TEINTURIERS
qu'ils faliriquiiicnl. Mîiis cVst avec une véritable iii(lin;iiHli(iii qu'ils s'olt-venl dans leurs statuts contre le privilèj^'e dunl jouissaient les drapiei-s de teindre eux-mètnesleuis draps, •■ hupiele chose, disent les teinturiers, est contre Dieu et contre droit et contre reison. Si plaisoit n la trésdélioniére excellence le Hov >•, tout teinturier pourrait être di-apier, puisque tout drapier est teinturier. Sa délpcuiière excellence saint Louis paraît s'être peu inquiétée de cette querelle. En juin 1279 et en rjiU ' le prévôt de Paris cherolia à mettre d'accord les deux partis, et en somme la victoire resta aux drapiers.
dette douille leninlive de conciliation est donc surtout intéressante pour nous en ce qu'elle fournit le nombre des teinturiers exerçant alors il Paris. En ['281. << le dimanche avant Pasques tlories >\ 1() teinturiers comparurent devant le prévôt. En P291, «le dvemanche devant les Brandons* », on en compta 20. La Taille de 1302 en mentionne 17, ilont 2 sont dits « teinturiei's de robes >^. La Taille de 1300 en cite H.'i. iMifin, au mois d'août 11)01. les j;uerres et les troubles semblent avoir réduit à 6 le nombre des maîtres teinturiers de Paris ■'.
Le privilèfj^e que possédaient les drapiers de teindre enx-mènies leurs draps n'était pas absolu, car deux maisons seulement avaient le droit d'employer la teinture bleue produite par la fJTuède. Lorsque le maître d'une de ces maisons mourait, son successeur était dési<j^né par le prévôt de Paris *.
Sur les bords de la Bièvre s'étaient installés, (les le quatorzième siècle, plusieurs drapiers et de nombreux teinturiers. C'est vers 1450 que vint s'y fixer Jean Gobelin qui, écrit Sauvai^, - se rendit si célèbre en son art que sa maison, son écarlate, sa teinture et la rivière dont il se servoit ont pris son nom ». Sa teinturerie fut tout d'abord montée avec un soin extrême, même avec un tel luxe qu'on l'appela la Fulie (roielin ; depuis lono;temps. on qualifiait ainsi de Folies les riches maisons de campacrne situées aux environs de Paris, et dont les opulents propriétaires se ruinaient parfois en embellissements. Jean Gobelin ne se ruina pas. Il créa, au contraire, un atelier modèle dont le nom est resté célèbre et dont le inonde entier devint tributaire, car ses écarlates furent bientôt exportées jusqu'en Orient *.
Les vertus spéciales dont on croyait douée la Bièvre sont maintenant reconnues comme imaginaires. Rabelais explique à sa manière l'oriijine du •.< ruisseau auquel Goubelin tainct
l'escarlatle
LafTemas écrivait à Henri IV
vers la fin du seizième siècle : « On sçait a.ssez
l G.-B. Depping, p. 101 et 402.
- L*^ premior <liniaiiotio «If cart'aic.
3 Vuy. uni- cliarti- d'auûl 131*1, dans G. Fagniez, Etu'les sur riftflus/rîf, p. 344.
* Airre dfn i/tr'tirrs, titre L.
» Aiiliçuit/s Ht Paris, I. II. p. 2til.
** Sun « t*scarlatp s** transporte jusqu'à la j>ortc du (îrand Seigneur et aux autres province.-* de l*Orient. » Loai.s Coulon, Les ririères de France, t. I, p. 110.
" Pantagruel, liv. II, cliap. xxii.
combien les teintures de Paris ont nutresfois donné de valeur a la draperie, et que ce n'estoit point les eaux qui leur donnoient de l'esclal. La propriété n'y est pas plus j^rrande qu'ailleurs, mais l'ordre y estoit mieux gardé, la police y esloit meilleure, et bref les ingréiliens moins altérez, falcifiez ou corrompus *. » Papire Masson, qui avait épou.sé une petite fille de Jean Gobelin. reconnaît également que la réputation de la Bièvre a été fort surfaite -. On a prétendu encore que l'écarlate des Gobelins était obteniuau moyen de l'urine provenant d'ouvriers nourris d'une façon particulière. Otte nourriture passait pour abréger la vie de ceux qui y étaient soumis, aussi plusieurs condaumés à mort demandèrent, en manière de commutation de peine, à partager le régime des (iobelins. S'il fallait en croire le médecin Jean Manlius, la manufacture eiit prodigué aux militaires et aux étudiants des vins exquis, en leur demandant seulement de les restituer à la maison sous ime autre forme •'.
