RELIEURS DE LIVRES — RÉMOULEURS
porlail ; les libraires pouvaient joindre à leur luétipr celui de relieurs, les imprimeurs et les relieurs celui de libraires, etc., etc. De là, l'expression assez commune à cette époque, de liljritiri'S-reUeurs et même de lihraires-doreurs. .\ la fin du dix-sept ièuie siècle seulement, des arrêts interdirent à ces diirérenls métiers d'empiéter les uns sur les autres.
Michel de Marolles, vers 1660, célèbre les relieurs de Paris ; « nous en avons, dit-il, qui, à peu de frais font ressembler le parchemin à du veau, en y mêlant des filets d'or sur le dos, qui est ime invention que l'on doit à un relieur nommé Pierre (îaillard ' ». Celte famille a fourni au moins huit membres iï la corporation entre 1606 et I71li.
Gabriel Naudé nous a conservé les noms de onze relieurs qui travaillèrent pour le canlinal Mazarin. Le prix des reliures qu'il leur commandait était ainsi arrêté :
In-folio, vélin rouf:^e et tanné,
gros et petits xl sols,
In-1'olio, liazanne xxuii
In-folio, parchemin collé xxnii
In-folio, veau escorché xxx
In-folio, parchemin escorché xvi
In-quarto, en veau xx
In-octavo, en vélin xu
In-quarto, parchemin vni
In-octavo, parchemin iiii
In-douze, parchemin m -
L'édit du 7 seplemlire 1686 constitua en communauté distincte les relieurs-dorenrs de livres, rompit tous les liens qui les rattacliaient aux liliraires, et leur donna de nouveaux statuts.
La durée de rapprenlissay;e fut fixée à trois ans, qui devaient être suivis d'une année de compagnonnage. Pour être reçu maître, il fallait savoir lire et écrire, et être âgé de vingt ans au moins. Aucune de ces conditions n'était applicable aux fils de maître, et l'on ne devait recevoir chaque année qu'un seul maître ayant passé par l'apprentissage. Afin de réduire de plus en plus la concurrence, il fut interdit, en 1702. de faire aucun apprenti pendant six ans, et en I74I pendant dix ans.
En 1718, le nombre des maîtres était pourtant de 207 '. Il était de 220 environ à la fin du siècle.
La carte-adresse de Dubuisson, qui fut relieur du roi vers 1746, est ainsi conçue : « Dubuisson fils, Relieur-Doreur, Fait en or les armes de toutes les têtes couronnées. Princes, Princesses, Prélals, (irands Officiers de la Couronne et de la Maison du Roi, Princes étrangers, Auibassa<leurs et autres Seigneurs, tant de robe que il'épée. Il peint lesdiles armes en mignalure, sur-tout à l'usage des abnanachs, depuis le plus petit volume jusqu'au plus grand ».
1 Paris ou i/esrrip/ion, pir., (Silit. V. Dufour, p. 312.
* A. I''., ffisfoirr de In biiliothéqiif Mmarinr, ]i. 42.
^ On li'ouvera li'ui-s noms dans Éil l'VmmiiT, l.'arl lie la reliiirf, p. 225. — M. Ernest Thninan a publirune listo assfz comptoir de.s ri'licurs de Paris, voy. Les relieurs français, Paris, 189S, in-S"
Un décret rendu par la Convention le 24 octobre 179.3 ordonnait que désormais les volumes appartenant à la Bibliothèque nationale porteraient comme seule marque « les lettres R. V. et les emblèmes de la liberté et de l'égalité ». Aux termes de l'article 7, les fabricants de papier, imprimeurs, relieurs, graveurs ne devaient plus « se servir de formes ni d'ornemens fleurdelisés ou armoriés ». Rappelons, pour montrer que l'époque révolutionnaire n'eut pas le monopole de ces puérilités, qu'en 1816 M. de Chazel proposa de changer la reliure de tous les volumes qui portaient les armes impériales *.
La iabrication des fers employés par les relieurs était le privilège des fondeurs sur métaux, et les papiers marbrés leur étaient fournis par les dominotiers.
Les relieurs, dits cmivrenrs, Heurs, lyeurs de livres, etc. avaient pour patron saint Jean l'Evangéliste.
