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iij. Ir ciuiii lie la Méffisserie

Pépins. Voy. Pépiniéristes.

Perchiers. Marchands de perches en bois.

Perdrieurs et Perdrieiix. Chasseurs de perdrix. Bien avant 1687, ilyeutdes perdrieurs, perdrieux ou perdriseurs attachés à la maison royale, dans le service de la vénerie ' .

Pendant longtemps, les perdrix furent misesau nombre des animaux domestiques *.

Perdrig-eon (Magasin du mercier). Molière a immortalisé, dans Les précieuses ridicules, le nom de Perdrigeon, le plus fameux mercier du dix-septième siècle. Quand Mascarille demande à Madelon si les rubans qu'il porte sont de bon goût, Madelon exprime son admiration par ces mots: « C'est Perdrigeon tout pur' ». Les précieuses ridicules furent représentées en 1659. Trente-trois ans plus lard, Perdrigeon n'avait encore rien perdu <ie sa célébrité, car dans V Arlequin-pliuëton de Palaprat, joué en 1692, le procureur dit a Phaèton : « Depuis Perdigeon ' jusqu'au moindre mercier, tous les marchands ont des garçons gagés exprès pour glapir éternellement à tes trousses' ». J'ai trouvé cet illustre commerçant mentionné aussi dans La révolte des passemens", ainsi que dans le Mercure galant de 1673, qui le nomme Périgon ''. Ce grand homme demeurait rue de la Lanterne, près de Saint-Denis de la Chartre, et avait pour enseigne Les quatre vents.

Perdriseurs. Voy. Perdrieurs.

Perfectionnements. Depuis le treizième

siècle, et dans toutes les corporations, le mélange de diverses matières, même quand on ne tentait pas de le dissimuler, était regardé comme une sorte de falsification, ou tout au moins comme un procédé dangereux, qui pouvait faire soupçonner la pureté du produit. A tort ou à raison, l'Etat semblait convaincu que le marchand devait toujours chercher à frauder l'acheteur, et les plus minutieuses précautions étaient prises pour protéger celui-ci. Les statuts de chaque communauté réglaient les procédés de fabrication, et nul ne devait modifier en rien les méthodes indiquées. Il y avait là une barrière pre.sque infranchi-ssable opposée à tout perfectionnement, mais il y avait aussi une sûre garantie contre toute tromperie sur la qualité de l'objet vendu. Les jurés faisaient de fréquentes visites cliez chaque maître, examinaient les produits fabriqués et saisissaient impitoyablement ceux (pii ne remplissaient pas les conditions exigées par les statuts. L'existence de ce que nous appelons aujourd'hui la camelotte était donc impossible.

1 É/al de la Fiance pour 1687, t. I, p. 533.

* Sur ce point, voy. Le Grand d'Aussy, Vie prite'e des François, t. II, p. 29 et 30.

3 Seùne ix.

* Sic.

'■' .Vcte II, scène v. — Dans le Theùlre de Gherardi, t. III, p. -ISS.

'' Dans Éd. Kournior, Varie'Ie's Aitloriçues, I. 1, p. 235. ' Tome III, p. 28C.

PKKFKGTIONNKMKNTS - l'KHMlSSIONNAIHKS

el le ivtriie de cclle-ri n'a commencé qu'aprt-s la >u|)|)rt'ssii)ii des corpi)ralii)iis ouvi-it'ii's, en nui. Va ce n'est pas tout: dans nni' l'cule de cas, le uiairliand n'avait pas le droit de niesnrer hii-nièuie les denrées qu'il vendait. L'autorité avait institué des offuiers puhlies, auneurs el mesureurs j\irés, qui se charjjfeaient d'assurer à l'acheteur bon poids et bonne mesure '.

