‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 289 sur 422 · SEMONNEURS — SERGENTS DE LA MUNICIPALITÉ · texte numérisé non relu

SEMONNEURS — SERGENTS DE LA MUNICIPALITÉ

Comme détail rétrospectif, je rappellerai qu'au treizième siècle, temps où l'on ne connaissait pas les semonneurs, les jurés de la corporation des foulons étaient cliarj^és de « signifier le ser\'ice aux compag'nons dudit mestier >■>, et pour les payer de leur peine, la famille du défunt devait leur pariager « les meilleures chausses et les meilleurs soUiers * qu'il eust * ».

Vov. Crieurs. — Parclieininiers ^. — Part (Billets de). — Fompes funèbres.

Septembrate. Vov. Septembresche.

Septerabresche (L.\). Dans les anciens statuts des métiers et dans les ordonnances du moyen âge. ces mots désignent toujours la nativité de la Vierge fS septembre). « Nul talemelier * ne puel cuire au jour de la seplendirei-clu' ^ ». « Nul selier ne puet ouvrer à la septembresclie " ».

On trouve aussi se^Hembrate, Noire-Dame de septembre, etc.

Sépulturiers. Voy. Fossoyeurs.

Seranceresses. Voy. Fiiassières.

Serdeaux. Officiers de la maison du roi. Ils recevaient. île la main des gentilshommes sen-anis, les plats de la table royale à mesure qu'on les desservait. Ils les portaient à la table des geiitilsliomnips sen-ants. qui était constituée par la desserte du roi et servie par les serdeaux ".

Ce que laissaient les gentilshommes servants était vendu par les valets du serdeau aux bourgeois de ^ ersailles, dans un marché spécial dit marcAe' (/h serdeau ; ce mdrché se tenait en haut de la rue de la Chancellerie, à côté de la caserne des gardes-françaises " .

C'est un serdeau qui eut « l'honneur >•> d'être bâtonné par Louis XIV. Il est vrai que la canne du roi était en roseau, mais il la cassa sur le dos du valet qui, desservant le fruit, avait mis un biscuit dans sa poche '.

On trouve aussi cerdeaux et serdf<Ieaur. forme qui fournit Tétymologie du mot serdeau ".Il faut se rappeler qu'avant le repas du roi. on versait de leau sur les mains du maître d'hôtel, des gentilshommes servants et du contrôle\ir d'office.

Serdeleaux. Voy. serdeaux.

Serenceresses. Voy. Fiiassières.

Sergents. .\u moyen âge, le sergent est presque toujoui's un serviteur iserriens), en

' SouliiTs.

- 11 s'agit des foulons de iîaiiitc-Gencviévc. — Voy. G. Fagiiii'z, Elmles sur l'iniluslrie, pièces jusiificalives, p. 335.

3 Sur les roiiifaux rhs morts.

* Boulanger.

5 /.irrc des mëliers, titre 1, art. 21.

•• I.icre lies ine'lirrs, titre LXXVIII, arl. 24.

" Élnl lie la France jiniir 1687 , t. I, p. 08 ; futur 1712, t. 1, p. 7S ; pour 17 sa, t. 1, ji. Itiî).

8 I,. Dussieux, Le ehiileau île Versailles, I. U, p. 111

9 Saint-Simon, Jfe'moires. I. I, p. 2(51. 'l' \ vy. le Ûictiojmaire de Liltiv.

prenant ce mot dans son sens le plus large. Très .souvent, il s'applique à un valet, à unconcienge, à un gardien ; de là ces mentions que j'extrais de la Tai/le de 1292 :

« Denyse le coutier, et Jehannot son serjant.

Henri, le serjant au cimetière des juifs.

Gautier l'iMiglois. serjant du l'our-l'Evesque.

Hugues du Til. sergent des foyres.

Nicholas, seijant de Saint-Ladre.

Vivien le serjant Monseigneur l'helippe d'Artais.

Jehan d'.\uvergne, le seijant à monseigneur Lo^'s », etc., etc.

Mais le mol sergent désisjrne tout aussi bien les agents du roi, des prévôts, des baillis, etc. chargés de signifier des actes de procédure, de percevoir des amendes, de rempli)-, en un mot les fonctions aujourd'hui dévolues à nos kuiiiiiiers et à nos gendarmes.

Serg-ents d'armes, sergents du roi.

Voy. Massiers.

Sergents du Châtelet, «lits aussi Sergents à verge. Sergents à pied, etc. Ils étaient chargés de la police sous l'autorité des commissaires. Ils signifiaient leurs mandements, portaient leurs contraintes, etc.

Ils avaient pour patron saint Louis.

Sergents de la douzaine. On noiumait

ainsi (hmze sergents du Cbàtelet. spécialement affectés à la garde du prévôt de Paris.

Sergents écorcheurs. ^'oy. Écorcbeurs.

Sergents aux greniers et chambres à sel. L'édit du 7 mars 1583 statue qu'ils « auront authorité, pouvoir et faculté de faire tous adjourneiuens, commandemens, significations, saisies, ventes, contraintes, exécutions, et généralement tous exploicts et actes de justice ordinaire en l'estendue des greniers et chamlires où ils seront » .

Sergents à masse. \oy. Massiers.

Sergents de la municipalité. Ils étaient au noiulue de dix. (Jiialre d'entre eux portaient le titre de Sergents de la marchandise, les six autres celui de Ser(/e/ils du parloir aux bourgeois.

