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SKRVITI<;URS — SIX-CORPS

Serviteurs. On nomme ainsi, dans les niflineries de sucre, « des ouvriers loués à l'année, ([iii sont sous les ordres du contre-niattre, et doivent lui obéir sans réplique. Il faut que ce soient des lionnues fort roliustes pour supporter les faraudes fati^'-ues d'une raflinerie. C'est pour cela qu'on les ncjurrit sans leur épargner ni pain, ni vin, ni bonne clière ' ».

Servoisiers. Voy. Brasseurs.

Sexte. Dans le Livre des métiers et dans les ordonnances du nioven àire, ce mol désigne oi'dinaireinent l'heure de midi.

Seyeurs. Vov. Soieurs.

Sibilots. Vov. Ventriloques.

Sièges mécaniques. On lit, dans un conq)te d'avril 1416: « Chaise roulante sur quatre roues, pour la reine malade - ». Isabeau de Bavière, aloi-sàgéede 4."'i ans. était déji» obèse et valétudinaire.

Voy. Lits mécaniques.

Sieliers. Nom par lequel le Licre des métiers •* désigne les selliers.

Siemriers. Voy. serruriers.

Siffleurs. Précepteurs d'oiseaux. Louis XIII avait, pour les oiseaux de sa chambre, un siftleur en titre *.

On écrit souvent chif/leurs.

Silhouettes (Découpeurs de). Ce métier est né du passe-temps d'un grand seigneur, Etienne de Silhouette, qui fut pondant quelques mois contrôleur général des finances '. Une de ses distractions consistait à tracer une ligne autour de l'ombre d'un visage, afin d'en voir le profil dessiné sur le mur. Plusieurs salles de son château de Bry-sur-Marne avaient les murailles couvertes de ces sortes de dessins, qu'on appela des silhouettes, mol qui a pris place dans la langue.

Le peintre genevois Jean Huber y excella par la suite. ■< Protégé de Voltaire, écrit la baronne d'Oberkircli, il avait découpé son portrait si souvent, qu'il le faisait avec les mains derrière le dos. sans ciseaux et avec une carte qu'il déchirait seulement * ».

La fin du dix-huitième siècle raffola des silhouettes ; chacun voulait avoir la sienne. Au Palais-Royal, sur les boulevards, plusieurs découpeurs •< faisaient en moins de deux minutes des portraits très ressemblans ' ».

* Eneychpêtlie méthodique, arts et métiers, t. VIÎ, p. 715.

* Jean Chartier, Chronique, édit. elzév., t. III, p. 275 et 285.

3 Titre LXXVIII.

* Héroard, Journal 'le Louis XIII. t. I, p. 38G. — A. Jal, Dictionnaire critique, p. 386.

5 Du 4 mars au 21 novembre 1759.

K Mémoires, l. Il, p. 160.

" PruJhomme, i/i>oi> </e Paris, t. Y, p. 239, 243, 244.

Silleurs. Moissonneurs, scieurs de blé '. Voy. Soieurs.

Simphonieurs. Voy. Chifonieurs.

Singes. Nom qui était donné aux maitres ou patrons dans l'as-sociation dite des Enfants du père Suuiise -.

Voy. Devoirs.

Sirurgiens. Voy. Chirurgiens.

Six-Corps (Les). Vers la (in du quatorzième siècle, les |)lus importantes corporations de Paris connnenci'rent à former une sorte d'aristocratie industrielle. Kn vertu d'un privilège qu'elles durent d'abord ù leur riches.se, et qui leur fut bientôt reconnu par la municipalité, elles représentèrent le commerce parisien dans les cérémonies officielles.

Il était « de notoriété publique », au dixseptième siècle ', que ces corporations avaient été dans l'origine au nombre de quatre .seulement :

Les drapiers.

Les épiciers.

Les pelletiers.

Les mercière.

Les changeurs et les orfèvres se joignirent à elles un peu plus tard. De sorte que, en 1431, quand Henri VI vint se faire sacrer à Paris, les corps privilégiés l'escortèrent dans l'ordre suivant :

Les drapiere.

Les épiciei"s.

Les changeurs.

Les orfèvres.

Les merciers.

Les pelletiers.

Les bouchers *.

Gomme on le voit, les bouchers, qui venaient de jouer un si grand rôle dans la capitale, avaient pris part à la cérémonie, mais c'est là un honneur dont ils jouirent pour la première et la dernière fois.

La hiérarchie observée avait changé déjà en 11304, loi-s de l'entrée de la reine Anne de Bretagne. Les Six-Corps qui allèrent à sa rencontre étaient ainsi classés :

Les drapiers.

Les épiciers.

Les pelletière.

Les merciers.

Les changeurs.

Les orfèvres =.

Ce cérémonial n'était pas encore officiellement Ci\é, et il en résultait de continuels démêlés pour la préséance. Une violente animosité existait surtout entre les pelletière et les merciers, qui se disputaient le troisième rang. Les pelletière soutenaient même qu'ils avaient autrefois occupé le premier. Ils n'apportaient aucune preuve à l'appui de leur prétention ^, mais ils eussent pu

^ Voy. Ducange, au mot selio.

* .Vgr. Perdiguier, Le livre du compagnonnuge, t. I, p. 42.

3 Voy. Saint-Joanny, Regislre des délibérations des marchands merciers, p. 232.

* Journal d'un bourgeois de Paris, édit. Tueley, p. 276. S .4rcliives nationales, H 1778. f" 123.

* Voy. .Sauvai, Recherches sur Paris, t. II, p. 477.

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