Voy. Fermaux (Faiseurs de) et Papiers (Marchands de vieux).
Relieurs de muys muids. Voy. Tonneliers.
Relieurs-botteleurs de foin. Voy.
Botteleurs.
Remetteurs. Voy. Renoueurs.
Remonteurs de bateaux. \'oy. Tireurs.
Rémouleurs. Vers la fin du quinzième
siècle, les couteliers avaient vu se réunir â eux une corporation jadis assez importante, celle des esmouleurs de grandes forces, (jn nommait forces d'immenses ciseaux dont les branches étaient réunies par un ressort qui en facilitait le jeu ; ces instruments, à l'usage des tondeurs de drap, étaient fabriqués par une corporation spéciale, celle des forcetiers, et une corporation spéciale avait aussi le privilège de les aiguiser. Elle reçut de Charles VI en décenibre 1407 des statuts fort complets *. Le métier s'achetait douze livres parisis, dont qualn> revenaient au roi, quatre à la caisse de la communauté et quatre aux jurés. Chaque maître ne pouvait avoir à la fois qu'un seul apprenti. Le chef-d'œuvre consi.stail ii « esmoudre et asseoir unes grans forces bien et deuement es hostelz ^ des maistres ou de deux d'iceulx ». Trois jurés, élus parles maîtres et confirmés par le prévôt de l'aris, sur\'eillaiont la corpiiraliiiii. ,Ie n'ai pu déterminer en quelle année cette petite communauté fut réunie à celle des couteliers, avec laquelle son histoire dès lors se confond *.
La Taille de 1292 mentionne 6 esmoulemrs, celle de 1300 en cite deux seulement, mais elle
' A oy. le Biillelin île l'alHaHer des arts, n° du 10 décembre 184fi. p. 201.
* Dans les On/oHii. royalr.-!, I. IX, p. 271.
'* Demeures.
» Voy. ci-dessus l'article Couteliers.
REMOlMans — KKNOUKURS
y ajoulo 1 esmouleur de cniteaiix. (]e (Icriiii'r, l'I piMil-ôliv <[iii'l([iies-niis (lesaiilivs, ro[)r(''S(Milaieiit sans iliiulf iKis rémoiilt'iirs aiiiliiilaiils ou gnqnepelit. que Savarv (li'-tliiil ainsi : « FaiivrR compagnon foutelicr, qui roule devant soi ou qui porle sur son dos une petite houlique j>arnie d'une meule, d'un marteau et d'une pierre à afliler, pour aiguiser et raccommoder les divers ouvrajres de menue ((lutellerie. Ou l'appelle j^ajj;ne-pet it , du •j:ain médiocre dont il se contente ' ». On l'appelait aussi rémouleur ù lu pftitr iihuirhHte, « à cause, dit .laulierl, de la petite planclie cpii est sous son pied, et par le mouvement de laquelle il fait tourner su meule * ».
Les cent et sept cris qnt l'on crie jotirnellemciU tliins Paris ' prêtent à Yesmoulenr une réclame \\n peu lon};-ni' :
.Vrfji-nl iny faiil gaigncr pi'lit,
.\u niestier n'a pas »;raiul rescousse,
Mon ac(|in'sl est si pi-lit i)w je ne puis emplir ma bourse.
Les >;afjiie-pelit avaient fondé au couvent des .Vujjustins une confrérie particulière, (|ni était placée sous le patronaij^e de sainte (]atlieriae *.
Rempailleurs de chaises. Titre ((ui appartenait aux nattiers et aux tourneurs.
Remplisseuses de points. « Madame Marthe-David Le Roux, remplisseuse de points par commission, vient tous les jours à la g'arderolie du Rov, où elle remplit les points et dentelles de Sa Majesté, lorsqu'il y a quelque chose à refaire ' ^>.
Voy. dentellières.
Remueurs. On nomme remueur dans plusieurs provinces « celui qui ti'a d'autre nu'lier que de remuer, dans les <jreniers publics ou particidiers, les bleds des marchands ou des bourgeois, pour empêcher qu'ils ne se gâtent ^ ».