Les premiers avaient plus spécialement pour niissicui de iaciliter l'entrée dans Paris des marchandises arrivant par eau. Ils fai.siiienl à cheval de fréquentes inspeclions le long ilu fleuve, donnaient au liesoin l'ordre d'arracher les arbres ou de démolir les bâtiments ([iii pouvaient gêner la circulation sur les chemins de halage.

Les sergents du parloir aux bourgeois étaient chargés de visiter les mesures, « quartes, pintes, eliopines, demi-setiers, barils « employées par les <lébitanls de liquiiles, de les vérifier, « eslalonner et si;riier au sein;' de la fleur de lis ». Ils remplissjiieiit encore auprès delà mimicipalilé le rôk' d"huis>iers. signifiaient .^ lousadjournemens. arrêts, emprisonnemens, contraintes, inventaires,

si<:r(H':nts dk la municii'.m.itk — si';rins

VPiilos do l)i(Mis sur les qiianviiux, ri iiulro exploits «.

Ces dix seriretits étaieiU lialiillés par la Ville, qui leur remet tail chaque année, soil une somme (le cent sols, soit une rolie de livrée aux armes de la ville. Celle-ci était de drap couleur rou^e tanné, avec un vaisseau d'arg'cnt doré sur l'épaule '.

La modicité delenrtniilcmcnl les força pendant lonji^temps de cumuler d'autres méliei'savec celui de servent ; aussi reiu'ontre-t-nn souvent dans les Tailles des mentions comme celles-ci : « X. épicier et serg^ent ; X, barbier et sergent ».

L'n bois, placé en tête de l'ordonnance de 1415, édition de 1500, représente les dix sergents de la nuinicipalilé en costume officiel.

Ils étaient dits ans>i hui.isiers de la nuotiripalité.

Serg-ents - priseurs.

saires-priseurs.

Vov. Commis-

Serg"etiers. Faliricanls de serges.

Voy. Sergiers.

Sergiers. Fabricants <le serges. Paris produisait très peu de ces étoiles, dont la fabrication occupait, dans toute la France, une multitude d'ouvriers. Dieppe, Fécanip el Rouen au seizième siècle, puis Saint-Lo. Falaise, Vendôme, Dreux, Orléans, ïrojes. (]aen. Condé, Abbeville, Gournay, Reims, Sedan. Mé/.ières, Nantes, Amiens, Chartres, Ypres, .\iimale, Crevecœur, Nîmes, Uzès, etc. possédaient des manufactures de serges, dont la qualité et la dimension étaient fixées par des arrêts et des règlements particuliers. Le premier rang appartenait à la l'icardie, et un arrêt du :^0 août 16(51 y réunit en une seule corporation les maîtres sergiers et les maîtres drapiei's.

Au moyen âge, les serges étaient, en général vertes ou rouges. On en faisait surtout des rideaux, des portières, des couvertures de lit *. On nommait serge de seigneur ou de sire une serge très fine, souvent employée pour les vêtements des ecclésiastiques et des gens de robe.

Beaucoup de sergiei-s étaient en même temps tiretainiers. Ils ont été nonnnés aussi sargiers et sergeliers, la fabrique était dite sergerie.

Serinettiers. F'abricanls de serinettes. Le dix-huitième siècle eut la passion des serins ' et des serinettes. Les facteui's les plus en vogue furent les sieurs Maizier, établi dans l'endos Saint-Jean de Lalran, et Wellres qui tenait boutique dans le cloître des Quinze- Vingts *. Les facteurs d'orgues en fabriijuaient aussi ^.

Serins 'M.\rchands de'. M.GeotlVoy Saint- Hilaire ti.xe au seizième siècle l'introduction en

1 \'oy. Le Roux de Lincy, ffis/uire de l'hôtel de cille, p. 169, 210 et .suiv.

* Douët-d'Arcq, ('.unifies de l'argenlerte, p. 400.

' Voy, ci-di'.ssou.'i l'article Serins (Marctiands del.

* Atiitanach Dauphin pour 1777.

5 Janbert, Uielionnatre, t. Il, \\. 167.

F'rance du serin '. Mais je vois dans les comples de Louis XI qu'en 1478, il achète, au prix moyen de quarante sous la douzaine, qimire douzaines de « petits oyseaulx appelez serins >•>. l'in 1479, il achète encore 4(5 serins et 121 petits oiseaux. La passion du mi n'a fait (|u'augnienler l'année suivante ; il se procure alors '.VM .--erins el près de 400 oiseaux divers.

("harles \'1II hérita de la volière de son père, el il conlinua à l'enlrelenir. En 1490, il achète a\i sieur .lean Verdier, demeurant à Tours, « six douzaines de serins, pour mettre dans la grande cage de Monlils-les-Tours ». Peu de temps apri's, il acquiert de Etienne Huet « demeurant à Saint- Symphorien, onltre le pont de Tours », encore sept douzaines de serins.

Au seizièni(> el même au dix-sepliènie siècle, l'on prélendait ([ue ce joli oiseau avait di"i sou n<ini aux méhulieuses sirènes; « le serin, écrit Belon -, a prins son appellation françoyse de l'excellence de leur chant ». (]'esl aussi l'opinion de Nicol ■', qui n'est pas démenti par Ménage en 1694*.

Les serins avaient donc conservé la faveur dont ils jouissaient depuis deux siècles dans toutes les classes do la société. La duchesse de Mazarin pleurait à chaudes larn\es son aimable Filis •''. et le poète Santeuil qui avait une pleine volière de serins, se mettait « en fureur » ([uand ils refu.saieni de chanter ".

On les associait au rossignol, dont le chani, disait-on, devenait ainsi plus exquis et plus varié '', à la faiivelte, au chardonneret, au pinson, au tarin, au roitelet, à la linotte, à la mésange, à la grive, à l'alouette **.