Cette ory^anisation présentait pent-èlre(iuelqnes avantaj,'es, mais elle avait surtout des inconvénients. Les inventions nouvelles, les méthodes non prévues par les statuts ne pouvaient se produire cpie dans l'ombre, d'où le nom doxecrfls appli(iue dunuil si lonijlemps aux traités des arts mécani([ues. Les prétentions des communautés sur ce point ont donné naissance à des épisodes curieux ; il me suffira de rappeler ici l'histoire lies aij,'uillettes et des chaussetiers - ; la querelle des armuriers et des chaudronniers au sujet d'un modèle de morions ' ; la lutte entreprise par les passementiers pour conserver le monopole de la fabrication des boutons ' ; la y:uerre faite aux toiles peintes pendant plus de soixante ans » ; lacampaj^ne soutenue contre les demi-castors " ; entin le conllit qui, penilant quinze ans, mit aux prises Louis XIV avec la corporation des barbiersperruquiers. Je ne raconterai ici que cette dernière affaire. Je renvoie, pour les autres à différents articles du présent volume.

Donc, Jean Quentin, barbier et valet de chambre du roi, avait inventé, en 1675, une perruque tout à fait perfectionnée. Louis XIV lui accorda très y;'racieusemenl un privili'"-e spécial, lui conférant le droit exclusif de fabriquer et vendre ces nouvelles perruques. Mais la corporation des barbiers-perruquieis veillait, et au moment où le Parlement allait enregistrer le privilège, les jurés protestèrent. Le Parlement hésita, et Quentin se plaignit au roi qui ordonna à Colbert de s'interposer. Colbert écrit au procureur général, M.deHarlav. de ^< faire enregistrer ince.ssamment ledit privilège, sans s'arrêter à ladite opposition ». Le Parlement hésite encore pendant un an. et, le 20 février 1677, Colbert réclame encore l'enregistrement du « privilège accordé au sieur Quentin, perruquier ordinaire du Roy, de faire et débiter .seul des perruques confectionnées au métier ». Le Parlement cède enfin et enregistre. Quentin trionqdiant traite de son privilège avec la corporation à laquelle il appartient, et vingt-quatre des perrucpiiers ses confrères protestent contre ce nuirché. Colbert reprend la plume et ordonne au procureur général de faire promptement enregistrer le contrat. Ce qui fut fait en janvier 1681, soit six ans après le début des hostilités '.

Péripatéticiens du Pont-Neuf. Nom

* \oy. les articles Auneurs, Mesureurs, etc.

* Voy. l'art. Chaussetiers.

' Vov. lart. Travail (Réglementation du). » ^ty. l'art. Travail (Règlemenlation duj. \oy. l'art. Imprimeurs sur étoffe.

* Voy. l'art. Demi-castors.

■J Sur cate att'aire, voy. A. Jal, Diclionnaire critique, ■■ 1013. J > ï ,

qu'un |).'lil panq>hlel imprimé en 161.') donne aux recruteurs '.

Perles (.(^o.mmkrce des). La Tui/ie de 1-302 et celle ,/(■ l:U)U citent chacune six pelliers, qui ne peuvent guère être ([ue des marchands ou des faliricants de perles -. Le moi pelle signifiait alors soit une perle ^ soit une pelleterie, et les pelletiers figurent ù leur nom dans chacune des deux tailles.

Comme ranli((uité, le moyen âge prodigua les perles, el la parure féminine ne les accaparait pas toutes. Un exemple suffira, que je relève dans un conqjte de l'année 1414. Kn pleine guerrt- civile, quand la France, menacée au deiu)rs, est épui.sée d'or et de sang, le duc Charles d'Orléans, neveu de Charles VI, se fait livrer neuf cent soi.xante perles destinées à orner une robe : « Sur les manches est escript de broderie, tout au Ion», le dit de la chanson : Mmltime, je suis plus joyeux, et noté(! tout au long sur chacune desdiles deux manciies : .">68 perles pour servir à former les notes de ladite chanson, où il y a 142 noies, c'est assavoir pour chacune note 4 perles en quarré.... * » L'année suivante, le roi d'Angleterre envahissait la France, rencontrait l'armée royale à Azincourt, et lui infligeait une défaite restée célèbre.

