Vrliclr
î» Duoaiij;'»', fî/oastn'ri', au mol punrfiitor.
C Jaubi'rt, Dietionnnirr, I. III, p. 503.
" Paris burlesque.
'^ Œuvres piiîssfiriles.
!» .\rlii-li- 22.
reine, du roi et du Dauphin *. qu'elles complimetilaient. à genoux, c'est vrai, mais en termes parfois fort inconvenants *. On leur ofl'rait en^uile. au pidais. un niagnifi([ue souper •*. Voy. Charbonniers.
Poisson (Commerce du). Voy. Appétits (Crieuses d'). — Caqueurs. — Chassemarée. — Commissaires. — Compteurs.
— Contrôleurs. — Déchargeurs. — Scaillers. — Hallebic. — Harengeres.
— Maître des pécheurs . — Marée (Chambre de la). — Faqueurs. — Pèche (Ustensiles de). — Pécheurs. — Poigneurs. — Poissardes. — Poissonniers (Pierres aux). — Poissonniers d'eau douce. — Poissonniers de mer. — Priseurs. — Saleurs. — Salines (Marchands de). — Sorisseurs. — Vendeurs, etc.
Poissonniers (Pierhes aux). On appelait pierres aux poissonniers et pierres du roi le marché au poisson qui était situé près du Grand- (^hàlelet, à l'entrée du (îrand-ponl ou Pont-au- (Jhange. C'est là que tous les marchands devaient apporter leur poisson, afin qu'on y pût exercer le droit de prise *.
Poissonniers d'eau douce. Ils achetaient le poisson pèciié par les forains le long de la Seine et de la Marne, puis le revendaient aux bourgeois et auxregraltiers ; ces derniers allaient le crier et le dél)iler en ville.
Leur marché, dit pierres aux poissonniers, était établi près du Grand-Châtelet. Chaque matin, les quatre jurés de la corporation prisaient le poisson au plus j\isle prix ; mais il était iléfendu d'en livTer aucun avant que le cuisinier du roi, celui de la reine et quelques autres encore fussent venus exercer leur droit de prise. Ce droit les aulorisait à prélever pour leur maître tout ce qui leur convenait, et a le payer suivant reslimatinn des jurés. Le cuisinier du roi avait le privilège de nommer ces jurés. Il est vrai qu'il leur faisait prêter serment de priser « bien et loiaument » ; mais ce qui prouve qu'ils ne s'acquittaient pas toujours ainsi de celle lâche, c'est qu'un article spécial des statuts défend aux marchands de « dire vilenie il nul des priseurs ». sous peine d'amende.
Les jurés surveillaient la qualité et la dimension des poissiuis. Les « barbiaus, lenchiaiis, cuerpiaus el anguillesles ^ ne pouvaient être vendus moins d'un denier les quatre ; lais.sés ii plus bas prix, ils étaient considérés comme trop petits, et n'eussent pas dû être conservés par le pêcheur.
' Duc de Lu^nes, Mémuires, 22 février 1749, t. IX, p. 3-10.
2 A'oy. la Correspondance seerèle, I. XII, p. 138, et Contpliinens des 34 liâmes, marchandesA la halle de Paris, à l'occasion de la naissauce de Mtjr le Dauphin, 1781, in-l".
3 Séb. Mercier, Tableau de Paris, t. 1\', p. 37.
' "Suy. le l.icre des mrliers, tilrc C, ot ci-dessous l'arlifle Prise iDi-oil de}.
^ Harbeaux, lanebes, earpes, nngiiilles.
POISSONNIKKS D'KAU DOUCM
l'OLISSKUKS 1)1.; MAHBHl':
Cliiiqtie aiiiu'e, à l'époque du frai, de la miavril il la lui-inai, la vente était interdite. « El ce, doit fi're erier li prevoz tle Paris eliasciiii an sur la pière au poisson ».
'l'ont poisson saisi pour coiili'avention aux rè'.jles prescrites était donné « nus prisonniei"s du (lliastelel ou à la uiésoii I)i<'U ' ».
Les maîtres de la corporation prirent, dans la suite, le litre de pécheurs à engins, pour se distinj^uer des pôcheui-s de l'eau d\i roi, qui se disiiietil yyr^^-ttn'ù rerge ou il la lijj;'ne, liien qu'ils eussent le droit d'emplover aussi des lilels.
