Véil'iflier ,1e Paris, t. II, p. lOU
* \ ov. Ducaiijje, au nuit scissurium.
5 Martial il'.\uvernrne, Yigilles île Charles Vil, t. 11,
<i Édit. de 1690, liv. I, p. 77.
" \oy. Honav. Desjiériers, jVoiirelle 17//, p. 43.
I'OTIl':i{S I)K TKRRK — TOUDUIERS
yJ3
Aumol assiellc, la piviiiii'ri'iMliliiiii du Dictionnaire de rAcddémte, qui est mli^t-u p:ir ordre de nii-ines. renvoie nu luot seoir ' ; elles iiidi(|ueut en ell'et la place que iloiveiit occuper les convives assis autour de la lalile -. Dans un couvert l)ien mis, les assiettes débordaient la nappe île quatre (loijjts environ ' : récuelle, destinée aux mets licpiides, était posée sur l'assiette. Chez lesp^rands seii^neurs, on cliaup;eail d'assiette « au moins à
cliaipie ser\ice
(liiez les ridies lionrireois.
on enlevait l'écuelie après la soupe, et l'assietle n'était renq)lacée ([u'au moment du dessert *. Une Civilité' puliliée en 178"J. ensei<>:ne que: « les personnes (|ui veulent luan^rer proprement, clianf^ent d'assiette au moins deux fois durant le dîner; une fois après avoir manpé le potafje et une fois po\ir le dessert. Chez les personnes de qualité, on en chan<îe ordinairement à chaque plat (]ue l'on sert * ^>.
Les potiers de terre obtinrent en 1440 le droit de travailler à la lumière, droit que leur refii.-aient leurs premiers statuts.
Les derniers qu'ils l'eçurent datent d'avril 1607 ''. On y voit que l'apprentissag'e était de six ans et que chaque maître ne pouvait avoir à la fois plus d'un apprenti. Les veuves de maître conservaient le droit de vendre, non celui de fabriquer. Quatre jurés administraient la communauté. Les maîtres étaient autorisés à poser les carreaux de terre, et prenaient le titre de potiers de terre-carreleurs.
Siivary en 1720 porte à "Jlô le noudire des potiers de terre établis à Paris * ; Jaubert en 1773 n'en sig^nale plus que 120'. Ils avaient pour patron .saint Bon.
Voy. Fournalistes.
Pouce-évent. Voy. Auneurs de drap.
Poudriers. Fabricants de poudre ù poudrer.
L'usage de se poiulrer les cheveux remonte au seizième siècle. Henri III allait par les mes de Paris, fardé comme une vieille coquette, le visage empâté de blanc et de rouge, les cheveux couverts de poudre musquée. La plus rechei-cliée était Yargentine. Mais on en faisait de toutes les couleiu's, et l'engouement était si grand, que les tilles pauvres, n'osant montrer leurs cheveux tels (pie les avait faits la nature, les « saupoudroient de poudre de bois pourri qu'on trouve parmy les vieux basiimens aux poutres et pièces de bois sur lesquels il n'a point pieu '" ». Quand un irréparable malheur venait à frapper une femme, el qu'elle prétendait renoncer, momentanément au moins, à ce que l'existence offre de plus
* .\nné.' IG91. t. I, [■. Gll.
* Nfénagf, Ditlioiinairr [17001, f. I, p. 102. 3 P. David, J.t maisli-e (T hôtel, j). 70.
* N. de Bonncfoos, Les délices de la campagne (16551, p. 178.
5 \ti\. le Pkilarel (161 T, p. 03.
^ J.-B. (le la Salli-, Les régies de la àienseance, p. 100.
" Dans les Orlonn. myales, I. \IV, p. 413.
8 Diclionnnire, tome II, p. 424.
9 Tome III, p. 503.
" L. Guyon, Ùiterses leçons, t. II, p. 137.
agréable, si elle di'venait veuve par exemple, elle cessait de .se poudrer '.
