‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 297 sur 422 · SOMMELIERS — SONNETTES · texte numérisé non relu

SOMMELIERS — SONNETTES

Sommeliers. Conducteurs de bêles de soiiiiiic. et aussi tout porteur de fardeaux. On disait aussi sommeliers.

Voy. Sommiers.

Som.m.iers. Au moyen âge, on nommait

somme le cuilre, panier, bât, engin quelconque servant à contenir la charge d'un animal. Celuici était (lit sommier, aussi bien que l'homme qui le coiuluisait, et un bagage était un summage ^. Ue tout ci'i'i, il nous est resté bêle de somme.

Sommiers des broches. Officiers de la uuiison l'ciyale appartenant au service de la cuisine du grand commun. Ils étaient au nombre de quatre, servaient par semestre, et touchaient 600 livres ^. Leurs fonctions ne sont précisées nulle part.

Sonuniers de la chapelle. Officiers de la maison royale, appartenant au service du "•rand aumônier. En 1736, ils avaient 600 livres

de Lraires, et leurs fonctions consistaient, lors des déplacements de la cour, à « entretenir le mulet ou sommier pour porter les coffres de la cliapelle et (jratoire par les champs et au lieu de séjour, les faire porter d'église à autre, faire blanchir le liny-e tendes les semaines et fournir les clous pour tendre ». Ils étaient au nombre de deux, et servaient par semestre '.

Sommiers de chasse. Officiers du service de la Bouche du roi. Leurs fonctions consistaient à « porter sur un cheval de bât les viandes froides pour le Roi » .

Le menu se composait de :

Quatre douzaines de pains.

Un quartier de veau, de 16 livres.

Un quartier de mouton, de 12 livres.

(Tous deux en tranches dans du pain).

Bœuf salé et jambon, 7 livres.

Un pâté de deux dindons.

Un pâté de trois perdrix.

Huit gibiers piqués dans du pain.

Pour les jours maigres :

Quatre douzaines de pain.

Trois cents douzaines * d'œufs durs ^ .

Sommiers du garde-manger. Officiers de la maison royale, appartenant au service de la Bouche du roi. Ils étaient deux, servaient par semestre et touchaient 600 livres de gages. Leurs fonctions consistaient à porter « pour un repas la viande du Roy allant par païs " ».

Sommiers de vaisselle. Officiers royaux placés sous les ordres du garde-vaisselle. Ils

' ^'oy. Ducanpfo, Glossaire, ou mot sagma.

2 Étal lie la France jiour 1687, I. I, ji. 'Vi-l ; pour 1712. t. I, p. 121 ; pour 1736, t. I, p. 220.

•1 État lie In France pniir 1736, t. I, p. 89. * Sic.

3 Élut lie la France pour 1687, t. I, p. 89 ; pour 1712, l. I, p. 110 l't 113.

« Élal lie la France pour 1687, t. I, p. 89 ; pour 1713, l. 1, p. 109 et 113.

conduisaient les chevaux qui transportaient la vaisselle de la cour quand celle-ci se déplaçait. Au treizième siècle, on les nommait souliers : « portaiores scutellœ », dit Ducange *.

Songes (Explication des). Voy. Oniromanclens.

Sonnetiers. Titre qui appartenait ù la corporation lies fotideurs-moulenrs.

Au treizième siècle, les clochettes étaient comprises parmi les objets dont avaient le monopole les fondeurs d'étain. Cependant, la Taille de 1300 cite, en dehors des ouvriers (]ui travaillaient l'étain, un industriel ainsi qualifié : « qui lait sonnettes >.. Mais, au moyen âge, tout instrument de métal destiné à produire des sons lorsqu'on l'agitait était une sonnette, même s'il s'agissait de grelots, de clochettes pendues au cou d'une vache ou d'un chien. Toutefois ces dernières avaient un nom particulier, on les appelait dandains ou dandins -, et elles conservaient ce nom lorsqu'on en imitait la forme dans quelque joyau.