Les poissonniers d'eau done<>, au nombre d'une centaine vers la tin du dix-lmitièrnesii'cle, étaient placés sous le patronage de saint Nicolas.
^'oy. Pêcheurs et Prise (Droit de).
Poissonniers de mer. Ils vendaient le poisson ([ue leur apportaient les chasse-mttre'e.
Ils ont leurs premiers statuts ilans le Lirre des métiers -. Les poissons ([u'on y trouve cités sont le merlan, le maquereau, le liareng, la morne et le rouget, appelé goiniial. Interiliction sévère est faite de déliiler du poisson trop avancé. De Pi'upies à la Saint-Remi (l" octobre), le poi.sson doit être vendu * le jour qu'il vient ^>. De la Sainl-Remi il Pâques, << il doit avoir ileux jours tant seulement ».
Les statuts de LMS font connaitrc il'anlres espèces de poissons vendus à Paris ; ce sont les aignillats, appelés chiens de mer ; la raie ; les siirdines. dites celerins, et les truites.
L'ordonnance de janvier \'^^'^\ y ajoute encore : le saumon, et le marsouin appelé pourpois. Je ne trouve pas citée la baleine, dont la graisse ou craspois fut, pendant tout le moyen âge, la principale nourriture des pauvres gens. D'autres parties de son corps, la langue par exemple, étaient aussi estimées, et l'on en faisait [ïrand usatre. surtout dans les couvents '. Kn outre, les églises de Saint-Berlin et de Saint- Oiner percevaient un droit de quatre deniers pour cliacpie queue de iialeine. Labljaye deCaen, prélevait la dinie des baleines prises à Dives *, ré;;li.se de Coulances celle des lanirues de baleine amenées à Merri '. Les fanons avaient leur emploi dans l'industrie: (inillaunie le Breton nous apprend que, sous PIiilippe-.\uguste, les guerriers en composaient tles ornemenls pour leurs casques ".
La Tuille de fJ'J'^ mentionne 41 poissonnière de mer et 9 harengiei-s.
Au seizième siècle, comme aujourd'hui, le pois,son de mer se vendait à la criée, de trois heures du matin à sept heures.
A dater du dix-liuiliènie siècle, les marchands de poissons d'eaii douce couservèrenl seuls le
' .\ l'Hôlel-Dieu. — Lirre îles i/ie'/iers, lilii' V,.
- Lirre fies métiers, titre Ci.
•• I.uc it'.Vohciv, SficHegium, t. ^'II, p. ÛOO.
' Ottllin ekristinnn, t. XI. instruini'nla, p. 59.
5 Gullia ckrisliana, t. XI, p. 23».
* Guill. .-Vrmoricus, PHIij>/)i'/us, lib. IX et XI, p. 270 i-l 331.
nom de poissonnieis, le poisson de mer frais fut vendu |)ar les marchandes de mare'euu muréi/eurs, cl le poisson salé par les murchaiids de snlinfs.
Sébastien Mercier éci'ivait vers 1780: « Le poisson de mer n'est pas ii bon marché à Paris, il n'est presque jamais frais. Il ne peut venir (pie des cùles de Normandie ou de Picarilie, le poiss(ui non sale ne pouvant soull'rir le transport nu delà de trente ou quarante lieues. Les approvisionnemens de la (]our enlèvent tout c(^ ([u'il y a de plus lieau, et le parisien en mange le fretin. Notez que les chartreux, les carmes, les bénédictins, les minimes et les autres religieux, qui font maigre, all'amenl la ville de poi.sson, et entretiennent la clierto en payant fort cher (ont ce ([ui est à leur convenance ' ».
\'iiy. Poisson (Commerce du).
Poivre iM.vucu.vNns nE . La Tuille de 1292 cil'- sept pérriers, qui ne peuvent être que les marchands de poivre. Dès le treizième siècle, on en criait dans les rues de Paris, et l'on en otl'rail aux ménagères pour un denier :
Du poivre pour le denier qu'as !
écrit (iuillaume de la Ville Neuve -.