Les serins restaient toujours les préférés. Aux Canaries et ii Madère, « de gros marchands ne faisoient •guère d'a\itre négoce ' >>. Pietro Olina raconte que, vers le début du dix-septième siècle, un vaisseau qui portait une immense quantité de serins fit naufrage près de l'île d'Elbe. Les oiseaux devenus libres gagnèrent la terre, adoptèrent cette nouvelle pairie, et s'y mulliplièrent avec une merveilleuse rapidité '". PourlanI, au dix-huiliome siècle, la plupart des serins vendus à Paris provenaient de laSuis.se et de l'Autriche, du Tyrol surtout.

L'art d'élever les serins et de perfectionner leur chant était alors fort cidtivé. En 170.'3, le sieur Hervùeux, qui se qualifiait de « gouverneur des serins de M""^ la princesse de Condé », publia son Traité des serins de Canarie, réimprimé dès 1713, et encore en 1802, bien que d'autres ouvrages semblables eussent vu le jour entre ces doux dates.

« 11 vient à Paris, écrit Horvieux, quelques

' Àcelimalalion des animaux, p. 173 et 220.

2 Xnture des oyseanx, p. 354.

•I Thre'sor de la langue française (1621), ji. 591.

* Dietionnaire êl\jmolo(^ique, p. 665.

5 Saint-Évreiiioiit, Œutres, t. IV, p. ;t3!).

^ Legemlre. Mémoires, p. 184-

"^ Li^er, Maison rustiijue, t. II, p. 810-

8 Liêliault, A(]riculture, p. 657.

^ Savary, Dictionnaire, t. I, p. 397.

'* Uccelliera, p. 7.

SERINS — SKKMKNT

Suisses, deux fois l'iinnée, au printemps et à raulomiie ; ils foii( leur demeure onlinaire dans le fauliour;; Saint-Anidiiie. à In Bjvie Hanche, fameux cabaret. Ils apporlent avec eux sur leur dos, en forme de halles, des milliers de serins, qu'ils vont chercher dans le Tirol et dans d'autres lieux circonvoisins. Ils ne sont pas plutôt arrivez ici qu'on y court de toutes parts; les uns y sont conduits par la curiosité de voir s'ils n'ont pas quelques serins hors du commun ; les autres y vont pour y porter leur arj^ent. Ils reçoivent ces derniers-ci plus favorablement (jue les autres ' ». Les beaux serins se payaient fort cher.

Sous la Rén^ence, les fjrandes dames en faisaient trafic. Dans les hôtels les plus opulents, écrit Lémontey, on employait des femmes de chambre et même des demoiselles de qualité à élever ces jolis oiseaux, auxquels la mode donnait du prix. Après les avoir bien stylés, elles les envoyaient « vendre chez le célèbre oiselier (lu (|uai de la Méfjisserie - ». Les oiseleurs se phiiiriiircnt, et une sentence du 27 mai 1735 dut intei'dire ce commerce '. La sentence émanait de la maîtrise des eaux et forêts, qui en rendit une nouvelle le 18 mai 1736 ; cette dernière condamnait à dix livres d'amende et aux frais plusieurs particuliers qui avaient « exposé en vente, le lonrf du parapet du quai <le la Méj^isserie, des marchandises de la profession des maîtres oiseleurs * ».

La ville d'Inspruck fournissait alors les plus beaux serins, et l'exportation annuelle y dépassai! soixante-dix mille francs ■''.

Au mois de juin 1772, Bernardin de Saint- Pierre alla faire visite à Rousseau, alors logé rue Plàtrière. « Sa femme, raconte-t-il, étoit assise, occupée à coudre du linge, et un serin chantoit dans sa cage accrochée au plafond * ». Il en eut trouvé tout autant, dix ans après, chez Robespierre ".

Voy. GriUageurs. — Oiseliers. — Serinettiers.

Seijantes. Voy. Servantes.

Serjants et Serjents. Voy. sergents.

Serment. k\\ mo^-en âge, les serments jouaient un grand rôle dans la vie intérieure des communautés ouvrières. L'apprenti lui-même devait en prêter un avant d'être admis à l'atelier. Quelques corporations veulent qu'il jure solennellement « sus seinz » ou « sur sains * » de toujours observer les statuts du métier qu'il allait

1 Traite lies serins, p. 273.

S Histoire île la Régence, t. Jl, }•- aU).

3 Cliiiillancl, I)ii:linnnnire (les enuœ el furris, p. 4i)0.

* C.liaillanil, Diclionnnire, p. 409.

5 M'"* (lo Genlis, Correspondance (le deux jeunes yiinriêes, dans 1rs Mémoires, t. X, p. 115.

6 Essai sur J.-J. Rousseau, dans les Œuvres, 1. XII, p. a.

' \\>\. t.- Cabinet historique, t. II flgôBl, p. 17.

8 ('.'rst-à-(lirt' sui" It's ivliqm's d'un sain) cl parfois sur les saints (^vangilos. Le Licre des uie'liers (litiT CXIV, art- II) lui donne aussi ce dei-nicr sens.

apprendre '. Les foulons n'imposèrent celle obligation » l'apprenti que vers le milieu du quinzième siècle ; il dut jurer dès lors « qu'il servira son maître bien et loyalement, et gardera les ordonnances faites sur ledit meslier * ».

L'apprentissage est terminé, l'enfant e.st devenu un homme et a gagné le droit de se dire ouvrier. Mais on ne lui accordera ce litre que quand il aura fait, sur de .saintes reliques et en pré.sence de deux membres de la comnumauté. le serment de se conformer aux statuts du métier et de dénoncer les infractions qu'il pourrait découvrir '.