La clochette exclusivement destinée aux bêtes paissantes était aussi nommée clarain, clarein, clurin, dure, clarant, clérin, etc., expression (]ui a pcnir origine, comme notre mot clairon, le latin clarus '. « J'ai beax clai'eins à mettre à vaches », disait le mercier du quatorzième siècle *.

Voy. Fondeurs de cloches.

Sonnettes Poseurs de). Les sonnettes mises en mouvement par des fils de fer sont d'invention moderne. La nombreuse domesticité qui s'est perpétuée jusqu'au dix-huitième siècle en tenait lieu, et l'on y suppléait encore, tant bien que mal, par des timbres ou des clochettes placés sur les tables.

Saint-Simon, parlant de M"'" de Maintenon, encore veuve Scarron, nous apprend qu'acceptée à l'hôtel d'Albret, on l'y considérait moins comme une dame que comme une servante.

« Elle y éloit, dit-il, à tout faire, tantôt ù demander du bois, tantôt si on.serviroit bientôt ; une autre fois si le carrosse de celui-ci ou celuilà étoient revenus, et ainsi de mille petites commissions dont l'usage des sonnettes, introduit longtemps depuis, a ôté l'importunité * ». Ceci était écrit vers 1745.

Nous savons encore par Saint-Simon que, vers 1675. quand le futur cardinal de Fleurv. alors simple abbé, fréquentait chez MM. de Croissy, de Pomponne, de Torcy, etc., il y « étoit, comme ailleurs, sans conséquence, et suppléoif souvent aux sonnettes avant qu'on en eut l'invention '' ».

Mais le même Saint-Simon nous révèle aussi

t .\u mot sculelarlus.

S (Jiii se balance, qui va et viiiil, il'où le vprlie se ilaniliiier.

'* (!lair, qui renil un son clair.

* ^'oy. le Dit il'un mercier.

ô Mémoires, t. XII, ]>. 92.

'• .Ve'moires, l. Il, p. 48.

SONNETTES — SOUFFLKTIKUS

que, vei-s 1708. il existait ilnns l'appai-tpnicnt de M""' (11' Miiinleiioii une soiinetli» ■.< qui iépoiuli)it au ^'niiiil cahiiict ' », pii-cc située à l'entrée de l'apparteineiil. (".'est dune vers la fin du ri'jj^ne de Louis XIV qu'il faut placer les premiers essais de cette invention. Vn demi-siècle après, les vastes lofjemenls qu'occupaient ù Vei-sailles les trois tilles de Louis XV étaient reliés les uns aux autres par des sonnettes *.

Dans les années ([ui précédéreni la Révolnlion, il en existait partout et l'on en almsait parfois: « Telle femme sonne, écrit Sébastien Mercier, quand son mouchoir est tomhé, afin cpi'on le nmuisse y. Toutefois, la pose des sonnettes constituait encore « une science à part ' », et les adeptes de cette science appartenaient à la corporation des serruriers.

Sonneurs. On nomme ainsi ceux qui \< tirent le cordage des sonnettes, qui sont des madiines propres à enfoncer des pieux, à battre les pilotis des ponts ou des hàtimens qu'on veut construire sur un terrain niarécajjcux et peu solide. On donne quehjuefois à cette macliine le nom de mouton, qui est la principale pièce dont elle est composée. 11 y a ordinairement seize sonneurs pour chaque sonnette* ». Kn somme, la sonnette était l'ensemble des pièces destinées à enfoncer les pilotis, et les sonneurs manœuvraient les corda<^es qui retenaient le mouton, pièce principale de la machine.

Voy. Mieurs.

Sonnevirs de cloches. « Pauvres laïques qui sont attacliés aux ép^lises, qui sonnent dans toutes les occasions où il est nécessaire, comme offices, convois funèbres, orages violents et incendies, et qui, dans les jours solennels, se distinguent entre eux par leur plus ou moins d'habileté à carillonner, c'est-à-dire à donner à leui-s cloches des sons cadencés et mélodieux ^ ».

