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TEINTURIERS DU PETIT TEINT — TÉLÉGRAPHISTES

Pour les lils de m.iîlre, l'apprenlissiii^e et lo coinpaji^iionnu^e étaient réduits uhacun ù deux ans, passés au service de leur pore. \j expérience qui leur était imposée consistait seulement à « teindre une pièce de drap noir on une pièce de petite élotïe, à leur option ».

l)n exij^-eail seulement cette expi'rience des compagnons qui épousaient une tille de maître.

Un seul juré administrait la couin\nnauté.

Les lettres patentes de janvier 1737 llxèrent à deux le nombre des jurés. Elles supprimèrent l'olili^ation du compa|;nonnafi;e, et moditièrenl le proi^rannne du chef-d'œuvre.

\i J iistrucl ion générale èinuwèviniV^f- inj:;ré(lienls que pcuivaient employer les teinturiers du petit teint, et elle leur délcndait d'en possédi'r d'autres. Elle imliquait également les drojj^ues permises aux deux classes de teinturiers et celles qui leur sont interdites. Parmi ces dernières iîj^urenl le brésil, le rocou, le safran hùtard, le tournesol, l'orcanette, la limaille de fer et de cuivre, l'écorce d'aune, etc.

Les couleurs accordées aux teinturiers du petit teint étaient entre autres :

Ventre de biclie. Gris de lin.

(Couleur de cannelle. — de perle.

Couleur d'alise. — de souris,

l'ain bis. — de castor.

'l'riNle amie. — de bréila.

Couleur de musc. — d'eau.

— de cliàtaigne. — vineux.

— d'ardoise. — de ramier.

— de Sylvie. — plombé.

Fleur de pêcher. — d'ours.

l'élit minime. — noir. *

(iris blanc.

\ oy. Teinturiers et Teinturiers de Georget.

Teinturiers en rouge. Ils étaient dits axLiii garancettrs .

Teinturiers en soie, laine et fil. Ils

étaient considérés comme teinturiers du "-rand teint, et on leur attribuait parfois ce nom. Ils pouvaient, en effet, teindre plusieurs des étoffes réservées aux teinturiers du grand teint ; mais en général ils se bornaient ti la teinture de la soie, de la laine, du fil et du coton filés.

Ce qui les distinguait surtout des teinturiers du bon teint, c'est que, bien que formant une seule corporation, les maîtres étaient tenus d'adopter une spécialité, et de se livrer exclusivement à la teinture ou de la soie, ou de la laine, ou du fil.

Leui-s statuts, rédigés par les soins de Colbert, sont datés du mois d'août 16(59 '.

Les teinturière en soie pouvaient vendre « toute sorte de soyes crues ou teintes, fleuret -, capiton ', trames et autres généralement quelconques ».

1 Statuts, or{ionnances et règlemens que Sa Majesté' veut être obserce: par tous les marckanfh maîtres teinturiers en suyt, laine et /il... Paris, 1669 et 1732, in-1».

* Bourre de soie.

■I Bourre de soie de qualité inférieuiY-.

Les teinturiers en laine étaient autorisés ù ••< veiulre des laines teintes », ù « blanchir toutes sortes de toiles de lin, coton, chanvre, fil, camelots, serges, ratines et étamities neuves ou vieilles, bas d'estame, comme aussi de vendre des canevas de toutes sortes de largeur pour faire d(s tapisseries seulement ».

Les teinturiers en fil avaient le droit de « vendre du fil de lin, chanvre, coton, fil ii marquer, fil à sangle, etc. ».

(;iia([ue maître ne devait avoir à la fois plus de deux a[)prentis.

« Et paire (jiie la teinture est un arl qui iw. se peut appreuilre que par un long-temps », la durée de l'apprentissage était fixée à quatre ans. Il était suivi de deux ans de compagnonnage.

L'apprenti, avant de passer compagnon, subissait une épreuve semblable à celle qui était imposée aux apprentis du grand teint.

Les candidats à la maîtrise devaient parfaire le chef-tTceuere, qui consistait à •< asseoir ' une cuve d'inde ou florel -, la liien user et tirer jusques à ce (jue ledit chef-dœuvre soit entièrement accompli, ce qui se fera pendant cinq ou six jours au plus ».

On ne demandait aux fils de maître qu'une facile expérience, qui durait deux jours seulement.

Les veuves étaient autorisées à « continuer le négoce et art de la teinture tout ainsi ([ue pouvoit faire leur défunt mari , sans pouvoir néanmoins faire aucuns aprentifs, mais seulement faire aciiever en leur maison ceux passez et commencez par leur défunt mari ». Si elles quittaient la corporation, les jurés plaçaient les apprentis chez d'autres maîtres.

