‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 274 sur 422 · I.itre (les me'tiers, litre II, art · texte numérisé non relu

I.itre (les me'tiers, litre II, art

l.icre lies métiers, titre I, .art. 13. 14 et 15.

Litre des métiers, titre I.XXW I, art. 2.

/.ieee des métiers, titre LW.W III, art. 2.

boire aux témoins qui avaient assisté à son achat du métier. Les gantiers s'expriment ainsi : « Quant li gantiera le meslier achaté, il convient que il poit ['2 deniers au vin ans conpaingnons ([ui ont esté au marchié ».

Xn dix-septième siècle, les conducteurs d'omnibus en cb-ntandaient '.

Pourg-etteurs. Voy. Créplsseurs.

Pourpointiers. Faiseurs de pourpoints.

Le pourpoint, qui joue un si grand rôle dans riiistoire du costume, date de la lin du treizième siècle. C'était une sorte de justaucorps qui serrait le buste et se laçait par devant.

,Ie ne crois pas que les pourpointiers aient été constitués en corporation avant le qtiatorzième siècle. Ce qu'il y a de certain, c'est que, le 20 juin \3'2.i. les quatorze maîtres pourpointiers établis à Paris présentèrent leurs statuts - au prévôt Jean Londe, en lui demandant de les homologuer.

Tout pourpointier, avant de s'établir, devait paver douze sous au roi et quatre sous aux jurés de la corporation.

(]liaque maître ne pouvait avoir à la fois plus de deux apprentis.

La durée de l'apprentissage était de six ans, réduite à deux ans pour les ouvriers couturiers et à quatre ans pour les ouvriers pelletiers. •

Tout vêtement devait porter, au collet, la marque spéciale du pourpointier qui l'avait confectionné.

Chaque dimanche tme boutique de pourpointier restait ouverte à tour de rôle.

Le métier était surveillé par deux jurés.

Le privilège accordé aux ouvriers pelletiers provenait de ce que les pourpoints étaient parfois garnis de fourrures. Quant à l'ouvrier couturier, il devait cette préférence à sa science de l'aiguille.

Tout ouvrier pourpointier entrant chez un maître était tenu de payer à ses nouveaux camarades d'atelier, pour droit « de bonne venue », deux ou trois sous parisis, que tous ensemble allaient dépenser au cabaret : « et pour ce. délaissent leurs besoignes à faire, vont boire en tavernes, d'ot'i advient souvent entre eulx noises et contemps ^ ». Des lettres patentes de décembre 1400 remplacèrent cette redevance par un versement de huit deniers, dont le produit dut être consacré à secourir les pauvres du métier et à fonder en leur faveur deux lits à l'hôpital Sainte-Catherine '.

L^n siècle et demi plus lard, en 1467, il y avait à Paris vingt-six maîtres pourpointiers. Le 24 juin, le prévôt Audoyn Cliauron apporta quelques modifications à leurs statuts ^. Le

' Vov. ci-dessus l'article Laquais.

- Publiés avec l''s statut.'^ dos tailleurs, pa<;e 1 1 de l'iMlitiuii de 1763. M. (}. Kagniez, croyant ces statuts inédits, les a réimprimés, p. 373 de ses Études sur l'industrie.

•' Disputes.

* Ordonn. rayâtes, I. IX, p. 167.

S Ordann. royales, I. X\ I, p. 5St.

POUHI'OINTII'IRS — PHlvSTIDKilTATKrHS

mcliiT (lui (li'S loi-s s'aclieler vin<^l sous, <l(iiil quinze iilliiient au roi pI cinq auxjun's. Le nombre des apprends devin! illiniilé el celui des jurés fui porté il trois.

Le 28 juillet 10.")."), les pourpoinliers se réunirent aux tailleurs, qui purent ainsi joindre à leur tili'e primitif celui de pourp(]inliers

Poursuivants d'armes. \ov. Hérauts d'armes.

Pourtraieurs. Voy. Peintres.