Il va chercher maintenant ii se faire embaucher, et à ce moment encore on exiirera de lui un serment ; il devra jurer, qu'il est libre de tout engagement vis-à-vis d'im maître *.

S'il possède un petit capital et désire s'établir, devenir maître à son tour, un serment solennel est exigé de lui par la commimauté à laquelle il manifeste la prétention d'appartenir. El cette fois, c'est en présence du prévôt de Paris, des jiués et de plusieurs maîtres f[u'il le prêtera.

La corporation s'asseiublail. les statuts étaient lus à haute voix, expliqués, commentés par les maîtres présents, et le récipiendaire jurait d'en « tenir et garder bien et loiaumenl » chaque article, de défendre en tous lieux et en toute circonstance l'honneur et les intérêts de la communauté. Chez les cliapeliers de colon, il s'engageait à saisir, où qu'il le trouvât, tout olijet mal fait ou de mauvaise ([ualilé. et ù le poi'ter au prévôt de Paris, afin qu'il le fît brûler ■'. Chez les crieurs, il promeltait de dénoncer au prévôt des marchands « toute chose qui soit faite au préjudice des privilèges, franchises et libériez de la Ville ou contre les ordonnances d'icelle ' ».

Venaient ensuite divers engagements particuliers qui variaient suivant les corporations. Chez les meuniers, auxquels on confiait de grandes quantités de grains, et qui avaient souvent à lutter contre les crues du fleuve, le candidat jurait, non seulement de respecter « les bons us et les bones costumes », mais encore de garder « bien et leaument ' les biens et les choses à tous ceuz qui les arront ", et que se aucuns de ses voisins a meslier ' de lui. soit de nuiz, soil de jour, que il *" a son pooir ** li aidera, et se il ni vient, il seroit parjure " ». L'aspirant fripier jurait « qu'il n'achatera de larron ne de larronnesse ù son escient ; ne en bordel ne en taverne, se il ne set*' de qui; ne chose moilliée " ne

' Staluls des épinglicrs, dans G. Deppinir, Ordo»nanees, p. 3(10.

* Sliituts de 1143, art. ô.

•1 I.irredes mrliers, titres XXXIII, XXXVI, lAVII, LXXII, etc.

* Airre des me'liers, titres I.I. I.XI, etc. '■ I.irre des me'/irrs. litiv X(!II. art. 5.

6 Ordonn. de 14 lô, oliap. IX, art. 3.

" I,o\alement.

^ .Vunmt.

9 Hesuin.

10 Lui.

't IVuvoir.

•- I.irre des m-liers, litre II, art, 8.

<:< Sait.

)* Mouillée, lavée.

SKRMKNT — SKHIUIHII'IUS

(Ul

siiiH'-laiili', SI' il lie soi (Idiil le sauf et la luoilliMirt' vient ; no (1(^ luesel ' ne de mcsole ; no nul "arnenieni - qui apartie^ne it la religion, se il n'est despcciez •• par droite useiire ». Les statuts )ijout(Mit : >,< et se aucun feit encontre aucune des choses desus dites, il pert le nicslier ' ». Il lui fallait donc l'aclieler une seconde fois et prêter serment île nouveau. Les cliirurii;iens juraient de ne pas donner leurs soins >< aux nuirtriers ou larrons <[ni sunt lileciez ou blecent autrui, et viennent celeenient '■' ans cyrurfi^iens, et se font «juérir celeenient » -, après un premier appareil posé ou un premier pansement fait, le chirurgien était tenu d'avertir le prévôt de Paris".

Dans la suite, le caiulidat s'engageait surtout à « hien et tidellemeiil exercer le métier, souffrir la visite des jurés et leur porter honneur et respect ' ». La formule n'était pas toujours aussi concise. Certaines communautés se distinguaient par la multiplicité des engagements auxquels elles astreignaient le récipiendaire. Le futur apothicaire, par exemple, jurait d'honorer ses parents et les médecins, d'observer toujours le secret profes-sionnel. de ne jamais donner ù personne ni poison, ni potion abortive. de ne tenir jamais dans sa boutique « aucune mauvaise et vieille drogue ». Les statuts accordés en 1642 aux crieurs suppriment le serment, mais ils stipulent que « les nouveaux receus en la compagnie seront admonestez en entrant en icelle de sp comporter honneslement, et de ne rien faire déroireant à leur condition : d'honorer les anciens et officiers de ladite compagnie ; et lors des comptes et assemblées, qu'ils se garderont bien de prendre parole avec aucun, de ne point jurer nv blasphémer le saint nom de Dieu, etc. ' ».

Ce serment était la dernière formalité exigée du caiulidat, mais une cinquième l'attendait s'il ambitionnait les fonctions de juré.

Il existait bien d'autres occasions de serment. J'en citerai, comme exemple, im seul, que me fournit la communauté des foulons. En 1443, ayant sollicité du prév(U de Paris la révision de leurs statuts, les maîtres et ouvriers afiirmèrent devant lui « par serment faict aux saincts évangiles de Dieu », cette mesure « estre bonne, utile, prouffltable et nécessaire au prouffU et à l'honneur dudit meslier ' ».

Serpiers. Faiseurs de serpes. Nom que l'ordonnance des Bannières (1467) donne aux taiUandiers.

Serquiliers. Voy. Cerciiers.

Serrailleurs et Serraliers. \'>y- Serruriers.

' Lépreux.

- Étoffe, ornement.

3 DétérionS.

* /.ivre r/fs métiers, titre LXXVI, art. ■ " En secret.