Dans les anciens inventaires, on nomme perles de compte celles qui, assez grosses pour être comptées et trop petites pour être estimées à part selon leur dimension, se vendaient au cent ou au quarteron ; semence de perles, les plus petites et les moins belles comme (jualité ; perles Ijurnques, celles dont la forme était iri-égulière ; perles pucelles, celles qui n'étaient pas percées. Les mots Mère de perle, coquille de perle, écaille de perle, etc., désignaient la nacre.

Les perles appartenaient au commerce des joailliers, mais les épiciers-apothicaires étaient autorisés à débiter celles que l'on destinait aux médicaments ^.

Permissionnaires. Vers le milieu du

dix-seplieme -iecle, le grand diantre de Notre- Dame, deju maître des Petites-écoles ^, prétendit concentrer entre ses mains tout le service public que nous nommons aujourd'hui enseignement secondaire. Il somma donc l'L'niversite de lui livrer ses collèges et même ses pédagogies '. Comme l'Lîniversité refusait, il s'empressa de créer des établissements analogues, dont les chefs reçurent de \\n\e nom An Permissioniuiires. Kn juillet 1664, deux commissaires délégués par le recteur constatèrent l'existence de nombreuses écoles cantorales où l'on en.seignait « tout ce que l'on peut enseigner dans les collèges ». Sur la

, ' Voy. Harangue île Turlupia le soufreleux, dans Ed. Fournier, Variétés historiques, t. W, p. 58.

* Sur ces derniers, voy. ci-dessus l'art. Bijoutiers eu faux.

■• % oy. Dueangi', Glossaire, au mol perlœ.

* Comte de Laborde, Les ducs île Bourqoiine, preuves t. ni, p. 267.

» .\ cet égard, voy. ci-dessus l'art. Joailliers. •• Voy. ci-dessus l'art. Maîtres d'école. ■J Vo}-. ci-des.sus l'art. Maîtres Af pension.

l'I'lHMISSlONNAIHKS — l'I-;HHrQL"II';HS

paroisse Sainl-Euslaclie, un sieur Lejjiaud avait quarantp-sepi pensionnaires ou demi-pensionnaires, qui faisaient cliez lui loules leurs études jus<[u'ii la rliéturiijue inclusivement. (Jliez les sieurs BelleiVjr et Ulilius, les classes s'arrêtaient à la seconde ; mais on avait confié au sieur Bourgeois cinquante pensionnaires à qui il enseifrnail la rhétorique et même la philosophie *.

L'Université s'adressa au roi, son protecteur naturel, et des lettres patentes du G mai 1675 enjoignirent au prévôt de veiller à <;e (|ue « aucuns particuliers, sous prétexte de tenir Petitesécoles dans l'étendue de la ville et de la banlieue de Paris, ne puissent enseigner a\i(re diose qu'à lire et écrire et les premiers principes de la langue latine, sans qu'ils puissent retenir en pension aucuns de leui-s écoliers après l'âge de neuf ans accomplis ». Le grand chantre Claude Joly, qui me fournit ce te.xte *, ajoute que le roi, mieux informé, revint sur sa décision. Ce qu'il y a de sûr, c'est que le chantre ne céda point, tant s'en faut, puisque, deux ans après, le nombre et la présomption des permi.ssionnaires s'étaient fort accrus. i.,e sieur Chevalier, qui dirigeait rue Chapon une pension canlorale, se faisait fort d'enseigner le latin et le grec en trois mois. Le sieur du Roure, dont le collège était établi rue Neuve-de-Lamoignon, près du Palais, annonçait modestement qu'on apprenait chez lui « la grammaire, la rhétorique, la philosophie, les malhématiques, la tiiéologie. hi jurisprudence, la médecine, la forlification . la géographie, la chronologie, le blason, l'astronomie, la jurisprudence romaine, les ordonnances, la coutume, les principes hébraïques et le droit canon ^ ».

