RETONDEDRS DE DRAP — ROI DES ARBALÉTRIERS
Retondeurs de drap. Le drap recevait au moins quatre tontes successives, précédées d'autant de lainages. Au treizième siècle , l'ouvrier cliarjj:é de faire les deux dernières portait le nom de retondeur.
La Taille de 1292 cite neuf retondeeurs, celle Je 1300 en mentionne deux seulement.
On les trouve aussi nommés applanisseurs.
Voy. Laineurs et Tondeurs.
Retordeurs. Dans les manufactures de say-L'lti'i-ii's, ou nommait ainsi les ouvriers qui retordaient les fils avec le moulin à bras * .
Retordeurs de boyaux. Nom donné
aux hoyaudiers.
Rêve (Droit de). Lnpôt perçu sur les marchandises qui sortaient de France. EtaLli en 1IJ24, il fut supprimé en 1333, puis rétabli vers 1339 ^. Sur Torigine de ce nom, vo y. le Glossaire de Ducange ^.
Revendeuses à la toilette. Voy. Toilette (Marchandes à la).
Revisiteurs d'aulx et d'oignons.
Voy. Mesureurs.
Reyeurs. Faiseurs de rets ou filets. Voy. Fêche (Ustensiles de).
Rhabdomanciens. On nommait ainsi les gens qui prétendaient découvrir, au moyen d'une baguette magique, les sources d'eau invisibles. La baguette devait être de coudrier, d'aune ou de hêtre, et recourbée à son extrémité ; elle tournait entre les mains de l'opérateur dès qu'il approchait d'une source. A la fin du dix-septième siècle, un paysan lyonnais, nommé Jacques Aymar se faisait fort de découvrir ainsi non seulement les sources, mais aussi les voleurs, les assassins, les trésors, etc. On s'occupa beaucoup de lui à Paris. En 1782, un de ses compatriotes chercha à y renouveler les merveilles de la baguette divinatoire.
Rhabilleurs. Chez les horlogers, ouvriers qui ont la spécialité de nettoyer et réparer les instruments de précision. En juillet 1544, les faiseurs d'horloges demandèrent à être constitués en corporation, « pour obvier aux abus, mal fasons. faidtes cl négligences journellement commises par plusieure dudit meslier d'orlogeur.. tellement que les orloges ainsy mal faictes ne vont de mesure et ne peuvent cstre rabillez * ».
Voy. Renoueurs.
Rhabilleurs des toiles de chasse.
Voy. "Vautrait (Officiers du).
' Savary, Dictionnaire, t. II, p. 1395.
* A. Vuitry, Régime financier de la France, t. I, p. 50C.
3 Au mol reca.
* Préambule di's ;>(atuls.
Rhapsodomanciens. Gens qui faisaient métier de prédire l'avenir, au moyen de phrases détachées prises au hasard dans les œuvres d'un poète, dans un recueil d'oracles, etc.
Voy. Devins.
Ricochons. Nom que l'on donnait aux apprentis mounoyeurs. « J'ignore d'où vient ce mot, parce que je ne l'ay pu apprendre des plus anciens mounoyeurs que j'ay consultez pour cela * ». Le Traité des ntonrunes d'Aboi de Bazinghen dit, de son côté : « On ne trouve point l'étymologie de ce nom, dont on ne se sert plus a présent * ».
Rivage de Seine. Nom d'un impôt perçu sur toute marcliandise débarquée au port de la (îrève. Il est nommé aussi obole de rivage.
Rocallleurs. Ouvriers en architecture rustique, grottes, rochers, etc. Les premières constructions en rocaille ne remontent guère avant le seizième siècle, et elles furent surtout à la mode au dix-septième. En 1608, le sieur Francine, qualifié d'ingénieur, était chargé de veiller sur les grottes du château de Saint- Germain et d'y « rétablir les coquilles. » En 1G68. Jean Delaunay se disait « ingénieur etrocailleur ordinaire du Roy '' ». En 1712, un sieur Hardy devait « entretenir les rocailles << dans les jardiii> de Versailles *. Enfin, au mois de février 1623. Louis XIII créa, en faveur de Francine, la place iï intendant des eaux et fontaines du roi.
A la fin du dix-huitième siècle, un sieur Hervelin, qui se disait scnlpteur-rocailleur, était « renommé pour la construction des calvaires et grottes en rocaille, et faisait le commerce de^ coquillages pour l'enibellissemenl des jardins ^i.
Les ouvriers rocailleurs appartenaient à la corporation des maçons.
Rocheteurs. Rochetiers. Rochiers.
Voy. Carriers.
Rodag-e. Voy. Rouage.
Rodiers. Nom parfois donné aux charrons. Ducange ^ cite, d'après une charte de 1452 : « Guinot Sacalho, rodier et du mestier de faire charettes, roes " et tombareaux ».
Rogneurs. Chez les épingliers, ouvriers qui coupaient en trois, quatre ou cinq morceaux les tronçons ou bottes de fil préparés p;n' le dresseur.
On disait aussi coupeurs de tronçons.
Roi des arbalétriers. Voy. Arbalétriers.
' J. Boizard, Traite' îles monnayes, t. II, p. 383.
S Édition de 1761. t. II, p. 570.
■' .\. Jal, Dictionnaire critique, p. 1069.
» Ktal lie la France, t. I, p. 354.
5 .llmanack Dauphin pour 17 7 7 , 2" partit', p. 11. \ oy. aussi, dans la 1™ partie, l'art. XaturalisU's.
6 alossaire au mol roilerius.
' Koues.
HOIS D'AHMKS — HOULl-riTI';
Rois d'armes. Le ini irarim-s si- noniiiiail loujoiii's Monljiiii' Saiiil-Ui'uis. Sur si's loiiclidiis, \oy. ci-ilessus l'arliili' Ilnuuls (rurnifs.
Rois des marchands. \oy. Hanse.
Rois des ménestrels. \'in. instruments (Joueurs d').
Rois des merciers. \'ov. Merciers.
Rois des ribauds. Ou nDinma d'ahonl rtfitiuils des S(il(lat> ifi'Hli'. ([ui inarcliaiciil eu lèle lie l'année, et qui se (lisliui;iiéreut toujours par leur eourajie et leur iiupeluosile. Leur ehef se (lisait roi des riliauds. Mais ils étaieul aussi dissolus que liraves. et les iid'auiies, les rriines dont ils se couvrirent les firent licencier. Dos le quatorzième siècle le mot ribiiud constitua une l'pithète injurieuse.
Le roi des riliauds cessa alors d'être soldat pour devenir im fonctionnaire de police, ii (|ui l'on conlia la surveillance des nouveaux riliauds, c'està-dire des voleurs, des vag'aliouds et des filles de joie i|ui suivaient l'armée en campagne et la cour dans ses déplacements.
C'est lui qui exécutait les arrêts rendus par le prévôt de l'hôtel, et il avait droit aux vêtements du condamné.
Rois des violons.
(Joueurs d').
\'ov. Instruments
RÔleurs. Dans les manufactures tic taliac, ceux (|ui lormaienl les rôles, pelotons où le lioudin de taliac est roulé plusieurs fois sur lui-même ',
Romiers . Romieux . Romipèdes .
Romipètes. \\>\ . Quéreurs de pardons.
Requiers. \ oy. Carriers.
Rossiniers. \'o) .Clievaux(Marchands de).
Roteeurs. Joueurs de rote, instrument à cordes assez semblable à notre violoncelle et qui devint la basse de viole.
On trouve aussi roteors.
Roteors. Voy. Hoteeurs.
Rôtisseurs. Ce sont les cuisiniers-uyers du treizième siècle. Au quinzième, ils chang'èrent de nom, tout en conservant leurs statuts, et en 1467 les rôtisseurs sont enréi:jimentés dans la 29" bannière-. Ils eurent, au siècle suivant, de longs démêlés avec les poulaillers, qui prétendaient faire le commerce du i^ibier cuit '. Ils l'emportèrent, et l'ambassadeur vénitien Lippomano pouvait écrire en 1557 : « Les rôtisseurs et les pâtissiers, en moins d'une heure, vous arrangent un dîner, un souper pour dix, pour vingt, pour cent personnes. Le rôtisseur vous
' Kneyclopéilie méthodique, arts ot métiers, t. YIII, p. 20. * ^oy. ci-dessus l'article Bannièivs ((irdonnanee des). ^ Dulamarre, Traité Jr la police, t. II, p. 1433.
donne la viande, le pâtissier les pdtés ' ». Le Lirre ruiiiiiuide signale, parmi les l'ôti.sseurs le plus en vogue, les sieurs (iuei'boi> et .Meiiniei- (jui. dit-il, « entreprennent les plus grandes noces el festins avec beaucoup de réputation - ». .\u dix-liuilième siècle, on citait surtout les rôtisseurs de la rue de la Huchetle : « .\ toute heure du jour, écrit .Séb. Mercier, on y trouve des volailles cuites; les broches ne désemparent pas le foyer toujours ardent. Un tournebroche éternel entretient la torréfaction. La fournaise des cheminécsne s'éteint (|ue pendant le carèine •• ».
Quant au devoir du rôtisseur attaché à une grande maison, Audiger, nous le dépeint en ces termes : « 11 doit s(;avoir choisir les viandes mortes et vives pour la table du seigneur. Il doit au.ssi sçavoir bien gouverner et engraisser les volailles, tuer et habiller toutes sortes de viandes, sur tout le gibier; bien piquer et déguiser toutes les susdites viandes el ne point faire de dégast du lard. 11 faut encore qu'il ait soin de tenir les viandes en blanc * prestes pour les donner au cuisinier lorsqu'il les luy demande ; de rendre coni[)te tous les soirs au maistre d'hoslid des viandes ([u'il a déli\Tées à la cuisine, tant pour bouillir (|ue pour les ragousts et rôtisserie; et s'il y en a qui périssent, l'en avertir, afin de les faire passer les premières, et conserver toujours les plus fraîches... ■' ».
k la fin du siècle, le nombre des rôtisseurs était de lUO environ, el ils avaient pour patronne la Vierge qu'ils fêtaient lejour desonassonqjtion. Une de leurs confréries étaient dédiée à saint Laurent qui. comme on sait, fut grillé sur des charbons ardeiUs.
Les rôtisseurs sont encore nommés cnitiers. cuijtiers, etc., et ce sont très probablement eux que Rabelais " désigne sous le nom àf grillulit-rs.
Voy. Cuisiniers el Traiteurs.
Rouage. Nom d'un impôt pei-çu sur les charretiers, sur les véhicules à roues qui transportaient au dehors des vins achetés à Paris''. On disait aussi rodage.
Roue (Maître de) On nommait ainsi le premier fileur d'une corderie.
Rouet à filer. Voy. Filature. '
Rouilliers. Voy. Rouliers.
Ro'Uisseurs. Ouvriers qui font subir au chanvre l'opération du rouissage.
Roulette (Conducteurs, tr.^djeurs, tireurs DE'. Voy. Brouetteurs.
' /ielatioux ihs a>nlfassa(lenrs cénitienSf t. Il, p. 001.
â Toini! I, p. 293
3 Tableau de Paris, t. II, p. 2"2. Voy. aussi t. V, p. 13.
* Non encore passées au feu. Ou appelait rùlisseiir.i en blnne eeu.x qui vondaiout des « viandes lardées ol non rrttics ». Voy. \e Dictionnaire île Tréroiix, t. I, ]i. !(21.
5 La maison réglée, liv. I, chap. 9.
6 Pantagruel, liv. II, chap. 30.
' ^^)y. le Litie des nu'Iters, deuxième partie, titre VI, intitulé : Cis litres parole del rouage de Paris. — Carlulaire de Saint-Père de Chartres, t. I, p. CXLVII.