Ces légendes n'avaient pas encore perdu tout crédit il la fin du dix-huitième siècle, comme le prouve la lettre ci-jointe, aujourd'hui conservée dans les archives de l'ancienne intendance de la couronne : « Je suis las de la vie et je suis disposé, pour en finir avec elle. <i me soumettre au régime imposé aux teinturière des Gobelins. Pour vous donner une idée des services que je suis en état de rendre à l'établissement, je dois vous dire que je puis boire par jour vingt bouteilles de vin. sans perdre la raison. Si vous voulez me prendre à l'essai, vous jugerez tout il votre aise de ma capacité. » Ce qui n'est pas douteux, c'est que l'atelier de teinture actuel a conservé sa réputation, quoiqu'il ait eu l'ingratitude bien excusable de renier le ruisseau auquel il doit son nom, et qu'il soit tout simplement alimenté par les eaux de la ville.
Jean Gobelin mourut en 1475. Il avait eu treize enfants. Les deux aînés, Philibert et Jean, lui succédèrent, et sa fille Mathurine épousa Si'verin Canaye, un des meilleurs teinturiers de .Saint- Marcel. Par sa fortune, par ses alliances, la famille Gobelin prit une place importante dans la bourgeoisie parisienne, et en 1544 Ballhasiir Gobelin. nommé correcteur à la chambre des Comptes, devint le chef d'une branche noble qui ne finit pas avec lui. Vers le milieu du seizii'ine siècle, un petit-fils de Jean Gobelin fit construire
* Isaar de Laffémas, Histoire du comme) ce en France, édil. de lOOti, p. ,îô.
- «.-Vnte ullinium rivile bellum f inr^ebatur niulto melius apud Saiictum Marcellum quam alibi ; sed adilueli siint arlitîces c[ui lincturam tara bene faeiunt et abl)i qunni quïE fil in eo recessu, noc tamen utuntur alia aqua quam Sequaiiîe, ctsi alii aiunt aquara Bibai"îB duleiureni uec corrosivam, quamvis tucbida fere est, id opus juvare, vivaeiurem enini, ideoque minus eorrigibiiem a<[u;iin Sequana; c.xperimento videri, pannique, maxime purpurei, qui in Bibara tiuguntur colorem vivacioreni liabent r|uam qui in Sequana. » Descriptio fiumintim Oalliœ, p. 215.
■* Parisiis, quando purpura pr^paralur, (une artitices invitant Geniianicos milites et studiosos, qui libenler bibunl. et ei pi-aebent largiter optimum vinum. ea conflitiune ni poslea urinam reddaut in illam lanani. Sic eniin audivi a .studiuso Parisiensi. « J. Manliu.s, Libellas medieus rariorum experimentarum, édit. de 1568, p. 765.
TEINTUKIKRS
sur les bords de la Bièvre une maison de plaisance, qu'il appela lu.. Folie G'ibelin^ par allusion au premier nom qu'avait porté l'atelier de son fjrandpère. Rabelais raconte que « Pantagruel, quelque jour, pour se récréer de son estude, se poiirmenojfl vers les faulxboiirgsSainct-Marccau, voulant veoir la follie (îoubelin '. » A celte époque, les drapiers el les teinturiers du faubourg Saint- Marcel adoptèrent presque tous la relij^ion nouvelle, (-t durant nos troubles civils, leurs maisons furent plus d'une fois menacées par la populaci^ aineulée contre elles -.
