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PAUVRES — PAYEURS

notables, un commissaire chargé de lever la taxe dans ses limites. Un maître des requêtes, un conseiller étaient imposés à 10 livres 8 sous; un auditeur des comptes, un avocat, à 2 livres 12 sous; un marchand, à 1 livre 0 sous; un artisan, à 13 sous. Le commissaire avait droit dV)pérer. au besoin par ministère d'huissier, le recouvrement de la taxe. Personne ne pouvait refuser les fonctions de commissaire ; mais, en •général, ce mandat toiithonoritiqui' était recherché par les riches bourf^cois et les commerçants retirés des affaires. Ils visitaient les pauvres, distribuaient des secours, avaient, en somme, une mission analogue u celle de nos administrateurs des bureaux de bienfaisance.

PavartS (Faiseurs de). Voy. Targiers.

Pavementeurs. Voy. Paveurs.

Paveurs. La Tui/le de 1392 n'en meniionne aucun, et celle de l:iOO en cite un seul. Ils étaient au nombre de 15 en 1397 ', et de 27 environ au mois de mars 1502, (juand François 1"' leur octroya des statuts.

Philippe-Auguste est le premier de nos rois ([ui ait songé au pavage des rues de Paris. Rigord, son médecin, nous apprend qu'en 1185, ce prince s'étant mis à la fenêtre de son palais au moment où passaient des chariots fut suffoqué par l'odeur qu'exhalait la boue dans laquelle les roues enfonçaient. Il fit mander « le prévosl et les borjois, et leur commanda que toutes les rues et les voies de la cité fussent pavées bien et soinieusement de grez gros et fort ^ ». Ce pavage, composé de dalles qui mesuraient deux à trois pieds carrés .sur plus d'un pied d'épaisseur *, ne s'étendit qu'à ce que l'on nommait la croisée de Paris, c'est-à-dire à quatre voies un peu plus larges que les autres qui, ayant le Grand-Chàtelet pour centre, représentaient une croix de forme irré'Tulière. L'entretien de ce pavage était à la charge de la ville, l'ordonnance du 1"" mars 1388 le reconnaît ^ ; elle veut, en revanche, que les habitants fassent « amender et refaire chascun en droit soy, les pavemensdes chauciés ». Quelques voins avaient, en effet, reçu un pavage, mais moins dispendieux que celui de la croisée, des dalles de cinquante à soixante centimètres ciirrés sur seize à dix-neuf d'épaisseur. Les paveurs donnaient à ces pierres le nom de carreaux, et c'est de là que sont venues les vielles locutions : rester sur le carreau, le carreau des halles, les carreaux du roi, etc. La grande ordonnance de février 1415 consacre tout un chapitre au commerce des « quarreaux de grès ». Dès le commencement du quinzième siècle, ces carreaux n'eurent plus que « six à sept pouces en tous sens 8 ». Enfin, au seizième siècle, on revêtit plusieurs rues de la Cité d'un véritable macada-

t I,c'lti-('s pali'iiti'S clu 2 avril.

î I.c palais ic justico actuel.

3 Itrcuiil ilrs iislariens, t. XVII, \<. 358.

* l,.'bi-llf, DIssrrIdIions. t. I, p. 85.

5 Dans l»amlii'il, Anciennes Ivis f.ançaiset, t.\ l,p. Clit.

6 Oiilonnancc «le févniT 1415, chap. XXV.

misage, qui fut longtemps désigné sous le nom de pavé de la Ligue ' .

A la fin du dix-huitième siècle, les pavés avaient sept à huit pouces carrés. On les tirait, comme auparavant, de Fontainebleau, et aussi des environs de Pontoise, de l'Isle-.^dam, de Sergy, de Méry. La vallée de l'Yvette, Palaiseau, Orsay, etc., en fournissaient également. En 1760, le prix de chaque pavé était fixé à cinq sous, et celui de la toise superficielle à dix-sept livres dix-huit sous *.

Un ruisseau était toujours ménagé au milieu de la rue. Le haut du pavé, que la civilité ordonnait de laisser aux dames et aux personnes de qualité, était la partie de la chaus.sée qui bordait les maisons. En les rasant de près, ou a%-ait quelques chances d'éviter l'odeur du ruisseau, les éclabous.sures qui en provenaient et les déluges qui tombaient des gouttières. Il est vrai qu'on y était gêné par les lourdes bornes qui restèrent, jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, la seule protection accordée aux piétons contre les voitures. Au siècle précédent, on avait bien établi, de chaque côté du Pont-Neuf, des trottoirs très élevés, alors appelés banquettes ; mais ils étaient loués à une foule de petits marchands qui y étalaient leure pacotilles. L'usage des trottoirs, importation anglaise, date de 1782. La première rue où l'on en ail vu est la rue de l'Odéon ^, qui venait d'être percée sur une partie de l'emplacement occupé par l'hôtel de Condé. En 1788, on établit dans la rue de Louvois des trottoirs qui avaient 1 "",30 de largeur sur 0™,32 de hauteur. Il existait encore très peu de trottoirs sous le premier Empire, car l'auteur des Atentures parisiennes disait en 1808 : « Les rues de Paris ne sont pas susceptibles d'être ornées de trottoirs, ainsi que plusieurs pei-sonnes se l'imaginent ; la multiplicité des portes cochères y met un obstacle presque insurmontable ». Enfin, dans un rapport présenté au conseil général de la Seine en 1823, le comte de Chabrol constate « le défaut presque absolu des trottoirs commodes et convenablement construits ».

Les derniers statuts des paveurs sont datés du 7 avril 1741. Chaque maître ne pouvait avoir à la fois qu'un seul apprenti, et l'apprentissage durait trois ans. Le chef-d'auvre consistait à « paver une pointe ou un tournant ». Les maîtres étaient alors au nombre de cinquante environ, et avaient pour patron saint Roch.

Les paveurs sont encore nommés pavementeurs, épinceurs, espincheurs, etc. L'épinçois est un o-ros, lourd et court marteau, à deux côtés tranchants, qui sert à fendre les pavés.

Voy. Hieurs.

Payelliers. Voy. PaaUers.

Payeurs. Voy. Trésoriers-payeurs et Trésoriers-receveurs.

I Sauvai, Reekerckts sur Paris, I. I, p. 185.

S Mémoires secrets, dits do Uachaumont, t. XVI,

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