Louis XIV avait une répugnance instinctive pour ces cheveux idanchis, cell(^ vieillesse anticipée, el il ne .se soumit à cette mode que fort lard. Sous Louis XV et sous Louis XVI, tout le monde, hommes, femmes, enfants*, portait de la poudre ; elle faisait nièiiic partie de la tenue militaire. Afin de ne pas être obligées de se poudrer tous les jours, les femmes couchaient avec une coifl'e de lall'elas blanc qui emprisonnait leur ('heveliuv. La fureur pour celle nuule inepte et sale était telle encore en 178G que Sobry écrivait très sérieu.sement : « L'us;ige modéré de la poudre tient autant à la bienséance qu'à la commodité, el il a été regardé comme de première nécessité chez tous les peuples policés' ».
Aussi se fît-il pendant deux siècles une efTrova!ili> consommation de poudre. Les philantroplies en géniis.saient, disant qu'avec la farine ainsi employée « on nourriroil dix mille infortunés ' ». M. Paul Boileau, ([ui a le tort de ne pas citer ses sources, écrit qu'en 1789, au moment où la farine était si rare, on transformait cha(|ue année en poudre à poudrer vingt-qualre millions de livres d'amidon 5. « h'accommodage, dit M. Qiiicherat *, était devenu une véritable opération de meunerie. Elle avait lieu au milieu d'un nuage épais que le coiffeur faisait voler sur la tête du patient, enveloppé d'un peignoir et le visage fourré dans un cornet de carton, afin de n'être point aveuglé ». El comme les industriels qui distribuaient si généreusement la farine à leurs pratiques en prenaient une bonne part pour eux-mêmes, ils justifièrent le nom de merlans (\\n leur fut donné par le peuple. Dans l'exercice de leur profession, ils ressemblaient en effet à des merlans qu'on va mettre à la poêle.
A la cour de Louis XVI, on en vint à porter des coiffures si hautes que la tête des femmes se trouvait placée presque au milieu du corps. Ces pyramides gonflées de crin, bourrées de coussins, chargées de poudre, baignées de pommade, maintenues par une forêt d'épingles dont la pointe atteignait la peau, devenaient l'origine d'une foule de malaises, et en même temps la vermine engendrée par la poudre causait aux malheureuses victimes de la coquetterie d'insupportables démangeaisons. La civilité permit d'abord de se frapper doucement la tête avec un doigt pour calmer le prurit qu'occasionnaient les indiscrètes bestioles. Puis on inventa en faveur de ces martyres volontaires le grattoir, longue tige terminée par un crochet d'ivoire, d'argent ou dor, .secours bien doux, mais impuissant contre « la crasse infecte qui séjournoit sous les brillants diadèmes ' ».
Le monopole de la fabrication de la poudre
' Mad. de Genlis, Dictionnaire des e'iiqutties, t. II, p. 08.
* M.-icier, Tttblenu de Paris, t. V, p. 131. -^ Le mode français, p. 419.
* Mercier. I. I, p. 100. — Xoiireaii Paris, t. II, p. ir>6 3 Etal de la France en 1789, p. 510.
6 Histoire du cnslumr, p. 619.
1 Mercier, t. IV, p. 212.
POUDRIliKS
l'OUI'El'; U]'] LA IWK SAINT-HONORE
finit par èlre accordé aux gantiers, qui ajoulcrenl an litre de leur corporation celui de poudriers. Ils eurent à ce sujet de fréquents démêlés avec les merciers, les amidonniers et les liarliiers.
La Révolution eut grand'peine à détrôner la poudre. L'élégant Robespierre était toujours fraîchement poudré, et Bonaparte n'abandonna cette mode qu'après sa campagne d'Italie.
Voy. Salpêtriers.
Pougneurs de poissons, gneurs.
Foi-
Poulaillers. Ils appartenaient à la nombreuse famille des rcgrattiers, et vendaient, nous dit le Lirre des métiers, « polaille et voletille », c'est-à-dire volaille et gibier à plumes. L'article ajoute qu'ils peuvent débiter en outre « toutes denrées, fors cire ouvrée, poisson de eaue douce et toute manière <le regralerie ' >>. L'ordonnance de janvier 1351 est plus explicite ; elle leur accorde le droit de vendre « poulaille, eufz, fromaiges, perdris, cognins, aigneaulx, clievreaulx, veaulx et sauvagines ' ». Les cognins ou connins désignaient les lapins, et le mot sauTugine comprend les oiseaux denier, de marais, etc., par opposition aux poulailles ou oiseaux de bassecour.