Otie lin de vers ne se concilie guère avec le vieux proverbe: Cher comme jmicre. Pourtant. le poivre venait encore des Indes, car c'est au seizii'nie siècle seulement que l'on eut l'idée d'introduire sa culture en Provence •'.
Le commerce du poivre faisait nécessairement partie du commerce des épiciers, dont certains produits Iji-ùlaient la bouche, et que Les cris de Paris au seizième siècle * et J.-P. Marana à la lin du dix-septième siècle ^ nomment épiciers d'enfer.
Il paraît que, comme aujourd'hui, le poivre était soumis à de nombreuses falsilications, car voici ce ([u'écrivait Sébastien Mercier vers 178() : « Les épiciers vendent le poivre en poudre dans des cornets de papiers ; quelques fripons y l'ont entrer de la crotte de chien pulvérisée qui, par sa couleur noire, se confond avec le poivre. Au lieu de la graine des Moluqnes, le Parisien trompé mange de la m de chien desséchée " ».
Polisseurs. CIukiuc métier autorisé à polir ses produits u>ail de procédés parliculiei's. (Ihez les orfèvres, par exemple, l'argent était successivement soumis à la pierre à polir, à un mélange d'huile et de pierre ponce broyée, au Iripoli, etc., etc. La pièce retournait ensuite au [daneur.
Le travail de polis.sage était prcscpu^ toujours confié il des feiunn-s. ,
Voy. Brunisseurs.
Polisseurs de marbre. Titre fini appartenait a la corporation des marbriers.
1 Tableau île Paris, t. I, p. 104.
2 Les erieries fie Paris.
3 Lejjianil d'Aussy, Vie price'e ries fi-niiçois, I. II, p. 182.
' .\. Truquel, Les eenl sept cris, etc.
•' Lettre ffiin .Sicilien, p. 93.
6 Tfilileni, fie /'«ris, t. XII, p. 127.
POMPl'lS FrXKBHlvS — PORCMLAINIia-JS
Pompes funèbres. Yoy. Cercueils (Commerce des). — Croque-morts. — Crieurs de corps. — Deuil (Spécialité de). — Emballeurs. — Enterrements.
— Fossoyeurs. — Pleureurs. — Semonneurs, etc.
Pondeuses artificielles. C'i'si sculcniful
au seizième siècle (jue l'ciii eut l'idée d'oblenir l'éclosion des œufs au moyen de la chaleur artificielle. Les premières expériences furenf faites, sur l'ordre de F'ranc^ois 1"' et sous ses yeux, au château de Montrichard en Tonraine. Jacques Gohorrv, dans un livre publié en l.'')72. parle des « œufz des poulets qui estoient couvez l'iiyver au '^Tanil Roy François à Montrichard ' », et Champier mentionne un très habile homme qui aurait assuré le succès de cette découverte *. Olivier de Serres écrit encore : « C'est une trop {grande curiosité que de faire esclorre les œufs de poule sans les mettre couver sous aucune volaille. Cela se fait néantmoins en un petit fourneau à cela accommodé, eschaulfé par le dessous d'un feu continuel, esgal et non trop foi'l, dutpiel les ceufs sont eschauffés, et dans dix-huit ou vingt jours les poussins en soi-leut avec esbahissement ■* ».
Morne sans employer ce procédé, l'on avait déjà préconisé une spéculation qui, de nos jours, a eu plutôt le lapin pour objet, carroti doit à im jurisconsulte du seizième siècle l'art d'élever les poules et de s'en faire quatre mille cinq cents livres de revenu. Voici le litre complet du rarissime petit traité qu'il publia en lii71 : Discours œconomiqne, non moins utile que rccréntif, motistri/nt comme, par le mesnagemeHl de jwulles, de cinq cens livres ponr une foys employe'es. Von jieult tirer par an quatre mil cinq cent livres de profftt hanneste. Par M. Prudent le Choyselat. Procureur des Majestez die Roi et de la Royne à Se'zaune *. Le volume est dédié « à Monseig^neur Monsieur le comte de Rochefort, damoyseau ^ de (Jommercj, chevalier de l'ordre du Roy, et capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances ».
Pontaniers.
Pontonniers.