ROULKURS — SABOTIERS
Rouleurs. Dans les fabriques de pipes, ouvriers qui, ayant reçu des mains du batteur la terre préparée, donnaient à celle-ci la forme ronde ' .
Rouleurs . Ouvriers briquetiere . Voy .
Brouettsurs.
Rouleurs - Chargeurs de vin. Voy.
Déchargeurs de vin.
Rouliers. Ce sont ceux « qui transportent par tiMTi' les marchandises d'un lieu à un autre sur des cliarriots, charrettes, fourgons et autres voilures roulantes. Le roulier doit être muni de lettres de voiture, de congé, acquits et passeports, s'il en est besoin. C'est à lui à acquitter tous les petits droits de péage qui sont sur sa route, sauf à se faire rembourser. Il répond de tous les dommages qui arrivent par sa faute * ».
On écrivait souvent Rouilliers.
Voy. Courtiers.
Routiers. Fonctionnaires des eaux et forêts qui paraissent avoir eu des attributions à peu près semblables à celles des traversiers.
Royers. Nom parfois donné aux charrons.
Ducauge ' cite la phrase suivante, extraite d'une charte de 1370: « Icelui Guerin, accompaigné d'un charron ou royer... ».
Rubaniers. Nom sous lequel sont désignés, au dix-huitième siècle, les tissuliers-rubaniers.
Rubaniers de fil et de soie. Nom que
prirent les doreloliers en 1404. Le 4 janvier de cette année, les « maistres, maisiresses, ouvriers et ouvrières du mestier de rubaniers de fil et de soie , anciennement appelé le mestier de doreloterie », se rendirent chez le prévôt de Paris, pour demander la révision de leurs statuts *.
Tissutiers-rubaniers.
Rvibaniers d'or. En novembre 1.514, Louis XII accorda des statuts à des faiseurs de rubans en or, en argent et en soie, dits « tissus à la tire, à la maiche, au peigne et à la navette ».
Ils paraissent s'être presque aussitôt fondus dans la corporation des tissutiers-rubaniei-s.
Saaciers. Voy. Sacs (Fabricants de).
Sableurs. Ouvriers fondeurs qui faisaient les moules en sable.
Sabliers. Marchands de sable. Aux dixseptième et dix-huitième siècles, on employait pour les constructions le sable de cave, le sable de rivière, le sable de terre et le sable de mer '.
Le sable de rivière provenait surtout des environs de l'île Louviers, et le sable de terre était recueilli entre Popincourt et la Courtille *.
Sablonniers. Vendeurs de sablon, sable fin et très blanc dont on se servait pour écuror la vais,selle. Celui que l'on recueillait dans les environs d'Etampes était le plus recherché.
Au seizième siècle, on le criait par les rues :
Sablon (l 'Estampes à la mesure !
Ji" vous en feray bon marché.
Ça tost, femmes, approchez, Venez en quérir tant qu'il dure ! 5
' Encycliipe'tlle melAor/ijiie, arts et métiers, t. '\'I, p. 379.
- Jaubert, Dictionnaire, t. IV, p. 21.
■I Delamarre, Traili' de lu police, t. IV, p. 43.
* Le litre emnmmle pour 1692, t. II, p. 157.
î> A. Truqucl, Les cent el sept cris... (1545).
Dans Les jaloux, comédie de Larivey (1579}, Mathieu dit à Fiérabras : « On y trouve moins de cette marcliandise que de sablon ii Eslampes ^ ».
Le sablon d'Etampes était surtout utilisé pour les pièces communes et les cuivres. L'argenterie se nettoyait plutôt avec la craie on charbon blanc, qui n'était autre que notre blanc d'Espagne ; c'est ce que l'on appelait cniyer la ruisselle.
Voy. Blanc d'Espagne (Fabricants de).
Sabotiers. Autrefois comme aujourd'hui, il se fabriquait fort peu de sabots à Paris, et les sabotiers n'y composaient pas une communauté.
Les ouvriers se divisaient en tailleurs, qui donnaient iiu bois la forme du siibnt ; creuseurs, qui creusaient ce bois dégrossi ; pareurs, qui le terminaient. Comme les vanniere et les tourneurs, ils devaient installer leurs ateliers ù plus d'une demi-lieue de toute forêt *.
Au dix-huitième siècle, les sabots étaient
1 (tlossariiini, au mot mlnrius.
S Manuscrits Delamarre, n» 21,798, f» 197.
3 ,\cte III, scène 4.
* ChaillaDd, DictioHnairt des eanx et forêts, t. I, p. 44.
SABOTII'iRS — SAGES-FKMMI'IS
veiiiliis par les hoisseliers, les cliandoliocs d les 1 refïrulliiirs.
Les saliols ont jotio un lioul ilc rôk' dans riiisloire politique île la Révolution. Ce fait est assez peu connu ; je le rappellerai donc, bien qu'il se soit passé à Lyon. Le 21 iirumaire an II, les trois représenlaiils en mission considérant que « si les guerriers ont liesoin d'une clia\issurc souple, des chaus-sures de hois suffisenl à ceux qui restent dans leurs foyers : Article I. Tous les liloyens (]ui ne sont pas employés au service des armées sont tenus, dans la huitaine, d'apporter leurs souliei-s à la municipalité, qui en délivrera un reçu. Article II. Celui qui n'aura pas obéi sera déclaré mauvais citoyen et puni comme tel ' ^>. On sait ce q\ie cela sijjniRait.
La rue du Sabot doit son nom ù une enseigne qui y existait encore au commencement du seizième siècle.
Sachiers. N oy. Sacs (Fabricants de).
Saccjuebutiers. Joueurs de sacquebute ou sacqueboute. En l.'')88, un sieur Fourcade fi"ure comme snrquebimte parmi les musiciens de l'écurie du roi. M. .\. Jal croit que la sacqueboute ou sacquebute était une variété de notre tromlione *, tandis que M. L. Lalanne y voit une sorte de serpent d'église '.
Sacristains. Ceux qui prennent soin des vases sacrés, des ornements d'église, de tous les objets renfermés ilans la sacristie. En décembre 1681, Louis XIV créa la charge de sacristain de sa chapelle ; celui-ci prêtait serment entre les mains du grand aumônier *.
On trouve aussi sacristes.
Voy. Cousteurs.
Sacristes. \o\. Sacristains.
Sacs ^Fabricants deV En 1268. les chanevaciers étaient autorisés à fabriquer les sacs en toile, sacs il argent et sacs à procès, dont le débit devint assez grand pour qu'on les criât dans les rues au seizième siècle :
Ce sont des sacz pour plaiil'urs, Pour demandeurs et défendeui-s !
Tenez, pour mettre voz procès, Il vaut deux solz sans point d'excès 5.
Les sommes importantes étaient payées par sacs comptés d'avance, comme le sont aujourd'hui nos rouleaux. A la ficelle qui fermait le sac était attachée une étiquette qui indiquait la valeur et la nature des espèces qu'il contenait : or, écus, sous, liards, deniers, etc. La somme marquée n'était pas rigoureusement exacle ; on la diminuait de la passe, représentant le prix du sac. La passe était de cinq sous par sac de mille livres.
' Sif^é Collot-d'Herbois, Fouchë de Nantes et Séb. Delaporle.
' Dlelionitaiie eriliijue, p. 1099.
■'' firantiime, Œiitres, édit. I.alanne, I. II, p. .301.
' Éliil lie la France pour 17 12, t. I, p. 35 ; pour 1736, t. I, p. 89.
' S.. Truquet, Les cent el sept cris, etc.
Au quatorzième siècle, les bouges, vrais sacs de voyage en cuir ou en toile él^iieril l'œuvre des malleliers.
Au dix-huitième siècle, les sacs it blé et ù farine étaient fournis surtout par les lingères '.
La Tuille de 1202 mentioiuie deux saaciers et un pjugueieeur, mois qui sont probablemenl u peu près synonymes. Ducange, aux mots poc/iia vl poiiràii, cite plusieurs exemples du u\o[ jmu//ue pris dans le sens de .sac, el d'oii nous aurions fait porhf.
On trouve aussi sachiers.
Safraniers. CuUivateurs de .safran. Le.
safran élail très peu cidlivé dans les environs de Paris, le plus estimé venait du Gàtinais.
Sag'es-femmes. On peut affirmer que les premières sages-fenunes furent de bonnes âmes qui, ayant aidé plusieurs voisines eu travail, avaient acquis ainsi quelque expérience des accouchements. De là à tirer parti de leur petit savoir, il n'y avait pas loin. Celles qui exercèrent ce métier reçurent d'abord le non\ de ventrières, et il y avait à Paris en 1292 au moins deux ventrières. La première demeurait rue Saint-Martin, la seconde demeurait rue des Ecoufïes -.
En 1377 et en 1379, la duchesse de Bourgogne fit venir de Paris à Dijon, pour l'assister en ses couches, « Asseline la ventrière », femme de Robert Alexandre, bourgeois de Paris. Elle partit avec son mari et un valet chargé de soigner leurs clievaux ^. En 1378, il y avait à l'Hôtel-Dieu une « v^enlrière des accouchiez » nommée Juliette, et en 1385 une femme nommée Jeanne Dupuis y prenait le titre de «. maîtres.se des accouchées * ».
Il existait déjà, attachées au tribunal du Châtelet, des ventrières ou matrones jurées qui, comme nos experts actuels, étaient commises pour éclairer la justice, pour rédiger des rapports de médecine légale. Ainsi, au mois d'a\Til 1394, nous voyons Agace la Françoise et Jehanne la Riquedonne, « matrones jurées du Roy », chargées de visiter une jeune fille qui se plaignait d'avoir été violée = .
Les règlements relatifs à l'exercice du métier de sage-femme furent imprimés ou réimprimés vers 1580. On y voit que cette petite communauté était placée déjà, comme celle des chirurgiens, sous le patronage de saint Côme et de saint Damien. L'article premier oblige les sagesfemmes à visiter au moins une fois par an l'église consacrée à ces bietdieureux martyrs. « Elles doivent, parleur intercession, supplier la bonté de nostre Sauveur de leur donner srràce de bien, fidellement et charitablement exercer leur vocation à l'endroit de toutes femmes, soyent pauvres, médiocres ou riches ».
* Ahnaiwch Dauphin pour J777, au mot Lingères. i raille ,lr 1292, p. fi2 et 114.
3 E Petit, Ilinrraire rie Philippe le ffanli, p. 505.
* H. Carrier, La maternité ilr Paris, p. 5.
5 Douet-d'.\rcq, Pièces relalires à Charles Tf, t. Il, p 216
SAdliS-FEMMES
Les conditions à remplir pour obtenir l'autorisation de s'établir sont stipulées avec soin.
Les aspirantes étaient tenues avant tout de « faire paroistre leur demeure, leur vie, conversation vertueuse, et soubz quelles maistresses ou mères elles ont appris Testât ». Il n'existait donc officiellement aucun cours, aucun moyen d'instruction. Toutefois, il était fait cliaque année, par l'un des ciiirur<^iens du Cbàtclet, une « anatomie de femme pour l'instruction de ce qui est de la practique des saiges femmes, où elles seront averties se trouver, si elles en ont commodité ».
Les premières formalités accomplies, les aspirantes étaient interrogées par le médecin, les deux chirurgiens et les deux matrones jurées du Ghâtelet.
Si l'épreuve leur était favoralile, elles prêtaient serment entre les mains du prévôt do Paris, et pouvaient, huit jours après, « mettre et apposer, au devant de leurs maisons, enseignes de saiges femmes, comme ont les autres : qui .sont une femme portant un enfant, et un petit garçon portant un cierge, ou un berceau avec une fleur de lys, si bon leur semble ».
