PEAUX — PÊCHEURS
aux cliappliei-s. Mais ce crieur est surchargé de lellf iiiaiiiére ((u'on clierche sa tête et ses bras. On le seul avant d'entendre sa voix ; il vit dans l'exhalaison infecte de ces peaux ' >>.
Le marchand de peaux de lapin cumulait presque toujours ce commerce avec l'art de châtrer les chats -.
Pêche (Ustensiles dE;. La Taille de 1292 cite (rois ameçouneurs, fabricants d'hameçons et sans doute d'autres ustensiles de pèclie ; la Taille de 1300 en mentionne un seulement. Les merciers en vendaient aussi, comme le prouve ce vers du Dit (F un mercier :
J'ai ameçons à pescheors.
L'ordonnance du 21 janvier 1416 ' nomme les fabricants Muistres (T nymrlene et fd de lundierl, et l'on y voit qu'ils confeclionnaii'ut des (liiiH ou hameçonsidu latin ha mus . L'ordonnance, d'ailleurs, ne vise point Paris, mais les maîtres de Bellencontre au diocèse de Rouen.
A dater du seizième siècle, les statuts accordés aux chaînetiers les autorisent à fabriquer des hameçons. « Les hameçons qui ser%-ent à la pêche il la litrne se vendent chez, les chaisnetiers du quay de (iesvre et cliez ceux de la rue Samt- Denis >.. dit encore le Livre commode pour 1692 ^
Les faiseurs de filets étaient dits fdeliers, laceurs, mailleurs, nasseors, nasseurs, reyeurs, truhliers, etc. ; ils appartenaient à la communauté des cordiers, et avaient pour patron saint Pierre.
Les nasses en osier étaient fabriquées par les vanniers.
Au dix-huitième siècle, et probablement avant cette époque, les maîtres de la corporation des pêcheurs faisaient aussi le commerce des objets relatifs à leur métier. Les frères Couilletle, par exemple, qui haliilaient le Gros-Caillou, fournissaient « toutes .sortes de filets, lignes, hameçons, etc. '
Pêcheurs. Au treizième siècle, la famille du Bois po.ssédait, à titre héréditaire, le droit de justice et une partie des revenus de la petite corporation des pêcheurs dits de l'eau du roi.
On nommait eau du roi la partie de la Seine et de la ISIarne qui appartenait au roi. Elle commençait à la pointe orientale île l'île Notre- Dame ", et finissait pour la Seine à Villeneuve .Sainl-fieorges. pour la Marne à .Saint-Maur des Fossés '.
La portion du cours de la Seine comprise entre la pointe occidentale de l'île Notre-Dame et le Pont-au-Change appartenait à l'abbaye de Saint-
< Tableau ,1e Paris, t. VI, p. 82.
* Voy. ci-ilessii.s l'art. Cliâlreurs.
•I Ordonn. royales, t. X, p. 390.
» Tome I, p. 296.
•"î Alinanmh Daii/i/iin pour 1777, art. ppcheurs.
" C'rsl-à-iliri' la partit- île l'île Saint-Louis actucUi' où ■SI' Irouvf l'opli.Sf. t'.'i'st vers l'arnife 1015 que la réunion ili' l'ile Notre-Dame à 111e <les Vaches constitua l'île Siiint- Louis.
" Vov. le Litre îles me'liers, titre XCIX.
Magloire. Elle la devait à la générosité de Louis le Jeune, qui lui avait donné, vers 1160, «. aqua Sequanae sicul iluit a capite insulee Sanctae- Mariie usque ad magimm pontem. ita libère ut nulli inibi. sine gratia et (»nsensu Ecclesiae et abbatis beati Maglorii. piscari sive aliquidconstruere possit ' /'. Jaillot se trompe donc quand il dit que les religieux avaient seulement le droit de pêche dans cet espace. Il reconnaît, d'ailleurs, deux pages plus loin, que lorsque la Ville voulut reconstruire le pont Notre-Dame, elle dut traiter avec l'abbaye -.
L'ile Notre-Dame, une partie du Petit-Pontet le Pont-au-Change appartenaient à l'évêque de l'aris.