Les descendants de Jean Gobelin abandonnèrent peu à peu la profession qui avait illustré leur nom, et achetèrent des emplois et des titres : « Olle famille, dit Sauvai, remplit les premières cliaro;es du Parlement et des autres cours souveraines •'. » En 1594, une llUe de Balthasar (iobelin épousa Raymond Pliéljpi^aux, prési<lent au Parlement et depuis secrétaire d"]']tal. Le couveni des Feuillanlines de la rue Sainl- Jacques reconnaissait pour fondatrice Anne (iobelin, veuve de Charles d'Kstourmelde Plainville, capitaine des gardes du corps du roi *. Les derniers teinturiers du nom de Gobelin furent Etienne et Henri. Quand Henri, devenu seigneur de Gillesvoisin près d'Etampes, quitta l'établissement, celui-ci était bien déchu déjà. Isaac de Laffémas écrivait avant 1606: « On n'entend plus parler de ces beaux draps d'escarlalle du fauxbourg Sainct-Marcel depuis que la teinture en a esté délaissée, et semble qu'ils soient morts avec les ouvriers, pour le peu qu'ils s'y en fait aujourd'hui au prix de ce qu'on en souloit faire '" . » Jean Gluck releva cependant (vers 1655) la teinturerie française en important de Hollande un nouveau procédé pour obtenir l'écarlate, mais le vieil hôtel des Gobelins ne devait retrouver son ancienne splendeur qu'après une complète transformation. Les bàtimenis et leurs dépendances, jardins, prés, bois, aulnaies passèrent entre les mains d'un conseiller au Parlement nommé Leleu. Colbert les acheta au nom du roi, le 6 juin 16()2, pour la somme de 40.775 livres; il y r.issembla les plus habiles ouvriers tapissiers, brodeurs orfèvres, teinturiers, fondeurs, graveurs, lapidaires, ébénistes, et créa ainsi la »?«;«<facture royale des meubles de la couronne, dont le peintre Lebrun fut fait directeur.
La teinturerie ne fut plus repré.sentée dans le nouvel etablissemenl que par un atelier, (iluck ne renonça donc pas à son industrie ; il conserva la spécialité de l'écarlate, et travailla même pour la Cour, car on lit dans un compte de 16'.>'.l cetli' mention : « A Gluck, pour les étoffes qu'il a
1 Ptittliiguel, liv. 11, chap. xv.
2 Sur la fiuiiilliî Gobelin, on peut consulter, outre les ouvraj^es déjà eilés ; A.-Ij. Lacorilairi-, Xnfirr hîshriqiœ xitr 1rs mtinitpicturcs tle fiipisserifs (1rs (lubrlins ri ilr iupis lie lu Siiriiiiiirrir, l'aris, 1853, iu-8". — Archives île l'art friinçiiis, (loeiunents, t. VI, p. 255. — Jlullclin ilc la société' lie l'histoire ilii Prolrslanlismr français, année Itiûlî, p. 189 el suiv.
■* Recherches sur Paris, t. 11, p. 201. * Jaillot, Recherches sur Paris, quarlier b'ainl-ltenuil, p. 145.
^ //istoire ilu commerce, p. 56.
teintes par ordre du Roy pour madame de Maintcnon, 308 livres 10 sols ». Ces étoffes étaient sans doute destinées à la maison de Sainl-Cyr.
L'arrêt du 14 août 1717 maintint Gluck et son associé Jidienne dans « la possession où ils étoient de marquer Imites les marchandises par eux teintes d'un plondi doré, portant d'un costé les armes de Sa Majesiéet île l'autre cette inscription Teinture royale far pritilèije aux (lobetins à Paris. >> Privilège (pii leur fut conlirmé par arrêt du 10 mai 1724.
Revenons sur nos pas. Au début du seizième siècle, les teinturiers de Paris teignaient chaque année environ six cent mille pièces de drap ; ce nombre était réduit à cent mille vers 1604'. C'était le résultat des giu'rres étrangères el des guerres religieuses qu'avait suliies la France Sons les cinq derniers Valois.
Aucune branche ne préoccupa CoUiert plus que la teinturerie. Il n'épargna rien pour la relever du discrédit où elle était tombée, et s'il n'y réussit pas complètement, la faute en est non à lui, qui poursuivit ce but avec son opiniâtreté ordinaire, mais à l'impéritie, à la faiblesse de ses successeurs.