Remueuses. Femmes attachées au service d'un entant, et chargées de le remuer, c'est-àdire de le nettojer, de le changer de langes, etc.
Le duc de Bourgogne et le duc d'Anjou Louis XVI eurent la même remueuse '' .
Barbier écrit dans son Journal, à l'occasion de la 7iaissance d'une fille de France " : « La nourrice n'a d'autre fonction que de donner à téter à l'enfant quand on le lui apporte, mais elle ne peut pas le toucher. Il y a des remueuses préposées pour cela, qui n'ont point d'ortlres à recevoir de la nourrice. Il y a des heures marquées pour remuer l'enfant trois ou quatre fois
* Savary, Dielioniiaire, t. II, p. H23.
- Dictionnaire îles iirts et métiers, t. II, p. 3U7. •• IHibliés en 15-15.
' I^e Masson, Calendrier des confréries, p. 56 et 73. ^ Etat de la France pour i7 12, t. I, p. 204 ; pour 1736. t. I, p. 312.
* .-ibbé Jaubort. Dictionnaire (1773], t. IV, p. 14.
' Ktat de la France ponr 1687, t. I, p. fi73 ; pniir 1736. I. I. p. 01.
* Marie-Zt'phjrine. née le 26 auùl 1750, morte le 2 septembri' 1755. Elle était title de la seconde femme
lu Daupbin Louis, fils de Louis XV.
dans la jourtu-e ; ([uarid l'heure sonne, si l'enfant dort, on le réveille pour \f remuer. .Si, après avoir été changé, il fait dans .ses langes, il reste trois ou quatre heures ainsi dans son ordure. Si une épingle le pique, la nourrice ne doit pas l'ôter ; il faut chercher et attendre une .uilre femme ' ■•>.
Renardeurs,
renards.
Marchands de
pi-a
de
Renardiers. (]eux qui sont chargés de protegi'r un domaine contre les renards. Il y avait un reuanlier. en titre aux châteaux de Chaudiord, de Blois, de Vincennes, etc. -.
On écrit souvent regnardiers.
Renards. Nom que les compagnons dits du deroir donnaient aux ouvriers qui n'appartenaient pas à leur association. « Le renard elait un souffre-douleur qui n'avait pas le droit de se plaindre. .\u chantier, les compagnons toléraient rarement les renards auprès d'eux : ils gardaient l'ouvrage le meilleur, le travail de ville, et envoyaient les « renards aux broussailles », c'est-à-dire dans les faubourgs et les campagnes voisines. Chez la Mère, ils ne permettaient aux aspirants ni de coucher dans la même chambre qu'eux, ni de s'asseoir à la même table, ni de danser à côté d'eux au bal. Ils exigeaient d'eux des services souvent humiliants. << Renard, cire mes bottes. — Renard, remplis mon verre », et il fallait que le Renard obéit. Si un aspirant essayait de pénétrer dans l'assemblée et de surprendre le secret de l'initiation, il était roué de coups et exclu à jamais ^ ».
Voy. Devoirs.
Reniqneurs. Voy. Foulons.
Renoueurs. Les renoueurs, dits aussi «(/()«beurs, liailleuls, re/jouteurs, remrttenrs, rhnhilleurs, etc., avaient su conquérir, dans la grande famille chirurgicale, une place fort importante. Littré donne du mot bailleul une étymologie peut-être exacte à l'origine, mais qui changea au seizième siècle, et que Ménage ne mentionne même plus '. La famille de Bailleul, d'où sortirent d'éminents magistrats, passait pour avoir reçu du ciel le don fie « remettre les os disloquez et rompus..., et de leur nom, ajoute Tallemaid des Réaux. on appelle tous les remetteurs des liailleids ■' ».
Scévole de Sainte-Marthe fournit sur cette famille de curieux renseignements. Le premier de ses membres dont la mémoire ail été conservée se nommait Jean de Bailleul, était abbé de Joyenval et aumônier de Henri IL <^ Il fit des cures si grandes et si admirables que toute la
' .\nnée 1750, t. IV, p. 472.
ï Ktiit de In France pour 1712, t. I, p. 351 et 377; pnur 1736, t. I, p. 463. 482 et 485.