Entre le Pont-au-Change et Sèvres, la Seine était, en vertu d'une donation de Childebert, la propriété de l'abbaye de Saint-Germain des Prés '. Le roi n'avait donc pas le droit de faire prendre pour lui un poisson devant le Louvre. En 1389, les religieux ayant surpris deux hommes qui péchaient dans les eaux de l'abbaye, avec l'autorisation et pour la table du roi, les « firent adjourner devant eux, et ardoir * leurs engins devant le pillory Sainct-Germain ». Ln arrêt rendu le 18 aoi'it, ii cette occasion, conlirnia le privilège de l'abbaye : « Pour ce que, y est-il ). dit, les religieu.x ne mangent chair fors quatre » fois l'an, le roi avoil consenti qu'ils eussent >• un peschetiren leur église». Mais ils avaient depuis lors singulièrement exagéré les termes de ce privilège. « Eln effet, dit 'l'arrêt, ancienne- » ment chacun pouvoit néanmoins pescher qui » vouloit, à condition de mettre le tiers de son » poisson en une corbeille qui pendoil à la » tournelle, près de l'hostel de Neelle ». Les religieux allèrent plus loin encore. Ils soutinrent qu'en vertu de la donation de Childebert. toutes les maisons bâties sur les ponts de Paris devaient leur appartenir ; un arrêt de 1394 les débouta de cette prétention, et ne leur reconnut d'autre droit « si ce n'est que de peschier ». Ils finirent par affermer ce droit de pêche, dans la Seine et dans le canal du Pré-au.x-Clercs, qui, paraît-il, était rempli de poissons.
Les pêcheurs de l'eau du roi pouvaient « prendre toute manière de poissons », mais devaient rejeter au fleuve les « broches, barbeauz, anguiletes, carpes » encore trop petits pour ne piis valoir au moins un denier les quatre. Le premier cuisinier du roi avait la garde de l'étalon destiné à contrôler les filets et était tenu de les saisir s'il y trouvait des mailles trop étroites *. Depuis Pà(iues jusqu'à la .Siint-Remi (1" octobre, il fallait qu'un gros tournois posé à plat sur clia(iue maille put aisément pas.ser à travers. De la Saint-Remi à Pâques, ou ne tolérait plus
* J. Dubreul, An/i^uile: île Paris, liv. I, p. 178.
* Jaillot, Quartier <le la Cite; p. 191 et 193. — Sauvai, Reckrrches sur Paris, t. I, p. 228.
3 (I Sumunlque initiuni a ponte Civilali-S. et sortiuntur fineiii ubi alveolus viniens ."^avara précipitai .<•■ in flumine ». Dotn Bouillart, Hisloiie de laUiiye .Saiul- Germain îles Pre's, pièces justificatives, p. ij.
» Brûler.
5 /.irre îles me'liers, titre XCIX, art. 5.
PftCHKUHS — l'KDlClHl'lS
qui' la liui^riir d'iiii (jros pnrisis '. I,ii piVln' chiil iiilrnlili' lit' la mi-avril à la nii-inai, << car li's ()oisM)fis Iraii'iil cm v ccliiy Iciiips, cl laisscnl leur l'ravc aux licrlics - >..
Les slatuls lie ilisciil pas coiiiinciil les pcclicurs ilisposaiciit lie leur poisson. On no sait donc s'ils le vendaient dircclcnicnl aux consonuitatcurs, ou s'ils étaient tenus de le livrer aux poissonniers d'eau douce.
I.es pêcheurs étaient au nonilire ilc ipuininlc à ci[H|UHnle en 177.'i '. Hien qu'ils se servi.sscnt de (ilels, ils se i|ualiiiaii'nl de jk'r/ifUfS ù rerge^ , pour se distinjî'uer des pécheurs à engins, coniiniinauté distincte, qui comptait une centaine de membres el avait pour patron saint Nicolas, tandis que les pêcheurs à verife s'étaient placés sous le patronai^e de saint Louis.
