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TABAC

iippfli' [)liiis:inmi('iil l'exercice ili' la labii - (je IV ' ".

l'Iii 1()74, le l'di s'éliiit réservé le monopole de lu veille (In lalmc. Il riiireriim presiiiie im>sit(U pour (illO.OOO livres, el ce monopole proiluisail sous Louis X\ 1 (renie millions. Ailiilenli- l(J7(i, la (iilliire lui resli'einle ii eei'Iaiiies provinces. Kil 1()88. on élalilil dans cliacune d'elles des ]>ureaux cluir;;és de surveiller la production. Les grandes villes eurent des entrepôts où se l'ournirenl les débitants.

Louis XIV se prononça coidre la laliatière, mais elle n'en péiu'tra pas moins à Versailles. Les plus j^rands seij^neurs doiint'renl l'exemple : le duc d'Harciuirl manpiail sa piste dans les ■paieries par la (pianlilé de taliac qu'il répandait autour de lui ; le maréchal dTxelles en saupoudrait ses cravates et ses devants d'habit. Lesfjens qui tenaient à n'user que de tabac frais, en portaient une carotte dans leur poche, el le râpaient à mesure avec un instrument dont on sut faire alors un objet d'art. Les râpes à tabac, souvent fort luxueuses. alion<lent dans les collections de curiosités -.

Là où trônait la tabatière, la pipe n'était point tolérée. Saint-.Simon raconte ])ien ([ue le roi trouva un jour la duclies.se de Chartres et la duchesse de Bourgojfne « qui l'unioient avec des pipes (|u'elles avoient envové clierclier au corps de o^arde suis.se •' ». Mais il ne faut voir là ([u'une exceptionnelle et dangereuse espièglerie. La pipe n'était pas encore admise niénie dans les cafés où se réunissait la bourgeoisie *.

On sait que la mort de la duchesse de Bourgogne fut atlribuée à une prise de tabac d'I'lspagiie. el qu'après sa mort, on ne put retrouver la tabatière où elle l'avait puisée ^. Cet accident ne corrigea pei-sonne. La duchesse était inoiie en 1712, et le 5 août de l'année suivante, la princes.se Palatine écrivait : « Le tabac est une chose horrible ; je suis furieuse quand je vois ici toutes les femmes avec le nez sale, comme si elles l'avaient plongé dans l'ordure; elles niellent leurs iloigts dans les labalières de tous les hommes'' >■. Montesquieu, de son cùlé, nous peint la fierté du petit homme qui « prend une prise de tabac avec tant de hauteur el se mouche si inipitovablenient ' ».

A ce moment aussi, commençait la vogue d'un fameux magasin, dont la renommée est venue jusqu'à nous, celui de /« Citette. Je vais laisser l'aventurier Casanova nous en raconter l'origine. La duchesse de Chartres dont il va être question est la spirituelle Louise de Bourbon-Conti, mariée au fils aîné du duc d'Orléans.

« Nous sortons du Palais-Royal par la grande

' Do Callièn-s, Des mois à la moiie fl îles nouvelles fiifoiis lie parler, éJit. de 1092, p. 02 cl 188. La première iilition, est de 1090.

* J. Quichcrat, Histoire du cùstume, p. 532. 3 .Mémoires, vàW. de 1881. t. L p. 280.

♦ Ni-nii'itz, Séjour île Paris, édil. de 1897, p. 52.

•'■ Duotii.'i. .Mémoires, édit. Mii-liaud, p. 452. — Duc do Luvuos, Mémoires, t. X, p. 171.

« Irllres, t. I, p. 138.

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