Reçues dès lors membres de la corporation, de nombreux devoirs leur incombaient, que les statuts énumèrent ainsi.
Elles se comporteront en toute circonstance « sagement, honneslement et vertueusement, et n'useront de parole ny gestes dissolus ». Elles ne toucheront les patientes « qu'au préalable elles n'ayent osté leurs bagues de leurs doigts, si elles en ont, et lavé leurs mains ».
Elles « seront aussi diligentes à secourir les pauvres que les riches ».
Si l'enfant se présente autrement « que le chef devant, qui est l'accouchement naturel », ou s'il se présente par les pieds « qui est un autre accouchement, le premier après le naturel », elles feront aussitôt appeler soit un médecin, soit un chirurgien, soit une « des anciennes maistresses et matrones jurées ».
Sous peine de mort, elles ne provoqueront l'avortemenl d'aucune femme, « soit mariée ou non mariée ».
Elles « ne délivreront aucunes femmes qu'elles ne les adverlissent du devoir du chrestien, el aussi de la nécessité à toutes créatures raisonnables du sacrement du baptesme cpii se doit conférera l'enfanl nouveau nay ».
Elles « n'oublieront à undoyer les cnfans si elles cognoissent qu'ils ne puissent parvenir audit sacrement du baptesme ».
« S'il y a un homme, et notamment un homme d'Église, au logis où adviendi-a ladicte nécessité de undoyer, qu'elles luy défèrent cet honneur si c'est après l'enfantement, et non autrement ».
« Que sur toutes choses, elles vivent en femmes de bien et d'honneur, ainsi que le nom de Matronne ou Saige femme honorable les y convie ».
Elles « ne mesdiront les unes des autres el ne se provoqueront d'injures ny de paroles ».
Elles devront dénoncer toute femme qui exercerait le métier sans avoir subi l'exanien accoutumé et prêté serment.
Elles devront également dénoncer celles d'entre elles qui seraient connues pour « tenir mauvais train, pour recevoir ou enseigner mauvaises et dissolues compagnies ».
« S'il advient qu'aux cimetières des saints Innocens, es rues ou en Chastelet, il ait esté exposé qnel([ue enfant vif ou mort ». elles sont tenues d'obtempérer à toute invitation, « de le venir trouver, pour voir si elles le recognoistront ».
Elles ne « feront rapport de la pudicilé. corruption ou grossesse des tilles ou femmes ». sans avoir appelé le médecin et au moins l'un des deux chirurgiens du Ciiàtelet. « Joint qu'est besoin escrire ou signer lesdits rapports, et peu d'icelles savent escrire ».
Clia([ne sage-femme sera tenue d'avoir « nw copie imprinu^e » de ces statuts, et le plus ancien des deux cliirurgiens du Ghâtelet conservera une liste de toutes les sages-femmes autorisées à exercer.
On négligea de dresser cette liste, et au mois d'avril l.')87 dix-neuf sages-femmes furent dénoncées comme exerçant illégalement, car elles n'avaient ni subi l'épreuve exigée, ni prêté serment. Le prévôt de Paris leur fit défense de « s'immiscer en l'exercice dudil estât de ma- Irosne, qu'elles n'ayent esté expérimentées et reçues ». Il ordonna en même temps « que les enseignes par elles mises et pendues devant leur maison soient rompues et desmolies ».
Au mois de janvier 1635, les sages-femmes adressèrent une supplique à la Faculté de médecine, sollicitant d'elle un cours d'obstétrique ' . Mais la Faculté était bien trop occupée de ses querelles avec les chirurgiens pour répondre à d'aussi futiles requêtes,.
L'Hôtel-Dieu, qui recevait tant de fenuues enceintes, eût pu servir de clinique. Il y avait là une maîtresse sage-femme, nommée après examen subi en présence de six médecins. Au mois de novembre 1657, le bureau d'administration décida qu'elle ferait « toutes les six semaines dissection et anatomie de la matrice », mais au profit seulement des « apprentisses » de l'Hôtel-Dieu *.
Enfin, une Déclaration de septembre 1664 chargea les chirurgiens d'instruire les sage.sfemmes, tout en conférant au doyen delà Faculté de médecine le privilège de présider les examens. Cette mesure fut complétée un peu plus tard. Les statuts accordés aux chirurgiens en novembre 1699 leur attribuèrent la réception des sagesfemmes, alors au nombre d'environ cinquante. A dater de ce moment, elles sont officiellement «. agrégées » à la comnmnauté des chirurgiens, honneur qu'elles partagent avec les renoueui-s, les herniaires, les dentistes, les oculistes et les lilhotomisles.
Les statuts de 1699 exigeaient des aspirantes que :
1° Elles eussent servi pendant trois mois à
' Hazon, i'Injf i/r In Fatullf de mr'dreinr, p. 29. î H. Carrier, p. 18 el 74.
SA(il':S-Fl';MMKS — SAINT-ANTOINK
l'HiMel-Dieu ou chez une sa<>p-feiiime de Paris pendant trois uns, coiulilion dont étaient dispeiist'es les filles de sa|;es-fpmines. Les brevets d'apprenlissai^e devaient être enregistrés au "•relie île la coniniuiianté.
2" Elles présentassent un certitical de calholioilé et de bonnes vie el mœurs.
3" Elles vinssent au jour fixé comparaître à Sainl-(^ùnie devant le jury d'examen.
Les sages-femmes, stimulées par le besoin d'argent, se prêtaient souvent à de coupables complaisances. On allait les chercher ciiez elles, on leur bandait les veux, el on les conduisait auprès d'une femme qui gardait un masque sur le visage durant toute la durée de l'accouchement. La sage-femme reprenait ensuite son bandeau et était ainsi reconduite à son domicile '.
Le nombre des avortements, des infanticides et des abandons d'enfants était elTrajant. Lesloile écrivait le 14 décembre 1596: « Veut une garce pendue à la place Maubert, qui avoit jette son enfant dans les privés, chose assez commune à Paris ». On apportait à l'Hôtel-Dieu ime telle quantité de petits cadavres qu'il avait fallu renoncer à les conduire au cimetière. Une religieuse était chargée de les jeter au fond de la tour du limbe, avec un « minot de chaux vive par-des,sus, pour les brusler et consommer, et empescher la trop grande puanteur - ». Patin raconte qu'en 1660, les vicaires généraux de Paris vinrent révéler au premier président « que depuis un an six cents femmes se sont confessées d'avoir tué ou étoulïé leur fruit, et qu'ils y ont particulièrement pris garde sur l'avis qu'on leur en avoit donné ■• ». Quand une sage-femme était recoimue complice d'un crime de ce genre, le parlement se montrait impitoyable. M"'' de Guerchy. séduite par le duc de Vitry et résolue à cacher sa faute, obtint d'une sage-femme, nommée Constantini, qu'elle se prêterait à un avortement. M"" de Guercliy étant morte des suites de l'opération, le parlement condamna la Constantin! à être pendue et étranglée après avoir subi la question *.
Au reste, les sages-femmes s'efforçaient de se perfectionner dans leur art, de se tenir au courant des très lents progrès qui y étaient apportés. « Il y a, disait Dionis ^, de meilleures sages-femmes à Paris qu'en aucune viUe du royaume ». On s'était décidé, en effet, à leur faciliter l'accès de l'Hôtel-Dieu, et elles y passaient trois mois avant de subir leur examen. Pendant six semaines, elles assistaient chaque jour aux accouchements; elles les pratiquaient ensuite, sous la direction de la maîtresse sagefemme. En outre, des arrêts rendus par le parlement les 29 mars et '•> mai 17.32 ordonnèrent aux démonstrateurs de Saint-Côme « de ne faire aucunes dissections de corps de femmes sans
' H. Estionne, Apologie pour Hrro'hte, t. I, p. 395. ' Roussdft, L'ancien Holel-Uieu île Paris, p. 37. 3 Lellre du 22 juin 1660, t. III. p. 226. » Lellre du 16 juillet 1660, t. III, p. 230. S Opèrnlions lit ckirurjie, p. 418.
y appeler les sages-femmes et leurs aspirantes ' ». Quatre ans après , le lii'ulenant criminel menaçait d'une amende de ÎJOO livres celles ([ui s'étaliliniienl avant (l'avoir passé leur examen el prêlé serment.
Les statuts de mai 1768, qui réorganisèrent le ct)llège de ciiirurgie, nioditiérent fort peu la situation faite aux sages-femmes par les statuts de 1699. Toutefois, elles furent autorisées à faire leur apprentissage chez un accoucheur, mais ne purent plus .se présenter à l'examen avant l'âge de vingt ans. En outre, chacune d'elles ne dut avoir à la fois plus d'une aspirante ou << apprentisse ».
L'aspirante qui avait subi avec succès son examen recevait un brevet écrit, sur parchemin. Les sages-femmes, associées aux chirurgiens, avaient comme eux pour patrons saint Côme et saint Damien. Dans les dernières années du dixhuitième siècle, elles étaient au nombre de deux cents environ. Mercier, qui me fournit ce chiifre, ajoute qu'il naissait alors à Paris environ vingt mille enfants chaque année, et que l'on y trouvait « autant de facilité à les mettre au monde qu'à les procréer* ». Pour le prouver, il célèbre la discrétion des sages-femmes, et dépeint ainsi l'intérieur de leurs appartements : « Quand une fille est devenue mère, elle dit qu'elle va à la campagne ; mais elle n'a pas besoin de sortir de la ville, même du quartier, pour se cacher el faire ses couches. Chaque rue offre une sagefemme qui reçoit les tilles grosses L'appartement est distribué de manière qu'elles demeurent inconnues l'une à l'autre pendant deux à trois mois. On ne peut forcer la porte d'une sage-femme que par des ordres supérieurs. La fille attend le moment de sa délivTance un mois ou six semaines, selon qu'elle a bien ou mal calculé. EUe sort après la quinzaine et rentre dans sa famille el dans la société. Elle a pu accoucher dans une rue voisine, voyant de sa fenêtre celles de son père, sans que celui-ci s'en doute. Lavage-femme se charge de tout, pré.sente l'enfant au baptême, le met en nourrice ou aux Enfans-troiivés, selon la fortune du père ou les craintes de la mère. . . Le prêtre qui baptise est accoutumé à voir arriver la sage-femme, et il distingue ainsi du premier coup d'oeil l'enfant de l'amour de l'enfant de l'hymen ' ». *"
Saicteurs et Saietteurs. Voy, Sayetteurs.
Saint-Antoine (Faubourg). Un des lieux privilégiés de Paris. En 1776, le roi s'efforça de faire rentrer dans le droit commun les artisans du faubourg Saint-Antoine. La Déclaration du 19 décembre établit d'abord * que « les marchandises fabriquées dans l'étendue dudit faubourg ne peuvent être transportées dans l'intérieur de Paris, sans être exposées à des saisies que les
' Verdier, JurispriiHenee de la chirurgie, t. II, p, 470. î Tableau rie Paris, t. V, p, 73.
^ Tablent! fie Paris, 1. V, p. 54.
' l'réambule.
SAINT-ANTOINE — SAINT-JEAN Dl'; LATRAN
droits atliiliués aux corps et communautés les autorisent à faire... ».
Voy. Privilégiés (Lieux).
Saint-Benoît (Courj. Voy. Privilégiés (Ijieux).
Saint-Clair (Foire). Elle était peu importante. Elle se tenait dans le ([uartier Saint- Victor et durait huit jours, en juillet, mois ou l'on célébrait la fêle de .saint (]lair, dont les reliques étaient conservées par les religieu.v de Saint- Victor.
Saint-Denis (Foire . Voy. Landit.
Saint-Denis de la Chartre E.nci.os .