Les ordonnances relatives à la pêche défendaient de s'y livrer les dimanches et fêtes, et en tous temps apri's le coucher du soleil ; « ^le jeter dans aucune rivièi-e de la chaux, de la noix voinique. de la coque du Levant, de la noix de cyprès, du musc et autres drop;ues qui sont regardées comme des appas q\ii empoisonnent, enivrent ou étourdissent le poisson ; (le rompre la jjlace des mares, étangs el fossés; d'y faire des trous, d'y porter des llamheaiix pour y faire venir le poisson : à peine d'être puni comme coupable de vol. Elles veulent que tons les engins et harnoisdes pêcheurs soient n\ar(piés d'un plondi sur lequel seront les armes de Sa Majesté el tout autour le nom de la maîtrise dont ils dépendent. l'IUes portent encore que tous les engins del'enilus qu'on aura saisis seront brûlés à l'issue de l'audience, etc. >>
Vov. Maître des pêcheurs el Foissonniers d'eau douce.
Pédagogues.
sion.
Voy. Maîtres de pen-
Pédicures. L'histoire s'est peu occupée de ces modestes opéraleui^s, bien (|ue la coquetterie féminine ait ilù de tout temps rendre nécessaire leur intervention. Un moraliste du quinzième siècle, le frère mineur Pierre des (iros. écrivit un gros livre qui avait pour objet de condamner ce joli défaut et d'en guérir à jamais les feniines. Si elles n'y ont pas encore absoluiiit'nt renoncé, cela tient sans doute à ce que l'ouvrage de Pierre des Gros est resté manuscrit. Il a pourtant été conservé, et l'extrait suivant suffira pour montrer quel art et (|nelle délicatesse le bon religieux apportait dans ses remontrances : « Les femmes, écrivait-il, font faire des souliers si estroits qu'à peine peuvent-elles les endurer, et ont souvent les pieds contrefaits, nialade.s et pleins de cors ^ ».
Par bonheur, le remède était déjà connu. Di's
' \oy. les OritoHii. nya'rs, t. ], p. 792, el Dolamarre, Tniilé dr la police, t. III, p. 29li.
' \'oy. les Onlonn. roi/riles, t. I, p. 793.
3 Jaubert, Diclionnaiie, l. III, p. 397.
* .\ la lijifne.
\ oy. 1'. Pari.s. Les mniiuxcriU fraiiçois fie In Bihiioikèque ilu roi, i. II, p. l.jij.
le quatorzième siècle, Oui de (ilianliac aviiit étudié, dans sa Grunile chirurgie, les moyens de détruire lu corne qui est uux piifh. « Hase la, ilil-il, tant qu'il .sera [lossible, puis qu'on mette dessus une platine de fer ou de cuir, à la(|uelle v ait un trou selon la granileur de la corne ; et lors, eu ce trou soit mise une goutte de soufre ardant, el qu'on le lai.sse esteindresur le lieu ' ». .\inbroise Paré conseillai! d'appliquer sui' le cor des aulx piles, el aussi de les cauleriser « avec eau forte on huile de vitriol - ». De leur côté, les plus savants apothicaires estimaieni que << le fruit do l'anacardier renferme une huile noire el caustique qui est nn bon remède pour guérir les cors des pieds et pourôler les taches de rousseur du visage ' >■.