C'est du mois d'août 1669 (jue .sont datés les premiers statuts rédigés jiar li's soins de (]olberl. Ils confirment la division des ttMuturiers en trois communautés distinctes, ayant chacune ses règlements et ses officiers particuliers :
1° les teinturiers du grand et bon teint ; 2° les teinturiers du petit teint ; 3" les teinturiers en soie, fd et laine.
Cette classification, déjà ancienne à Paris, n'était plus observée depuis longtemps. Elle fut régularisée par Yli^struclion ijénérale <\w 18 mars 1671 ^, véritable manuel du teinturier, où sont fidèlement exposés tous les secrets du métier.
Je consacrerai donc un article à chacune des trois classes de teinturiers.
Des lettres patentes d'octobre 1673 ordonnèrent que les teinturiers logés rue de la Tannerie >< et dans les autres quartiers de Paris sur les Ijords de la rivière se relireroient dans un an dans le fauxbourg Saint-Marcel, Chaillot, et autres lieux qui seroient pour eux indiquez' >>. Les teinturiers refusèrent d'obéir. Ils représentèrent au roi qu'ils étaient « en possession immémoriale de laver et nélover les soyes, laines el autres choses qu'ils teignent, dans les endroits delà rivière les plus proches de leur demeure, soil sur des bateaux cpii leur a[)[)artienneiit, soient sur des bancs (pi'ils mettent dans la rivière...; (ju'ils souiTriroient un préjudice considéralile par les dé[)enses mineuses auxquelles ils seroient engagés, si desexlrémitez de Paris où quelques-uns demeurent, on les
I I.alTéinas, Reeuril île ce çui s'est passe'... Dans Cimber et Danjou, .Irchlres curieuses, I. XI\*, p. 2\\. — C'c passaf^e ne li^vire pas dans l'édition urij;ina!e do U\*M.
- Instruction géae'rale uuar la teinture t/cs laines... Paris, 1071, in-4".
•' Delanianv, Traité dr la police, t. 1, p 555.
ÏKINTUHIEKS - TMI.XTIRII'IKS DU (JRANI) I-Vf BON TKINT
^ ol>li'^ooilil'allerhiv(>r leurs iiiiircliamlisi's vis-à-vis lo coiii-s lie la Rfjne el le village de Gliaillot». l<]ii somme, ils liront si liien qu'une ordonnance du 10 juillet lf)!(7 leur donna j^ain de cause. Mlle autorisa, non seulement les teinturiers, mais eiuorelesfripiei-s, lesdé^raisseurs, les nié^issiers, les pluniassiei's. les lumeliei-s, les tripiers « et auti'es, à laver et nelloyer leurs niari'liaudises dans la rivière, comme ils ont lait par le passé, aux lieux et eu la manière accoùlun\èe ' ». On devine quelle eau limpide continua de couler sur les IwrdsOeuris ou non qu'arrose la Seine. Aussi cinq ans après, les bouro;e()is se fichèrent ; ils se plaij^nirenl que la rivière « étoil extrêmement •crasse et bourbeuse, même d'un f^oùl puant et infecté, ce qui pourroit causer des maladies considérables à ceux i[ui boiroient de cette eau-». Une ordûtmance de police l'JO octobre 170'2) mentionne ces doléances, et sendile rej^'arder le mal comme incurable ; elle se borne à défendre aux porteurs d'eau de s'approvisionner dans les cMidroits le plus contaminés.
De temps immémorial aussi, les teinturiers faisaient sécher leurs étoiles sur des perches scellées dans le mur de leur maison. Un arrêt du 10 mars KilO''. qui fut conliruu'» par les statuts de lOG'.), décida ([ue ces perches ne pourraient dépasser en lonjj^ueur le milieu de la rue, et ([ue les étoiles seraient maintenues à trois toises au-dessus du sol ; ce n'était vraiment pas se montrer trop sévère.
Vei-s la fin du dix-huitième siècle, on comptait à Paris :
P9 teinturiers du grand teint.
14 — du petit teint.
240 — en soie, laine et fd.
