI livres de chair de porc ' ou de bœuf.
1 chapon, setier de vin.
I 4 gâteaux.
1 30 livres et demie de cliairde porc ou de bœuf.
' 1 demi chapon.
I I cierge d'une livie.
' 1 gâteau.
1 demi setier de vin.
^2 pains.
(4 gélines.