Pontaniers,
Pontifes (Fr£;re.s). Relig^ieux qui. dit le V. Hi'lyot, s'étaient donné ponr mission de construire îles ponts, d'établir des bacs, de faciliter aux pèlerins le passante des cours d'eau". L'ordre, créé en Italie, vint, vers le treizième
1 Insffiirlloii SU! l' het-tie prfiim , flife en Friture l'herlie ite lit Itiitjtie iiii Meiliet'e [c'est le tul)acj, ji. y.
"- « IIiijus ri'i artifex iuf^eniosissiiiius cxtilit lelalc Iiostra ». lîi*. (lliampier, De re eittaria, p. 777.
3 Tht'f)[ee d'tttjviritlture, ]i, .3,^j8.
t « .\ Paris, cliez Nicolas ('licsiieau, nu- S.-Ja<[Ui's, au clu'siie vent ».
■'• Titre que pdrl.lient llérvililaiivnient les seifrric'Urs ili' certains liefs, celui lie (Imiimcrcy entre autres, dette sciirncurie a\'ant passé dans lu niai.suii de (iondi, le cardinal de Holz s'est dit parfois damoiseau de Coniinercy.
*> Hisliiirr lits ofilres retli/i'eux, I. I], |). 280.
siècle, s'éta])lir à Paris sur l'emplacement q'.i'occupent aujourd'hui l'église Saint-Jacques du Haut-Pas et l'institution des sourds-muets. Di's le quatorzième siècle, les frères pontifes se bornaient a héberger, à soigner les pèlerins, et l'ordre fut supprimé au quinzième siècle.
Pontonniers. Ofllciers jurés delà municipalité. Ils etaienl au nombre de deux. « Auront chascun certaine quantité de flettes ', pour faire pont et passaige convenable pour passer, repas.ser, aller et venir, marchans, vendeurs, courretiers, jaugeurs et toutes autres manii-res de gens qui iront au port... ' ».
Les pontonniers prirent plus tard le nom de pluncheeurs. La grande ordonnance de décembre 1()72 ■* décrit ainsi leurs fonctions : « Enjoint aux planclieeurs de mettre sur les bateaux de fortes planches, portées sur tel nombre de tréteaux qu'il conviendra, depuis le bord de la rivière justiues sur les bateaux chargez de marchandises, et d'en mettre de travers sur les bateaux qui se trouveront vuides ».
On écrit i<o\\\cn[ pluncheieurs on plaiickei/eurs, et on trouve pontaniers, ponteniers, ponliniers. pontoniers, etc.
On nommait encore pontonniers, ponlanier on pontonier « celui qui est établi sur \\n pont, au passage d'une rivière, pour recevoir les droits de pontonage sur les marchaiHlises qui y sont sujettes ou stir le passage des gens ii pied et à cheval * ».
Les bateliers qui avaient afFermé le produit d'un bac se disaient aussi pontonniers. A la fin du dix-huitième siècle, on exploitait sur la Seine plusieurs bacs : à la Salpéirière. à Asnières, a Longchamp, aux Invalides, à la Râpée, à Argenteuil, à Bezons, etc. Ces bateliers étaient appelés parfois bacqueteurs.
Poraiers. Mardiamls de légumes verts, d'iierbes potagères.
La Taille de t29S en mentionne sept et la Taille de l.'Slîi cite une comporteresse de porée.
On trouve encore porayers, poreers, poreieri, poroyers, poriers, etc.
Porcatiers. Voy. Porchers.
Porcelainiers. La pourceline im pourcelaine est très fré(|uemmcnt citée dans les inventaires du moyen âge. Mais qu'euteudail-on aloi-s par ces mots ? De l'agate, de la calcédoine, comme le suppose M. Labarte •', ou de la nacre de perle, comme le veut M. de Laborde *. Ce qu'il y a de silr, c'est que les ('hinois connaissaient depuis un temps immémorial la vraie porcelaine, et que les Portugais l'introiluisirent eu Europe au seizième siècle. Elle y resta, pendant plus de deux siècles encore, une rareté.
' Hateaux do cliarge à liuit avirons ; en latin flela.
C'est de là ipi'est venu notre moi flùle.
ï Ordonnance de février 1-115, chap. X.
3 Chapitre IV.