Tous les teinturiers reconnaissaient pour patron [, saint Maurice, qui llo;urait dans leurs armoiries.
La rue des Teinturiers, qui commençait à la Seine et finissait rue de la Vannerie, devait son nom aux nombreux teinturiers qui s'y étaient d'abord fixés. La rue Saint-HippoWle, au faubourij: Saint-Marcel, a porté aussi le nom de rue des Teinluriei-s. *
Voy. Dégraisseurs.
Teinturiers en bleu. Vny . Guesdrons.
Teinturiers en cuir ou en peaux.
Titre qui appartenait à la coi-poration des peaussiers.
Teinturiers de Georg-et. Avant les statuts donnés aux teiutui'iers par (^dbert, les teinturiei-s dits du petit teint étaient appelés encore Liseurs, répareurs et teinturiers de Georget. Les mots bisiige ou re'puruge désii>;uaienl Taclion de l'éteindre une étoH'e, en lui donnant une couleui' dill'érenle de la première ([u'elle avait reçue. Ouant au nom de Georget, c'était celui d'un
I Hil>liotli. nationale, manuscrit français, n» 21,799 I* 233.
* IVIamarre, l. I, p. 556.
3 Delaniarre, t. IV, p. 338.
teinturier de Paris qui excellait dans l'art cle reteindre les étoiles.
Voy. Teinturiers el Teinturiers du petit teint.
Teinturiers du grand et bon teint.
Bien qu'ils formassent depuis longtemps une cla.sse à part dans la grande laniille des teinturiers, ils ue furent réellement organisés en corps d'état spécial que par Vlnslruction générale du 18 mars 1G71 '.
Ils avaient .seuls le droit de teindre, eu toutes couleurs el en toutes nuances solides, les étoiles de laine ayant au moins une aune un tiers de largeur, et dont le prix dépas.sail vingt sous l'aune.
(lha(|ue maître ne pouvait avoir à la fois plus de deux apprentis.
L'apprentissage durait quatre années « entières et consécutives >^. Il était suivi de trois années de compagnonnage.
.\vant de délivrer à l'apprenti son brevet d'appi-enlissage, le maître (levait lui faire subir une épreuve « une expérience », eu présence du juré en chai-ge.
Si l'apprenti quitte son maître, celui-ci a le droit de « le faire arrêter partout où il se trouvera, pour lui faire parachever son temps ». Il peut aussi le sommer de reprendre sou service ; un mois après celte mise en demeure l'apprenti est rayé de la communauté et le maître est autorisé à le remplacer. Si l'apprenti s'engage ensuite dans une autre maison, le temps qu'il a passé chez son premier maître ne lui est point compté.
Un maître ne peut congédier son apprenti « sans cau.se légitime, jugée telle par le juge de police ». Si le maître quitte la ville, l'enfant est placé dans un autre atelier.
Tout compagnon, avant d'être admis ù la maîtrise, doit parfaire le chef-d'œuvre, savoir : « Mettre dans une cuve quatre balles de pastel, pour le préparer et en tirer la teinture de bleu que ledit pastel produit, depuis la nuance la plus brune jusques à la plus claire, et l'appliquer sur des étoiles de draperie ». Ce chef-iF œutre étail fait aux frais du candidat, qui fournissait la couleur, et devait rembourser le prix de l'étoffe lorsque celle-ci était gâtée par lui. L'opération devait être terminée en six jours. Le travail étail jugé par le juré en charge assisté de deux maîtres.
Le fils de maître était tenu seulement de Vexpe'rience, qui durait deux jours.
Les veuves de maître pouvaient continuer l'industrie de leur mari, mais non ena-aser un nouvel apprenti.
Le compagnon qui épousait une veuve ou une fille de maître était dispensé d'achever son
' Iiislruelion générale pour la teinture des laines et manufactures fie laines fie tifutes couleurs, et pour la culture fies flrfigues et ingrétliens çti'on y employé. Paris, IG71, in-'l"*. Kéiiiipriméc dans les Ilèglemens coucernaus les manuftietures et teintures fies étoffes. Paris, 1723, 3 in- 12, t. 1, p. 321.