REDEVANCES — RELÈVE-JUPE (FABRICANTS DE
Redevances. Vov. impôts.
Réfectoriers. Dans les couvents importants, le réfectorier avait la garde el le soin de toute la vaisselle et du liiijje de table. C'est lui qui faisait dresser le couvert.
Refendeurs de cornes. « Artisans qui refendent les cornes des bœufs, qui les redressent avec des fers chauds, puis les revendent aux peifjniers pour en faire des peignes et aux patenôtriers pour en faire des cliapelets ' ».
On les nomme aussi cornetiers.
Regard. Au moyen âge, ce mot est pris parfois dans le sens d'inspecteur, de surveillant, d'administrateur, même de juré.
Régisseurs. Voy. Hommes d'affaires.
Registrateurs. Voy. Greffiers.
Registres à souche. Voy. Chirographes.
Régleurs. Ce sont ceux qui * règlent, avec une encre qui tire sur le rouge, les feuillets d'un livre qu'on a lavé auparavant, el qu'on veut faire servir à des bréviaires, des missels, ou dont on veut faire des livres de compte - ^>.
Regnardiers. Voy. Kenardiers.
Regrateors. Regrateurs. Regra teux. Voy. Regrattiers.
Regrattiers. Petits marchands autorisés à vendre, de seconde main et au détail seulement, certaines denrées d'usage courant, le charbon, le sel, les grains, les fruits, les légumes, etc.
On constate l'existence des regrattiers dès le douzième siècle ^, et dès le treizième ils étaient constitués en communauté, car ils ont leui-s statuts danale Livre des meliers ^ . Approvisionnés surtout par les cultivateurs et les couvents de la banlieue, ils ne vendaient qu'à toute pelitemesure, el ne devaient posséder chez eux aucun approvisionnement ; mais le populaire y trouvait déjà du pain, du sel, des œufs ^, du fromage, des légumes, du poisson de mer, de la volaille et du gibier ; des oignons ", desaulx et des échalottes '; des fruits, poires, pommes, raisin, dattes, figu<'s; des épices, cumin, poivre, réglisse * ; de la cannelle et en général « toutes autres manières de denrées, sauf poisson de eaue douce et cire ouvrée » , qui constituaient des commerces spéciaux.
Lu Tuille de 1292 cite 120 regralliers. Mais le métier prospéra si bien qu'un arrêt de 1694 fixe leur nombre à 3.000. A cette époque, il sufti.sait
î Dictionnaire fie Tre'rnitx, t. Il, p. 922.
î .-Vbbé Jauberl, Dictionnaire, (1773), l. IV, ji. 8.
3 A. Luchairc, Institutions monarchitjues,X. Il, p. II."),
* Titres IX «t X.
S « Oes ».
•> « Oingnons ».
' « Kâcbaloingnes ».
• « Hégulisse ».
pour s'établir regratlier d'obtenir ce que l'on nommait une lettre de regrat, el un arrêt du '.i septembre 1709 nous révèle qu'elle donnait le droit de débiter, « à petits poids el ù petites mesures », les objets suivants :
Sel. Pommes.
Foin. Poires et autres fruits.
Paille. Graisse.
Bière. .Saindoux.
Cidre. Levures.
Toutes sortes de bois. Couennes de lard.
Mottes à brûler. Charbon.
Poissons de mer. Cendre gravelée.
Poissons d'eau douce. Verjus.
Tripes de bœuf. Vinaigre.
Tripes de mouton. Chandelles en bottes.
Toutessortes de viandes Lait.
cuites. Crème.
Toutes sortes d'herbes (îlace.
potagères et médici- Tripoli.
nales. Pipes de tabac.
(Eufs. Sablon.
Beurre. Empois.
Fromage. Blanc d'Espagne.
Melons. Noix et cerises confites'.