.Mais, depuis longtemps déjà, de misérables charlatans s'étaient chargés de soigner celte alïection. el Tnrlupin. parlant des métiers ambulants exercés dans Paris. cla.s.sait les « tireurs de cors » avec les vendeurs de thériaqne el les joueurs de gobelets '. NatnrellemenI, les chirurgiens professaient un grand mépris pour ces indignes concurrents. Dionis écrivait vers 1707 ; « J'ai veu autrefois un homme à Paris, qui .se promenant toute la journée dans les rues, disoit sans cesse : « Je tire les cors des pieds sans mal ni douleur ». Je ne sçais s'il exéculoit sa promesse ; mais s'il le faisoit, on le payoit fort mal, car il éloit très mal vêtu et paroissoit fort gueux. S'il avoit eu le talent ou l'adresse d'ôter les cors sans douleur, comme il le disoit, il auroil ilù aller eu carosse ^ ». Sydenham avait dit déjà : & Si quel([u'un employoit toute sa vie à découvrir un spécifique contre les cors, il mériteroil bien de la postérité, et auroit suffisamment servi le genre humain ». Mais je ne garantis pas du tout l'exactitude de cette citation, que j'emprunte à l'ouvrage suivant : Toilette des pieds, OH traité de la guérison des cors, verrues et autres maladies de fa peau, par le S' Rousselot. chirurgien de Mgr le Dauphin, des princes et de Mesdames, en cette partie, ancien chirurgien de M. le prince de Wirtemherg. Ce livre, qui est dédié à M™ .\délaïde, tille aînée de Louis XV, parut en 1762 et eut une seconde édition en
Un sieur Maille. •< vinaigrier-distilhileur ordinaire du Roi ». fit beaucoup parler de lui à la fin du dix-huitième siècle. 11 avait inventé une foule de uumlariles el de vinaigres doués, à l'entendre, des pins admirables propriétés. La moutarde était surtout destinée aux entreluies ; quant aux vinaigres, on en opposait aux maux de dents, aux rides du visage, aux dartres, aux cors, etc., etc.
Dans le même temps. la Gazette de Hollande''' préi'onisait « les emplâtres écossoises du sieur Cennedy, chymiste, qui guérissent sans retour
' Éilit. Xicaise. p. 433.
s Œllt.-fs, p. (ilt).
•I P. l'omet, /fisinirc lies rlni/jK/'s, \\\. VU, p. 2(19.
* Httninfjite ilf Tttrlupin, dans É. l'"('iii"niei*, Vni'irtvs,
t. yi, p. 71.
*• llp^rnlifiits lie ehirin-ijie, p. oriK. " N' ilu lu mais 1778.
PKDICUKKS
PEKiNIKHS
les cors iiux pieds, m !W sols la boîte — >> Louis X\ I eul un pédiiure en titre. Cet esliluahle opénil^'ur se iioniinait La Foresl et (ienieurail dans la maison (l"un ilentisle, comme le prouve le titre d'un livre dont il est l'auteur : Vart de soigner les pieds. Contenant un traité sur les cors, verrues, durillons, oignons, engelures, les accidens des ongles et leur difformité'. Nouvelle édition, auqmentée de la mani/'re de soiqner les pieds des solda/s. Par M. La Forest, chirurgien pédicure de Sa Majesté et de la famille royale. Paris, chez l'auteur, rue Croix-des-Petils- (Shamps, maison de M. Bourdel, chirurgien dentiste du Roi. Il existait, paraît-il, entre ces deux professions, plus d'analoj^ie qu'on ne serait tenté de le croire au premier abord, car un peu plus tard, je trouve établi au Palais-Rojal un sieur Roblot, qui se disait dentiste et pédicure *.
Peigneurs de drap. Titre qui appartenait il la communauté des foulons.
Peigneurs de laine. Titre que prenaient les maîtres de la corporation des cardeurs. La Taille de l'^'.)2 cite U\\\'> pigneresses. nom reproduit dans l'ordonnance du 30 janvier 1351 (art. 23fi;.
Peigneurs des perruques du roi. Le
titulaire de celle cliari^e loucluiil, deux cents écus par an. Il esl mentionné dans Y Etal de la France pour 16fi7 -. et dans celui de 1712 -K mais ne figure pins dans celui de 1736.
Peigneuses de chanvre et de lin.
Vov. Filassières.
Peigniers. Fabricants de peignes. La chevelure légendaire des temps mérovingiens, les longues tresses des femmes pendant le treizième siècle suffisent à prouver l'importance que (levait posséder déjà la communauté des pigniers, pigneres ou pingniers.