In des lieux privilégies de l'aris. Les locations faites aux artisans constituaient la principale source de revenu du prieuré. Un procès-verbal de visite, daté du 18 juin 1029, nous apprend que cet enclos comprenait huit fi;rands corps de lofais, élevés pour la plupart de quatre ou cinq •étages ' .
Voy. Privilégiés (Lieux).
Sainte-Croix en mai. Dans les stuinis des métiers et dans les ordonnances du moyen ànfe, ces mots désiornent l'invention de la sainte (^roix, dont la fête se célèbre le '.i nuii. « Nul talemelier ne puet cuire au jour de la feste S. Crois en may * ».
Sainte-Croix après août. Dans les statuts des méliei's et dans les ordonnances du moyen àg'e, ces mots désignent toujours l'exaltation de la sainte Croix, qui se célèbre le 14 septembre. « Nul talemelier ne puet cuire au jour de la feste S. Crois après aoust ' ».
Saint-Esprit (Hopitai, du). Un des lieux prir^ile'qie's de Paris. Siliu'- place de Cirève, on y recevait des orphelins des deux sexes. On exigeait qu'ils fussent fils de maître, et nés en légitime mariage, soit à Paris, soit à Versailles. Admis dès l'âge de trois ans, on les gardait et on les instruisait jusqu'au moment où ils étaient mis en apprentissage *.
Voy. Privilégiés (Lieux).
Sainteurs. Voy. Saintiers.
Saint-Germain (Enclos). Voy. Privilégiés (Lieux).
Saint-Germain Foire'. Etablie par Louis XI en 1482. c'était la plus imporlanlf de Paris. Elle se tenait sur l'emplacement du marché Saintfiermain actuel. Elle ouvrait le 3 février et se prolongeait jusqu'il la semaine sainte.
Deux jeunes hollandais, qui visitèrent cette
* \'oy. L. Tanon, Histoire ttes justices f/es atieien»es e'glises et commtmnute's tiionfistigiffs de Pneis, p. 201.
S J.icrr îles métiers, titre I, art. 20. •T Litre des //le'tiers, litre I, art. 20.
* Voy- Alletz, Tableau de l'humanité' el de U birnfnisanee, p. 83.
foire en 1057, nous en ont conservé le tableau suivant : « La foire se tient dans une grande aire couverte. Elle est divisée en plusieurs boutiques qui ont le devant sur des allées. On y trouve ime si grande diversité de belles marciiandises el si bien estalées el arrangées i\ne tout cela donne fort dans la veuë, et quelque résolution qu'on avt faite de n'y pas employer son argent, il est presque impossible de s'en pouvoir empescher. On y joue toutes sortes de bijoux, et on n'vmènp guère de fenunes pour lesquelles il ne faille avoir cette complaisance, car c'est la plus grande partie du divertissement qu'on y prend. Il faut advouer. en y estant et en considérant cette grande diversité de marchandises de granil prix, que Paris est le centre où l'on trouve tout ce qu'il y a de plus rare au monde' ».
Cette foire fut complètement détruite par un incendie en 1762. On la reconstruisit au menu' endroit, mais elle ne retrouva plus son ancienne vogue.
En 1800, le terrain qu'elle couvrait fut déclaré propriété de la ville de Paris, et il fallut cinq années pour expidser les fripiers, les chiffonniers, les revendeurs de toute sorte qui occupaient les baraques à demi-ruinées. Enfin, le lô août 1810 fut posée la première pierre tle la grande halle. (|ui engloba un petit marché adossé à la foire.
Scarron nous a laissé de la foire Saint-Germain un tableau en vers burlesques, et l'on en trouve une description détaillée et curieu.se danl'ouvrage suivant : J.-C. iSemeilz. Séjour de Paris, c'esl-à-dire imtrttclioiis pdHes pour le\ mingeurs de condition. 1727, 2 iu-12. Jo citerai encore une étude très complète, qui a été publiée en 1900-1901, dans le Bulletin de la Société historique du VI' arrondissement.
Saintiers. Hommes libres ou serfs affranchis qui se vouaient au service d'ime église ou d'un monastère *.
On les trouve encore nommés sainteurs, sainlienx, saints, etc.
Je n'aurais pas mentionné ce nom si je ne trouvais quelques saintiers parmi les imposés des Tailles de 1292 et de 1313.
Saintieux. Voy. Saintiers.
Saint- Jean de Latran (Enclos). Un des licvx priciléi/iés dti Ihivi^. Il avait une superficie de 2.096 toises carrées, el était délimité par la place Cambrai et les rues Saint-Jacques, des Noyers et Saint-Jean de Beativais '. Il comprenait l'église, les bâtiments affectés à la Commanderie et de nombreuses nuiisons pre.sque toutes occupées par des artisans. Le montant total des h)cations, qui n'atteignait pas 129 livres en 14.55, s'élevait en 1783 » 30.600 livres *.
Vo}'. Privilégiés (Ij,eux).
' .\.-P. Faiijjèro. Journal ifun roynge à Paris, etc. p. 70-
* Vov. Il" (ihssaire de Pucange, an mol saHcliuirii.
•' I,a pliicr Oambrai el la rue ues Novoi-s sont aujoiiriTtiui coniprisi's, l'un»* ttans lo parcoure île la rue di'S Écoles, l'autre dans celui du houlevartl Sainl-Gi>rinaiii-
* I.- Tanon, Histoire des justices anciennes, e{c.,f.'i9\.
SAINT-lAUHl'iNT
SAIJ'IURS
Saint-Laurent (Foire). Ou ne sait pus exttctt'iiiiMit où file se tint il'ahonl. l"]lle succéda H la foire Saiiil-I.azare, qui dalail du douzièiiie siècle '.
La l'oire Saiiit-Laui-ciit ([ui priiiiilivciiienl ue durait ipie liuil jours, fut dans la suite proloiiy;ée jus(]u'ii I rois mois, du 1"^ juillet au HO septemlire. Kii \(>&2. ou la transféra sur un terrain de cin(| arpents, a()parlenant aux relijj;ieux de Saint- F,a/are ; il était entouré de murs, planté d'arhres, et il fut l)ienl6l couvert de iiaraques, où l'on se divertit jusiiu'à la Révolution. Mais il fallait v conipler avec les filous'. (]ollelel nous le l'appelle dans sou Tracas dn Pans :
D.'s tfi'iis qui ("M'k'iit la laiiici'o, (^iii marrlii'nt d'uiii' iiiinn fi^j'e M'slez paniiy les sp-rlaleui-s, Kt cjui font les ailniiratt-ui's, fuissent les doigts, sans vous li' ilii't*, Au fniul lie votre tirelire, Aulreiiieiit ililo le j^us.sot, Si ii'u-ii iju<' vt>ns if trouvez net.
Cette foire, ([ui avail été pend.int long'Iemps très lirillanle. perdil beaucoup de sa voi^ue vers la lin du dix-huitième siècle : « elle londja alisoluiiient >•>, disent les Mémoires secrets *, à la ilate du 2'J aoi'il 178.').
Saint-Lazare Foire;, ^'l)y. Saint-Laurent.
Saint-Martin-le-Boui liant. Dans les
slaluts des métiers et dans les (jrdonnances du nuneu ùf^e, ces mots désiijneni le jour de la Iranslation de saint Maitin. qui se l'èle ler)juillet. Son nom la distinjifuait de la .Saint-Martin d'hiver, ([ui toud)e le 1 1 novemlire. La confrérie des meuniers se réunissait le jour de la Sainl- Marlin d'hiver, celle des sergents ù cheval aux
deu
X anniversai
res •'.
Saint-Martin des Champs (L^niu-os).
\ oy. Privilégiés (Lieux).
Saint-Ovide (Foire). En 1665, le pape .\lexaiulre \'II fil tirer des eatacombes le corps de saint Ovide, et l'otlVit au duc de Ci'équi. Celui-ci le donna aux Capucins, dont le couvent était situé près de la place Vendôme actuelle. Les religieux solennisaient ce bienfait tous les ans, au mois d'aoïit, par une foire (jui durait neuf jours. Elle était presque au.ssi brillante et attirait presque autant de foule que la foire Saint- Germain.
En 1771, elle fut transférée sur la place Louis XV (place de la Concorde actuelle), mais le feu la détruisit complètement dans la nuit du 22 septembre 1777.
Saints. Voy. Saàntiers.
Saints, sains, seinz, seins (Jurer sur). Dans le Livre des me'tiers et dans les ordonnances
' A. Luchaire, Acits de Louis VU, n" 9- * Dits de Bfichaumonl, t. XXIX, p. 178. 3 Le Masson, Calendrier des confre'rieSf p. 55.
tlu moyen âge, ces mots signifient jurer sur les reliques des saints ' .
^'oy. Serment.
Sainturiers. \om que l'ordonnance des Biiniiinrs (14(i7j diwuK! aux ceinturiers.
Salaire. Toutes les recherches faites pour déterminer la valeur relative des monnaies émises aux siècles passés ont été vaines. Le problème est si complexe, sa solution se trouve liée à celle de tant d'autres problèmes restés euxmêmes insoluldes. qu'il faut peut-ôtre renoncer pour toujours ù jeter quelque lumière sur ce point obscur de notre histoire. Dans l'état actuel de la science, dire que vere 12C8 l'apprentissage chez les gainiers cotitait vingt sous*, ou qu'eu 1660 un ouvrier tailleur gagnait dix sous par jour ■*, c'est ù peu près perdre son temps, car ces chilTres n'ont pour nous aucun sens précis. Je dis : à peu près, parce qu'il peut y avoir un certain intérêt à étudier la relation (jui existe entre les chid'res fournis par luie môme épo(jue. .\insi, le Lirre des métiers nous apprend que tout cordonnier qui voulait s'établir devait payer un droit de .seize .sous, et que s'il était surpris travaillant à la lumière, on lui iidligeail une amende de cinq sous ' ; le rapprochenienl de ces deux sommes prouve quelle importance on attachait alors à empêcher le travail de nuit dans les conuuuuautés aux([uelles il était interdit. Mais ([uand, tlaris (pielques articles de ce dictionnaire, j'estiiue approxinuitivemenl le denier du treizième siècle, par exemple, ù cinquante centimes de notre monnaie, j'obéis à une sorte de convention plutôt que je n'enregistre les conclusions d'une science siire d'elle-même.
Si l'on veut étudier de plus près celle ([uestion, on peut recourir à l'excellente Histoire des classes ouerières de M. E. Levasseur 5. Ce qui semble prouver que le sort de l'ouvrier fut toujours fort supportable et que son gain lui permit toujours de se bien nourrir, c'est qu'au seizième siècle, époque où suivant M. E. Levasseur, les conditions économiques furent très préjudiciables aux salariés, l'ambassadeur vénitien Lippomano écrivait de Paris à son gouvernement : « Le porc est raliment accoutumé des pauvres gens, mais de ceux ([ui sont vraiment pauvres. Tout ouvrier veut manger, les jours gras, du mouton, du chevreuil, de la perdrix, aussi bien que les riches, et les jours maigres, du saumon, de la morue, des harengs salés qu'on apporte des Pays-Bas et des îles septentrionales en grande abondance * ».
Saleurs. Ceux qui salent le poisson.
On a aussi donné ce nom aux embaumeurs.
' ^ov. 1'- /.iere des me'tiers, titre I, art. 2i ; tilo' 1,1, art. Vi'; tilre LXXI, art. 6 ; etc., etc.
î Livre des métiers, titre IJX^', art. l'2.
3 Statuts, art. 12.
* Liore des métiers, titre LXXXIV, art. I, 7 et l'2.
S Édition de 1901, t. II, p. 969.
^ Relations des ambassadeurs vénitiens, t. II, p. 509 et suiv.