.\ la fin du siècle, Sébastien Mercier déplorait déjà que les pauvres, clients habituels des regrattiers, payassent beaucoup trop cher les objets de première nécessité, et n'eus.sent que « le rebut des autres citoyens. Tout, écrivait-il vers 1782. augmente d'un tiers au moins pour celle classe infortunée qui est obligée d'avoir recours à ces petits marchands qui revendent en détail ce qu'ils ont déjà acheté en détail. Ainsi, le cordonnier, le maçon, le tailleur, le portefaix, le journalier, etc. paient le vin, le bois, le beurre, le charbon, les œufs, etc., à un liien plus haut prix que le duc d'Orléans et le prince de Condé. L'homme qui a trois millions de revenu a les comestibles à bien meilleur marché * ».
On trouve représentée une échoppe de regratlier dans les gravures qui accompagnent le TaUeaxi, de Paris de Sébastien Mercier el dans Les contemporaines île Rétif de la Bretonne •'.
On a écrit aussi rcycrt/wr* (quatorzième siècle), regrateurs (ordonnance de novembre 1539), regrateux, etc. J
Relais 'M.mtres de). Voy. Loueurs de chevaux.
Relève-jupe (Fabricants de). Le médecin Louis Guyon, sieur de la Nauche, décrit ainsi le costume que portaient les Parisiennes à la fin du quinzième siècle : « Leurs robbes esloyent amples et plissées, el les manches si amples ([u'un bouc eust bien entré dedans, el une queue à leurs robbes, qui e.stoit communément longue de six pas. Et assembloyenl souz icelles, quand elles les trainoyent par les grandessales ou églises,
' Arrêt contrai/irtoirf t/u Conseil ifÉlal, etc. î Tableau Hr Paris, t. 111, [i. 209.
3 Tome XXI, p. I.
RELÈVK-JUPK (FABRICANTS I)K) — HKLIKURS DE LIVRES
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force stercores ou d'olles do cliiiMis, poussières, farij,'os et autres saletez ; ou si elles ne les laissoyi'ut traîner quand elles estovent au bal, on leur attaehoit ceste inutile queue sur le cropion avec un ^ros crochet de fer ou un bouton d'os ou d'ivoire. Et cela n'estoit sans beaucoup de cliarj^e et fatii;ue à celles qui les porto vent. Le soir, quand elles s'allovent coucher, elles avouent les jambes enflées, ù cause du fais ([u'elles portovent en ce lemps-là ' ».
Le crochet de fer dont parle ici (iuvon se nonuuail troussoire ou ceinture à trousser. Il avait la môme destination et à peu près la niènie forme * (pie no^ re/tre-Ji'pe et \c^ paffes qui les ont précétlés. Une cordelière ^ terminée par une forte ajjrafe * servait à tenir relevée la lonjjue jupe de la robe. Ceci dit surtout pour les opulentes bour- };eoises, car l'immense queue que traînaient après elles le.s princes.ses n'eût pu être ainsi maintenue ; il fallait qu'un pajje ou une dame d'atours, parfois nu>me deux danu's d'atome se charj;eassent de la porter. J'ajoute que ces robes, si étolTées ilu bas, ne l'étaient guère du haut ; on les décolletait de manière à montrer le plus possible de la poitrine par devant et une bonne partie du dos par derrière.
Les troussoires étaient confectionnées par les clmînetiers.
Relieurs de cuves, ^'oy. TonneUers.
Relieurs de livres. La Taille de 1292 mentionne dix-sept heurs, désijjnation vague qui pourrait s'appliquer à d'autres qu'à des relieurs de livres. Cette hypothèse est d'autant plus vraisemblable que quelques-uns de ces lieurs habitaient soit la Cité, soit la rive droite de la Seine.
Comme les libraires, les enlumineurs, les écrivains, les papetiers et les parcheminiers, les relieurs dépendaient de l'Université, lui étaient absolument soumis, et ne pouvaient s'établir hors du quartier qui lui appartenait ; mais en revanche, ils recevaient d'elle protection et participaient à ses privilèges.
.\vant d'aller plus loin, je dois expliquer certains termes spéciaux qui se rencontrent, du treizième au quinzième siècle, dans les comptes relatifs à l'art de la reliure.