Dans certaines églises cet emploi était rempli par les couskurs ou contres.

Les sonneurs dits aussi bateletcrs, carillonneurs, etc., étaient placés sous le patronage de sainte Barbe *.

Sorciers. Voj. Devins.

Serins et Sorisseurs. N'oy. Saurisseurs.

Soucheteurs. Dans le service des eaux et forêts, experts désignés pour « faire la recherche et la reconnoissance des souches dans les bois coupés ' ». Il était enjoint aux adjudicataires des bois du roi de faire couper et ravaler le plus près pos-sible de terre toutes les souches des arbres anciennement abattus ou rabougris.

• Mémoires, t. VI, p. 2()3.

* M"" Campan, Mémoires, t. I, p. 1.

3 Tailean de Paris, t. IV, p. 121.

' .\bbé Jaubirt, Diclioniiaire, t. IV, p. 114. 5 .\bbé Jaub.Tt. t. IV, p. IH.

' Le Massim, Calendrier des confréries, p. 9S. ' Chailland, Dictionnaire des eaux et forêts, t. I, p 238 et 538.

Soucheveurs. « Ouvriei's qui travaillent dans les carrières à ôter le souchel, ([ui est une mauvaise pierre ou souvent une espèce de terre ou de gravois qui se trouve entre les bancs. C'est l'ouvrage le plus diftlcile et le plus périlleux. le carrier étant ordinairement couché di; son long sur de la paille pour pouvoir détacher et couper la pierre avec un marteau disposé en croissant '>■.

Savary écrit SouscA^peurs .

Soude ,' M.\.H(:ii.\..M)s i)K \ \\)\. Cendre gravelée (Marchands de).

Soudée. C'était la quantité de maj-chandise qu'on pouvait se procurer pour la valeur d'un sou. So/if/ii/a, sohdus expriment toujours ce ([ui peut rapporter ou coûter un sou ; on appelait une pièce de terre d'un sou de revenu, une soudée de terre. Le Lirre des métiers -, écrit saude'e et son/dc'e.

Le mot denrée est employé de la même manière pour exprimer ce qui a la valeur d'un denier,

Soudoières. Voy. Serva.ntes.

Soufflectiers. ^'oy. Souffle'iers.

Soufflet (Conducteurs, tireurs et tr.vi- NEURS de). Voy. Brouetteurs.

Souffletiers. lui vieux français le mot bvffel désignait à la fois l'instrument qui sert à activer le feu et un coup sur la joue. A une époquequ'on ne saurait détermineravec précision, le mot soufflet fut substitué au mol bufïet, et fait étrange, avec la double signification de ce dernier.

Au treizième siècle, le soufflet existe, et déjà il a exactement la forme actuelle. La Taille de 1292 cite deux sou/letiers. celle de 1300 en mentionne trois.

Ce petit ustensile de ménage fut, dès cette époque, l'objet d'un grand luxe. Il en figure trois dans l'inventaire des meubles de Charles V (1380;, l'un est garni de velouis et couvert d'ornements en argent ; l'autre est d'argent et enrichi d'émaux aux armes du Dauphin ; le troisième qui avait appartenu à Isabelle, fille du roi, est d'or émaillé et orné d'une grosse perle ••. Disons tout de suite que trois cents ans plus tard, Anne d'Autriche possédait un .soulilet « le plus joli du monde » ; il était débène, u-arni d'argent et monté en peau d'Espagne *. Madame d'Olonne en eut si grande envie qu'elle le fit voler à la reine par le marquis de Vardes ^.

Dès 1443. les souffletiers forment une seule communauté avec les boisseliers et les lanterniers. L'ordonnance du 19 avril de cette année * nous

' Savary, Dietionnnir,-. I. II, ji. 1573. — Jaubort, t. IV, p. 115.

2 Licre des métiers, titro I.

3 J. Labarte, Incenlaire du moiilier de Charles V, n" 3893, 3123 et 789.

* M"" (le Monlpensier, Mémoires, édil, Petitot, t. III, p. 416.