Pourvoyeurs. Gens charnues de fournir à une grande maison les provisions de houche, viande, gibier, poisson, etc. En l.')71, un sie\ir Hubert, demeurant « rue Quic(|uelonne * », se qualifiait « pourvoieur de la royne mère du Roy ^ ». La mort de Valel fut due a\i relard des pourvoyeurs lors du feslin olfert à Louis XIV par le duc de Bourbon •'.

Pourvoyeurs - vendeurs d'huîtres.

Six offices créés par Louis XI\' en Ki'Jl. ^'uy. Écaillers.

Pousse-cul. « Terme odieux, par lequel le

peuple désigne les recors des .sergens et autres, qui servent à mettre el à pousser les gens en prison * ».

Prairiers. Voy. Messiers.

Praticiens. Ceux qui, d'après un nmilcle, ébauchent, dégrossissent, mettent au pninl la statue que le maître achève en.suite.

On les nomme aussi mettettrs au jwiul.

On désignait parfois sons ce nom les médecins ou chirurgiens qui avaient acquis une grande expérience de leur métier.

Praticiens. « Hommes experis os procédures et insiructions des procès, ([ui fréf|uentenl les cours el les sièges des juges, ([ui enlendenl le style et l'ordre judiciaire, qui savent les usages, les formes prescrites par les ordonnances et les règlemens, et qui sont capables de dresser toutes sortes d'actes, souinuilions, libelles et écritures' ».

Le praticien en cov/rs laie exerçait devant la justice séculière, par opposition au praticien c« justice eccle'siusiiqut'.

Précepteurs. Personnes cliargées de l'éducation d'un enfant. A la Cour et dans les grandes maisons, l'enfant était confié à un gouverneur, souvent assisté d'un précepteur. Le ijaupliin, fils de Louis XIV, fut doté d'un gouverneur (le duc de Montausier), d'un sous-gouverneur, d'un précepteur (Bossuet) el d'un sous-précepteur, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir encore un maître fie mathématiques, un maître de dessin (Israël

1 Rue Tiquolonno.

2 Voy. la liiriic nir/ii'n/ogii/iir, an. l,s|8--l!'. |'. OTO. a ^\m,' ,1e Sùvipné, l.ettn? ilii ÏU avril 1G71.

* Uiclionnaire tU Trèmux, 1. \'I, ]). 942.

î* r^erriôre, Dic/ioiiitnirr f/f tlroif prnfiijtif, t. II, p. 370.

.Silvestre), un maître d'écriture, un maître d'armes el un maître de danse *.

V.n 1782. le duc de Cliartres nomma gouverneur de ses (ils la comtesse de fîenlis. C'était là une nouveauté qui fit grand bruit. « On n'avoil point vu encore en France, je ne dis pas un prince, mais un simple particulier confier ses enfans ù l'enseignement moral et scientifique d'une femme* ». Les Mémoires secrets disent de leur côté: » M. le chevalier de BonnanL qui étoit sous-gouverneur, révolté par cette innovation sans exemple, a donné sa démission •* ».

Voy. Ours (Meneurs d').

Préchantre. Chanoine ([ui. dans certaines églises, liiisiit les fondions de principal chantre, conduisait le chœur, etc.

Préoliers. Tilre qui appartenait à la corporation des jardiniers. D'après le Dictionnaire de Trcrfiux, ce nom viendrait du mol latin olus, qui siLTiiifiait léerume.

Préservatifs (Marchands de). « Jeunes gens, méfiez-vous de ce petit bossu, d'environ trois pieds quatre pouces, qui vous olfre des préservatifs, et (]u'on voit tous les soirs au coin du café de Chartres, en face de la Montausier '».

Le théâtre de la Montausier est aujourd'hui le théâtre du Palais-Royal.

Presseurs. Ouvriers qui mellenl lesélofFcs

en presse. Otte expression était usitée surtout chez les drapiers.

Voy. Catisseurs.