La Taille de 1292 cite 'i^ poulaillers, 3 pouletiers et 2 tendeurs d'oes (d'oies) ; celle de 1300 mentionne seulement 48 poulaillers. Presque tous habitaient les environs du Grand-Chàtelet, car en 1292, sur 31 imposés de la rue de la Poulaillerie ', 11 sont des poulaillers *.
Bien que leurs statuts ne les y autorisassent point, les poulaillers entreprirent de vendre des volailles cuites, droit qui leur fut interdit en 1578, après un long procès que gagnèrent les rôtisseurs. Au reste, on avait déjà trouvé le moyen de faire éclore des œufs au moyen de la chaleur artiiicielle et de multiplier ainsi les volailles crues ^.
A dater du dix-septième siècle, on perd la trace des poulaillers, qui sont remplacés par des Tendeurs-jurés.
Les poulaillers avaient pour patron saint Christophe. On les trouve encore nommés pouletiers, pouliers, rohillers, etc.
Voy. Vendeurs de volailles.
Poulailliers. Pouletiers. Pouliers.
Yoy. Foulaillers.
Poulieurs. On appelait lices, rames ou poulies, des bois disposés pour tendre les draps après qu'ils avaient été foulés. Les ouvriers chargés de cette opération étaient dits poulieurs, ampoulieurs, empoleeurs, rameurs, tandeurs, etc.
La Taille de 1292 en cite 5 et celle de 1300
1 Titre LXX.
î Article 148.
^ Dov.-imi' rue l'iei-ro-à-Poisson, puis supprinu'i' on 1804, ulle allait île la rue de la Saunorie à la rue Siiint- Denis.
* Vo3'. H. Oérauil, Paris sous Pliiliiipe-lr-llrl, p. «(!.
5 Voy. ci-(le.ssus l'art. Pondeuses arlilicielle.s.
3 seulement. Les rames ou poulies étaient établies à demeure dans certains quartiers, et c'est de là qu'est venu le nom de rue des Poulies donné à plusieurs voies de Paris. Ducango ' parle de « qnasdam domos sitas Parisius in vico des Poulies, cum tribus poliisrelro sitis ». Avant 1289. plusieurs poulies avaient été installées hors des murs, et une querelle s'éleva à ce sujet entre les foulons et les tisserands, ceux-ci voulant forcer cetix-là à aller tendre leurs draps « ad novas polias extra muros Parisiorumsiluatas * ». Les poidieurs appartenaient à la corporalion des foulons.
Poulieurs. Fabricants de poidies. Il en existait surtout <lans les ports de mer.
Poulletiers. Voy. Poulaillers.
Poupée de la rue Saint-Honoré.
Marie-Antoinette, possédée du démon de la parure, tenait conseil avec ses faiseuses de modes comme le nu' avec ses ministres. M"" Berlin, qui demeurait rue Saint-Honoré, M""' Alexandre, M""" ÉloH'e travaillaient avec la reine et dictaient des lois à l'Europe. Une fois par mois au moins, l'on expédiait à Londres la poupée de la me Saint- Honoré, mannequin chargé d'aller porter aux anglaises élégantes le type de la mode nouvelle. De Londres, la poupée était successivement transmise à toutes les grandes capitales et jusqu'à Constantinople. « Ainsi, écrit Mercier, le poli qu'a donné une main françoise se répète chez toutes les nations, humbles observatrices du goijt de la rue Saint-Honoré ' ».
Cette coutume remontait au milieu du dixseptième siècle, car elle est mentionnée par Furetière *, et elle paraît avoir pris nais.sance parmi les Précieuses. C'est chez M""^ de Scudéry qu'étaient alors attifées la yrff?;(/«^a«r/orf destinée à reproduire la tenue d'apparat, et la petite pandore, qui se bornait à porter le déshabillé du matin. Durant la dernière guerre de Louis XIV contre l'Angleterre, « par une galanterie qui n'est pas indigne de tenir rang dans l'histoire, les ministres des deux Cours accordoient, en faveur des dames, un passe-port inviolable à la poupée ; et pendant les hostilités furieuses qui s'exerçoienl de part et d'autre, elle étoit ainsi la seule chose qui fût respectée par les armes ^ ».