SA1.EUHS — SAUCIERS
Oii nommait encore saleurs des bateleurs qui prélendaienl connaître l'avenir d'après les mouvements involontaires de certaines parties du corps qu'ils saupoudraient de sel.
L'ordonnance de janvier 1351 mentionne des saleurs de pourceaux.
Salines (Marchands dk). Ils vendaient du poisson de mer salé. Ce commerce était libre et s'appliquait plus spécialement à six poissons : le saumon, la morue, le hareng, la sardine, l'anchois et le maquereau.
On appelait :
Poisson vert celui qui venait d'être salé, qui était encore humide.
Poisson mariné, celui qui avait été rôti sur le gril, puis frit dans l'huile.
Poisson sec, celui qui avait été salé, puis desséché, soit par le feu, soit par le soleil.
Les marcliands de salines étaient au nombre de soixante en 1673 *. Leur confrérie, placée sous l'invocation de la Nativité, se réunissait à l'église Saint-Eustaclie.
Voj. Appétits (Marchandes d'). — Harengères fl Foisson (Commerce du).
Saliniers. On donnait ce nom, dans les manufactures de glaces, aux ouvriers chargés « d'extraire l'alcali des soudes - ».
Sallerants. Dans les faljriques de papier, ouvriers préposés aux dernières opérations. On y employait beaucoup de femmes, qui portaient le nom de de'lisseuses ou sallerantes ^.
Salletiers. Voy. Sauniers.
Salpêtreurs. Voy. Salpêtriers.
Salpêtriers. Les salpêtriers, dits aussi Stilpétreurs, selpestriers * et poîidriers, pouvaient seuls amasser et le.ssiver le salpêtre. Ils le portaient ensuite à l'Arsenal, où il était raffiné. Avant le dix-septième siècle, ils ne formaient pas corporation. Ils étaient institués par le commissaire général des poudres et salpêtres, et relevaient du bailliage de l'artillerie, qui avait son siège à l'Arsenal. Ce bailliage prononçait sur toutes les questions concernant la fabrication des poudres, la fonte des canons, les différends entre les commis et ouvriers d'artillerie. A cet égard, sa juridiction s'étendait sur toute la France, et les appels allaient au Parlement. Le tribunal se composait d'un bailli d'épée, d'un lieutenant général, d'un garde-scel, etc., en tout dix personnes. Les audiences se tenaient à l'Arsenal, dans la cour de la fonderie.
Au mois de 7nai 16.58, les salpêtriers demandèrent et obtinrent des statuts, qui les organi- .sèrent en communauté. Celle-ci était régie par un syndic et quatre jurés.
^ \oy. IVdit. (lu mois fie mai'S.
2 Encyclopédie méthodique, arts et métiers, t. III, p. 222.
3 Encyclopédie méthodique, arts et métiers, p. 523. * Dans les lettres patentes de novembre 1677.
Les salpêtriers prenaient le titre de salpêtriers du roi, et avaient pour enseigne les mots Poudre DE ROI ' . Ils s'étaient placés sous le patronage de sainte Barbe, qu'ils fêtaient, le 4 décembre, a l'église Notre-Daine des Victoires *.
Les charretiers employés par les salpêtriers pour le transport des plâtres se nommaient gravàXiers.
Voy. Artificiers.
Sal tarins et Saltetirs. Voy. Sauteurs.
Saltinibanques. Voy. Acrobates. — Disloqués. — Équilibristes, etc., etc.
Samedi. Voy. vigiles.
Samedi des lumières. Dans les statuts des métiers et dans les cjnlonnances du moyen âge, ces mots désignent toujours le samedi de la deuxième semaine de carême.
Santé (Maisons de). Voy. Maisons.
Sargiers. Voy. Sergiers.
Sarrazinois. Voy. Tapissiers.
Sarreuriers et Sarriers. Aoy. Serruriers.
Sarteurs. ^'oy. Bûcherons.
Sas et tamis F.viselrs de). Titre qui appartenait à la corporation des boiaseliers. Les maîtres se disaient aussi sassiers.
Sauciers. Faiseui-s de sauces. La Taille de 1292 cite sept sausiers, qui confectionnaient et vendaient ces sauces épicées qu'affectionnaient nos pères. Dans le livre de cuisine écrit par Guillaume Tirel, dit Taillevent, cuisinier de (Charles V ^, et dans le Ménagier de Paris *, curieux ouvrage du même temps, on voit mentionnées déjà une foule de sauces. J'y relève les noms suivants :
Sauce .Sauce .Sauce Sauce Sauce Sauce Sauce Sauce
jaunette.
chaude.
froide.
paresseuse.
blanche.
poitevine.
d'aulx.
madame.
Sauce verte. Sauce douce.
Sauce cameline.
Sauce râpée.
Sauce au moût.
Sauce u l'alose.
Sauce dodine.
Etc., etc.
La plus connue est la sauce verte, souvent célébrée par Rabelais, dont on trouve la recette dans Sauvai ■', et que l'auteur des Cent et sept cris * n'a pas oubliée :
Vous faut-il point de sauce verte ?
(.l'est pour manger car|)e et limande.
Ça qui en veut, qui en demande Tandis f[ue mon pot est ouvert ?
• S. Mercier, Tableau de Paris, t. XII, p. 14.
* Le Masson, Calemlrirr des confréries, p. 110.
3 II a été publié en 1892 par MM. Pichon et Georges Vicaire.
t 11 date de 1393, et a été publié en 1846, 2 in-8°. 5 Hreke.ehes sur Paris, t. III. p. 204. •■ Par .Vutoine Truquel, 1515.
SAUCIl'IRS — SAVETIIŒS
L«'s ^ilUc•ieI•s appartenaient à la corporation tics vinaij^riers. On les trouve encore nommés saulcien, saulcieurs, saussiers, saussieurs, elc.
On nommait encore sauciers, dans les grandes maisons, les cuisiniers spécialement cliari>;'és de la confection des sauces. Saint Louis en l'26l , Charles VI en 1386 avaient deux sauiiers '.
Saucissiers. ^'oy. Chaxcutiers.
Saudée. Voy. Soudée.
Saulciers et Saulcieurs. Voy. Sauciers.
Saulcissiers. V03'. Charcutiers.
Saunieres. V'ov. Sauniers.
Sauniers. Faliricanls de sel (lit de gabelle ou (/•■ cuisine. On appelait fanœ sauniers ceux qui vendaient du sel en contrebande, l'État s'étanl réservé le monopole de ce commerce. Le prix fixé par l'Etal variait suivant les provinces ; les pays dits de pelite jjaheUe payaient le sel beaucoup moins cher que les pays dits de (jrande gabelle. Les faux sauniei-s se boriuiient, le plus souvent, à acheter du sel dans les preniieis, pour le revendre dans les seconds.
Chaque chef de famille était tenu de prendre, chaque année, dans les greniers royaux une certaine quantité de sel, dite sel du devoir, qui représentait sa consommation présumée. Cet impôt était si lourd et si impoptdaire que les faux sauniers se multipliaient, bien qu'ils fussent poui'suivis avec une impitoyable rii^ueur. « Etait réputé faux saunier ou fraudeur, dit M. Alfred Rambaud, non seulement quiconque se procurait du sel étrang:er ou passait le sel d'une province à l'autre, mais le paysan qui éparg'nait le sel de sa cuisine pour saler son porc, qui employait à sa cuisine le sel du poisson on du porc salé, qui fabriquait du sel avec l'eau de mer, qui faisait boire de cette eau à ses bestiaux pour éviter de leur donner du sel-». Il fut prouvé aux Etats généraux de 1484 qu'en peu d'années, plus de cinq cents faux sauniers avaient été mis à mort. La législation s'adoucit dans la suite, le fouet, les galères et le bannissement remplacèrent la peine capitale '.
On appelait sel de gabelle celui qui provenait des greniers royaux, pour le distinguer du sel de faux saunage on faux sel. Le sel gabelle Axai^ passé au moins deux ans dans les greniers royaux, et était ainsi devenu bon pour la vente.
Les sauniers sont dits aussi salletiers, et j'ai trouvé les faux sauniers appelés saunieres.
Voy. Sel (Commerce du).
^ Juvénal des Ursins, Histoire île Charles 17/, édit. Godefroy, p. 708. — Doubl-d'.-Vrcq. Compte.'! de l'hôlel,
* Hisloiie de la eicilisation française, I. II, p. 161 3 Voy. Les faux sauniers sous Louis XIV, lians les Annales de Fesl, année 1903, p. 264.
Saurisseurs. Ouvriers employés ausaurissai'e des liarenirs. On trouve très souvent sorisseurs, et il Dieppe on les nommait soriiis.
Sausiers. Nom que la Taille de 1 SOS donne aux sauciers.
Saussiers cl Saussieurs. Voy. Sauciers.
Saussissiers. Voy. charcutiers.
Saute-ruisseau. Chez les notaires, les avoués, les huissiers, petits clercs chaînés de faire les courses.
Voy. Notaires.
Sauteurs. Vn sieur Archangelo Tuccaro, qui avait donne des leçons à Charles IX et qui s'intitulait saltarin du roi, publia, en 1599, un volume où il étudie et analyse les différentes espèces de sauts. L'ouvrage a pour titre: Trois dial'igues de l'exercice desanler et voltiger en l'air, et il est orné d'une foule de gravures fort curieuses. La dédicace à Charles IX rappelle la passion de ce souverain pour les exercices du corps et l'habileté qu'il y apportait : « Il domptoit le cheval plus lier et rebours qui eust peu csiro, avec telle prudence que l'art et son bon jugement luy enseignoient. Il s'esproTivoit contre le plus fort et robuste luicteur qui fusl. Il s'estudioil à la course. Il s'adonnoit à tout espèce de saut, s'y monsfrant fort adextre et dispos. Il tiroil fort proprement des armes avec les plus grands maistres d'escrime. Il estoit mei"veilleusement affile à se manier et voltiger sur un cheval de liois... ».
Le théâtre de Nicolet, au dix-huitième siècle, était renommé pour ses sauteurs. On a con.servé les noms de Morilz von der Beck ', de Paulo Rédigé, dit le Petit-Diable, de Placide Bussart, etc. «.
Les sauteurs ont été dits aussi saltarins, salleurs. toltigeurs, etc.
Voy. Bateleurs.
Sauvetagre (Ceintures de). Voy. Scaphandriers.
Savetiers. Les savetiers composaient la dernière des quatre classes d'artisans qui s'occupaient de la chaussure. Les raccommodages seuls leur étaient permis. L'article 40 des statuts accordés aux cordonniers en 1614 porte que les savetiers ne pourront « mettre en leurs ouvrages plus d'un tiers de cuir neuf ».
Dits en latin ajfaclores, affectatores, corcesarii, piclaciarii, sabaterii, sapetarii, etc., et en français bobelineurs, carreleurs de souliers, orfèvres en cuir, courvoisiers ', or ferres en vieux, ralaconneurs, rape/asseurs, taconneurs, taqueniers, sueurs
' Il a un aiticle dans le Dictionnaire critique do Jal,
* Voy. É Campardon, Les spectacles de la foire, t. II, p. 227 et 238.
3 Courcoiserie désignait le métier.
SAM-ITIKRS — SAVETONNIKRS
fie vieil, etc., eux-mêmes, dans leurs statuts du treizième siècle, se qualilient de ravatiers et ravetiers. Jean de (Jarlande les nonmie pictaciarii, du mot pictatium qui signifiait pièce, tacon *. Ils raccommodaient, écrit-il, les vieilles chaussures, y mettaient des pièces, réparaient les semelles et les empeignes *.