•> Liûre det me'liers, titre XC\'I, art 2. " Selliers, statuts de 1678, art. 0.

* Article 20.

9 Oriiona. royales, t. XVI, p. 586.

Serres chaudes, ^'oy. Baromètres (Fabricants de) el Vitriers.

Serriers et Serrors. \ oy. serruriers.

Serruriers. On ne possède pas les anciens statuts des admirables artisans ((ui, au moyen ùge, fai^'onnaiont la grosse serrurerie de bdtimeut . Seuls, les faiseurs de serrures ' et les greiders ou greffiers soumirent, vers 1268, leurs règlements à l'homologation du préviM Etienne Boileau.

Les fabricants de serrures étaient alors divisés en deux classes : les serruriers de fer el les serruriers de cuivre.

Les SERHURIERS DU FKK étaient placés sous l'autorité du |)remier nutréchal de l'écurie du mi: C'est à lui que revenait, au moins en partie, le produit des amendes infligées pour délits professionnels. C'est à lui aussi ([u'il fallait acheter le droit de s'établir.

Cha([ue maître pouvait avoir un nombre illimité d'apprentis, el régler comme il l'entendait les conditions de l'apprentissage.

Le travail à la lumière était interdit, << ipuir la veue de la nuil n'est pas souflisant à faire si soulil oevre ■* corne il apartient au inestier de serre urerie ».

La .serrure qui ne portait pas à l'intérieur toutes \of, gardes indiquées par la clef était brûlée <i. arse », et le fabricant mis ù l'amende.

Pour éviter c[ue de fausses clefs fussent forgées sur une empreinte qu'il est toujours facile de se procurer clandestinement, il était recommandé de ne faire aucune clef sans avoir la serrure sous les yeux : « Nus serreuriers ne puet faire clef à serreure, se la serreure n'est devant lui en son hostel * ».

Deux jurés administraient la communauté.

Les SERRURIERS DE CUIVRE sonl noiumés boitiers, feseeurs de serreures à boites, serreuriers de laiton, etc. Ils fabriquaient les serrures fines, destinées aux écrins, aux coffres élégants de tout genre.

Leur organisation n'avait aucun rapport avec celle des serruriers de fer.

La profession était libre. Il suffisait donc pour s'établir de posséder un capital suffisant et de connaître le métier : « Il puet estre serreuriers de laiton qui veut, pour qu'il ^ sache fere le mestier. et il ait de coy " ».

Chaque maître ne pouvait avoir en même temps qu'un seul apprenti. La durée de l'apprentissage était de huit ans pour l'enfant sans argent, de sept ans pour celui qui apportait vingt sous. Si l'apprenti se sauvait, le maître devait le chercher durant une journée, le père de l'enfant du.'ant une autre journée, et le maître restait sans apprenti pendant tout le temps que lui devait encore ce dernier. Quand celui-ci

t Llt>re lies me'liers, titres XVIII et XIX.

- Litre lies métiers, titre XV.

3 Œuvre si subtile, si délicate.

* En son atelier.

5 Pourvu qu'il.

S Le capital nécessaire.

SERRUKIKHS

revenait, 1b maître était tenu de le reprendre; mais il est clair que le temps de l'absence ne comptait pas comme ser\'ice.

Le travail à la lumière était interdit. 11 cessait en toute saison le samedi à six heures. « au darrenier coup de vespres en la paroisse où ils [les maîtres] demourrent ».

Il était défendu de réparer aucune vieille serrure pour le compte des gainiers et des merciers, parce que ceux-ci exigeaient de leurs clients une somme beaucoup plus forte que celle qu'eux-mêmes payaient au serrurier. C'est là une nouvelle preuve (le la loyauté que tous les statuts de cette époque s'efîorcent de faire prévaloir.

La corporation était administrée par un seul juré.

Dès le douzième siècle, la serrurerie approchait de la perfection, et elle atteignit son apogée au treizième siècle ; les pentures des deux portes latérales de la façade orientale de l'église Notre- Dame, les grilles de l'abbaye de Saint-Denis datent de celte époque, et ces merveilles de l'art du forgeron n'ont jamais été surpassées. Tout ouvrier était alors un artiste. Ayant peu de ressources matérielles à sa disposition, il était bien forcé de demander à son intelligence ce que ne pouvaient lui fournir des procédés mécaniques encore à peine entrevus. Le travail de pacotille, vulgaire de forme, vulgaire de conception n'existait pas et ne pouvait pas exister; l'œuvre était pauvre ou riche, simple ou luxueuse, mais elle était toujours le produit d'un effort personnel dirigé vers le but à atteindre. Il ne s'agissait pas di' livrer à une machine un morceau de métal (lu'elle rt-nd brutalement sous une forme convenue destinée à satisfaire le plus de monde possible, il fallait que l'intelligence et la main de l'artisan ii'i-issent de concert ; et pour obéir à ce sentiment naturel qui pousse l'homme à toujours chercher le mieux, r(nivrier, même en se copiant, introduisait sans cesse dans son travail soit une idée plus complète, soit un calcul plus judicieux, soit des moyens d'exécution plus logiques et plus simpli's'. Toute œuvre fabriquée dans ces conditions doit être avec raison recherchée, car c'est une œuvre originale, sur laquelle l'artisan a imprimé la trace de son génie propre et de son goût. A mesure que les outils se perfectionnent, la main de l'ouvrier perd de son habileté, et son cerveau paresseux laisse la machine agir pour lui. Du treizième au quinzième siècle, l'iu-t de la serrurerie baisse lentement, abandonne peu à peu sa "race et son charme ; quelques traditions se con"servent encore au dix-septième siècle; puis commence le règne du bon marché, de l'art banal et vulgaire, s'elïorçant de donner l'apparence du luxe à des objets sans valeur, et n'égalant pas même en solidité les travaux exécutés par les grands artistes du treizième siècle '.