Le goût français s'imposait déjà donc presque au monde entier. Mais les variations du costume étaient si fréquentes, si imprévues parfois, qu'à en croire le Mercure galant, les modes avaient déjà vieilli quand elles arrivaient à l'étranger. « Elles passent de la Cour aux dames de la ville, des dames de la ville aux riches bourtreoises, des riches bourgeoises aux grizettes qui les imitent avec de moindres étoffes. .
^ .\u mot pnliiim. — Voy. aussi .\. Herly. Top"graphie (lu riVffjr Paris, t. I, p. 84.
i bibliothèque nationale, manuscrit fi'ançais n°21,794, f^ 214.
:i Tnblfnu ,1e Paris, t. II, p. 213.
4 /r roHiau t/nui-ffrvis. p. 7t>.
^ .\bbê Prévost, (éontrs et apeutures, p. 493.
POUPEK DE LA Mil'; SAINT-HONOHE
POURPOINTIEHS
De ces j^rizelles elles passent aux daines de province, des dames de province aux bourgeoises lies mômes lieux, et de là elles passent dans les pais étrangers ; de manière que, lorsqu'elles con\n>eiicent à y avoir leur cours, celles qu'on avoit depuis ce temps-là invonlées ii la Cour couimenceni déjà à ilevenir vieilles ' ».
Si l'on est curieux de eouuailre l'ajuslemenl très compliqué de \i\ poupée du 18 aoiU 1788, on le trouvera décrit dans tous ses détails par M""" Kloffe elle-même, dans son Livre-journal qu'a puiilié M. Reiset -. Le liaron de Risbeck, qui rédigeail alore son voyage en Allemagne, écrivait : « On suit fjénéralenient ici les usaijes
»françois. On fait venir <les [)oupées de Paris, afin que les dames puissent en imiter le costume. Les hommes même ont, de temps en temps, des mémoires de notre capitale ; ils les font voir à leui-s tailleui-s et à leurs perruquiers. .l'entendis dire, avant-hier, à une dame qui étoit à la comédie et qui afTectoit un air de suffisance, que la reine de France avoit porté au spectacle une coitîure semblable à la sienne, il y avoit un mois ^ y>.
M. d'Haussonville raconte que, pendant l'émigration, ^< l'esprit, le ton et les modes de Paris ne cessèrent pas un instant de régner exclusivement parmi ce monde qui n'avait pas craint de se ligner avec l'étranger, mais qui redoutait plus que tout de devenir provincial * ».
Voy. Modes CMarchandes de).
Poupetiers. Fiiismis Jouets fFabricants de).
ponpei
Vov.
Pouppetiers. Dans le compte des travaux exécutés à Fontainebleau pour le roi au seizième siècle, les ornemanistes, qui travaillaient en stuc et en papier mâché, s'appellent pouppetiers. M. de Laiiorde a relevé la mention suivante: « Année 1.Ô40. .\ tous paintres et pouppetiers, la somme de 247 livres, pour avoir vacqué aux meslés de terre, papier et piastre, pour la réception de l'empereur audit Fontainebleau, à raison de 20 sous par jour •' ».
On trouve aussi poupetiers.
Voy. Ornemanistes.
Pouqueteeurs. Non\ que la Taille de 1292 donne aux fabricants de sacs.
Pourboire. Il était déjà connu et apprécié au treizième siècle. Nul. dit le Lirre des me'tiers. ne peut afTermer un moulin. « qu'il ne pait.Tsols ans compaingnons pour boivre '' ». Chez les boulangers '. diez les savetiers ', chez les gantiers '. tout nouveau maître devait un pour-
' .Vnnée 1673, t. III, p. 322.
* Licre-joiiraal lie M"" Étoffe, t. I, p. 268.
Voyage en Allemagne (ITSS', I. I, p. 215.
Ma jeunesse, p. 31.
Xotice des émaux, p. 465.