Les peignes étaient alors fails d'ivoire, de corne, de bois dur, et on les couvrait d'ornementations aussi riches que variées. Comme on peut le voir dans nos nmsées, leur forme n'a pas varié. Entre les peignes retrouvés dans les hypogées d'Egjpte ou récenunent rapportés de Ninive et les peignes du treizième siècle, il n'existe pres([ue aucune ditl'érence ; ce sont les mêmes dimensions, la même épaisseur des dents, la même disposition des sujets sur la partie centrale. Quel([ues-uns, très courts et à longues dents, étaient destinés à faciliter la tonsure des ecclésiastiques. D'autres s'adaptaient à l'exlrémilé d'un long manche, et le privilège de fabriquer ces manches appartenait non aux pigniers mais avlX couteliers faiseurs de manches qui, eu raison de ce monopole, prenaient le litre de « faisierres de pignes d'ivoire' >.. Enfin, dès le quatorzième
1 Prucllioinnie, Miroir ilt' Paris,
i Tome I, p. 210.
:• Tuiii.' I, |i. ;i(l7.
* /.irrc lies iiir'fiers, litir .W IL
t. VI, p. 2:)().
siècle, on connaissait les templières, petits peignes destinés ù relever les cheveux sur les tempes. L'étui a peignes se nommait pignièn ; il renfermait, ouln^ les peignes, les rasoirs, les ciseaux, le miroir, et la grarouère, gravoire, broche ou brochette, sorte de poinçon en ivoire ou en cristal qui servait à faire la raie, à séparer les cheveux sur le devant de la tête. Il nous esl resté nondjre de ces éluis, et les miniatures nous les montrent souvent accrochés aux murs des jjoutiques de barbiers. A cet égard, les anciens registres sont très intéressants à consulter. On lit, par exemple, dans un compte de 1387 : « A Jehan de Coilly, pignier, deniouraul à Paris, pour un e.stuy de cuir l)oully ', poinsonné et armoié aux armes de la royne, pendent à ij gros laz de soye, garny de iij pignes, un mirouer et d'une broche pour pignier le chief de ladite dame '. En 1470 , on livre « à Olivier le Mauvais, varlet de chambre et barbier du corps [de Louis XI J, un estuy garny de razouers d'argent doré et de fin or, ciseaux, peignes et mirouer ». En 1483, le duc de Bourgogne achète '< à Philippe Daniel, pignier et lablotier demourant à Paris, une pignière garnie de deux pignes, deux brochettes et ung mirouer d'ivoire, deux rasoirs garnis d'argent et armoiés aux armes de monseigneur •• ».
Au treizième siècle, les pigniers fomiaienl une seule corporation avec les lanlerniers , qui faisaient comme eux un crrand usatredela corne. Le métier était libre * : on n'avait donc rien ù payer pour s'établir. Chaque maître ne pouvait avoir à la fois qu'un .seul a[)prenti. La durée de l'apprentissage était de six ans pour l'enfant qui apportait quarante sous 5, de huit ans pour l'enfant sans argent. Le travail à la lumière était interdit. Toute réparation faite à un peigne devait être visilile : on voulait ainsi prévenir les fraudes, empêclier (ju'un peigne vieux pût être vendu comme neuf ", le Litre des métiers renferme une foule de prescriptions du même genre. Deux jurés administraient la communauté.
La Taille de 1292 cite neuf pigniers, celle de 1300 en mentionne trois seulement.
Un article conq)ris dans les statuts des merciers semble indiquer (|u'au quinzième siècle les peignes les plus estimés étaient fabriqués à Limoges''. Dans l'article 9 des statuts accordés aux peigniers-tabletiers en juillet 1507, il leur est interdit de fabri(|uer aucun peigne « sinon que d'yvoire, de bonis ' ou de corne, et non
1 Hmiilli.
2 Isabi'au rli> Havièn-.
3 Laborde. JChkiii.t. t. Il, |>. I7«, 331, 447, 4IH. — r)ouut-if.\iT<[, .Irgnicir, y. ir>, 381), 396. — \iiillcllo-Duc, IJictioHUftirc t/u mubilirr. l. \\\ p. 171.
* J.irrr lies iiir/irrx, litre I.WII, art. 1.
■i Deux ci'iit-s fiancs pcut-èlrv île noire niomiaiiv
6 « Nus iiif^neres nr puet ne no iluil rapareillier pi^o
vioz on la manière quo il soniblo de pijjne Douf ».
.\rtiolo 4.
1 Slaliils do fovrior 1 11)7, arl. 6.
* De buis.