' Faufrère, Voyage de deux hotlandaii, février 1657, p. 402.

•i Ordonn. royales, t. X\'I, p. 63b.

SOUFFLETIERS — SOURICIÈRES

appreiiil (jnc cliHqiic maître ne pouvait avoir en même temps qu'un seul apprenti, et que la durée «Je rappreiitissa<>;p était de six ans pour l'enfant qui apportait quarante sous, de huit ans pour l'enfant sans argent. Deux jurés administraient le métier.

Au dix-huitième siècle, quelques maîtres boisseliers avaient conservé la spécialité des soufflets, mais le nom même «le ce métier avait presque disparu '. Les boisseliers étaient alors placés sous le patronaije de saint Clair.

On écrit aussi souf/lectiers.

Souffleurs. Dans les verreries, ceux qui, au moyen d'une felle ou canne de fer qu'ils trempent dans le verre en fusion, donnent la forme aux différents objets de la fabrication *.

Dans les forges , on nommait ainsi les ouvriers à qui était confiée la manœuvre du soufflet.

Souffleurs de cuisine. Il en existait dans la maison royale de France et dans la maison ducale de Bourgogne. Mais, pas plus que Ducange ', je n'ai pu déterminer exactement leurs fonctions, (jlivier de la Marche nous révèle pourtant que, sous Charles le Téméraire, les sotiffdeurs faisaient « boullir la chaudière * ».

Souffleurs d'orgue. Ceux qui font manœuvrer les soufflets.

Souffleurs (de théâtre]. Le souffleur se dissimulait aulrefois dans les coulisses, et il avait emprunté son nom à l'argot des collégiens. « Il est de sa charge de tenir la pièce a une des ailes du théâtre tandis qu'on la représente, et d'avoir toujours les yeux dessus, pour relever l'acteur s'il tombe en quelque défaut de mémoire, ce qui, dans le >t vle des collèges, s'appelle souffler ■" ». De l'aiilre côté de la scène se tenaient les violons composant l'orchestre ; au fond, à droite et a gauche, touchant et gênant les acteurs, une foule d'intrus, puis, sur le devant, des soldats, l'arme au pied. « Les acteurs, dit encore Chappuzeau. ont souvent de la peine à se ranger sur le théâtre, tant les aîles sont remplies de gens de qualité qui n'en peuvent faire qu'un riche ornement * >>. La princesse Palatine écrivait un demi-siècle plus tard : •<. La scène est encombrée de monde, de sorte que les acleui's n'ont pas de place pour jouer ' ». Cette coutume dura jusqu'en 1769 *.

A la fin d\i dix-huitième siècle, le souffleur avait pris la place qu'il occupe aujourd'hui, et Séliasiien Mercier écrivait vers 1780 : «. Quand le souffleur ferme sa trappe, cela veut dire que la pièce est finie. La soldatesque, le fusil sous li^

* JaubiTl, Dictionnairp, t. I\', p. 115.

* Voy. l'articlp Verriers.

•* .\u mut sufftntor.

t Mémoires, édit. de 1616, p. 688.

•'i s. Clinppiizean, l.f tke'ûlre français, {1674; p 23"

'' S. Oliappuzeau, p. 153.

"> Lettres, t. II, p. 208.

8 Barbier, Journal, 27 avril 1759.

bras, les coulisses garnies de femmes de chambre et ce trou ridicule font évanouir toute illusion '». Voy. Théâtre.

Soufreurs. Ouvriers qui triturent le soufre.

Souldée. Voy. Soudée.

Souldoyères. Voy. Servantes.