*'* E. Levasseur, Histoire des classes outriéres, t. II, p. 81(i. — .\. Perdiguier, Le lirre du compagnonnage, t. I, p. 41.
^ dictionnaire étymologique, p. 71.
3 Historiettes, t. V, p. 401.
RENOUKURS — RKNTRAYKURS
Cour le considéra comme un homme extraordinaire ». Il transmit ses secrets à sa postérité, et Nicolas de Bailleiil se montra digne de lui. « (J'estoit, dit encore Sainte-Marthe, une chose merveilleuse de voir avec quelle douceur et agilité de mains il manioit les os démis ou rompus, comme il remettoit les nerfs desjoinls ou tressaillis et tous les membres du corps dans leur première assiette, et leur rendoit leurs fonctions naturelles. Car il pratiquoit ces choses si heureusement que, soit que cela procédasl de l'agilité de sa main ou de la haute opinion que les malades avoient conceue de son adresse et de son expérience, ils n'avoient presque au fort de leur mal aucun sentiment de leur mal mesmc. Tous ses remèdes estoient bénins et conformes à la nature, et il sçavoit le secret d'adoucir et comme assoupir toute sorte de maux sur le point qu'il les traitoit. Avec tout cela, il ajustoit ses bandages si à propos sur le corps des malades et, par de divers tours et retours qu'on ne pouvoit démesler, il serroit si fortement et si doucement encore toutes les parties offencées, que pas une ne se pouvoit n y lascher ny mouvoir qu'à sa volonté. Si bien que, par le mojen de ses ligatures et le souple maniment de ses mains, il tournoit les os, les artères et les nerfs comme luy sembloit, et les rangeoil finalement où ils dévoient estre.. Enfin, riche d'honneur et de réputation, il mourut à Paris, l'an 1610, du desplaisir extrême qu'il conceut de l'horrible et détestable parricide commis en la personne sacrée du Roj Henry le Grand, son bon maistre * ».
Michel de Bailleul, président à mortier, chancelier d'Anne d'Autriche et surintendant des finances ^, possédait aussi le don singulier dévolu ù sa famille ^.
Le peuple l'attribuait également à l'exécuteur des hautes œuvres, qui, comme on sait, opérait presque partout les fractures et les luxations *.
Il n'y avait pas un village qui ne possédât quelque renoueur. Non seulement ils agissaient au grand jour, se qualifiaient de chirurgiensbuillcuh-renoui'urs, mais encore on les voit, dès le seizième siècle, admis ù la Cour. Placés sur le même rang que les chirurgiens, ils jouissent du même crédit, mangent à la môme table. En 1.528, le soin de conserver la santé de François l'^f appartenait à :
8 médecins.
1 apothicaire.
1 aide apothicaire.
8 chirurgiens-barbiers.
4 barliiers-chirurgiens.
1 rludiilleur ou renoueur.
Ce dernier avait nom Guillaume Thoreau ou Tahureau, et ses gages étaient les mêmes que ceux des chirurgiens, 240 livres par an. Les
1 Éloges lien hommes illustres, Iradiùls en franfois par 0. Colleter Édil. tlo 1641, in-1", p. 500. — Édition latini', 1031), 111-4°, p. 156.
2 Mcrt ™ 1653.
3 Tallomaiil des Réaux, t. V, p. 101.
' Voy. ci-dossus l'article Bourreauï.
renoueurs approchaient donc, au besoin, la personne du roi. Ambroise Paré, qui les appelle « r'habilleurs ou renoiieurs », sendjle n'avoir pas eu trop mauvaise opinion d'eux : « ilsr'habillenl, dit-il, une partie rompue ou luxée et séparée, et la réduisent en .son lieu ' ». Henri IV se contentait d'un seul renoueur, mais Louis XIII en entretenait trois. Ils étaient également trois sous Louis XIV, savoir :
Maistre Jacques Cuvillier,
— Denys Montfort,
— Jacques Cuvillier fils,
qui touchaient 600 livres de gages et partageaient la table des valets de chambre -.