C'en était trop. Le 14 août 1G77. une ordonnance rendue par le recteur de l'L niversité, et rédigée en latin et en français, fut afiichée dans tous les carrefours de Paris. Le recteur y rappelait que l'article 10 des statuts accordés à la Faculté des arts lui attribuait d'une manière exclusive l'instruction des enfants au-dessus de neuf ans. Il déclarait en consé((uence que tout enfant ayant étudié au delà de cet âge dans des établissements étrangers à l'Université ne recevrait jamais d'elle aucun grade. Quant aux maîtres qui enseigneraient, hors des écoles dépendantes du recteur, des enfants âgés de plus de neuf ans. ils seraient par le fait même déchus de leurs grades, et ces.seraient d'appartenir à l'L'niversité.

Non seulement le chantre n'obéit pas, mais il appela à son aide le Chapitre de Notre-Dame, qui enjoignit au recteur de supprimer les basses classes élalilies dans ses collèges, et d'interdire à ses maîtres de pension de recevoir chez eux des élèves ayant moins de dix ans. Le Parlement, pris pour arbitre, hésita, ajourna l'aifairc, la renvoya à l'examen d'un de ses membres.

1 Fuclum pour l' C'aicersiW eonire .V. le Ckanlre.. p. 20.

* Triillê fhs e'colfs recit'sitix/i^ufs, p. 300. 3 Sfcoïi'l mèmolri' p'iur l l'nici'i-sttt'.

Le clifférend Unit par un compromis tout à l'avantage du chantre. Pres([ue rien ne fut changé à l'organisation des collèges, non plus qu'à celle des quarante pensions dépendantes de l'Université. Mais le chantre conseiTa ses permissionnaires, au nombre de vingt *. Il conser\-a ou créa, en outre, douze écoles spéciales qui recevaient des pensionnaires et donnaient toute l'instruction .secondaire ; plusieurs d'entre elles envoyèrent même leurs élèves suivre les cours des collèges universitaires. *

Perreurs. Voy. Carriers.

Perriers. Nom souvent donné, dans les ardoisières, aux ouvriei's employés à l'exploitation de la carrière.

Voy. Carriers et Pierriers.

PerrieuTS. Voy. Carriers.

Perruquiers. L'usage des faux cheveux doit être aussi ancien que la coquetterie féminine, et c'est remonter bien haut. A l'époque romaine, les femmes portaient des nattes postiches, le conmierce des cheveux était en pleine activité, et on allait en chercher des cartrai.sons sur la rive droite du Rhin. Cependant, les Pères de l'Eglise d'abord, puis les prédicateurs du moyen âge apostrophèrent très durement h^ femmes qui mettaient des chevelures d'emprunt. « des cheveux de mortes * », disaient-ils, et ce qui est bien pis, des cheveux de personnes peut-être impures, peut-être criminelles, peulêtre condamnées aux peines de l'enfer, cupitis forsati immundi, forsan nocentis et gehenna destitiali '.

C'est sous Charles V qu'Eustaelie Deschamps composa la célèbre ballade qui a pour refrain :

Re'ndez l'emprunt des o.strang'es clieveux.

S(ms Henri III et Henri IV, toutes les femmes s'afl'iddaient de faux chisjnons. La reine Martruerite, écrit Brantôme, « s'habilloit quelques fois avec ses cheveux naturels, siins y adjouster aucun artifice de perruque ; elle les .sçavoit très bien toiliUer, frizonner et accommoder... et pourlani peu souvent s'en accommodoit, si non de perru([ues bien gentement façonnées ' ». Tallenuint des Réaux aflîrme tout crûment qu'elle fut chauve de bonne heure, et qu' « elle avoit de grands valets de pied blonds que l'on tondoil de temps en temps ^ ».

