‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 296 sur 422 · u mot eametotum · texte numérisé non relu

u mot eametotum

9 Édit. Méon, t. m. p. 294.

1» Édit. Kuchon, liv. IV, chap. I, t. III, p. 5.

le treizième siècle, commencé à en faliri(|uer '. Il en venait aussi di' Tiipoli. l'I ce dernier était iiommo lamelul de Tripe. Patlielin vunte u (iuillemette les gens qui « de cainelos sont veslus * ». Mais, au siècle suivant, les camelots cessèrent d'être regardés comme une étoffe de luxe, et furent compo.sés de 111 et de laine ; ces derniers étaient surtout produits par la Flandre et la Picardie '.

Camocas. Camocas. écrit Le Duchat. est le nom d'un château situé dans la terre sainte. « Nos chrétiens, ipii possédoient ce château donnèrent le nom du lieu à la belle étoffe (pii s'y faisoit ». De là l'origine des mots camocas (Pou're-nier, très fréquents dans les comptes du ({uatorzièmc siècle ; mois on ne le trouve guère cité avant ni ajirès cette date. Le camocas avait n peu près les mêmes usages que le samit. On lui appliqiuiit toutes les couleurs*, et il était fréquemment nné d'or et d'argent^. Le camocas plomqnie' est du camocas couleur de plomb ^.

Cendal. C'était une étoffe de soie unie qui se rapprochait beaucoup de notre taffetas. KUe était connue des Cai-lovingiens ; le moyen âge en lit des vêtements, des robes, des capuclums. des gants, et surtout des tentures pour les chandires et les lits, au.ssi est-elle citée dans les statuts accordés en 1290 aux coutepointiers. On la teignait en toutes couleurs, car on trouve au quatorzième siècle du cendal blanc, noir, vert, jaune, tanné, gris, inde ou bleu île ciel, rayé, etc. ; la célèbre oriflamme de .Saint-Denis était de cendal rouge feu :

Vfxilluni simplex, condato simplicc tcxtuin, Splendori.s rubei....

dit (iuillaume le Breton". C'était, au reste, l'étoffe alors employée pour presque toutes les bannières ".

Le cendal dit de graine éiah toujours rouge*. Le cendal tiersain ou tiercelin était du cendal à trois poils. On disait d'une étoffe de soie qu'elle était à deux ou à trois poils selon le nombre des lignes jaunes marquées sur la lisière. Les tissus les plus recherchés portaient trois marques, et peut-être est-ce là l'origine de l'expression brave à trois poils. Le cendal battu était celui sur lequel on avait appliqué de minces feuilles d'or ou d'argent découpées.

La plus grande partie du cendal vendu en France venait de l'Italie, de Lucques surtout, et le commerce en était souvent fait par des marchands italiens installés dans nos irrandes villes.

C est ainsi que la Taille de 1202 mentionne,

parmi les commerçants de la paroisse Saint-

1 Fr. Michul, t. II, p. 44.

^ La farce tir Pnthelin, page 7.

3 Savary, t. I, p. 533.

4 Ducange, au mot camoca.

^ Douet-d'Arcq, Comptes de l'a.-genterie, p. 355.

6 Édit. Delaborde, l. II, p. 319. — /lecueil des historiens (les daules, t. XVII, p. 257. Mais voy. Ducange, Disssertation sur la bannière de Saint-Denis.

' Fr. Michel, passim. — Viollet-le-Duc, Dictionnaire du moèi/ier, t. III, p. 358.

' Voy. ci-dessus l'article Couleurs (Marchands de).

SOIK

Paul, •< Gliule Clare (1p Florence, qui vent cendauz >•>.

Dès le quatorzième siècle, le laifetas commença à faire concurrence au cenilal.

CnvPBE fI)RAPS d'or de). Mélange de soie et (le fils d'or. Cette industrie passa de Chypre en Italie, et au ([uinziëme siècle les draps d'or de Chypre se fabriquaient ù Gênes '.