La Taille de 1292 mentionne 27 serruriers, celle de 1300 en cite 36. Ils étaient au nombre de 59 environ en 1392 -. Parmi les plus habiles

t riur tout ceci, voy. Viollet-lc-Due, Dictionnaire de fiirehitectme, t. VIII, p. 288 et suiv. ï Fassiez, Études sur l'industrie, p. 18.

maîtres de ce temps figurait le sieur Vincent Alixandre, qui fut chargé, en 1362, de faire une clef « pour la serrure de Bische-Mousche ' au Louvre ». Dans l'hôtel de Guillaume Sanguin, situé rue des Bourdonnais, il y .avait, nous dit Guillebert de Metz, « deserreures, autant comme il y a de jours en l'an * ».

Les serrures, souvent faites en Lois, étaient, comme mécanisme, absolument sentblables à nos serrures communes. Le ploustre ou cadenas différait un peu du nôtre.

Les deux communautés de serruriers étaient réunies en une seule dès le quatorzième siècle, car aucune distinction n'existe plus dans les statuts datés de mars 1393. Ceux-ci furent encore confij-més en 1.543, et un arrêt de janvier 1.Î79, rendu à la suite de différends soulevés par les taillandiers, fournit une longue liste des objets dont chacune de ces deux corporations obtenait le monopole.

Je dois mentionner, au début du dix-septième siècle, une invention assez curieuse, celle du cadenas à lettres. Le cadenas onlinaire était connu depuis très longtemps; son nom, dérivé du latin rutena, vient de ce que le plus souvent il unissiiit les barreaux d'une grille ou les derniers anneaux d'une chaîne. Héroard, dans son Journal, raconte qu'au mois de décembre 160.T, le petit Louis XIII .s'amusait à « ouvrir et refermer un cadenas à lettres ' ». C'était encore une curiosité, car, à la date du 6 septembre 1606, Lestoile écrivait ceci : « M. D. L. m'a donné ung petit cadenas qui ne se peult ouvrir ni fermer que par quatre lettres, qui sont A. M. 0. K, qui font amor^ lesquelles sont gravées, avec plusieurs autres audit cadenas * ».

Au mois d'octobre 1650, Louis XIV octroya aux serruriers des statuts, qui les ont régisjusqu'à la Révolution ^. J'y relève ce qui suit :

Chaque maître ne pouvait avoir à la fois que deux apprentis, un membre de sa famille et un étranger.

L'apprentissage durait cinq ans, et il était suivi de cinq ans de compagnonnage.

L'aspirant à la maîtrise devait prouver d'abord qu'il était catholique, puis produire son brevet d'apprentissage et son certificat de compagnonnage. Il était ensuite admis à faire le chef-d'œuvre, épreuve à laquelle la communauté parait avoir attaché une extrême importance et dont elle avait réglé minutieusement les conditions. Il y avait quatre chefs-d'œuvre: Un pour le compagnon ordinaire ; un autre pour le compagnon, non apprenti de l'aris. qui épousait une fdle de maître ; un troisième pour le compagnon, non apprenti de Paris, qui épousait une veuve de maître. Quant au lils de maître, le chef-dœtare était remplacé pour lui par une épreuve plus facile nommée expérience ; elle consistait « à faire une

1 .Sur 1.1 silualion rt l'histoire de cette tour, vov. A. lîfTlv. Tnpa^rnphie du rirux Paris, t. I, p. 148.

2 Drs'cripliun de Paris, «dit. de 1867. p. 200. :i T.'iiie 1, p. 1(!4.

» Tome VIII, p. 240.

S Paris, 1662, in^".

SKRUUHIKHS — Sl-IUVANTKS

(il:)

serrure à trois femielures où à ileiix pèles ', lii clef à tiers point avec son canon.

Disons tout de suite <]ue la décadence de la serrurerie ne permit pas de conser\'er les chefsd'œuvre con»pli(pu's. Un ri-p^lenieiil de police du ^',) juillet lltSIK, décida qu'il l'avenir les épreuves seraient fort sin\plilié('s. Toutefois, on exigeait encore de l'apprenti étranjj^er •< une serrure à six fernieluri's, avec la clef à tire-point cannelé «, travail (]tii pouvait demander jusqu'à trois mois.

La corporation était administrée par un svndic et quatre jurés. Le svndic devait être choisi parmi les liacheliers ' ; il était nommé par eux et les jurés pour une année seulement. Les jurés étaient élus pour deux ans par le svndic. les jurés en charge et vin^t-cinq maîtres. .\ussilôt après leur élection, ils prêtaient entre les n\ains du procureur du Cliàtelet le serment •< de procéder en leur conscience contre les usurpateurs et ennemis dudil art et de s'employer dilit^emment pour l'exécution >^ des statuts. Ils étaient tenus de faire tous les ans au moins cinq visites g^énérales chez chaque maître. Ils avaient droit à la moitié des amendes inflii^ées, sur leurs rapports, pour délits professionnels.

Les veuves pouvaient continuer le commerce de leur mari et «jarder son apprenti, mais non en prendre un nouveau après que celui-ci avait achevé son temps de service.

L'article .')6 proldbe l'usaj^'e des serrures en bois.