La comnmnauté était administrée par quatre jurés, dont deux étaient choisis pirmi les teinturiers en soie, un parmi les teinturiers en laine et le dernier parmi les teinturiers en fil.

Les titres concernant la corporation étaient consen'és dans un coffre fermant à deux clefs. La première appartenait à l'un des jurés teinturiers en soie, la seconde passait alternativement d'année en année des mains du juré teinturier en laine aux mains du juré teinturier en fil.

M. Forgeais a publié ^ le dessin d'un méreau

trouvé dans la Seine, et dont la face représente

Saint-Maurice à cheval, la tète nimbée, armé

d'une lance et d'un bouclier ; au revers figure la

date MCV, et ces mots ainsi disposés

aux

teintu

riez de dras

de leinne.

Voy. Teinturiers. ■*

Télégraphistes. Le jeudi 22 mars 1792, dans sa séance du soir, l'assemblée législative faisait trêve quelques instants aux discussions de la politique pour recevoir l'hommage d'une

* Préparer.

* Variété de ]Ja^lel.

•* Xu/nisma/tnue //es rorporatiaiis, p. 21"

TÉLÉGRAPHISTES — THÉ (COMMEHŒ 1)1

(lécouverle « doiil l'ulyet i'\a\[ de conimiiniqiier ni[)iile)iH!iil ù de faraudes dislanccs tout ce qui pi'ut l'aire l'olijel d'une correspondance ». Admis il la barre, l'inventeur, M. Cliappe, annonçait au milieu des applaudissements ([ue '< la vitesse (le cette correspondance serait telle que le corps législatif pourrait faire parvenir ses ordres aux frontières et recevoir la réponse pendant la durée d'une séance ».

Cette découverte n'était autre que celle du télégraphe aérien, du télégraphe français comme on l'a appelé tout d'abord.

Après bien des difficultés surmontées, une expérience solennelle eut lieu, le 12juillet 171)3, en présence de savants et de membres de la Convention. Une dépêche expédiée de Ménilmontant parvint en onze minutes ù Saint-Martin du Tertre. Vers la fin de l'année, une ligne, formée de quinze stations, faisait communiquer Paris et Lille. Le personnel de chaque station se composait d'un slationnaire et d'un guetteur, l'un à la lunette, l'autre à l'appareil *.

Voy. Électriciens.

Téliers. Tisserands ou marchands de toihs. Voy. Tisserands et Chanevaciers.

Tellatiers. Voy. Tisserands.

Temple (Enclos du). Un des lieux privilc<ii('s d(! Paris. Cet enclos était immense. Il serait circonscrit aujourd'hui par les rues du Temple, de Bretagne, de Picardie, de Forez, (Chariot et Déranger. Parmi les industries interdites à Paris et qui s'étaient réfugiées dans ce libre asile, on citait surtout celle de la bijouterie en faux ; les imitations de pierres précieuses, connues sous le nom de bijoux du Temple, furent longtemps célèbres.

Voy. Frivilégiés (Lieux).

Temple. (Foire du). Elle se tenait dans la rue du Temple, et ouvrait le jour de Saint- Simon et de Saint-Jude (28 octobre). On y vendait de la mercerie et surtout des fourrures. De là le nom de foire aux manclions, par lecjuel elle est souvent désignée.

Tendeurs de draps. Nom que l'ordonnance dite des Bannières (14(37) donne aux poulieurs.

Tendeurs de pièges. Parmi les officiers attachés au service du vol des oiseaux de la chambre du roi figurait un fauconuier-oiseleur et tendeur. Il était c-hargé de préparer les pièges p(]ur prendre h s petits oiseaux -.

Teneurs de livres. Titre qui appartenait à la corporation des écrivains.

TeneuseS. Femmes attachées au service d'un enfant, et chargées de le tenir par la lisière.

A la (^)ur, la leneuse était ordinairement choisie parmi les femiues de chambre de l'enfant.

Je rappelle qu'au dix-huitième siècle on appelait luta les lisières destinées à faciliter les premiers pas de l'enfant ', et que ce inot désignait chez les latins un pédagogue, un père nourricier, etc. -

Téorbistes. Voy. Théorbistes.

Terrage. ^'oy. C31iampart (Droit de).

Terrasseurs. Voy. Hourdeurs.

Terrassiers. « Ouvriers qui travaillent au remuement des terres et entrepreneurs qui enlèvent ou remuent des terres ; car on donne ce nom aussi bien à l'entrepreneur qui se cliange de la fouille et du transport des terres qu'aux o-ens nui travaillent sous lui, à la tâche ou ù la journée •• ».

