‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 329 sur 422 · IS.\BELLE · texte numérisé non relu

IS.\BELLE

Vous perdez le respect, chevalier. Une fille de ma (]ualité au cabaret!

' IV'lit matelas diminiilirdc<i roudi's.

* \ iiy- tous ces mois.

3 Théâtre Hnlicn, l. 1, p. 374.

Coi.OMBINE.

Oh ! s'il vous plail, Lauii n'est point un cabaret, c'est un traiteur de conséquence.

Les rôtisseurs furent pourtant aulcjrisés, en 1628, à « donner ù manger chez eux jusques au nombre de trois plats de viande bouillis et trois plats de fricassée ». Les marchands de vin obtinrent (29 mars 1708] des droits à peu près égaux à ceux des rôtis.seurs, mais sous condition de n' « avoir aucune enseigne de traiteurs, ni de cuisiniers, ni étalage de viandes ».

Les meiUeurs traiteurs afiicliaient encore, à la fin du dix-huitième siècle, des prix qui ruineraient les dernières de nos gargoltes. J'emprunte les annonces suivantes à une .sorte de Bottin publié en 1777 ^

« Brunat. rue des Boucheries Saint-Germain*, donne à manger dans un très beau salon, il 26 sols par repas, un potage, du bouilli, une entrée, demi-bouteille de vin et du dessei-t.

Madame veuve Fiévée, rue de Grenelle Sainl- Honoré ^, à l'Image Notre-Dame, donne à manger depuis 3 liv. jusqu'à 24 liv. par tête, et loge depuis 30 liv. jusqu'à iiO liv. par mois.

Lami. rue Montorirueil. donne à mander en gras et en maigre à 16 sols par repas, sans vin, un potage, le bouilli, une entrée, un plat d'entremet.

Le Troteur. rue des Boucheries Saint-Germain, donne à manger proprement à 26 sols par repas, un potage, du bouilli, une entrée, demi bouteille de vin et du dessert. Il est peu d'hôtels en celte capitale où il y ait une aussi grande affluence d'étrangers aux heures des repas.

Rouard, cloître Saint-Jacques de l'Hôpital *. donne délicatement à mantrer eii irras et en maigre, à 38 sols par tète, et loge depuis 10 sols par jour jusqu'à 60 liv. par mois. Il se trouve communément dans cet liôtel beaucoup de négocians de la haute et basse Normandie. Il est peu d'hôtels dix l'on traite en maigre plus délicatement ».

Les traiteurs, alors au nombre de 208, étaient placés sous le patronage de la Vierge, qu'ils fêtaient le jour de sa nativité.

Rétif de la Bretonne fait figurer, dans la (il" nouvelle des Contemporaines, une « belle traiteuse ».

Voy. Cuisinières.

Tramasseuses. Dans les fabriques de pipes, oimières (]ui enlevaient le.s bavures, donnaient la dernière façon *.

Trameurs. Dans les fabriques d'étoffes, ouvriers qui disposaient les fils des trames.

l Alt»nnaeh Dauphin ou tablettes flu trai me'rite, etc., publication périodique.

* Auj. la partie du botilevai'd Saint-Gennain comprise entre le carrefour de l'Odéon et la rue du I''nur.

•' .\uj. rue Jcan-.Iacipies Hous,seau.

* .\uj. pallie lie la rue |*ierr<»- Le.scot .

* E nei/eloprilie mrthoHiqiie, art-sel mcliers, I. I\ , p. ^80 Cl 384.

THANCHOIHS

TKANSl'OKTS

Tranchoirs i^Faiskurs de). Vdj. Potiers de terre.

Translateurs du roi. Oji w comiail (ju'iiii sful persoimaj^e qui ail poiMc' «■ titre. >< Cotait sans ilouto, dit M. A. .liil, un tra- (luctinir lie langues étraii^ères (|u'einplciyaietil les ministres de Henri III pour la transcriptiun en français (les documents diplomati(iues ' ».