Ua.m.\.s. La ville de Damas nous envoya fort peu de ses tissus avant le quatorzième siècle. On rencontre souvent alors, dans les comptes, les draps d'or de Damas ou de Domasque '. Il y en avait de toutes les couleurs, et ils étaient surtout employés à faire de riches vêlements. On en consomma toutefois très peu en France avant la fondation de la grande manufacture de soieries établie à Tours par Louis XI en 1470.

Au dix-huitième siècle, on recherchait surtout les damas de Flandre, souvent tramés d'or et d'argent ; les damas d'Abbeville, tout en fil ; les damas de Caux, en fil et presque toujours rayés ; les damas cafards oucaphards. imitation dans laquelle il entrait de la laine, du lil et même du coton.

Diapré. Ktolîe de soie très répandue en France pendant les treizième et quatorzième siècles. On en faisait des ornements d'église ', des vêtements, des tentures, des coussins, des hous.ses de cérémonies pour les chevaux, etc. ; on la teignait en toutes couleurs. Le diapré venait d'Orient, et le plus estimé était fabriqué à .\ntioche *.

Ferr.\ndine. Voy. ci-dessus l'article Ferrandiniers.

Grisette. Voy. ci-dessus l'article Ferrandiniers.

Marramas. Drap d'or, que l'on ne trouve guère cité qu'au quatorzième siècle. On le nommait encore mactabas, raattabas, arramas, mathebas, mairamas, etc. Il servait surtout à parer des autels et des tombeaux. Il s'en fabriqua très peu en France ; la plus grande partie de celui qui y était employé venait soit de l'Orient, soit de Lucques".

N.\CHiz. Espèce de drap d'or, que l'on trouve encore nommé nac, nach, neckh, nak, naqv.e, etc.

Il se fabriquait .surtout à Bagdad, et on le trouve cité déjà au onzième siècle. Au quatorzième siècle, l'Italie, la ville de Lucques surtout en fournissait à la France. Quand Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe le Long, fit son entrée a Paris, elle portait une robe de nachiz *.

Paii.e. Ce mot désigne, dans la langue du moyen âge. toute étoffe de prix ; mais il s'applique plus particulièrement à un drap de soie broché dont Alexandrie était l'entrepôt, et que nos anciens romanciers citent sans cesse sous les nomsde j!)ai7?, poille,palle, pale, paille alexandrin, etc., etc. ' On nommait aussi ^atVe, tout manteau

1 Douët-d'Arcq, p. XXXII.

» Fr. Michel, t. I, p. 311, et t. II, p. 214. 3 Voy. Ducange, au mot iliasprus.

* Fr. Michel, t. I, p. 230.

5 Fr. Michel, t. II, p. 170. — Douët-d'.\rcq, p. 371 et 388.

« Douët-cl'.Xn-c], p. 392.

'< Fr. Michel, I. I, p. 274.

porté par un gentilhomine. Quand le paile était orné de pierres précieuses, on lui appliquait l'adjectif escarimanl, du latin scarites, pierre précieuse dont la nature est inconnue ' .

Pou-DE-soiE. Sorte de ferrandine, mais sans aucun mélange étranger à la soie. Il avait lout-iifait passé de mode au di.x-septiènie siècle, et les rèirlements de 1667 sur les manufactures de soie ne le mentionnent plus.

Savary écrit pout de soye. On trouve aus.si ponlt de soye et au pluriel poux de soye.

Samit. L'opinion la plus vraisemblable est que le samit était une étoffe de soie ('< pannus holosericus >>, dit Ducange ') assez .semblable au cendal, mais généralement plus riche et plus forte. Dès le onzième siècle, on employait le samit pour faire des ornements ecclésiastiques , des vêtements , des tentures , des couvertures de livres et même des tapis d'appartements.

Le jour de leur sacre (1317) Philippe le Long et sa femme portaient des robes de samit doublé de cendal '. De son côté, Froissart raconte que, lors de l'entrée d'Isabeau de Bavière à Paris (1389j, « le grand pont estoit couvert d'un ciel estellé *, et de vert et de vermeil samis * ». 11 y avait donc bien des qualités de samit, et il est certain que, pendant quelque temps au moins, on mêla ù la soie des fils d'or. La chasuble de Thomas Becket, aujourd'hui conservée dans le trésor de la cathédrale de Sens, est faite d'un samit violet sombre, orné de broderies en fils d'or plats ^.