Les savetiers étaient déjà constitués en corporation au douzième siècle. Une charte (\w remonte à l'année 1160 assigne au desservant de la cliapelle Saint-Nicolas du Palais une rente de I rente sous sur les corvesarii '. Les statuts qu'ils soumirent, vers le milieu du siècle suivant, à l'homologation du prévôt de Paris sont très cjurts *.
Le roi, on ne nous dit pas lequel, avait concédé la juridiction professionnelle et teut ou partie des revenus de ce métier à ses écuyers, c'est donc à eux ou plutôt à leur mandataire qu'il fallait acheter le droit de s'établir.
On trouve 140 savetiers nommés dans la Taille de 1292 et 172 dans celle de 1300.
Le chef-d'œuvre est mentionné par les lettres patentes de juin 1467^, qui exigent que l'ouvrier « ail esté expérimenté et en iceluy mestier trouvé souflisant ».
Un arrêt du 26 mai 1516 autorisa les savetiers à faire des chaussures neuves, mais seulement pour leurs femmes et leurs enfants. Puis une sentence du Chàtelet, rendue le 1.^ décembre 1621, les Confirma dans le droit de « se dire bobelineurs », et de confectionner les souliers appelés bobelins, chaussures grossières à l'usage du bas peuple.
Des lettres patentes du 20 mars 1659 donnèrent à la connnunauté une organisation qui ne fut guère modifiée jusqu'à la fin du dix-huitième siècle.
Chaque maître ne pouvait avoir qu'un seul apprenti, et la durée de l'apprentissage était de trois ans. Le contrat devait être passé pardevant notaires, en présence de deux jurés au moins.
Avant d'aspirer à la maîtrise, il fallait encore servir pendant quatre années, en qualité de compagnon, puis parfaire le chef-d'œuvre.
On ne pouvait recevoir plus de quatre maîtres par an, exception faite toutefois pour les 111s de maître et pour les compagnons qui épousaient une veuve ou une fille de maître.
Le nombre des savetiers, qui ne dépassait guèi'e 1200 en 1725, était alors de 2000 environ. L'édit de 1776 déclara leur métier libre, mais, dès l'année suivante, ils sollicitèrent comme un lionneur d'être réunis à la communauté des cordonniers. A ce moment la corporation avait
1 On disait alors « taconner des souliiTs «. Voy. Ducanijo, au moi picfatium.
* « Pictaciarii viles sunt qui consuunt soluiarcs veteies, reiiovaiulo luctaoia et inlercutia (inorceau de euir placé enlic les deux somcllcs) et soleas et inipedias ». JJirtiontirÎHS, p. 24.
■'* I>iieli;iiiv, J/istuire ilfs institutions monarchiques, I. II, \>. 32ri.
k JÀrre des métiers, tiii'e LXXX\'I.
Ordunn. royules, t. W\, p. tit;8.
pour titre officiel : saveliers-bobelineurs-carreleurs de iouliers.
Les savetiers avaient choisi pour patron saint Pierre aux liens, peut-être à cause de ces paroles de l'ange au prince des apôtres : « Ceins tes reins et chausse t«s sandales * ». Une seule confrérie réunissait à Saint-Pierre des Arcis maîtres et compagnons, le l'^aoùl *.
La communauté des savetiers a donné son nom à plusieurs rues. Dès le treizième siècle, une rue de la Cité s'appelait Çavaleria : à dater du quatorzième siècle, elle devint rue de la Cavalerie ou Savalerie, et c'est au di.\-huitième seulement qu'elle se cliangea en rue Saint-Eloi ', dénomination conser\ée jusqu'à sa suppression en 1860.
Vers le milieu du quinzième siècle, une petite rue des halles était dite rue aux Savetiers *, mais on ne connaît pas exactement .sa situation. *
Voy. Chaussure et Maître des savetiers.
Savetonniers. Ils occupaient le troisième rang parmi les corporations qui confectionnaient des chaussures. Ils prenaient place après les sueurs et avant les savetiers.
Ils n'avaient le droit d'employer que la basane, et ne pouvaient faire aucune chaussure dont la semelle eiit plus d' « un espan » de long. L'espan, mesure très primitive, désignait l'espace compris entre l'extrémité du pouce et celle du petit doigl, la main étant bien étendue. Aux cordonniers seuls, il était permis de fabriquer des chaussures plus grandes, même en basane.
Les savetonniers étaient appelés bananiers, bazenuiers, chavetonniers et çavetonniers de petiz soulers de baseiine, etc. ; ils prennent ces deux derniers noms dans ceux de leurs statuts qui reçurent, vei-s 1268, l'approbation du prévôt Etienne Boileau, et dont voici l'analyse ' :
Le métier avait été concédé aux deux dia-nitaires qui possédaient celui des cordonniers, et le droit de s'établir s'achetait aux mêmes conditions. Mais les savetonniers pouvaient acquérir tous les droits des cordonniers en achetant aus.si ce second métier, c'est-à-dire en payant une seconde fois le droit de .s'établir.
Le nombre de leurs apprentis n'était pas limité, et ils déterminaient à volonté le temps et les conditions île l'apprentissage.
La Taille de 1292 cite vingt maîtres savetonniers, celle de 1300 en mentionne seize seulement.
L'ordonnance du 30 janvier 1351 rappela aux « faiseurs de souliers de bazanne » qu'ils ne devaient employer ni le mouton, ni la brebis, ni le chien, « maistant seulement bazanne d'Auvergne et de Provence, bonne et fine ». La bas<ine n'était donc pas, comme aujourd'iiui, de la peau de mouton, et alors quel animal la fournissait? Peut-être le veau, car Ducange détinil ainsi le
1 Actes XII, 8.
S I,e Ma.sson, p. 44 ol 08.
'I Jalllut, qu.irlier île la Cilé, p. 50.
* Sauvai, l. III, p. 338.
•" Licre des métiers, lill^• LXXXV.
SAVKTONNIKRS — SCAPHANDRIERS
mol iazan : « iln vituliiiuin vcl nvimmi coriiiin appelliiiil '■>.
l)i' nouveaux slatuls, datés du lOjuilk'l 1353, fixèrent la dimension des cliaussures confectionnées par les savetonniei-s à « un espan de pie et un espan de liaull ' ». La corporation l'ut, vers cette époque, réunie à celle descordonniei-s.
Les savetonniei-s ont donné leur nom à une rue que la Taille de l-3'.>-2 nomme Lex pHiz solers, celle de /3J3 rue des petits soliers et (Juillot rue il petis smlers de oasenne. Sur les vini;l savetonniei-s qui exerçaient ù Paris en l'2!)',i, sept habitaient cette rue * et les environs de l'église Sainte-Opportune.
Voy. Chaussure.
Savonnerie (M.\nufacture de i..\). On y élevait des enfants pauvres et deux d'entre eux étaient, chaque année, reçus maîtres tapissiers de haute lice.
Savonniers. Fahricants et marchands de savons. La Taille de 1292 en cite huit, celle de 1300 cinq seulement.
Les Crienes de Paris, riniées au treizième siècle par Guillaume de la Ville Neuve, nous apprennent que les savonniers colporlaienl alors leur marchandise dans les rues :
J'ai savun d'outremer, savon 1
Ce savon d'outremer venait sans doute de Naples, mais celui de Paris n'était «ruère moins apprécié, si l'on en croit ce vers dn Bit d'un mercier :
J'ai 11- bon .savon di- Paris !
En ce temps-là, les cuvettes de toilette se nommaient bassins à laver. Ordinairement, on les posait à terre, sur une natte, et l'on se lavait à genoux la tête et le haut du corps, c'est-à-dire tout ce que laissaient lioi's de l'eau les bains, pris alors dans d'incommodes baciuets. Le pot à lacer ou pot à eau, différait de l'aiguière, qui s'employait surtout pour le lavage des mains avant et après le repas. Le roi Charles V possédait vingt-quatre bassins à laver en or et « ung bassin à laver piez >■>, qui pesait 47 marcs d'argent '.
Au dix-septième siècle, on estimait par dessus tout les savonnettes à l'oranc-e, «rn'ses, noires, citronnées et de Bologne. Le savant Lémerj a donné la recette de ces dernières.
Les parfumeurs n'avaient pas le monopole de la vente des savons. L'article 60 des statuts accordés aux barbiers-perruquiers en 1718 les autorise à débiter « des poudi-es, opiats pour les dents, pâtes à laver mains, et généralement tout ce qui est propre pour l'ornement, propreté et netteté du corps humain ».
La manufacture de tapis dite de la Savonnerie avait été établie sur le quai de Chaillot, vers
' Or.lunn. royales, l. XVI, p. 659.
* .\ujour(l'hui rue Courtalon.
^ l-abarti', Inrenlaire ilrs meiibtts île Charles V, n°' 73 à li*U.
160."), dans des bâtiments auparavant occupés par une fabrique de savons.
Savoyards. On désignait .sous ce nom les enfants et les jeunes gens que la misère arrachait à leur pays, et qui venaient ù l'aris chercher leur vie ilans quelques métiers faciles.
Les Savoyards vraiment originaires de la Savoie se faisaient ordinairement décrotteui-s, scieurs de bois, frotteui-s, ramoneurs, comuiissiontuiires. Les Limousins se faisaient maçons ; les Normands tailleurs de pierre, paveurs, ujarcliands de fil ; les Flamands tailleurs d'habits ; les Languedociens et les Basques cordonniei-s : les Auvergnats porteurs d'eau ; les Gascons barbiers ; les Lyonnais crocheteurs et porteurs de ciiaise.
SayetteUTS. Faiseurs de tissus de laine dits sayettes, dans lesquels entraient quelques lils de soie. Les sayelteurs furent constitués en maîtrise le 20 septembre 1481. Ils disparaissent ensuite, soit (ju'on les ait réunis à la corporation des tissutiers-rubaniers, soit qu'ils aient été s'établir à Amiens, où ce métier était encore représenté à la lin du dix-septième siècle.
On les trouve aussi nommés saicteurs et saietteurs.
Scaphandreurs. Voy. Scaphandriers.
Scaphandriers. Le mot scaphandre a eu successivement deux sens. Ce fut d'abord un corset de liège au moyen duquel on pouvait se soutenir sur l'eau sans nager. Ce fut ensuite une sorte d'appareil qui permettait à un plongeur de demeurer et même de travailler sous l'eau pendant longtemps et à de grandes profondeurs.
Pour le premier sens, je vois que vers la fin du dix-septième siècle, un sieur Lanquer fut l'inventeur d'un large bourrelet, qui se plaçait autour des reins comme une ceinture et maintenait à la surface de l'eau celui ([ui en était muni. Il fit l'expérience en pleine Seine, le 14 septembre 1677 '. Il avait publié, deux ans auparavant un volume devenu rarissime et qui a pour titre : Le naufrage sans péril, ou l'invention d/une machine qu'on peut porter à la poche, qui nous fait passer les rivières tons cestus et estre plusieurs jours sur la mer sani aucun pcr il pour notre vie...
Au siècle suivant, M. de là Chapelle, censeur royal, perfectionna cette découverte et donna à son appareil le nom de « scaphandre o\i bateau de l'homme ». Il en est souvent parlé dans les Mémoires secrets -, et c'est sans doute celui que VAlmanach Dauphin pour 1777 annonce en ces termes : « Bailly, rue Pagevin, e.st renommé pour les scaphandres ou habillements de liège, pour conserver l'équilibre dans l'eau, sans qu'il soit besoin de naser ».
L'autre scaphandre fut inventé vers 1800 par Rouquayrol et Denayrouse.
On ti'ouve aussi scaphandreurs.
* Itichrlcl. Dictionnaire, au mot Lnn^nerre.
- Dits du liacliauinont, années 1765, 1768, 1771, etc.
SCELLKURS — SECOURS MUTUELS
Scelleurs. Voy. Ctxaufife-cire.