Les statuts octroyés aux chirurgiens en 1699 interdirent aux « liailleurs et renoiieurs d'os :■> d'exercer avant d'avoir subi une légère épreuve à Saint-Côme. Ils ne durent aussi prendre aucune autre qualité que celle d'experts. L'article 102, relatif à tous « ceux qui peuvent être agrégés dans la communauté », es! ainsi conçu : « Il sera fait défenses à tous bailleurs-renoiieurs d'os, aux experts pour les dents, aux oculistes, litholomistes et totis autres exerçans telle partie de la chirurgie que ce soit, d'avoir aucun étalage ni d'exercer dans la ville et fauxbourgs de Paris aucune de ces parties de la chirurgie, s'ils n'en ont été jugés capables par le premier chirurgien du Roy ou son lieutenant, et par les quatre prévôts en charge. Sçavoir : les bailleurs et renoiieurs d'os, en faisant la légère expérience et payant les droits portés par l'article 123 cy-après. Les experts pour les dents, oculistes, litholomistes et autres, suivant la forme prescrite par les articles 111 et 112 cy-après. Sans que les uns ni les autres puissent former un corps distinct et .séparé, ni prétendre au droit d'être agrégés à la communauté des maîtres chirurgiens, ni prendre d'autres qualités que celle d'expert pour la partie de chirurgie sur laquelle ils auront été reçus ».
Au mépris de cette dernière prescription, un sieur Dumonl se disait officiellement « chirurgien renoueur des camps et armées du Roi, chirurgien honoraire de la reine, premier chirurgien renoueur de Monsieur ' ».
La luaison médicale de Louis XVI comptait en 1786, outre les médecins :
1 premier chirurgien.
1 premier chirurgien ordinaire.
8 chirurgiens ordinaires.
4 renoueurs.
1 oculiste.
1 dentiste.
1 opérateur pour la pierre au petit appareil.
1 opérateur pour la pierre au grand appareil.
1 chirurgien pédicure *. *
Rentrayeurs. Titre qui appartenait à la corporation des tapissiers. Les rentrayeurs
1692, p. 95 ; pour 1712,
' Livre XV, cliap. iv.
- ^tnt lie la France pour t. I, p. 182.
^ BactiauDK.nt, 26 août 1781, t. XVIII, p. l. t Guyol, Traite dts of/iees, t. I, p. 567.
r1':nthayi«;itr.s — hktknuks
f.ai
rciinissaienl les relais des tapisseries, an besoin iiu^nit' ri'inp!iii;aieiil In diiiiiic.
11 y avait aussi, chez les laliricatits île draps, (les reiitniyeurs qui visitaient les tissus avant la mise eu veule et coiTigeuient les dél^ciHls qu'avait pu produire l'apprètajj^e.
Répareurs. Vov.
Oeorget.
Teinturiers de
Repasseurs. Ciiez les épinj^liers, ouvriers qui duiiiiaieiit la perfection a la pointe laite par l'euipointeur '.
Il y avait aussi des repasseurs dans d'autres niôliers.
Repasseuses. Chez les hlanchisseurs, ouvrières qui pa.s.seul un l'er chaud sur le linge pour le rendre uni.
Repus iDimanc:he ou caché. Dans les statuts des métiers et dans les ordonnances du moyen w^e, ces mots désijjnenl le dimanche de la l'assion. 11 est ainsi nommé parce que la veille de ce dimanche, les imafïes des saints sont recouvertes d'un voile.
Restaurants. Vov. Restaurateurs.
Restaiirateurs. Ils ont pour ancêtres les cuisiniei-s-oyers, les rôtisseurs, les cabaretiers et les traiteurs. Le mot restauralevr n'apparaît {Tuère avant la fin du dix-huitième siècle ; il ne lij!:ure pas encore dans le Dictionnaire des arts et métiers de l'abbé Jauberl. édition de 1773.
Cependant. Diderot écrivait à M"' VoUand le 8 .septendire 17C7 : « Je sortis de là pour aller dîner au restaurateur de la rue des Poulies ; on y est bien, mais chèrement traité -. » Le Dictionnaire de Tre'voux, édition de 1771, contient l'article suivant : « Rest.vur.\teur. Il s'est établi à Paris de nouveaux traiteurs qui ne vendent que des restaurans et qui s'appellent restaurateurs ^ ».