Le samit était devenu rare à la fin du dixseptième siècle, et seules les niaiiufaclures de Venise en fabriquaient encore '.

S.\TANIN et S.VTHANIN. Le glossaire de la Curne de Sainte-Palaye donne les mots salanin et salin comme des synonymes. A tort certainement. Dans VlnveHtiiire des rhupperotis. qui furent à la royne Jehanne de Bourbon ', on trouve des chaperons de satin et des chaperons de salanin, très bien distingués les uns des autres. Suivant M. Francisque Michel, le sataniu ou soudunin était une riche étoffe, un drap d'or fabriqué à Satalie dans l'Asie Mineure '.

S.vTix. Voy. Satanin.

SlGLATOX. Espèce de brocart ou drap d'or, que l'on croit originaire des Cyclades '" on le trouve nommé siglate, syglaton, sisclalon, siiiglaton, siklatoun, chingaton, etc., et il parait avoir eu. au douzième et au treizième siècles, autant de \>)gue que le samit et le cendal. On en faisait des vêtements pour homme et pour femme, des coussins, des cottes d'armes qui portoient le

1 Viollet-le-Duc, t. I\', p. 162.

* .Vu mol samitium.

3 r)ouël-d'.\rcq, p. 400.

i Étoile.

5 É<lit. Buchon, liv. IV, chap. 1.

« Viollot-le-Due, l. III, p. 145 ot 360.

■ Savary, t. II, p. 1457.

* Dan.s V/arcd/nirc du iiioiilifr </<• Ckarlrs V, p. SKI. 9 Tome II, p. 328.

" Quiclierat, Hisloire ilu costumf, p. 153.

SOIE — SOMMICLIKRS

Muiii ili' l'étofTo mèiiii'. (les liDusses (le céivinonies pour Ifs clieviiiix, ek'., olc. '

1,0 Mj^liiloii vint (J'aliord di' l'OriiMil, mais ii partir du ([uaUir/.ii'uic sii'ili\ I,u(;i|iii's (■(iiiMiii'ni;a a iMi i'ul)ri(jui'i'.

SouDAMX. Voy. Sataniii.

Tarit. Sorte de j^^ros lallelas iiioiré. Il est souvent ineiitiomiédausriiiveriluiredeCliarles V, où l'on trouve des robes, des houp|)elaiides, des surcots eu (abil de toutes nuances. Le |j1us estimé venait de Venise, qui en l'ourni.ssait encore ù la France au conmieuceiuent du dix-huitième siècle.

Takfei'AS. Ou lit dans le (Jum/ilr de GeoU'roi de Fleury po\ir V3[t) : « Quatre aunes de lalVelas vert, pour l'aire lioui-se pour .Madame la Roy ne * » ; et Ducan^re cile une cliarle de lll'JO où est mentionné le lu/fiita ■''. (le sont les plus anciennes mentions (|ue j"ai rencontrées de celte élolïe, qui linil par faire concurrence au ceiidal. Il en venait de l'Italie et de rEspa';;ne. et on le teijfiiait en toutes coideurs. Il fallait qu'elle fût déjà ilevenue conmume à la lin du ((uatorziènie siècle, puisqu'eu 1^89. lois de l'entiee d'isabeau de Bavière à Paris, un poiil « fut entièrement tendu de talfetas * .

Au seizième siècle, dans les cérémonies où (ij^urail le parlement, les présideids étaient vêtus de velours, les conseillers l'étaieut de satin, les j^refliei-s de danuis, et le laU'etas était lais.sé aux iiuissiei-s.

Dès la fin du dix-septième siècle, les manufactures do Lyon et de Tours produisaient une grande quantité de lallelas.

TocQLE. (îaze d'or et d'arjjenl. dont le nom avait été emprunté au nu)t italien tocrn (|ui a le même sens.