Scelliers. \<>y. Selliers.
Scieurs de blé. Voy. soieurs.
Scieurs de bois. Ce sont ceux qui vont dans les maisons hourg'eoises scier, fendre et serrer le bois à brûler. Ils se servent de la scie, du chevalet, du maillet et des coins de fer.
()n les nomme Hwssi f en (leurs.
Scieurs de long-. La Tail/e de 1292 mentionne sept siecurs, celles de 1300 et de 1313 citent seulement deux scieurs d'es ou sieurs de es. M. faffniez ' les a trouvés nommés au quinzième siècle soyeurs d'aisses et secatores asserum. L'ordonnance du 21 novembre 1.577 les classe avec les charpentiers et les nomme scieurs d'ais. Au dix-septième siècle, ils formaient une confrérie spéciale, qui était placée sous le patronag'e de saint Cyr, et qui se réunissait à l'église des Billet tes *.
Une pièce curieuse, recueillie par Delamarre ■'' nous apprend qu'en 164."J un sieur Léon Maubué, « féal conseiller et médecin ordinaire du roi », inventa une machine destinée à scier plusieurs planches à la fois, « certain affûtage pour appliquera une ou plusieurs scies, avec lesquelles l'on peut scier fort droitement et vivement plusieurs ais et pièces de bois en.senible. par le moyen d'un seul homme ». Louis XIV, « de l'avis de sa très honorée dame et mère », accorda ù Maubué le privilège exclusif de cette découverte.
Enfin, dès le milieu du dix-huitième siècle, un sieur Noël, marchand de bois, installa dans son chantier, situé près de la Bastille, une scierie mécanique de son invention, où l'on voyait quatre grandes scies fonctionner simultanément *.
Scieurs de marbres. Titre qui appartenait aux marbriers.
Scieurs de pierre. Ils appartenaient à la corporaliiin des tailleurs de pierre, qui euxmêmes dépendaient de celle des maçons.
Les scieurs de pierre dure n'utilisaient que la scie sans dents.
Les scieurs de pierre tendre employaient la scie à dents. Ceux-ci, dit Savary 5, « sont moins des scieurs que des manœuvres ».
Sculiers. Voy. sommiers de vaisselle.
Sculpteurs. On peut voir, à l'article peintres, que les artistes, quelle que fût leur valeur, restèrent durant plusieurs siècles assimilés aux ai'tisans. Les sculpteurs cûn^lituaient donc au moyen âge une corporation ouvrière qui, comme les autres, a ses statuts dans le Lirir des
1 Kliflex sur rintlustrie, p. 207.
* Le Masson, ('.alendrier îles confrerifs, p. 84. •* Maiiuscrils, bâtiments^ l. V, p. 48.
* Jauhcrt, Dictionnaire des ar/s et rne'tiers (1773), t. IV, p. 72.
5 DielioHHoire r/u commerce, t. II, p. 1494.
métiers ' . Ils y sont qualifiés ymagiers-tailleurs. •< ce est à savoir taillieres de crucefix, manches à coutiaus et de toute autre manière de taille que on face d'os, d'yvoire, de fust * et de toute autre manière d'esloffe ^ ». Chaque maître ne devait avoir qu'un .seul apprenti à la fois, et l'apprentissage durait de huit à dix ans. Comme tous les métiers qui travaillaient surtout pour l'Église et pour la noblesse, celui-ci dispensait de faire le ser\'ice du guet bourgeois : « quar leur mestier n'apartient ù nule àme * que à sainte Yglise et aus princes, et aus barons et aus autres riches homes et nobles ». Il leur était prescrit de toujours sculpter dans un seul bloc, de n'ajouter aucun morceau, à part la couronne, « soit trestoutc d'une pièce, fors la courone ». Exceptionnellement, quand il s'agissait d'un crucifix, on autorisait l'emploi de trois pièces, le corps et chacun des bras.
La Taille de 1202 mentionne 1 entailleur d'images e\'2À ymagiers. sans autre désignation. Un trouve, dans la Taille de 1300 : 1 entailleur de manches, 1 imagier einmanr/ieur^ de couteaux, et 2."j ymagiers sans autre désignation . L'ordonnance dite des Bannières tl4()7, les numme ymagers.
A ilater de cette époque , l'histoire des sculpteurs se confond avec celle des peintres. Notons seulement qu'ils conservèrent pendant longtemps un patronage spécial, celui des cinq couronnes, cinq sculpteui-s qui. suivant une légende, refusèrent de tailler des idoles, et furent martyrisés en Pannonie sous Dioclétien '.
J'ai trouvé encore les sculpteurs nommés imagiers, imaigiers, imageurs, imagineurs, imaginiers, ymaginiers, ouvriers de taille, etc., etc.
Sculpteurs en carton. On donnait ce non; aux artistes qui exécutaient en carton des objets, des décorations diverses destinés aux théâtres, aux fêtes publiques, aux pompes funèbres, etc.
Ils appartenaient à la corporation des peintres.
Sculpteurs en cire. Voy. Figures de cire.
Sculpteurs de la g-arde-robe du roi.
Le 14 avril 1088. Louis Mabrey remplaça Louis Frémont dans ces fonctions. En quoi consistaientelles ? M. A. Jal suppose que « cet artiste était un sculpteur en bois qui ornait les lits, les chaises, les fauteuils, les tabourets, et aussi les colTres où les valets de garde-robe serraient les habits de Sa Majesté ' ».
Sculpteurs-rocailleurs. Voy. Rocallleurs.
Secours mutuels (Sociétés de). Voy.
Bienfaisance (CKuvres de).
' Tili-p LXI.
2 De bois.
3 De matière première.
* Ne s 'adres.se à personne autre.
5 Sculpteur de manches.
* Voy. I.ichtenbergt'r, Encj/clop-'Jie des tciltas gieuses, t. XI, p. 430.
'' Dielionnaire critique, p. 1 1 13.
SICCHKTAIHKS — SKL
Secrétaires. I.i'>* ^laiuls si'i^iu'uis avaionl, eu jjt'iiénil, (It's secrétuiri's, iluiil Amlijj^Ri' nous décrit ainsi les fondions : << Il i'aiil qu'un sccriilaire soit lion pralici(Mi et versé ilans le l'alais ; et au surplus liouune de proliilé, iiicorru])lil)le, discret et prudent, allendu la déposilion du siHTet dont le seij^neur lui l'ait contidence. Il doit avec cela savoir hieu écrire, ortlio^raphicr, cliitlVeret décliilïrer toutes sortes de lettres et caractères dont on so sert <lans les lettres, pour tenir les néwcialions des all'aires de conséquence secrètes et liors de la connoissance du vulgaire.
Il est encore de son ministère de savoir bien faire et dresser toutes sortes do comptes, suivant les choses qui lui sont commises ; ainsi que de donner le lion tour à une lettre sur peu de mots qu'on lui aura dis, ou pour faire réponse à quelque autre ' ».
Les secrétaires du roi élaieid des officiers de la "fraude chaucellerie. Mais ce lilrc s'aclielail et conférait d'assez nondireux privilèjjes. V,i\ 17"24, le nombre des secrétaires du roi fui limité à 240; on en comptait 294 en 178'J c[uand ce titre l'ut supprimé. Sa pes.session pendant vinijjt années consécutives autorisait l'anoblissement ; c'était une de ces charges roturières que l'on ([ualillait de saconnettes à vilain -.
Secrétaires de la chambre. Ils étaieid
au nondjre de (jualre. .v Leur établissement remonte, selon toute apparence, à ces anciens notaires du roi qui, étant distingués de leurs confrères, furent appelés clercs du secret. Celle origine est la même que celle des secrétaires du roi et des secrétaires d'Etat. Les fonctions des secrétaires de la chambre et du cabinet du roi consistent a servir sa majesté dans ses dépêches. Ils ont été maintenus dans la qualité de conseillers ordinaires du roi en ses conseils ■' ».
Kn réalité, les titulaires de ces cliariros, estimées 150.000 livres en 16(59, étaient des .secrétaires intimes, qui avaient bouche à cour et loirement dans la •jarde-robe du roi.
Secrétaire à la conduite. Vi>v. introducteurs des ambassadeurs.
Secrétaires des Écrivains publics.
Innocents. Voy.
Secrétaires de la main. Pendant plusieurs siècles, les titulaires de ce titre se bornèrent à signer pour le roi. L'importance de la fonction date du rèjrne de Louis XIV. Elle fut aloi-s confiée à Toussaint Rose que le cardinal de Retz et Mazarin avaient employé comme secrétaire. Rose eut la plume, ce qui signifie qu'il écrivait pour son maître. « Avoir la plume, dit Saint-Simon, consiste à imiter si e.xactement l'écriture du Roi qu'elle ne se puisse distinguer de celle que la plume contrefait, et d'écrire en cette sorte toutes les lettres que le Roi doit ou
' /.a maison réglée (1692), liv. I, chap. 5. * Voy. F.-J. Ctiasles, biclioanaire (le justice, I. III, p. 131.
S Guyot, T mile' des offices, t. I, p. 598.
veut écrire de sa main, et toutefois n'en pas prendre la peine. 11 y en a ([uanlité aux souverains et à d'autres étrangers de haut parage ». Rose, d'ailleurs, ne se bornait pas à écrire ces lettres, il les composait. « Il n'est pas possible, ajoute Snint-Simon. de faire parler un grand roi avec plus de dignité que faisoit Rose, ni plusconvenal)lement a chacun..., et pour le caractère, il éloit si send)lable à celui du Roi qu'il ne s'y trouvoit pas la moindre dilférence ». Ce qui prouve, en passant, que personne ne peut être sur de posséder un autographe de Louis XI\' '.
Secrets, tation du).
Vo
ly. Travail (Réglemen-
Seelleeurs. Nom que la Taille de 1202 donne aux graveurs de sceaux.
Ség"rayers. On appelait ségrairie un bois [)ossédé en commun avec le roi, et le ségrayer était l'officier qui en avait la surveillance -.
SeilIeU]?S. Moissonneurs. \dy. Soieurs.
Seilliers. Fabricants de seilles (m faucilles.
Sel (Commerce du). Le commerce du sel resta lilu-e jusqu'en 1342. Le 20 mars de cette année, une ordonnance de Philippe \ I ■' en confisqua le monopole au profit de l'Etat. Six conseillers du roi furent chars-és d'ory:aniser la perception du nouvel impôt, de nommer dans tout le royaume « tels commissiures, grenetiers, gabelliers, clercs et autres officiers es greniers et gabelles ».
L'ordonnance du 24 janvier 1372 * statue que tout marchand amenant du sel à Paris devra le déposer dans le grenier royal, dont le grenelier, son contrôleur et le marchand auront chacun une clef. Le marchand ne pouvait, d'ailleurs, vendre ce sel qu'en gros et aux regrattiers autorisés à le débiter au détail ; ceux-ci ne devaient en po.sséder à la fois plus d'un muid.
La grande ordonnance de février 1415 n'autorise le dépôt dans les greniers que pour quarante jours. Le marchand qui n'avait pas trouvé à vendre dans ce délai était mis à l'amende et « perdoit sa marchandise ».
Les contraventions relatives à l'impôt du sel étaient soumises au tribunal dit Grenier à sel. .\u dix-huitième siècle, il était composé de treize membres qui se réunissaient trois fois par semaine au grenier à sel, vaste bâtiment situé rue des OrfèvTes ^ et qui était une ancienne dépendance de l'abbaye de Joyenval. Le tribunal prononçait en dernier ressort jusqu'à un quart de minot ". Les appels allaient à la cour des aides. Le sel était livré aux débitants le jour d'audience.