On les trouve aussi nommés pionniers et

Oessons.

Tesserans rands.

et Texiers. Voy. Tisse-

Thalemeniers. Nom que l'ordonnance du 30 janvier 1351 donne aux talemeliers ou

boulangers *.

Thalemetiers. Voy. TalemeUers.

Thé (Commerce du). En 1048, la Faculté de médecine eut à juger une thèse intitulée An the Chinensiwm menti confert ^- Je n'ai pas trouvé un plus ancien témoignage de l'usage du thé à Paris. Une autre thèse sur le même sujet fut encore soutenue en novembre 1G57, el le chancelier Séguier en accepta la dédicace ".

Scarron prenait du thé en 16.59 '. M""" de la Sablière avait eu l'idée, en 1G80, d'y mêler du lait ^ La princesse de Tarente en buvait douze tasses par jour, el affirmait à M'™ de Sévigné que M. le Landgrave ^ en absorbait qimraiite tasses tous les matins '". Racine aimait le thé el en usait encore chaque jour dans les dernières années de sa vie *'.

En 1()71, le libraire lyonnais Jean Girin, qui se lit aut(;ur pour la circonstance, publia un petit

1 Cl. Cliappo, ir!sl. de la lélègraphie. — E. G.-rspju'li, Ilisl. ildmiilislriillre île lu Irlihinijikic. — .\. Hftloe, l.it télnji-aphie hisliiriiiuc. — k. 'l'i'i;,'.-!-, I.r centenaire ihi Irir-

'^'"i Khil de lu France jiour 1713, t. I, p. 190 ; /).-«/■ 1730, t. I, 1>. 2V8.

1 Dictionnaire de Trfroux, t. VII, p. 992.

ï l'ar nnalufîic avec mamma. Vov. Kii'Und, Dictionnaire latin, wlit. Tli.;il, t. II, p. 129', •t t. III. p. lit ; el Ducnn;^!', (llussarium, l. VI, p. 510.

■' Dictionnaire de Trécoux (1771), l. VII, p. 1010.

l Tilro II, arl. I.

" Gui l'aliii, Lettres, t. I, p. 383.

(• Ibid., t. II, p. 359.

I lettre ilu 8 mai, dans les Dernières arutres, édil de nao, t. I, p. 67.

8 M»» de Sévigné, lettre du 10 février 1080, t. \ I, p. 205.

'•> I.e Landgrave de Hesse, morl on 1130, à 1 âge de 75 ans.

lU M"" di' Sévigné, lettre du i oclobn" 1084, I. N II, p. 298.

II lettre du 1" novembre 1098, I. Vil, p. 302.

THK (COMMKHCK 1)11

(iSW

volume iii-24, iutilulc: De /'iisut/fi t/ii oiphé, du thé et du rhocolale '. Qui^lques pa^es seiileineiil sont consiicrées .lu llio, et je ne viiis jjiière à V recueillir que les neuf premières lijfiies : « (loiniue. ilit.Iean (iirin. il n'esl piis venu il ma eoniuiissiiiice que jus(]u'<i présent il se suit fait aueuu Iraitlé parlioilier du llié, j'en suis réduit à n'en pouvoir donner aux curieux que les reniai(|ucs suivantes, qui. bien ([lie l'oi't concises, ne laissent pas d'estre assez amples, w Quatorze ans après, le même Jean (jirin éditait unouvraj^e moins naïf, conq)ose par un droguiste de Lyon, le >ieur .Sylvestre Dufour. Dans ses l'rnite: imureaux tt curieux du aifr, du thé et du chocolaté, (pii paiMirent en l(i8.") -. l'auteur reconnaît dès la deuxième pajje ([ue »< ses découvertes pour le thé ne sont pas allées encore si loin ([ue celles (|u';7 a faites pour le café, dont l'usajife lui est bien plus familier (|ue celui du thé. » Kn vérité Dufour est trop modeste, et l'on se demande à (piels résultats l'eus-sent conduit des études plus approfondies, ses recherdies superlicielles avant sufli pour lui démontrer que le thé j,''uéril infaillililemenl les maladies suivantes :

La migraine.

L'assoupissement.

L'apoplexie.

La léthargie.

La paralvsie.

Les vertiges.

L'épilcpsie.

Les catarrhes.

Les ophtalmies.

Les coliques.

La gravelle.

La pierre.

La goutte.

Le rhumatisme.

Les vapeui-s.

Les palpitations.

Les maux de ral(\

Les crachements de santr.

Les bourdonnements Les rhumes.

d'oreille. La dvsenlerie.

Les aigreurs d'estomac.