Le cicir emprainl désignait un cuir marqueté et martelé, par opposition au cuir tout plain, c'est-à-dire sans empreintes.
Les chemises, chemisettes ou enveloppes étaient
' Dieerses Ifeons, etc., édit. de 1610, p. 237. * \i>y. A'iollct-le-Duc, Dictionnaire ilu mobilier, t. W . p. -198.
3 Mais entre les autres je y vis
Dont l'une y donna ung bréviaire, Et l'autre ung calice à devis, Et sa dame une cordelière Pour luy faii-e une Iroussouairc.
(Martial de Paris, L'amnnt renilu cordeller, édit. de 1731, t. II, § ccxxix, p. 596.
' Elle était souvent en argent et parfois en or. Ducange ■xtrail ces mots d'une lettre de rémission datée de 1474 : •1 Deux troussouères, l'une ferrée d'argent et l'autre ferrée lo boucles d'or ou au moins dorées ». .\u mot trossellus.
des espèces de sacs dans lesquels on enferinail les livres revêtus de riches reliures.
I.i!» couverture à queue, fixée sur les ais était terminée par un appendice ou queue qui permettait de porter le livre ii la ceinture.
Les fermoirs, dits aussi fermnux. fremaujr, fremillets, etc., parfois d'une extrême richesse, protégeaient le parchemin des maïuiscrits, et surtout le soumettaient à une pression indispensable. Ils étaient parfois i-emplacés par de fortes lanières en cuir, dites tiroirs.
Les saignanx étaient les signets en étolfes de couleuis variées qui indiquaient les divisions du texte dans les livres d'église.
La pipe ou pippe était la barrette ou bourrelet orné ([ui, en haut du volume, réunissait les saignanx.
Pendant longtemps, les livres appartenant à lies bibliothèques publiques étaient munis d'une chaîne en fer, adaptée ù l'un des ais de la reliure ; assez longue pour permettre d'ouvrir le volume, elle empêchait qu'on le déplaçât. .\u dix-septième siècle, la bibliothèque de Lejde conservait encore des travées entières de livres enchaînés.
Les premiers statuts vraiment réguliers qu'ait eus la corporation des libraire.s-imprimeursrelieurs sont datés du 1" juin 1618. On y lit que l'apprentissage durait cinq ans, et était suivi de trois ans de compagnonnage. Tout apprenti devait être célibataire et savoir lire et écrire. Je rappellerai à ce sujet qu'il y avait depuis longtemps une exception pour le relieur de la Cour des comptes. Celui-ci, écrit Etienne Pasquier', devait jurer qu'il ne savait ni lire ni écrire «afin qu'il ne descouvrît les secrets des comptes ». Le fait est assez étrange et la précaution assez na'ive pour exiger ici un double témoignage. Or, le Magasin pittoresrjue a publié * un document daté du mois de juillet 1492 qui confirme l'assertion d'Etienne Pasquier.
Les fils de maître obtenaient la maîtrise sans apprentissage « à leur première requeste ». Les veuves pouvaient continuer le commerce de leur mari et garder l'apprenti qui n'aurait pas terminé son temps, mais elles ne devaient point en engager un autre. On n'admettait ù la maîtrise que les apprentis de Paris. Un relieur nommé Pierre des Vignes, ayant été reçu maître bien qu'il eût fait son apprentissage en province, on lui interdit de prendre aucun apprenti et d'occuper aucun ouvrier, « et néantmoins, sanstirer à conséquence, lui est permis rl'exercer ledit e.stat de relieur^ ». Tous les relieurs étaient « censez et réputez du corps et des supposts de l'Université, du tout distinguez et séparez des arts méchaniques ». Ils étaient donc tous tenus encore à avoir leur « étalage ou boutique » dans les limites de l'Université.
N'oublions pas de constater qu'à cette date chacun des membres de la triple communauté jouissait des droits reconnus par le titre qu'elle
' Reeherckes sur la France, liv. II, cliap. 5, 1. 1, p, 79.
S Tome XIII (1845), p. 262.
' L. Bouchel, Recueil des statuts, etc., p. 23.