PKIGNIKRS — PEINTHKS
point de bois blanc et autres méchantes étofTes * ». Les colporleurs criaient dans les rues les
l'ignos lie bouy, la mort nux [loux, C i>sl la sanlé de la teste ! *
Dans la lislt" des olijrts fournis k l'Hisalielli, tilli' aînée di- Henri 11, (|iian(l elle épousa le iluc d'Albe en l.V)'.), je remarque << ung bassin à laver la leste », deux douzaines de « peig'ues de heine ' », et une douzaine de « peignes de botiy * ».
A ce moiuenl, il y avait longtemps que les pigiiiers s'étaient séparés des lanlerniers pour se réunir aux labletiers. (^elte séparation était effectuée dès 1442, connue le prouvent les statuts octroyés, dans le nuiis d'avril de cette année ^, à la triple corporation des boisselierslanterniers-soufllt'tiers.
Voy. Tabletiers.
Peilliers. \'oy. Chiffonniers.
Peinsoteuses. Femmes ([ui ^< dans les manufactures de toiles peintes, font au pinceau des dessins si petits qu'il seroit très difficile de les exécuter à la planche " ».
Peintres. Jusqu'au milieu du dix-septième siècle, le fait de se livrer à un travail manuel quelconque constituait une luarque de ser\'age, et parquait impitoyablement son auteur dans la classe ouvrière. « La raison en est, dit de la Roque, parce que l'assiduité du labeur journalier des artisans et l'appétit d'un gain nécessaire à leur subsistance les rend comme esclaves, et ne leur inspire que des sentimens de bassesse et de subjection ' ». Les peintres et les sculpteuiii, par exemple, étaient, quel que fût leur mérite, regardés comme des ouvriers. Le peintre de génie et le barbouilleur d'enseignes ou le peintre en bâtiiuents appartenaient au même corps, étaient soumis aux mêmes statuts. De la Roque consent ii faire une exception en faveur des artistes amateurs qui ne tireraient de leur talent aucun profit : « Plusieurs veulent que les peintres ne dérogent pas, les autres veulent le contraire... Enfin, il n'y a rien que de noble en la peinture lorequ'elle est exercée sans trafic * ».
A cela près, le principe était absolu, et ce régime ne se modifia pas avant la création de r.\cadémie de peinture en 1648. Fondée par les seuls peintres et sculpteurs clu roi. puis complétée par des sujets choisis au sein de la corporation, elle eut de nombreux démêlés avec les jurés de celle-ci, et par\-int, non s<ins peine, k établir une di>tinction entre l'ouvrier et l'artiste.
Puis, peu à peu, issues d'une semblable pensée, se fondent les académies de danse (1661), d'architecture (1671\ d'écriture '17601 ; les perruquiers
* Matières premières.
- Les cent el sept cris, etc., an. 1545. 3 Debène.
* Mémoires de Guise, édit. Michaud, p. 446 el 448.
5 Ordnnn. royales, t. XVI, p. 636.
6 Jaubert, DiclionHaire, t. III, p. 398. ' Traite' de la noblesse, p. 413.
8 Page 380.
tentent aussi de former une académie de coiffure.
.\u fond, d'ailleurs, el en dépit <les ell'oris faits pour le détruire, le vieux préjugé subsistait toujours, puisque Savarv pouvait encore écrire en 1741 dans son Dictioniutire dn commerce ' : « Le corps de la mercerie est considéré comme le plus noble et le plus excellent de tous les corps de marchands, trautant que ceux qui le composent ne travaillent point et ne font aucun ouvrage de la main, si ce n'est pour enjoliver les choses qui sont déjà faites el fabri([uées - : aussi ceux qui sont admis dans ce corps siuit-ils reçus noblement ■•, ne leur étant pas permis de faire ni manufacturer aucunes marchandisi's >•.
Les merciers se trouvent ainsi placés dans la hiérarchie sociale bien au-dessus d'un peintre quelconque, fiit-il un artiste hors ligne.