Pressiers. Dans les imprimeries, leurs fonctions consislaieni à tremper le papier el à le remanier, à préparer les cuirs pour les balles ^, à monter les balles et les diMuonter, ti broyer l'encre tous les matins, ii laver les formes, ù faire les épreuves, à mettre en train, etc. Ces fondions étaient ordinairemeni partagées entre deux o\ivriers compagnons, distingués par les noms de premier el de second.

Prestidigritateurs. Cesl le nom moderne des anciens escrimotcv.rs. encore vient-il d'êlre remplacé par celui d'H/iisionnisie, qui parle plus à l'imaginai ion.

Le moyen âge connut .surlo\it les jongleurs. Trouvères el ménestrels mêlaient à leurs récils, à leurs chants Ions les amusements capables de charmer leurs andiienrs : tours d'adresse des mainset de souplesse du corps. dont les poignards. les boules de bois et les cercles de métal fai.s<tient surtout les frais.

Cette science progres.sasans précipitation, mais avec sûreté, el (]uand nous retrouvons les jongleurs au début du dix-septième siècle, il s'en trouve un, un Maltais, parait-il. qui avale un

I Kliil fir If) Finnrr iioiir tliH7 , I. I. p. 0011. - l'/V pnliliiini' ff prirr'f itrs ft'itnçnis, t. II, p. 22. ■'I .\ la (laleihi l.'i janvier \~»2.

* I,. Pi'udhoninie, Miroir i/r t'aneirit et iIh nourrau 1K(I7) Paris. I. II, p. 277.

•' .Vujouiiriiiii ivniplaeéos par les ruuleaux.

l'HKSTIDIClïATKrHS — l'HKSTIDKilTATION

seau il'eaii, puis le rend aussitôt après lui avoir ii)iiiiiiiiiiii|Uf l'odeur et la couleur de l'eau de rose, de l'eau d'aMd)re, de toutes les eaux connues :

1,1' Miiltois, vi'iiil. par sa soii-nco, Timl il'oaux ilo ilirtiiivulo udeur, Qu'il semble iiu'il ait eu sa panse I.a Luulique il un paifuiueur '.

l'n cliarlalati ilalieii. noniiné Scotto. liérila de ce laleul. 11 olitini, en lévrier ItiSl, un priviléjje pour exliiiier dans toute la France un secret qui consistait u « avaler une jurande quantité d'eau el ù la rejeter à l'instant de dilî'érenles couleurs et odeurs ». Défense est faite « à toute pei-sonne, de(]uelque qualité et condition qu'elle soit, d'entrer s;ins paver ; permission audit Scotio de poster deux arcliers à la porte du lieu où il opérera - >>.

Au siècle suivant, les trois ou quatre journaux d'annonces qui existent publient des réclames coninu' celli'-ei : « Le sieur Delislc donne au public un divertissement des plus curieux pendant celte foire Siiiid-Cîernuiin, par quantité de beaux loui-s de i^^ibecière ' faits avec une léfférelé de main sans pareille, et qui a toujours l'ait l'admiralion des connoisseurs. Il a des loui-s nouveaux qui n'ont point encore paru ; il fait une aunielelte ilansun cliapeauet plusieui's autres tours nouveaux et des plus surprenans. Sa lo};e est ù la foire Suint-tîermain, rue Mercière, près le caIVé ilu sieur Osouf. Sa demeure est au-dessus des Gobelins, et on le trouve chez lui toute l'année * ».

In de ses confrères, cjui se disait pavsan du Nort-Holland, est l'auteur d'une i-édanie perfectionnée, où il promet, qu'enlre autres luerveilles :

Un poulet rôti, accommodé sur une assiette avec du beurre et du pei-sil, se ranimera aux veux des spectaleuiN par l'ett'et de certaines paroles, il se lèveni. marchera, chanlera,. ensuite il disparaîtra.

In des spectateui's. à t|ui l'on présentera un plat rempli de terre, v répandra à son choix de la semence de salade ou de pei-sil. Dans l'espace de deux ou trois minutes, on poui-ra recueillir avec des ciseaux le fruit de la semence.