Quand après l'exécution de .Marie Stuart. le iiourreau prit sa tête pour la montrer au peuple. elle lui échappa de la main, parce qu'il l'avait prise par les faux cheveux qu'on lui avait lais-sés ".

' Un pour cliaquo quartier de Paris.

* Clément d'Alexandrie, Pœdagogui, lib. III, cap. 11- •' Tertullion, De ciiUu fcminarum, lib. Il, cap. T. —

M. Quicherat [Hisl. tlii roshimr, p. 189) traduit inexactement ce passajj;e l't on tiiv une cuuclusiun inexacte.

* Tome VIII, p. 35.

5 Hisloiiellrs, t. I, p. H8.

6 T<ul.-t, Itrliilioiis iinUliijiirs, etc., t. IV, p. ICI.

IM'lRUrnriKHS

r.fiô

Di'slt' ri^i^iic ili' I.diiis XII, les élégants iniitith'iil lyiii-s maîtresses :

De In qu*Mit» il 'un cheval painto, (^iinnil li'iirs chi'vi'ux sont trop pi'liz, Ils ont uni> pi'iTUoinir fiiinctr,

(lisait d'eux Guillaume Coquillart '.

Les gens qui commençaient l'i perdre leurs cheveux y suppléaient au moyen des coins, fragments de perru(|ues qu'on dissimulait le mieux possible sous la chevelure naturelle. Louis Xlll vit loniher la sienne ù trente uns, ce (|ui inaugura le règne de la perrucpie. KUe eut aussitiM des déiracleurs acharnés el des admirateurs enthousiastes; parmi ces derniers, il faut citer l'aliiié Legendre, qui s'écrie naïvement : « Il est surprenant qu'une coiffure aussi commode qu'est la perruque, n'ait été en usage que depuis le règne de Louis XIII - ».

La corponilion des perruquiers date du règne de Louis XI\'. Le 'i'^ mars l(i7IL il créa la comniunaulé des Ixirbiers-hiiiqniurs-eluriUi's pfrnii/in'rrx. à hu^ueile ((uile pratique chirurgicale était inlcrdile, et c'est précisément cette annéelà qu'il commença à prendre perruque. Il avait lreute-cin(] ans lorsqu'il se soumit à cet usage, que son opulente chevelure lui donnait le droit de mépriser. On composa pour lui, dit Pellisson'', des perruques avec des jours par où passaient les mèches de ses cheveux, dont il ne voulait pas faire le sacrifice. Son fils, le grand Dauphin, n'v u\ellait pas tant de façons : « Monseigneur, écrit Dangeau, a encore fait raser ses cheveux, qui ctoient revenus plus beaux que jamais. Il trouve la perruque plus commode * ».

Le Livre commode pour 169"2 •* , nous a conservé les noms de Pascal, de Pelé, de .lordanis, de Vincent, « renommez pour faire les perruques de bon air » ; de La Roze, ^< renommé pour les perruques abbatiales » ; de Binet enfin, le célèbre fournisseur du roi el le créateur des perruques dites binettes, expression qui a fini par désigner dans le langage populaire la tête elle-même. A Versailles, entre la chambre à coucher et la salle du con.seil, était le cabinet des perruques du roi. Elles reposaient dans des armoires vitrées qui entouraient la pièce ; de distance en ilislance se dressaient des têtes d'enfants, au nombre de vingt, qui servaient aux essayages, aux remaniements. Les formes variaient suivant que Louis XI\' allait à la messe ou à la chasse, recevait des andiassaileurs ou restait dans ses appartements. Quant au barbier , il ne quittait guère la cour . et l'oniptait parmi les cinq cents personnes distribuées en cinq tables, qui avaient le droit de manger à la cour. « Avant que le Rov se lève, dit un contemporain, le sieur (Juentin, qui est le l)arbier et cpii a soin des perruques, se vient présenter devant Sa Majesté, teiuint deux per-

' Tome II, p. 292.