Les articles 51 et ô2 interdisent de faire l'ouveriure d'une porte en l'absence du propriétaire de la maison ou du locataire de l'appartement, et de fabriquer aucune clef sans avoir la serrure sous les veux. Cette défense, qui figure depuis le treizième siècle dans tous les statuts des .serruriers, fut renouvelée, toujours sans grand succès, par une multitude d'édits, de sentences, de règ-lements et d'aiTèts.

L'article 44 montre que les serruriers confectionnaient surtout les pièces nécessaires aux charpentes, ancres, crampons, boulons ; les ustensiles de ménage en fer, loquets, gonds, pivots, verrous ; et aussi les balustrades et grilles, (jue l'on voulait alors aussi riches qu'ornementées. La plupart des serrures étaient faites hors de Paris ; elles venaient en grande partie de la ville d'Eu, dont les habitants étaient presque tous, de père en fils, voués à ce travail. Les quincailliers de Paris les achetaient en gros et les revendaient aux ébénistes et aux serruriers. Ceux-ci ne fabriquaient eux-mêmes que les serrures compliquées qui fermaient les coffres forts des financiers, des négociants , etc. Le chef- d^ œuvre comprenait toujours une serrure de ce genre. « Un serrurier, écrivait Sébastien Mercier, est devenu parmi nous un artiste. Mais s'il est garant de la sûreté publique, il ne l'est pas de sa félicité : son ingéniosité prouve celle du filou et du voleur ■• ».

Deux habiles serruriers du dix-septième siècle

' On écrit aujourd hui pêne.

* C'était le tiln/ que prenaient les anciens jurés.

3 Tableau, de Paris, t. XI, p. 32.

ont consacré ii leur profession des traités assez curieux. Mathurin Jousse publia en 1()27 un beau volume in-folio intitulé: La fid-Hf oueeiiuru de l'art de serrurier, où Fon roid les principau/x préceptes, desseiii//s et figures timehant les e.rpi'rieiices et opérations manuelles dudit art. L'auteur dél)ute ainsi : >< Kntre tous les arts niéch,ini([ues, il n'y en a aucun ([ui se [)uisse paraiigonner a celuy du serrurier, pour nous esire titille et nécessaire; l'invention d'iceluy estant sy vieille et antique cpi'il sendile avoir prins naissance avec ceste univers mesme >>.

Robert Davesne publia aussi, en 1676, un TÀvre de serrurerie {\\n se compose seulement de douze planches représentant des serrures, des clefs, des panneaux, des grilles et des balustrades. Son portrait, placé en tète du volume, a été reproduit dans le Magasin pittoresque '.

Une déclaration de 1726 défendit, sous peine de mort, à tout serrurier dt^ forger aucune pièce pouvant servir à la fabrication des monnaies.

Je rappelle que Louis XVI s'occupa pendant longtemps de serrurerie. Lors des couches de Marie-Antoinette en 1781, la corporation offrit au roi une serrure mystérieuse, en ce sens que quand la clef y pénétrait, on en voyait sortir un Dauphin très bien fait -. PVançois (îermain, qui avait donné des leçons à Louis XVI et qui finit par le trahir, avait pour père un serrurier des bàlinients royaux.

\ Crs la fin du dix-huitième siècle, la corporation comptait environ 3.50 maîtres, et avait pour patron saint Eloi.

J'ai trouvé les serruriers nommés sarrevriers, sarriers, serrailleurs, serraliers, serriers, serrors, serrurons, sieruriers. etc.

Voy. Chef-d'œuvre et expérience. — Fer (Travail du). — Sonnettes (Poseurs de).

Serrurons. ^'oy. Serruriers.

Sertisseurs. Ouvriers joailliers qui sertissent, c'est-à-dire fixent les pierres dans les chatons.

Servantes. La servante du dix-septième siècle représente la chambrière du moyen âge.

Le maître d'hôtel Audiger a tracé de la servante bourgeoi.se, celle que l'on nomme aujourd'hui bonne à tout faire., un portrait qui n'a guère cessé d'être exact. Notons d'abord que l'expression chambrière à tout faire était déjà employée au seizième siècle '.

« Une bonne servante, écrit .Audii>pr, doit se connoître en viande, savoir bien acheter, bien faire la cuisine suivant les gens qu'elle sert, mettre son pot-au-feu, faire que la vais.selle et la batterie soient toujours bien propres, cire prompte et diligente en tout ce qu'elle fait, aller promplement partout où l'on l'envoie, et

1 Année 1867, 35» année, p. 117.

* Mémoires srcrels liils <le Bachaumont, 23 mars 1777, 29 octobre et 16 novembre 1781.

3 Voy. la Ckamiirière à tout faire, dans \. de Monlaiglon, Anciennes poésies, t. I, p. 90.

SERVANTES — SEKVERESSES

revenir de iiièmc, ne se point iinuiser, ni caqueter, ni dire ce qui se passe à la maison de ses maîtres ou maîtresses, comme font la plupart des servantes. Lorsqu'on les envoie acheter quelque chose, la plupart des {»ens leur deman- (lenl : « — Ali ! aii ! ma fille, vous êtes donc à présent chez monsieur ou madame une telle V — Oui, nuidame, répond la servante. — Y a-t-il lonirtemps que vous y êtes? répond l'autre. — Non, nuulanuî, répond encore la servante. —

