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TAILLEURS D'HABITS — TAILLEURS DES MOXNOIES

secrétaire d'État et de ses commandements et fiiiauci!s ».

La forme du vAtement cliani^ea plusieurs fois, et ces nioilificalions prociirèi-ent au inarquis de Vai'des, courtisan accompli, l'occasion d'un joli mol que madame de Sévigné notis a conservé. Vardes, ami du jeune roi et confident de ses premières amours, abusa des secrets qu'il possédait, et fut exilé en 1664. Rappelé dix-neuf ans après, il reparut u la Cour avec le justaucorps ù Lrevet qu'il portail au temps de sa faveur. Le roi s'en moqua, et M. de Vardes lui dit : « Sire, quand on est assez misérable pour être éloif^né de vous, non seulement on est malheureux, mais on est ridicule ' >>.

Le nond)re de ces justaucorps était de quarante seulement en 1686*. A la fin du rèi>pne, ils ne conféraient plus jj^uère d'autre prérogative que celle de pouvoir « être portés quoiqu'on fût en deuil de Cour ou de famille, pourvu que le deuil ne fût pas g^rand ou qu'il fût sur ses fins ' ». Ils n'en restaient pas moins recherchés. Le Régnent acconla le justaucorps bleu à M. de Saint-Sernin en 1717 *, au comte de Guise en 1719 * et à bien d'autres encore. Puis, il « en donna à qui en voulut sans s'arrêter au nombre, et les fil par là tondier tout à fait * ».

Eu 1683, le tailleur de la reine se nommait (îeori^e Marie'. Le roi avait pour premier tailleur : en 1672 le sieur Ourdault *, et en 1692 le sieur Barthélémy Autran ', qui occupait encore celte position en 1712, avec son fils Jean-Barthélemy en survivance.

Jusqu'en 1670, année où fut créée la corporation des couturières, les tailleurs possédèrent seuls le privilèire d'habiller les hommes et les femmes.

Les maîtres tailleiirs étaient, en 172ô, au nondire de 1.882 "\ chilïre qui parait avoir peu varié jusqu'à la Révolution *'. Cependant, Mercier, en 1788, dit que Paris complail alors 2.800 maîtres et 5.000 ouvriers tailleurs '-.

La corporation avait son bureau quai de la Mén^isserie, et elle éUdt placée sous le patronage de la Trinité. La confrérie, que les statut.s de 1583 font remonter à l'année 1402, se réunissait à l'ég'lise de la Trinité, dans la rue Saint-Denis.

Voy. Confections pour hommes. — Couturières. — Livrées (Spécialité de). — Poclietiers. — Tailleurs (frères).

Tailleurs d'habits (Frères). Une communauté lie frères tailleurs, établie sur le modèle de

1 Irl/rc du 2R mai IG83, t. VII, p. 237.

2 I)ant;rau, Joicrnul. •>! seplorabre 1680, t. I, p. 393.

3 Saiul-Simon, t.. XI J, p. 70.

* D'Argenson, Journal, t. I, p. 22.

5 Lo ti'Xto (le son brovet a été imblié dans la Rerue re'trospccline, année 1838, p. 381.

6 Saint-Simon, t. XIII, p. 287.

' Manu.scriLs DulamaiTO, arts et métiers, t. IX, f" 128. 8 Einl lie la France pniir IG72, p. 102. •' Le livre Cfimmixle pour U)92, t. II, p. 58. l'' Savai'v, Dicfionnaire lin comnieree, 2" éd., t. II, p. 424. " Ilui-taut l't Ma(jny, eu 1779, fixent ce nombre à 1884, t. I, p. 319.

12 Tableau de Paris, t. X, p. 205.

celle des frères cordonniers, avait clé fondée en 1645. l'Hle fut successivement installée dans la rue Saint-Denis, puis près de la rue Sainte-Opportune, et enfin rue Berlin-Poirée.

Viiy. Cordonniers (Frères).

Tailleurs d'imag-es. ^'oy. Sculpteurs.

Tailleurs d'imagres d'ivoire. Titre qui appartenait aux tabletiers.

Tailleurs de limes. Presque toutes les limes dont on se ser\'ait en France avant la Révolution étaient fabriquées à Paris ', oii les tailleurs de limes appartenaient à la corporation des taillandiers. En 1750, un sieur Chopitel inventa la première machine à tailler li's limes' ; elle était mue par l'eau, et fut perfeclionnée. douze ans après, par un autre serrurier de Paris, nommé Durand •■.

Tailleurs surmétaux. Voy. Gtraveurs.

Tailleur g-énéral des monnaies, dit

aussi qrare^ir qi'néral. « Officier des nionuoies, créé par édit du mois d'août 1547 pour tailler et fjraver les poinçons et matrices qui doivent servir à la fabrication des espèces dans les hôtels des moMiKiies. Il ( si appelé général parce qu'il j' a un tailleur particidier en chaqiie Monnoie. Le tailleur fjéncral doit faire sa résidence en la ville de Paris, et fournir les Monnoies de poinçons d'efllj^ie et de nuilrices... On a toujours l'attention de choisir pour tailleur "général l'artiste le plus liabile dans son art; tels sont L'Orphelin et Jean Varin, dont les ouvrages sont très connus et tiennent dans les cabinets des curieux la place ([u'ils méritent * ».

Le premier qui occupa cette charge fut un sieur Marc Béchot, qui se qualifiait « tailleur, scidpleur et graveur en litre d'office ». Il mourut eu 1557. Ou peut citer parmi ses successeurs :

Claude de Héry.

Philippe I" Danfrie.

Philippe 11 Danfrie.

Nicolas Briol. Jacques Holmau,

.lean Dannand ou d'Armand, dit L'Orplielin. .lean \Varin, dernier titulaire de cet office, qui fut supprimé le 2 novembre 1681.

Voy. Tailleurs particuliers.

Tailleurs particuliersdes monnoies.

Nom que prjrlaienl les graveurs dans les hôtels des numnaies. « Ils gravent les poinçons, les matrices et les carrés propres à frapper et fabriquer toutes sortes de monnoies, de médailles et de jetons». Il y avait dan.s chaque hôtel un tailleur

1 Savarv, Dictionnaire, t. II, J'. 542.

* Mémoires lie iacarle'mie fies sciences, &\Mw 1750, p. 109. 3 /*(>/., année 1702, p. 193.

* Abot de Hazinfîben, Traite des monnoies, \. II, p. 609. Voy. aussi F. Mazerollc, Les méilailleurs fran(ois, introduction.

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