\ ELOURS. Voy. ci-dessous l'article Veloutiers.

Z.^TOXY. Etoffe de soie que l'on croit être le satin '.

Soieurs. Scieurs de blé, moissonneurs. Il ne faut pas les confondre avec les faucheurs, car ceux-ci sont cités, en même temps que les soieurs, dans le Meiiagier de Paris ". On disait soier des hle's ", et l'on trouve, en vieux français seilleiirs, silleurs, mestirev.rs, mestiviers, mestivuts, messonniers, .meyssoniers. etc. L'ordonnance du 30 janvier 1351 les nomme seyeurs.

Soldoieres. Voy. Servantes.

Solliciteurs. Véritables aj^renis d'affaires, on les voit appai-aitre à dater du quinzième siècle et se multiplier au seizième. (Jn leur confie la direction des procès, le soin de payer les avocats, les procureurs et tous ceux qui, à titre

1 Fr. Michel, t. I, p. 320.

* Douët d'.\rcii, p. 35.

3 Au mot lajfatn.

* Juvenal des Ursins, édit. Michaud, p. 378. Il ne nomme pas le pont, mais vo^-. le mot Samit.

= Douel-dArcq, p. 408.

« (13931, t. II, p. 6.

' Ph. Monel, //irM/(ii>pfl'M(/««;/«;i^HM (1635), p. 829. — A oy. aussi Ducange, aux mots ««lo/uirc, f«a« et srlio. Le mot messonnlor désij^ne idulût un {jlaneur.

quelcon(]ue, interviennent dans les instances.

De bonne lieure, le Parlement dut se préoccuper de ces nouveaux venus, dont le nombre s'était accru à ce point qu'ils eiivalii.s.sai(nl la salle d'audience lU occupaient jusipi'aux places réservées aux avocats et aux procureurs '.

Voy. Agréés.

Sommeliers. Officiers de cuisine dans les {grandes maisons. |,e sommelier, écrit .\udii'er « a la ^ardi- de toute la vaisselle d'oi' et d'ar;j;enl, du linj,re de table, de la batterie d'office et de tous les ustensiles. . . Il a le soin du pain. . . On lui donne encore la clef de la cave. Il a soin et rend compte de chacune des pièces de vin, et en l'ait la distribution à ceux à ((ui il en est ordonné... C'est à lui aussi à mettre le couvert "- ». Il devait donc donner aux serviettes une des vin|^'t-sept formes déjà usitées au dix-septième siècle. En tète de son ouvra^'e intitulé Le laaislre J'his(d, qui apprend /'ordre de bien sertir sur lahle et d'y raïujer les serrices \\(ûy%, un sieur Pierre David a |)lac(' des Instructions familières pour apprendre il phjer toutes sortes de linges de tuile et en toutes sortes de figures, savoir :

Bàlonnée.

Frisée.

Pliée par bandes.

Pliée en forme de coquille double et frisée.

— coquille simple.

— melon double.

— melon simple.

— coq.

— poule.

— poule avec ses poussins.

— deux poulets.

— pigeon qui couve dans un

panier.

— perdrix.

— faisan.

— deux chapons dans un paslé.

— lièvre.

— deux lapins.

— cochon de lait.

— chien avec un collier.

— brochet.

— carpe.

— turbot.

— mitre.

— poulet d'inde.

- — tortue.

— croix du Saincl-Esprit.

— croix de Lorraine.

A Versailles, les douze sommeliers de la panelerie-bouche préparaient le couvert du roi, pain, fruit, linge de table, etc. Les douze sommeliers d'échansonnerie s'occupaient des boissons représentées par le vin et l'eau, car un sommelier spécial était préposé aux liqueurs '.

Audiger nomme le sommelier officier (Toffce, et lui donne rang après le maître d'hôtel.

1 R. Delachenal, Histoire des acocals, p. 63, 64 et 117. * /.a maison réglée (1692), liv. I, chap. 9. 3 Ktiil lie lu France pour 1736, t. I, p. 183,

Page 1