S'il faut en croire P. de la Mésang-ère, cette innovation était encore toute récente. Il écrit : « L'idée date de 176.3, et appartient à un nommé Boulang'er, qui demeurait rue des Poulies. Sur sa porte se lisait cette application peu respectueuse d'un passage de l'Evangile : «, Venite ad me omnes qui stomacho laboratis, et ego restaurabo vos ». Outre que Boulanger vendait des bouillons, on trouvait à manger chez lui ; mais comme il n'était pas traiteur, il ne pouvait sei-vir de ragoûts. En place, il donnait des volailles au gros sel. des œufs frais, etc., et cela était servi sans nappe sur de petites tables de marbre. D'autres restaurateurs s'établirent à son imitation, notamment au "SVauxhall, au Colisée et dans tous les lieux d'assemblée et de réjouissance publique. La nouveauté, la mode et surtout la cherté les accréditèrent, car telle personne qui n'aurait pas osé s'asseoir à une table d'hôte chez
• Eucijclopeilie mêlhoJique, arts et métiers, t. II, y. 477.
* Edit. .\ssezal, t. XIX, p. 230. Vov. au-ssi p. 235. 3 Tome VII, p. 336.
un traiteur, allait sans difficulté payer k- même dîner fort cher chez le restauialeur ' ».
\,'AliiiuH(ich Dauphin ]jai'\i en 1777 est moins •sévère. V.n outre, il fait dater les restaurateui's de 176(j seulement, ce qui est une erreur, et il enlève à Boulanger le mérite de son initiative : « Les restaurateiii's, écrit-il, sont ceux qui ont l'art de faire les véritables consommés dits restaurants ou bouillons de prince, et le droit de vendre toutes sortes de crèmes, potages au liz, au vermicel, ceufs frais, macaroni, chapons au gros sel, conlitures, compotes et autres mets salubres et délicats. Ces nouveaux établi.ssemeus, qui en naissant ont pris le nom de restanruns ou maisons d« sante\ doivent leur institution en cette capitale aux sieurs Roze et Pontaillé en 17(')(). Le premier de ces établissemens. qui ne le cèdent en rien aux plus beaux call'és. fut formé rue des PNjulies ; mais n'étant pas situé dans un emplacement assez avantageux, il fut transféré rue Saint-Honoré. hôtel d'Aligre, où il s'est toujours continué avec le même succès et sur les mêmes principes de propreté, de décence, et d'intégrité qui doivent faire la base de ces établissemens. Le prix de chaque objet y est fixé et déterminé, et l'on y sert à toute heure du jour indistinctement. Les dames y sont admises, et peuvent y faire des repas de commande à prix fixe et modique ».
Rétif de la Bretonne a publié une nouvelle intitulée La belle restauratrice -.
Restaurateurs Bourreaux.
( Chirirgiens ) . Voy,
Restaiirateurs de tableaux. Je leur trouve un ancêtre au dix-septième siècle. Le 20 mai 1661, le roi << prenant en considération les sen-ices rendus depuis trois ou quatre ans par Balthazar Kukler, peintre allemand, dans le décrassement, nettoyement et rafraîchissement, tant des rares et excellens tableaux à l'huile de Sa Majesté que de toutes les peintures à fresque de la galerie d'Ulysse de son chasteau de Fontainebleau, lesquelles peintures, qui estoieni presque etïacées, il a rétablies fort proprement et soigneusement, accorde auilit B. Kukler le brevet de conservateur des peinturesde Fontainebleau, aux gages de quatre cents livres tournois ^ ».
Retendeurs. Ceux qui étendent les étofTes après le foulage ou la teinture.
Retenues. Nom donné à des nourrices destinées à remplacer au besoin la nourrice d'un Enfant de France. Au nombre de cinq ou six, elles étaient bien nourries, bien payées, bien soignées chez la gouvernante des nourrices, qui les gardait à vue *.
Voy. Gardienne du ventre.
1 Le voyageur à Paris, tableau pittoresque et moral de celte capitale, 1797, in-18, t. III, p. 88.
S Les contemporaines, nouvelle 119, t. XX, p. 46".