Aussi les peintres, aussi bien que les .sculpteurs, ont-ils, dans le Livre des métiers, leurs statuts calqués sur ceux des au Ires corporations ouvrières. Ils y sont nonunés i/riiiigiers-puiiitres . el l'on y voit qu'ils sont autorisés à peindre sur « toutes manières de fust *, de pierre, de os, de cor ^ et de yvoire ». Dans les autres comnuinautés, toute œuvre délecliieuse devait être saisie et brûlée ; mais cette dernii're sanction n'était pas appliquée aux ouvrages de peinture, « pour les révérances des sains et saintes en reiuembrances de qui elles sont faites ». la corporation produisant surtout des sujets de sainteté. Par la même raison, les maîtres étaient dispensés du guet bourgeois ; en etl'et, disent les statuts, « leur mestier n'apartient fors que au service de nostre Seingneur et à la honnerance de sainte Yg-lise ^ ».
La Taille de 1292 cite 3.3 paintres, celle de 1300 en mentionne 38. La grande ordonnani'e de 1351 les nomme ymagiez ' .
Au moyen âge, la coloration el la dorure étaient l'accompagnement constant de la sculpture, les statuts de cette époque confondent donc presque toujours le métier de peintre et celui de sculpteur. Les statuts d'août 1391 s'appliquent aux «paintreset tailleurs d'images», et également ceux de novembre lô8"2.
C'est au mois de février 1648 que des lettres patentes de Louis XIV créèrent l'académie de peinture et de sculpture. Celle-ci, dit le roi, « n'ayant esté establie que pour relever les plus beaux de tous les arts, sans aucun dessein de préjudicier à quoi que ce puisse estre au corps de la maislrise>>. En effet, les statuts de mars 1730 déclarent nettement que •< tous lesmaistres de la communauté ne font qu'un mesme corps avec l'académie ». Mais en l'éalilé cette fusion ne
t Tome m, p. 3Ô8.
2 Cliaqtie curporation fai.sait presque exclu-'^ivenient le commeree des objets tiu'elle fabriquait. Seuls, les merciers, à (jui toute fabrieation était iutcRlite, pouvaient vendre les objets fabriqués par les autres corporations.
3 On lit dans les lettres de maîtrise délivrées au.t merciers: n Certifions avoir noblement reçu X «■ Voy. ci-dessus l'art. Merciers.
* De bois.
5 De corne.
6 Titre LXII.
' Titre LVII.
PKINTKKS
I'ELKKINA(tKS
s'accomplit jamais. Jiis([ii"ii la Révolution, deux corps d'artistes existent simullanéineiit. L'un, Yariiilthiiii' rni/ale Ac peinture et de scul[)tnre, est i-oniposé d'hommes auxquels leur talent tient lieu de maîtrise, et qui ont pour chef le dire(-|eur ijfénéral des bâliinenls du roi. L'autre, ^académie df- Siiint-Ltic, est resté soumis aux lois qui réf^issenl toutes les communautés ouvrières.
I^es premiers peintres avaient eu pour patrons la Viei'j^e et saint Jean ; leurs successeurs se placiirent sous li; patronaij^e de saint Luc. Le nombre des peintres était de mille environ à la lin du dix-huiliéme siècle. On les trouve nonunés paupieurs, pningneum, pnnrtraieiirs, jtninteurs, peiiituriers. painturiers, painclitrierx, etc.
La prendôre exposition publique et vraiment sérieuse des ouvrajjes de peinture et de sculpture eut lieu en avril 1667. Colhert. qui en avait pris l'initiative, y lit plusieurs visites.
La deuxième exposition fut orp^anisée, le 20 avril l(i69. dans une ^-alerie du Palais-Royal et dans la cour de l'iiôlel Brion. sur les ruines duquel s'élève aujouril'hui le Tliéàtre-Français.
C'est en 1673 que l'on publia le premier livret. Il a pour litre Liste des tableaux et pièces de sculpture exposez dans la cour du Palais-Iini/al.
(Jes exhibitions, devenues presque des solennités artistiques, se renouvelèrent ensuite assez irréfîulièrement de deux en deux ans. A dater de 169'.), ou y ailmil les envois faits par les pensionnaires de France à Rome ; elles s'ouvrireid au Louvre il'abord, dans la <jrande g'alerie du rezde chaussée, puis dans le sa'u?/ carré, d'où leur vint le nom sous lef[uel elles sont encore désignées.