Il est tellement iliurétique que, pris en trop grande quantité, il donne le diabète : « Quelques auteurs ont observé que des personnes , par l'usage trop fréquent du thé, avoient pris de grands flux d'urine que les médecins appellent iliuièles. où on rend des urines copieuses et semblables à ce qu'on a beu ».

Daniel Hnet, le savant évêque d'.\vranches,

P qui mourut à (|uatre-vingt-onze ans . après une admirable vieillesse, avait pour le thé une véritable passion. Il raconte dans ses curieux Mémoires ^ comment il y trouva la guérison d'une maladie des yeux et d'une maladie d'estomac :

Je souffrais, dit-il, d'une paresse d'estomac qu'avait augmentée encore l'abus des boissons de toutes sortes qu'ont coutume d'onlonner les médecins '. .\ la fin , elles avaient relâché tellement les fibres de cet organe que la digestion lies aliments m'était devenue très pénible. En outre, j'étais souvent tourmenté par des ophtalmies ; de sorte que je me plaignais de réunir en

' .-1 /yo«, eàr: Jran Girin et BarlhëUmy Riciire, en rue Mertirre, à la Pruftence.

* L'aclirvé it"ini|iiiiiior i;sl du 30 sqitciiibn' 10b4.

3 \oy. 1*.-D. Huot, Conimfnffiriits Hr rrbns ml enm l'frttHfnttbus, |ia.t.siiii.

* « Qua: sgris alcndis adliiboro solenl mvdici ».

moi seul les deux infirmités que se piu-tageaienl Virgile et Horace, dont l'un était chassieux et l'autre ilyspeptique '.

\h\ jour, je mi' souvins d'avoir lu. dans la relation (pi'Alexandri! de Rliodes nous a laissét; de son vovage au Tonkin. cpie les feuilles du thé étaient amies de l'estomac et avaient la propriété de le stimuler -. V.n France, le nom et l'usjige de celte plante commentaient à peine à ûlre connus ; on en trouvait peu chez les mardiands, et elle s'y ven<lait très cher, presque au poids de l'or •'. Je résolus pourtant d'en essayer à qnehpie prix que ce fût. I<;t je réussis au delà de toutes mes espérances, car je possédai liientôl un estomac nouveau, dispos, s(dide, et digérant bien *.

Depuis loiN, j'eus le thé en si grande estime que je ne passais guère un jour sans en prendre. Son agréable parfum semblait me nettoyer le cerveau, aussi l'appelais-je le balai de l'esprit, et je professais pour lui une telle gratitude que j'entrepris de célébrer ses louanges en vers.

Kn vers latin, bien enteiulu. C'est une jolie élégie de cinquante-huit vers •', <lont je me bornerai à citer le début :

I, puiT, i, tlioam eonfeslim in pocula misco.

Disons tout de suite que le médecin Pierre l'etil lui répondit par un poème de cinq cent soixante vers '', qui m'ont paru ne pas constituer une lecture attrayante, même pour un amateur de thé.

Huet écrivait chaque jour sa dépense avec tout le soin qu'eût pu apporter à cette tâche une bonne ménagère, et le très curieux registre qu'il forma ainsi est aujourd'hui conservé parmi les manuscrits de la Bibliothèque nationale '. La pas.sion du savant évêque pour le thé s'v révèle presque à chaque page, on en jugera par ce court extrait :

2'3ja>irier 1079. Pour du thé. 6 liv. 4 s. 'J8 août 1679. Pour un quarteron de tiié, 6 liv. 28 anût l(î79. Pour un pot d'estain à prendre le thé, 1 liv. lô s.

27 novembre l()7y. Pour un quarteron de thé,

2 liv.

"25 décembre 1()79. Pour un quarteron de thé.

3 liv.

' Le mot est un peu moderne, mais je n'en trouve pas qui rende plus exactement n enir/iis ».

* Theœ planise Sinioœ folia languentcm slomachum juvare plurimuni et excitare ».

3 « Êaque grandi protio, ac propemodum auro contra veniret ».

^ « Ut novus mihi visus sit inditus esse stomachus, vegetus atque valens, nullique deinceps otinoxius ciTjditati ».

3 J'ifa, elegia. Dans les P.-D. Huetii foemata latina et grœca, p. 60.

li Thea sinensis. Ail Pelrum-Danielem Huetium, abbatem Alnelnnum. — L'édition que j'ai lue est celle de Cramoisy, 1685, in-S" de 16 pages.

" Fonds des nouvelles acquisitions, n" 1197, 1 vol. in-folio. La première mention est du 22 juin lG.">n (Huet avait alors vingt ans), et la dernière du 28 décembre 16'Jl , année où il fut nommé évèquu d'.\vrauchcs.

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