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POTIERS D'ETAIN — POTIERS DE TERRE

oevre et loial de leur mestier ». Deux jurés administraient la corporation.

11 y avait à Paris environ 19 maîtres potiers d'étain en 1I504, ([uarid la communauté lit reviser ses statuts.

Les derniers ([ni les aient ré»is les nomment potiers crétain- tailleurs (Farmes sur eliiin. parce qu'ils avaient le droit de graver des chiH'res et des armoiries sur les ouvrages qu'ils fahriquaient. La durée de l'apprentissage était fixée a six ans suivis de trois ans de compagnoimage. Il y avait trois classes de chefs-d'œuvre. Pour la maîtrise ordinaire, il consistait en << un pot dont le corps doit être tout d'une pièce » ; pour pouvoir se dire passé maître, il fallait confectioimer au marteau une jatte et un plat ; quant aux menuisiers 6)1 e'taiii- iïondmws d'étainj, on ne leur demandait que de l'aire une écritoire.

Chaque maître devait posséder deux marques spéciales, une grande et une petite ; la grande reproduisait son nom entier, la première lettre de son prénom et sa devise -, la petite portait seulement la devise et les deux initiales. Les pièces en étain tin étaient marquées par dessous, celles en étain cunnnun [)ar dessus.

Tout travail au marteau était interdit avant cinq heures du matin et après huit heures du soir.

Parmi les innombrables objets que les potiers d'étain étaient autorisés à produire, je vois cités, en dehors de la vaisselle, les flacons, aiguières, calices, gobelets, cuilliers et fourchettes, salières, pots à eau, « benoisliers », seringues, lampes, planches pour la musi([ue, moules à chandelles, boucles, boutons, jouets d'enfants, etc.

La communauté était alors composée d'environ 150 uwîtres et avait pour patron saint Fiacre.

Au mois de janvier 1668, Louis XIV avait créé, en faveur du sieur Christophe Fromont, la charge de « maître potier d'étain ordinaire de la maison du Roy ». En cette qualité, il était chargé de fournir et d'entretenir tous les flacons d'étain nécessaires pour les tables royales *. (]ette charge fut supprimée à la mort de Fromont *.

L'édil d'août 1776 réunit les potiers d'étain aux chaudronniers et aux balanciers.

Les potiers d'étain qui avaient adopté la spécialité des vases destinés aux liquides, se diaSiienl pinctiers, pintiers, etc.

Voy. Étain et Stameurs.

Potiers de terre. Leurs statuts du

treizième siècle ^ présentent peu d'intérêt. La Taille de 1392 cite un potier de terre et 52 potiers sans autre désignation, celle de 1300 mentionne 1 potier de terre et 44 potiers sans autre désignation.

Il faut reconnaître que les mœurs alors n'encourageaient guère cette industrie. Les mets liquides se mangeaient, il est vrai, dans des

1 État lie la France pour 1712, t. I, ]). 131. î Ëtal lie la France pour 1736, t. 1, p. 232. 3 l.icrf lies mrllf.-s, lillT IAX1\'.

écuelles, mais il n'y en avait le plus souvent qu'une seule pour deux personnes. Le roman de Perceforest, décrivant un magnifique repas, nous apprend qu' « il y eust jusques ù huyt cens clievaliers séans à table, et si n'y eust celuy qui n'eust une dame ou une pucelle à son escuelle ». .\ la fin du quatorzième siècle, l'auteur du Ménagier de Paris, voulant indiquer qu'une table avait reçu seize convives, écrit : « Le repas fut de huit écuelles * ». .\fin de n'avoir pas ù changer celles-ci trop souvent, on disposait dans la salle deux ou trois grands vases appelés couloueres *, dans lesquels les valets vidaii-nt les restes. En outre, la civilité ne défendait point encore de jeter une foule de reliefs aux chiens et aux chats rassemblés sous la table. Entre intimes, un n'usait pas d'écuelles : chacun puisait à son tour dans le chaudron qui servait de soupière.

Pour les mets solides, chaque convive recevait un épais morceau de pain coupé en rond, qui se nom\WAÛ pain tranchoir ou tailloir. Tout porte à croire qu'il s'agissait de pain bis et nous savons qu'il était fabriqué à (^orbeiL''. Dans les repas solennels, l'écuyertranchant découpait les viandes sur un tranchoir de métal. Les invités prenaient, avec trois doigts, un des morceaux ainsi préparés et le mettaient eux-mêmes sur leur tranchoir. Si, au lieu de déchirer cette part avec les dénis, ils voulaient la diviser au moyen du couteau, le tranchoir avait assez de force pour résister à son action'. Après le repas, tous ces Iranchoii-s imbibés de jus étaient donnés aux pauvres''.

Les pièces d'orfèvrerie antérieures au di.\septième siècle sont fort rares, aussi aucun tranchoir n'est-il parvenu jusqu'à nous. C'était cependant un objet d'usage si général que l'on disait ])roverbialement 9r«/((/ comme un tranchoir, que l'on appelait parfois les palettes des peintres des tranchoirs, et qu'un jeu pour lequel on se servait de palets ou disques de métal, avait regu le nom de Jeu du tranchoir.

Les tranchoirs de pain furent en usage jusqu'au di.x-septième siècle. La Cicilite' de Calviac, imprimée en 1560, mentionne à la fois les assiettes et les tranchoirs. Scarron, racontant en 1 ()48 le repas oft'ert par Enée à Didon, constate que :

t'.rnl très lionnostes demoiselles Coupoient des miclies jiar rouelles 6.

C'est vers cette époque que l'assiette remplaça définitivement le tranchoir. L'origine de notre expression casseur d'assiettes est cependant bien plus ancienne, mais le temps et les mœurs l'ont modifiée : avec plus de logique, un homme tapageur ou querelleur était jadis appelé casseur d'acier '' .

1 Tome II, p. 10.^>.

* Sur un autre .sen.s de ce mol, voy. Ducange, aux mots Ciiloerta et cotum.

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