Piuir la première fois en 1793. un jurv, élu par les artistes, eut mission de décerner des récompenses. Le salon de cette année comprenait 628 tai)leaux, 182 morceaux de sculpture et 24 dessins d'architecture.
Peintres. Titre qui appartint à la corporation des selliers, et que leur donne déjà le Lirre des métiers '. Pendant plusieurs siècles, les arçons des selles étaient couverts d'ornements eu couleur, qui furent peut-être l'origine des armoiries.
Les statuts de lô77 autorisent encore les selliers à « laindre, paindre, enjoliver, dorer, estamer, ary;enler. vernir » les selles faiiriquécs par eux.
Peintres en bâtiments. « (> sont ceux qui peiij;-nenl les apparlemens en divers couleurs, et (|ui ne se servent ordinairement que de jjros pinceaux. FjU quelque genre de peinture qu'ils travaillent, ils achètent les coidenrs toutes broyées cliez les épiciers ou les font broyer chez eux sur uiu' pierre >>.
Ils a])|)inlenaient à la corporation des peintres, devenue académie de saint Luc au dix-se|)tieme siècle.
On les nomme t\\\^s\ peintres au gros pinceau.
Vov. Peintres.
' (^)ui 1''.^ luiiniiir jniintrvs rt jjain/'f>iir.\. 'l'itr-.- 1,\\\ 111
Peintres en décors, teurs.
I ov. Décora-
Peintres sur verre. Voy. vitriers.
Peintresses en éventails. La peiniresse
en éventails e>l •< celle qui, avant appris le dessin, peint des paysa<i;es sur les papiers à éventails. Dès ((u'elle conuuenee à dessiner passablement, on la fait exercer sur du papier comnum, et ce n'est <|ue lorsqu'elle est pars'enue ù un certain degré il'lialjilelé qu'on lui permet de peindre sur ime peau extrêmement fine qui est collée sur le papier ' >>. On recherchait, dans ci' travail, la perfection ; aussi les paysages, lp^ corps, les tètes, les mains étaient-ils confiés a de> ouvrii'res spéciales, qui représentaient dans le métier autant de spi'cialités. La peinture de l)oi> d'éventails en constituait une auln;.
Les peintresses en éventails devaient .se faire agréger à l'académie de Saint-Luc *, sinon leurs œuvres étaient saisies.
Peinture (M.vîtres de. Voy. Dassin (Maîtres de).
Peinturiers. Voy. Peintres.
Pèlerinages. Les pèlerinages furent en jrrand honneur durant le moven à<re. La terre sainte, Rome et Saint-.Iacques de Composlelhsont les lieux qui paraissent avoir eu le plus de vogue aux treizième et quatorzième siècles ; ce sont, en tout cas, les seuls mentioimés par le Livre des métiers. On y lit que des privilèges assez enviables étaient accordésaux commerçants qui abandonnaient leurs affaires pour entreprendre ces dévotes pérégrinations. Les couteliers ^, les' boucliers de fer *. les palenôlriers d'ambre ^, les cristalliers *, les drapiers ''. les tabletiers * déclarent dans leurs statuts qu'ils ont le droit de céder leurs apprentis (piand ils vont « outre mer ■>. expression qui désigne toujours un pèlerinage en terre sainte. Les ptiissonniers d'eau douce peuvent mettre à la tête de leur commerce soit leur femme, soit un de leui-s enfant.s, soit même toute autre personne lorsqu'ils sont « en la voie d'oustre mer. ou en la voie monseigneur saint .lacqnes. ou à Rome * ». Les crieurs. agents de la ville, versaient une redevance d'un deniiT par jour : s'ils allaient en pèlerinage, la \'ille les en tenait <[uittes pendant tout le temps de leur alisence. pourvu (ju'ils eussent averti de leur départ la munici])alilé: « VA (|uaiil il va en pi-lerinage à .Siiiul-.Iac(|ues(iu outre mer. disent les statuts, il doit prendre congié au parloir aux bourgeois '" ».