PORTEURS DE GRAINS — POSTE
et de monseigneur saint Loys », mais rien ne prouve qu'ils fussent tléji'i officiers piililics. Leur urbanisation parai! dater de l'ordonnance de février 141") '.
Au dix-liuilièine siècle, les porteui-s de g'rains se liornaieni à touclier le revenu de leur office, et en taisaient taire la besogne par des gagnedeniers ou plumets, ancêtres de nos forts de la halle. Ils passaient pour être doués d'une vigueur exceptionnelle, et supportaient de si lourds fardeaux, que, prétend Sébastien Mercier, « ils ont la tête comme enfoncée dans les épaules et les pied^ aplatis - ».
Vov. Porteurs-jurés. — Korts, etc.
Porteurs de journaux. \»y. Gazetiers.
Porteurs de lits. ^'ny. Porte-meubles.
Porteurs de plâtre. La Taille de 1292 mentionne df;\i\ piirteeu.rs de piastre. C'étaient, selon toute apparence, des portefaix dont l'association n'avait rien d'officiel.
Porteurs de sel. Officiers jurés qui transportaient le sel au domicile des acheteurs. La Taille de 1202 en cite un seul ; l'ordonnance de février 141.5 les nomme he'nouarts ^ et fixe leur nombre à 24. Ils fournissaient aux mesureurs « les ratoueres * à rere le sel ^ >>.
Les porteurs et les mesureurs de sel jouissaient du singulier privilège de porter le corps des rois de France à Saint-Denis. Les grands seigneurs avaient d'abord réclamé cet honneur ; quand Philippe III, proclamé roi devant Tunis, revint à Paris, il rapportait la dépouille de saint Louis, son père, et lui-même, aidé de ses frères et de ses officiers les plus chers, voulut porter le cercueil jusqu'à .Saint-Denis. Mais la route était longue et le fardeau pesant. Le funèbre convoi dut s'arrêter, dit-on, sept fois sur la route, et la tradition veut que ce soit là l'origine des petits monuments dits montjoies qui s'élevaient entre Paris et Saint-Denis. Dans la suite, les gentilshommes se firent remplacer par les hénouarts ; le poêle traînant jusqu'à terre dissimulait, d'ailleurs, si bien ces hommes que l'on apercevait à peine leurs pieds.
L'origine de ce privilège a suscité plusieurs hypothèses. On a supposé que les hénouarts étaient chargés des opérations de l'embaumement, ou le sel serait entré en grande quantité. M. F. Lecaron ^ croit que les hénouarts furent choisis « parce qu'ils étaient les plus habiles et les plus forts porteurs de Paris », triple affirmation qui resterait à établir.
Leur nombre, élevé à 3.'^ par l'ordonnance de 1633, fut ensuite réduit à 24. L'ordonnance de
' II' partit' du cliapitre II.
î TubieiiH lie Paris, t. IV, p. 32.
3 Chapitre XIX.
* Voy. ci-ilissous l'art. Radours.