Il fera couper par un des assistants latèled'un coq ou d'une puule. et par le moyen de quelques paroles, il remettra la tête de l'animal el lui rendra la vie.

Une poule pondra un œuf au milieu de l'assemblée ; on trouvera dans cet œuf ce que quelqu'un aura pensé.

Il changera des pièces de monnoyes de toutes espèces en créatures vivantes '.

• Sauvai, Recherekes sur Paris, t. II, p. 545.

- BuIUHh de la société de l'îisloire de Paris, t. XX (1893), p. 138.

3 Sur ce mot, voy. ci-dessous l'art. Prestidigitation (Professeurs de).

' Affches de Paris, acit dicers, etc., n" du l" janvier

5 Af/ieirs de Paris, atis dirers, etc., n" du 15 février

Vers la même date, on pouvait admirer encore ù la foire Saint-tiermain :

Un sieur Bernard, (jui escamotait un enfant de six ans.

Un joueur de gobelets, qui escamotait un homme ou une femme au gré des assistants.

Le célèl)re l'inelti. inventeur du Bmiiuel. philosophique, (pi'une annonce nous décrit ainsi : « Cette pièce est un arbre composé de petites branches d'oranger, dont les feuilles sont fraîches et nalurelles. Il les met sous ime bouteille de cristal, et en jetant de loin quelques gouttes d'une eau de sa composition, les feuilles changent, le liou([uel donne des fleurs et enlin des fruits. L'illusion que produit ce morceau ne laisse rien à désirer ' ». Ce même Finetli plaçait une bague dans le canon d'un pistolet, faisait bourrer l'arme, puistii'ait: la bague se retrouvait au bec d'une colombe prisonnière dans un cofTrel fenué ù clef -.

Romain, vers 178"i, esaimolail un enfant, un chien, un énorme boulet de canon.

Perrin, en 1791, exécutait le tour de l'encrier, absolument isolé, qui fournit à volonté des encres de toutes les couleurs ; celui de la montre pilée dans un mortier et retrouvée intacte, etc.

Voy. Bateleurs.

Prestidig-itation (Professeurs de). On lit daii> le Lirre nnn Mode pour 1692 : « Le sieur du Mont, place Maubert. munire les toui's de gibecière ^ ». Un autre prestidigitateur termine ainsi une réclame insérée en 1751 dans les Affiches de Paris * : « X. demeure rue des (Quatre- Vents, à l'hôtel de Glermont, au premier sur le devant, où il donnera des leçons aux curieux, tous les jours, depuis dix heures jusqu'à midi ».

On appelait gibecière la large poche, en foi'me de court tablier, que tout escamoteur attachait devant soi, el dans laquelle il puisait sans cesse.

Les (ours de gibecière étaient différents des tours de gobelets. Dans une annonce de 1748, un sieur Billard se dit « joueur de gobelets el de gibecière ». Trois ans plus lard, tm concurrent, le sieur Garnier. déclare que « outre sa gibecière complète », il a un nouveau «. joueur de gobelets 5 ».

Ce Garnier excellait, paraît-il. dans les tours de caries ; il prétendait en connaître « cent différens, qu'il pouvait démontrer par les principes ». Vingt ans plus tard, un juif anglais, nommé Jonas, donnait dans les salons des séances qu'il faisait payer au moins trois louis * ; les leçons particulières étaient du même prix.

' É. Campardon, Les spectacles de la foire, t. I, p. 126, et t. U, p. U et 235.

2 Guui'iet, Personnages ce'lèbres dans les rues de Paris, t. II, p. 321.

3 Tome I, p. 273.

* Affckes de Paris, acis dicers, etc., n® du 15 février

^ ^"ov. E. Campardon, Les spectacles de la foire, t. I. p. 151 et 3li3.

fi ^'uv. E. C!ampardon, Les spectacles de la foire, t. I, p. 363," et t. II, p. 8.

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