1 Saint-Simon, Mémoires, t. II, p. 423. Voy. aussi le Journal île Dangeau, t. I, p. 53.
* Voy. l'ordonnance du 13 août 1669, édit. do 16C9, p. 41.
3 Dans les Orilonn. royales, t. II, p. 1"9.
* Dans les Ordonn. royales, t. V, p. 577.
5 Ce bâtiment existe encore.
6 Le minot représentait environ 51 litres.
SEL — SELLIKRS
L'impôt (lu sel était fort inégalement réparti. Très lourtl dans \e^çay^A\i% de grandes qabelleit, on l'alléj^eait dans les pays de petites (jahelles^ et on ne l'exijj^eait point dans Xe^YAyi de franc-salé ; renx-oi avaient, soit acheté, soit obtenu le droit de faire le commerce du sel sans payer au roi aucune redevance. Partout ailleurs, une taxe impitoyable atteignait tous les habitants ; chatpie chef de famille devait renouveler tous les trois mois une provision dont la quantité lui était imposée. La moyenne par année était d'un niiuot environ pour quatorae personnes.
L'administration des gabelles comprenait une foule de fonctionnaires, inutiles pour la plupart, et dont le nombre fut surtout accru sous Louis XIV : grenetiers, commissaires, contrôleui's , inspecteurs , receveurs , vériticateui-s , enquêteurs, avocats, greffiers, sergent^, etc.
Au moment de la Révolution, les gabelles étaient atlerniécs pour .18 millions.
Voy. Bossiers. — Briseurs. — Commissaires. — Compteurs de salines.
— Contrôleurs. — Courtiers de sel. — Étalonneurs. — Gabeliers. — Grenetiers. — Mesureurs. — Palejaires. — Forteurs. — Radeurs. — • Sauniers. — Sergents.
SelLiers. Jean de Garlande, danssonZ'/c/îo?»naire écrit vers 1250. nous apprend ' que les sellarii vendaient des selles de toutes sortes, nues ou peintes, garnies de coussins, de coussinets et de couvertures-, des troussequins et des étriers •*.
Les selliers soumirent, vers 1268, leurs statuts à riiomologalion du prévôt Etienne Boileau ', qui les promulgua sous ce titre : « Cis titres paroles des paintres et des seliers de Paris, de leurs ordenances et de leur establissement ». Il faut se souvenir que les selles de cette époque étaient munies d'arçons ou de bâtes très élevées surtout par derrière, afin de permettre aux cavaliers de soutenir le choc terrible des lances 5. Ces bâtes recevaient presque toujours des ornements de métal, or, argent, étain, etc. et étaient décorées et peintes avec luxe. Saint Louis, resté toujours très austère, exigeait que sa selle fût peinte en blanc tout uni^, exemple que ne suivaient pas les seigneurs de sa coui-. Notons que les selliers se bornaient à rembourrer, recouvrir et orner les selles, car la cliarpente en bois était l'œuvre des chapuiseurs.
Le roi avait concédé la justice professionnelle et les revenus des métiers qui employaient le cordouan ' à son grand chambellan et à son connétable ; c'était donc à eux qu'il fallait acheter le droit d'exercer *. Toutefois, les selliers qui
< Édit Seheler, p. 23.
- (c Nuilas et pictas, panellos et pulvillos et carentivillos ». Ce dernier mot ne figure pas dans Ducange, qui donne seulement 0 carantilla ».
•* « Trussulas et strepas.
* Livre des métiers, litre LXX\'III.
5 Voy. un excellent article de M. Viollet le Bue, Victivnnnire tlu moài/irr, t. \'I, p. 27 et suiv.
•> J. Quicherat, Histoire du costume, p. 202.
' \oy. ci-dessus l'art. Cordonniers.
8 Voy. ci-dessuâ l'art. Maître des selliers.
renonçaient à utiliser le cordouan et n'employaient que le veau, la vache etla basane étaient dispensés de cette redevance et n'avaient pas à acheter le métier, qui pour eux était libre.
En dehors de ses enfants ou de ceux de sa femme, le maître sellier ne pouvait avoir à la fois que deux apprentis, un peintre et un garnisseur. line disposition très remarquable l'autorise cependant à en former un troisième, un enfant pauvre, accepté par charité « pour Dieu». La durée de l'apprentissage était fixée à huit ans.
La Taille de 1292 mentionne 51 selliers, celle de 1300 en cite 65.
Les selliers et les lormiers, qui constituaient deux corporations tout à fait distinctes, furent réunis en décembre 1370. (Jnze ans après, ils demandèrent à être séparés. L'initiative partit des lormiers, qui paraissent avoir occupé dans la communauté un rang un peu inférieur. Euxmêmes avouent, dans leur « humble suplication » au roi ', qu'ils sont « tenus en subjection » par les selliers, « riches et puissans marchans », qui forment « ung des aisiez et riches mestiers de la ville de Paris ». En somme, la requête des lormiers reçut bon accueil, et les deux métiers furent déclarés indépendants l'un de l'autre janvier 1482 . Tous deux conservèrent néanmoins le nom de lormiers ; les uns devinrent bientôt lormiers-e'peronniers, les autres selliers-lormierscarrossiers, titres qu'ils portent dans leurs statuts du 6 juin 1678.
Parmi la multitude des objets dont ils accordent à la communauté le privilège, je relève les suivants : Faire toutes selles, harnais, bâts, aiparaçons, etc. Garnir les cercueils de velours, de satin, etc. Fournir les banderolles des timbales, les guidons, les étendards, etc. Confectionner les housses et couvertures pour chevaux, mulets, carrosses, etc.
C'étaient eux aussi qui drapaient ces derniers. Draper était un privilège très envié et résen'é à la haute noblesse '. Il consistait à tendre en noir les appartements, les harnais, les cliaises à porteurs, les carrosses, etc. Ceux-ci avaient le train noirci et étaient garnis de drap noir en dedans et en dehors. Les cardinaux ne drapaient point ; ayant prétendu avoir le droit de draper en violet. Louis XIV s'y opposa, et ils refusèrent de draper en noir '. A la mort de Louis XIV, madame de Maintenon, sa veuve*, resta aussi discrète qu'elle l'était depuis trente ans, elle ne drapa pas, et se borna à habiller ses gens couleur de feuille-morte. Après le décès du duc d'Orléans, le roi refusa à madaine de Montesson. épouse morganatique du prince, le droit de draper*.
Chaque maître ne pouvait avoir à la fois qu'un apprenti. L'apprentissage durait six ans et le compagnonnage quatre ans. Le chef-d'œu\Te consistait à « charpenler un arçon de corps, et à
• Dans les Ordonn. royales, t. XVIII, p. 709. ' Saint-Simon, A/r'moires, t. XII, p. 219.
3 Due de Luynes, Mrmoiies, t. VU, p. 357.
* Voy. A. Gefl'roy, Madame de Maintenu», 1. 1, p. 154. 5 Mémoires secrets, dits de BachaumonI, 24 novembre
SKLLIKRS — SEMONNKURS
la <'-iiiiiir iraniuins (lovant oi derrière ; les fils lie iiiaîlro étaient dispensés du cliof-d'œuviv, et leims sfidenienl do. l'c.rpi'rleiuY, il l(Mir sut'Iisait « de ijai'nir une selle rase ».
\j Almanach Vuuphin pour 1777 cile, parmi les selliers en vojjiie le sieur Lépine, qui esl qualillo « sellier du Roi et de nia<lame la eoinlesse du Barry ». Le supplt'meiU ajoute : « sellier ordiiuiire de la Reine >-.
Vers la lin du dix-liuiliènie siècle, le ni)nd)re des maîtres était de 2.")l) environ. l,a corporation lut d'aliord dédiée a. Notre-Dame, on la trouve placée plus tard sous le patrona<çe de siiint Kloi.
Au treizième siècle, ce i-omnu'rce était surtout centralisé dans la partie de la rue Saint-Denis qui s'étendait entre le Cliàtelel et réjjliseSainte- ()p[)ortune. C'était alors la sellerie [selleria], et en r292j'v trouve, sur 70 imposés, 24 selliers.
Revenant encore sur mes pas. je rappelle que l'usafre de la mutibiie ou selle des femmes ilate seulement du seizième siècle. Jusque là, les dames niontaiiMit à lu pUinchetle, assises de côté sur une selle plate, et les pieds posés sur une petite plancliette reliée à la selle. Pour dirig-er l'animal elles étaient donc forcées de retourner la tète sans cesse, posture disi^racieuse et inconunode. Catherine de Médicis. qui avait la jambe belle et qui ne craij^nait pas de la montrer ' eut l'idée de l'avancer sur l'arçon de la selle. Cette innovation, adoptée par tonte la cour devint, au dél>ut. la Ciiuse de chutes nombreuses. (Catherine fut une des premières victimes, et il fallut la tri'paner-.
\'ov. Carrossiers. — G-arnisseurs. — Harnachement. — Lormiers. — Targiers, etc.
Selpestriers. Nom que des lettres patentes du Ho novendire |()77 dnnnenl aux salpêtriei's.
Semaine. Vnv. Attente. — Chaste. — G-rasse. — Peneuse, etc.
Semaine de l'évêque. .Vu treizième
siècle, révè([ue avait >nr les habitants de Paris ce que l'on appelait sa semaine, c'est-à-dire qu'il substituait ses officiers à ceux du roi dans tous les fjuichets d'impcMs pendant une semaine sur trois. Aussi l'évcque disait-il que «le tiers de la ville éloit à lui ' ».
Cet impôt est souvent désigné par le scid mut Tierce.
Semeliers. Voy. Cordonniers.
Semelles de lièg-e. Xnv. Bouchonniers.
Semeurs. Nom que poi-lalent les (luvriers qui étaient ciiargés de la dernière vérification à (lonner aux canons des armes portatives r[ue l'iiliiii[uaient les arquebusiers *.
Semonneurs. Gens à la solde des crieurs de corps. \ élus de lony;ues robes noires, ils allaient distribuer dans Piiris les lettres de fairepart, les billets d'enterrement, comme on disait alors. Ceux-ci étaient ordinairement imprimés sur une grande feuille de format in-folio et libellés à peu près comme les nôtres. \ oici le texte de l'un d'eux que j'ai trouvé à la Bibliollièfjue nationale dans un des volumes de la collection Delamarre'.
OU S eji es triez, d apPâraùComJoy & Enter- ■ftmcnt de MonÇieur Simonnart jils , Maijlre Barhicr-Per/îMukrj ancien Sindicàe-fa Corn- ' munâHtc., & Mdrguillieren Charge de fa Faïoifje j decedç en la mai fan Je Aî/)nfi£ur fon Père, rut S. Pierre aux Bœufs : £)jù fefera cejcmUmy Lundy- 6. OBohre n 27.k cinq heures dufoir,m tEglife de [aint Pierr£ aux Beifs \m il fera tnhvme, La Comfâgnk s jtroiirjeya s'illuy flaiJI,
Un Deprof-îsdii^
\^t Dictionnaire de r Académie, dans son édition de 1835 définit encore ainsi le mot semonce :
1 Voy. ri-dessus l'aii. Jarretiôi'es fClommero- des).
î Brantôme, Œunes. t. VU, p. 345 ; t. IX, p. 3116 et 022. — Castuliiau, .Vnnoires. ctlit. Petitol, t. XXXIll, p. 316.
« Invitation faite dans les furmes pour quelque cérémonie ».
* Voy. le Lîcre fies w'ffers, titre 1, art. 17 : titn- X\", art. 1; litre XXV, art. 11. — Cartiilaire de X.-l). île Paris. I. III, p. 273.
' Encyeliiprilie méikodique, arts et métiers, t. I, p. 1 17.
•• Manuscrits, arts et métiers, t. II, p. 119.