— Vraiment, continue l'autre, ils en cluiiifi^Bnl souvent. Qiu.'ls g'ens sont-ce donc, ([ue fonl-ils? comment vivent-ils'? Ils sont donc bien dil'liciles, puisqu'ils changent si souvent ». Alors la servante entre lout-à-fait en nialifere, et dit de son maître et de sa maîtresse tout ce qu'elle sait et ce i|u'('lle ne sait pas. Pendant qu'une femme de marehand l'amuse el l'enlrelienl ainsi, le boucher lui donne la plus méclianle viande ; le boulanj^-er le pain le plus mal fait el île nioinili-e déijit ; l'épicier, riiiiile la plus mauvaise ; le chandelier, la chandelle la plus coulante, et la fruitière, les herbes et léj^umes les plus vieilles et les plus pourries ; ainsi que des autres choses : el c'est par là que tout se vend et que rien ne reste à Paris. C'est ainsi que font les méchantes servantes ; voilà ce que produit leur babil à leur maître ou maîtresse, el ce qui est cause qu'ils sont souvent fort mal servis. Cependant, reviennent-elles au lo<i-is, elles prennent les devants, et querellent les premières, en disant d'abord : ■' Dianire soit des o-ens, on est toujours quatre heures avant qu'on en puisse avoir ce (ju'on demande ».

Elle doit aussi savoir bien faire les lits el bien nettoyer les chambres; avoir soin des enfans en cas qu'il y en ait, les lever le matin elles coucher le soir : bien nettoyer leurs habits et autres bardes, et les tenir bien propres ; les faire prier Dieu soir el matin ; leur donner à déjeuner, les mener ou envoyer aussitôt à l'école : empêcher qu'ils ne crient ni qu'ils se batteni ; les traiter doucement et ne pas trop les riuloyer comme font la plupart des servantes, ce (jui les rend quelquefois bizarres el de méchante humeur, sans que les père el mère en sachent la véritable cause. Pour empêcher qu'ils ne se plaiij;nent, elles leur donnent aussitôt de petites douceurs, ainsi que pour les détourner de dire qu'ils voyent souvent les amoureux des coquines, qui sous le nom de cousins ou d'autres parens, les viennent voir el à qui elles donnent le mot sitôt que les maîtres ou maîtresses sont absents. Et c'est ce qui fait encore bien souvent les méchantes servantes, car ce commerce les obliy;e de voler, de ferrer la mule * ainsi que le nudet. Lorsqu'elles peuvent sortir, c'est pour les aller trouver, faisant entendre aux maîtres et aux maîtresses qu'elles ont affaire quelques momens pour aller voir quelqu'un de leurs parens ou crens de leur pays qui leur apportent des nouvelles de leurs père et mère ; elles restent ainsi quelquefois des demi journées entières, comme si elles avoient vérital)lemerit bien desaifaires^ ».

1 Voy. ci-do.s.sus l'articli' Mule {Kuinvi- la), î la maison nylre (1092), liv. 111, ehap. 3.

Je citerai seulement, parmi les innond)raliles formules employées par dési<jiier les cluimbrières ou les servantes, les expres-sions ra/es. chamhcrières, chumbrillons, serveresses, serciteresses, serjanles, soldoières, soudoières, souldoyères, etc., etc.

Voy. Chambrières el Domestiques.

Servantes d'auberg-e. « Le devoir d'une

bonne servante d'auluT-,''!! est d'être toujours bien propre en tout ce qu'elle fait, de bien faire les lits et les chambres des messieurs ()ui sont lof^és chez son maître ou sa maîtresse. Si elle trouve des bardes ou quelqu'autre chose qui leur appartienne, il faut qu'elle ail soin de les serrer pour leur rendre sitôt qu'ils sont de retour à la maison. Elle doit aussi prendre bien j^arde à tout ce (pi'elle leur donne pour les chambres, afin (pie tout cela s'écrive et (pi'on n'en oublie rien lorsqu'il s'aji^it de conq)ler avec eux. Et si elle s'apercevoit qu'il y en eùl cpielqu'un qui voulut s'en aller sans payer, comme cela arrive assez souvent en beaucoup d'auberges, elle doit aussitôt en avertir .son maître ou sa nuiîtresse, afin qu'ils donnent ordre et empêchent qu'aucunes bardes ni paquets ne sortent de chez eux qu'ils ne soient satisfaits.

Il faut encore qu'une servante soit diligente, et aille promplement partout où on l'envoie, et ne s'amuse point à causer ni caqueter au lieu de revenir au logis ; qu'elle ait soin de tenir sa cuisine bien propre, et de bien écurerla vaisselle el sa batterie ' ».

Servantes de château. ■< Le devoir de la servante de château est d'avoir soin d'aider à apprêter à manger aux valets lorsqu'ils vont et reviennent des champs, afin que cela soit toujours prêt dans les heures nécessaires, el qu'ils ne perdent point de temps inutilement.

Elle doit encore faire les lits et les chambres, el tenir le tout bien propre. Et lorsqu'elle n'a plus rien à faire dans le logis, il faut que de même elle aide à la ménagère à faire tout ce qui est de son devoir, tant dans la bas,se-cour qu'ailleurs - ».

Servantes de cuisine. « Le devoir d'une servante de cuisine est de commencer le matin à bien nettoyer et balayer la cuisine, jeter de l'eau partout, bien ranger el écurer la batterie et autres ustensiles, bien laver et nettoyer la vaisselle d'argent .

Elle doit aussi balayer tous les jours la salle à manger et la graiule montée, l)ien éplucher les herbes, et autres menues liesognes qui se trouvent à faire, et aller et revenir de tous les endroits où

. on 1 envoie

Servants. N ov. Manœuvres.

Serveresses.

vantes.

Serviteresses.Voy.ser-

' .-Vudifjcr, La maison rfglée (1602), liv. III, chap. 3

* .Vudipcr, liv. Il, chap. 4.

■' .Vudip'r, liv. I, chap. 5.

Page 1