Souliers (Marchands de vieux). Les statuts octroyés aux savetiers le 20 mars 1659 accordèrent aux seuls membres de la corporation le droit de « colporter, vendre, crier dans les rues vieux souliers, bottes, bottines et autres besognes dudil métier ». Cette prescription était surtout dirigée contre les marchands ambulants qui, (lès le treizième siècle, faisaient concurrence aux savetiers, criant dans les rues

Les viez housiaus,

Les sollers viez *

Les vers suivants, qui datent du .seizième siècle, ne donnent pas une haute idée de ces colporteurs :

Après ung tas de chassieux

S'en vont criant parniy Paris

Les vieulx souUiers, tournant les yeuli,

Dont souvent se font plusieurs ris 3.

Ce commerce avait toujours été très actif. Ant. de Montchrétien nous apprend dans son Economie politique *, que sous Henri IV, Paris recevait de la province et même de l'étranger d'énormes ballots de vieux souliers, qui étaient remis à neuf et vendus par les savetiers. Au dixliuitiènie siècle, la vente s'était plus spécialement concentrée dans les rues de la Calandre, de la Poterie, sur le Pont-Neuf, aux Halles, etc. Liger écrivait en 1715: « Il s'y ilébite des vieux souliers refaits ou de hasard, tant pour hommes que pour femmes et pour enfans. C'est une grande commodité pour ceux qui sont bornez et n'ont pas beaucoup d'argent à mettre à une paire de souliers ' ».

Soumissions. Voy. Adjudications.

Souricières (Commerce des). Le moyen âge aima beaucoup les chats. Il suffit, pour le prouver, d'énumérer les divers noms qu'il lui donna, et aucun animal ne peut se vanter d'en avoir réuni im si grand nombre. J'en ai retrouvé jusqu'à neuf: muriceps, murilegus, muscipulvs, mtisipidd, mitsio, catus. rui/us, gattus, caplus. Les premiers signifient preneur île souris. Calus, cattus et rup/un dériveraient, suivant les uns, île cautus ^^ en français cauteleux, fin, rusé, qualificatifs qui conviennent bien au chat ; suivant d'autres, de captare ', dont le sens était guetter.

i. XII, p.

î Les erieries ilr Paris, par Guill. de la Ville-Neuve. ^ Les eeni et sept cris, elo.

» Page 108.

S Le rnyageur ^dfle (1715), p. 402.

^ Ducanjje, Glossarium, au mot catta.

1 Papias, DietioHitrius, éclit. de 1485, au mot nuuio.

SOUKICIEKKS — Sl'liClALITKS l'HAHMACEUTlUUKS

iiMT (le ruse, chercher ù prendre. Gutlus ii'esl qu'une corruption de catlus '.

Le proverlie .< clmt escliau<lt' iaue craint » date du Irei/.iènie siècle -.

I,e Livre des métiers nous apprend cpie le droit ù percevoir sur les marchandises mises en vente dans l'aris n'était pus le même pour les <v piaus de chat sauvajjo >> et pour les « pians de chaz privez que l'on apele chai de feu ou de fouier •* >>.

Kn ce lenips-lii, les chats, même ^ùlés, prenaient des souris, et pourtant, l'on connaissait déjà plusieurs procédés pour se délivrer de ces hôtes incommodes. Je trouve la description exacte de plusieurs souricières dans un ouvray;e écrit au milieu du i|ualorzième siècle. «Les souris, V est-il dit, sont prinses en maintes manières. L'une, de diatz privez, l'untre à souricières de hovs, comme cliascun scet. L'autre à imp aiz, et (|uant elles v touchent, il cliiet * sur elles. L'autre ù ww' arc attaché à untr clou bien ajfu •'', et quand elles mordent la viande, l'arc se destend ^, et le clou entre en la leste ».

On répandait aussi de la paille sur un vase [ilein d'eau, la souris s'aventurait sur celte litière factice, et se novait. l'arfois, l'on remplaçait la paille par un carré de parchemin : avec des ciseaux fins, on l'avait coupé en petits triangle.s, au centre desquels était posé un morceau de lard. Je passe sous silence d'autres procédés encore, qui sont exposés dans Le litre des prouffit: champestres de Pietro Crescenzi '.