* Mœurs ilrs François, p. 233.

3 Lellres kislari<iues, 13 août 1673, t. I, p. 396.

* Journal, t. II, p. 71.

» Tome II, p. -to.

ru(pii'> <Mi plus, de dill'crenle Imigneur. Le Hny, suflisammeni peigné, le sieur Quentin lui présente la perru<(ue de son lever, qui est plus courte ([ue celle que Sa Majesté porte ordinairement le reste du jour. Le Roy, dans la journée, change de perruque, comme ([uand il va à la messe, après qu'il a dîné, ((uand il est de retour de la chasse, de la promenade, quand il va souper, etc. » De deux jour l'un, c'est jour de barbe, c'est-à-dire que le roi se fait raser '. Souvent aussi on lui rasait la tête, car même après ([u'il eut passé soixante-dix ans, ses cheveux, trioni])hant des efforts de la perruque, s'obstinaient à repousser -. Sous le règne d'un souverain qui, par sa chevelure, semblait descendre de la race mérovingienne, la perruque poursuivait noiilement sa carrière, forçant à l'obéissance jus([n'au mailri' devant qui tous tremblaient.

Les premières peri'uques se composèrent ilo quelc[ues rangs de cheveux éciielonnés autour d'une vaste ailotte. On leur donna ensuite la forme exacte d'un lionnet, cl c'est ainsi que fut créée la honnette, dite aussi perrnque rrii/if/é ou perruque ronde ; l'abbé de la Rivière, favori de Gaston d'Orléans fut, dit-on, le premier qui la porta.

Sous Louis XIV parut enlln In roi/nle ou l'in-filui. privilège de la haute société, crinière pleine de majesté, faite pour <les statues plus que pour des vivants. La hrigadiè.re fut la coiffure habituelle des militaires, la moidonne bouclée ou bichonne celle des petites maîtresses el des bambins. Les g-ens du Palais portaient hi robin. La perru([ue, symbole de la monarchie, partage sa fortune, s'affaisse avec elle, et, vers la lin du règne, perd beaucoup de son prestige. De l'in-folio, on est tondjé à la cavalière, à la fuianrière, à l'espagnole, à la carrée, à lu nouée, à la naturelle, etc., vestiges encore imposants d'une splendeur évanouie.

La décadence se précipite sous Louis XV. Les perruques deviennent plus basses et plus étroites; puis on les sépare en trois touffes, qui composent les radeneltes sur les côtés et la quene par tlerrière. Le dessin, d'ailleurs, varie à l'infini. On peut choisir entre les perru(|ues de chasse, à nœuds, à deux quexœs, naissante, à la chance- Hère ; à la Sartine, adoptée par ce magistrat ; à la régence ou à bourse, portée par la valetaille.

Nous voyons fleurir encore, sous Louis XVI, les perruques de palais, à oreilles, à la circonstance, brisée, à la grecque, en bonnet, à rosette. à cndogan ou catoqan, gros nœud ilescendanl sur la nuque; à la Panurge ; à trois marteaux. qu'alTectionnaient surtout les médecins et les apothicaires. Tout le monde alore portail perruque, depuis le vieillard décrépit jusqu'à l'enfant à peine .sevré ; les nobles comme les roturiers, les bourgeois, les maîtres des métiers, les ouvriers. Le moindre laquais aurait eu honte de se montrer avec ses propres cheveux, et la

• Hlii/ (le ta France pour 17 12, I. I, p. 255 el suiv. 2 Journal rtr In santé île Louis XIV, p. 261 et passim.

l'ERRUQUIERS — PKTIT-DUNKERQUE

coiidilidii lies pereonnes se reconnaissail » la funiii' (11! Itnir pen'uque.