Vers la fin du siècle, l'empoisonnement semble èlre préféré. On olVrail aux souris des boulettes de viande niélan-rée d'aconit ou de frairments d'éponrre ; « et lors, si elles les avallent, plus tost buveront et plus lest enfleront et mourront ' ».

Je rencontre dans le compte des dépenses faites par Louis XL en 1481, cette mention: « A Jehan Vendehart, serreurier, pour deux nasses de fil de fer, à prandre des rais, (50 sols tournois, et pour quatre sourissières à prendre souris. Il liv. 10 sols tournois ' ».

Bien d'autres perfectionnements devaient encore y être apportés. Béroalde de Ver\'ille décrit une souricière qui « serre le rat par le milieu du corps '" ». Au seizième siècle, des marchands ambulants criaient par les rues :

La mort aux ralz et aux souriz !

C'est une invention nouvelle, Qui est assez bonne et belle Pour prendre les ratz et souriz ".

Le musée de Cluny possède " une souricière de cuivre, qui est en forme de guillotine et

' Ji'an Batbi, l'aci^t/ariKm, édit. de 1506,auniotca//(u'. - Le Houx de Liney, i-' Hfe des pi-oeerbes. t. I, p. I,'j5 ^ De foyer, II« partie, titre XXX.

* Tombe. ' Aigu.

* Se détend.

' Kotio CXXIV recto.

* Le mf'nagier île Paris, t. II, p. 64.

' Comptes de la chambre du ny Louis XL, p. 386. '" Le moyen de par tenir, chap. I, p. 170. " .\. Truquot, Les cent et sept cris, etc. 1* V 6.200 du catalogue.

semble dater des premières années (lu dixse'plième siècle. Les couteaux dentelés sont mus par des ressorts dont la détente a son point de ih'part dans la fourche mobile qui soutient l'appût. Kniin, YEncyrhipédie méthodique * fournit la description coiuplète de sept souricières dont je dois me borner à reproiluire les noms. Ce sont:

La souricière à bdton.

— à bascule.

— de 4 de chiffre ou sùreiruetle.

— à panier.

— à billot.

— à planchette.

— à natte.

Les souricières en fil de fer étaient l'œuvre des chaînetiers ; celles faites de bois appartenaient au commerce des layetiers. On trouve parfois nommés souriciers ceux qui avaient adopté celte spécialité.

Voy. Chiens (Marchands de).

Souriciers. Voy. Souricières.

Souscheveurs. Voy. Soucheveurs.

Sous-principaux. Voy. r»rincipf<,ux.

Soyeurs d'aisses. Voy. Scieurs de long.

Spadassins. Voy. Armes (Maitresd').

Spagiristes. Secte de médecins, qui prétendaient expliquer tons les phénomènes de l'économie animale et soigner toutes les maladies par la chimie.

On les a aussi appelés cMmiatres.

Les médicaments furent d'abord presque tous empruntés aux végétaux; mais, à daler du seizième siècle, une école dont Paracelse fut le chef en France, chercha à introduire dans la thérapeutique l'emploi des minéraux, et ainsi na([uit la médecine spagirique ou chimique. Dès le règne de Henri IV. on la trouve représentée à la Cour par la charge de médecin spagiriste du roi, charge qui eut des titulaires presque sans interruption jusqu'à Louis XVI. Dans le service médi<;al de Louis XIV figuraient :

l médecin anatomiste.

1 — botaniste.

Tous deux payés parla Faculté de Montpellier.

1 médecin mathématicien, à 600 liv. de sa^es. 66 — consultants, à 400 liv.

4 — ■ spagiristes, à 1.200 liv. *.

Spécialités pharmaceutiques. Depuis Louis XIII, nos rois prélevèient chaque année sur leur cassette de fortes sommes destinées à acheter le secret de médicaments précieux. Leur composition était aussitôt divulguée. Bien plus, un des médecins royaux avait mission de préparer

• Art.s et métiers; t.. IV, p. 230.

S Etal geaérnl des offeiers de la maison du Boi (1657], p. 43.

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