Elle s'y reconnaissail, d'aulaiit mieux (]ii(' le poids de ces Iresses enipnuitées avait l'ait pre'sqiie compli'tenient abandonner l'usage de toule auti-e coiffure. C'est de là qu'est née noire coutume de rester la tête nue en société. Avant que la perruque fût devenue d'un usage général, on ne se découvrait guère que pour saluer ; puis la profusion de faux clieveux dont on se chargea modifia si bien celle habitude, que le tricorne est souvent désigné sous le nom de chapi-au de Iras, place qu'en elTel il ne (piitlail guiM'e. « Le chapeau est une coilTure inliniment connnode, dit J.-F. Soliry ', mais de peu d'agrément. On le porle d'ailleurs fort souvent à la main ».

La profession de barbier-perruquier était alors non un métier, mais un office héréditaire. Payé fort cher par les acquéreurs, il devenait leur entière propriété ; ils pouvaient le céder et le sous-louer, quoique le nom seul du titulaire figurât sur l'enseigne de la boutique. Pour avoir le droit d'exercer, il ne suffisait pas ii celui-ci d'ohlenir après apprentissage des lellrcs de mailrise, il lui fallait acheter une charge, et il était mis en possession par le premier chirurgien du roi.

Pour faire face à ses embarras financiers, Louis XIV augmenta sans cesse le nombre des offices de barbiers. En 1689, d'un trait de plume il le double, le porte à quatre cents. La communauté, redoutant une pareille concurrence, rachète ces deux cents charges moyennant cent dix mille livres versées au Trésor. C'était tout ce que demandait le roi ; aussi, encouragé par le succès, il crée de nouveau cinquante charges en février 1692. Le prix fut fixé au-dessous de trois cents livres, et on eut grand peine à les vendre, ce qui prouve que le besoin ne s'en faisait guère sentir. Pourtant, en juillet et en août 1706, sont créées d'un seul coup encore quatre cents charges : la communauté terrifiée voulut les racheter, et ne le put. En somme, le nombre des titulaires était de six cent dix à la fin de 171'2 et de sept cents en 1719.

Aux acquéreurs de charges créées par le roi, on ne demandait que de payer. Mais si l'on voulait acheter ou louer une charge de barbier à l'un des titulaires, il fallait avoir été apprenti pendant trois ans et compagnon pendant deux ans.

La corporation était placée sous le patronage de saint Louis.

La Révolution parvint à délrùnerles perruques. Encore lui résisièrent-t-elles longtemps. Les vieillards. (]ue l'usage des faux cheveux avait rendus chauves, s'obstinèrent surtout dans les vieilles coutumes, et la jeunesse les ([ualilia fort imperlinenmient i[o têtes ù perruijui'. *

Voy. Barbiers. — Chirurgiens. — Offices (Créations d'). — Perfectionnements, elc.

Perruquiers en vieux. Ils appartenaient à la communauté des harhiers-perruquiers-hm-

* Zr motte frnuçoln, p. 418.

gneurs-étuvistes. Elle leur interdisait de tenir boutique ailleurs que sur le quai de l'Horloge. Ils ne rasaifut point. Ils réparaient les vieilles perruques, mais on ne leur permettait pas d'en fabriquer de neuves, à moins ([u'ils n'y tissent entrer du crin, et la coiffe devait porter ces mois : perruque mêlée. Ils n'avaient pas de bassins pour enseigne ' ; leur étalage était seulement orné d'un marmot, tête de bois coiffée d'une vieille perruque.

Pertuis 'Maîtres des;. Voy. Maitres des ponts.

Peseurs de foin. Voy. Contrôleurs.

Peseurs de lettres. V oy. Contrôleurs.

Peseiirs du poids le roi. Voy. Foids le roi.

Fessiers. Voy. Foids (Fabricants de).

Pestriseurs. Voy. Pétrisseurs.

Petit-Dunkerque (Le). Magasin célèbre, qui était situé à l'angle du cpiai Conli et de la rue Dauphine. Il apparlenail à un sieur Granchez. habile homme qui eut un des premiers l'idée et l'honneur d'établir chez lui l'usage du prix fixe -. « Granchez, dit sa carte d'adresse ^, lient le grand magasin curieux de marchandises françoises et étrangères en tout ce que les aris produisent de plus nouveau, et vend sans surfaire en gros et en détail ». Sébastien Mercier nous a laissé une assez curieuse description de cette maison où l'on rencontrait souvent Voltaire : « Le Pelit-Dunkerque étincelle de tous ces bijoux frivoles que l'opulence paie, que la fatuité convoite, que l'on donne aux femmes honnêtes, qui n'acceptent point de l'argent, mais bien des colifichets en or, parce qu'ils ont un air de décence.

De nombreux tiroirs sont remplis de mille bagatelles, où le génie de la frivolité a épuisé ses formes et ses contours. Le prix de la façon vaut dix fois le prix de la matière. L'or a pris toutes les couleurs ; le cryslal, l'émail, l'acier sont des miroirs taillés à facettes, et les enfantillages de l'industrie délicate sont lii sur leur trône.

Nos petits seigneurs prennent ces petits bijoux à crédit, les distribuent d'un air de nonchalance. Dans les premiers jours de l'année, la boutique est remplie d'acheteui-s ; on y met ime garde. Ne faut-il pas pouvoir dire en étalant une boile : c^est du. Petit- Dunkerqnf. Cliaque année, on baptise ces pelils bijoux d'un nom particulier et bizarre.

Il faut rendre justice au goût du maître. Il anime, il dirige les artistes, il imagine ce (pli doit plaire. En donnant la vogue à plusieurs colifichets, il a fait travailler dans la capitale ce (lu'on éloil obligé de faire venir à grands frais (le l'étranger. La bijouterie a fait plus de progrès.

' \'ii v. l'art. Hnrbiors.

- Voy. ci-iii-.s.sons Ini-t. l'ri.\ fixe. ■1 HojinMluitt' dans Keiset, Livre-journal île Madame lilofe, I. I, p. 278.

l'KTlT-DlNKl'lHorK — l'KTlTMS-AKFICHKS

depuis qu'il a mis sous les veux du ])ul)lic des modèles élé^'iius et variés, qu'elle n'en avait faits depuis lon^lems.

D'ailleurs, chez lui Je prix des liijoux est fixe et invariable ; et si la rivalité fait dire aux autres marchands qu'on paie le double au Petit- Dttnkerqtn, c'est la jalousie qui parle. I^ grâce et le tini des bijoux ne les rendent pas là plus chers qu'ailleure.

Voltaire, loi-s de son dernier séjour ù Paris, se plaisoit beaucoup dans le riche luai^asin de cette maison curieuse. Il sourioit à toutes ces créations de luxe ' ».

Petit-Pont ^I'k.vok du;. Fn bun-au d'octroi était établi au Pelil-Pont, où clia([ue marchandise payait un droit d'entrée. Une des divisions du Zirrc des métiers est intitulée Cis titres parole del paage de petit pont -. On y trouve des renseignements as.sez curieux. Ainsi, pour acquitter le droit d'entrée d'un panier de mercerie, le marchand donnait au péager une aiguille ou un bout de rulian : « 1 aiguille ou 1 atache de poitevine ^ ». Ces payements en nature se rencontrent assezjsou vent en ce

temps où l'argent était rare. Pour l'entrée d'un cent de harengs , le péager prélevait un hareng *. Un jongleur devait , avant

d'entrer, chanter un couplet de chanson ; s'il était accompagné d'un singe, il lui

suftisait de faire danser l'animal devant le péager-'. On peut trouver là l'origine de notre expression payer en monnaie de singe. Sur un des manuscrits du Livre des me'liers. manuscrit qui date du treizième siècle et est consen"é à la

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