Transport intérieur de Paris {(]o.\i- PAiiNiB nr . Il s'elail l'cmde sous ce Mou\. à la lin de 178.'>, une entreprise qui représente assez exaclenient les messiKjers purisifiis créés en 1847 et la conipaji^nie réeenle des colis postaux pnitr Paris. Fat[uets, ballots, nieuMes, niartdiaiidises étaient transportés avec rapidité dans l'intérieur de l'aris par cette société, munie d'une autorisation ûlTicielle et agréée par l'administration de la petite poste. Dès le mois de décembre, dix iiureaux principauxet deux cents dépAts existaient dans les dill'érents quartiers. Le bureau central, dit liureuu (/ruent/ ilu Irtiiisporl, était élalili rue Montmartre, dans la maison connut; sous le nom d'biMel des cliiens.

Le prix des transports avait été réjjlé ainsi :

Paquets de 1 liv. à 10 liv .... ."> sols

El ainsi de suite, en comptant un sol pour chaque poids de dix livi'es.

Mais les forts de la halle, les savoyards, les portefaix, les commissionnaires, furieux de cette concurrence, maltraitèrent les ag^ents de la nouvelle compagnie. Le 3 janvier 1786, eut lieu, près de la place Maubert, un sanglant combat, après lequel la police rama.ssa deux morts, des blessés et fit de nombreuses aiTestations. Le 12 du même mois, les mécontents, au nombre de quinze cents à deux mille, se rassemblèrent sur la place Louis XV, et se mirent en route pour Yei-sailles. afin de se plaindre au roi. On les laissa passer. A Versailles, le prince de Poix, qui les reçut, se chargea de remettre au roi le mémoire qu'ils apportaient. Louis XVI se montra inflexible et l'airaire suivit son cours. Le Chàtelet condamna aux tralères les individus arrêtés, mais le Parlement comnuui cette peiné en celle du carcan ^.

Transports Entrepreneurs de). A l'article Voitures (Constructeurs de), je donnerai la liste des principaux véhicules employés depuis le quatoi-zième siècle. Je ne m'occuperai donc ici que des conditions dans lesquelles s'opéraient jadis le transport des voyageurs.

Depuis le règne de Henri III, des voitures

' Dictionnaire critique, p. 1200.

* Tliiéry, Guide des amateurs et des étrangers, t. I, p. 437. — ile'moires secrets, Jils de Hacliaumonl , t. XXXI, |>. 7, 9, 28 il 19.

1 liv. à

10 liv

publitpies transportèrent les voyageui^s et les niarciiandises de Paris à Amiens, ù Rouen, à Orléans, ù Beauvais, et réciproquement. Ce s-rvice s'étendit peu il peu, et fut régularisé par un édil du mois de mai-s lô'J7 -, les voilures durent faire de quatorze à quinze lieues par jour', sauf dans le midi •< où les lieues sont excessivement lontrues et les chemins difficiles * ».

Dès 1646, la plupart des villes importantes étaient desservies, mais en général la voiture no se mettait en roule que quand, après plusieurs JDurs d'attente, elle avait réuni un nombre suffi- Siinl de voyiigeurs. Dans l'état ofilciel dressé au <'ours de cette année, le nom des entrepreneurs de transport est presque toujours suivi de ces mois : « Part quand il peut ».

En 16()4, on mettait trois jours poui' aller de Paris i» Laon '. (Juatre pèlerins qui avaient entrepris cette année-là de se rendre à Noire-Dame de Liesse, nous ont transmis le récit de ce long voyage. Ils arrivèrent :

Le premier jour à Nanteuil.

Le deuxième jour à Soissons.

Le troisième jour à Laon *.

En 1665, il fallait :

Pour aller de Paris à Lyon, 10 jours.

— — Clermonl. 8 jours.

— — Orléans, 2 jours.

Le cocAe mettait pour gagner Lyon dix jours en été et onze jours en hiver. « Dans lesdits coches, il y a des chambres particulières fort propres et commodes ».

Inutile de dire que carrosses et coches ne marchaient pas la nuit, et que, même dans les meilleurs d'entre eux, on empilait plus de voya- "•eurs qu'ils n'en pouvaient raisonnablement contenir. Un littérateur bien oublié aujourd'hui, Jean de la Chapelle, consacra au carrosse d'Orléans une comédie assez gaie, qui fut représentée pour la première fois le 19 août 1680, et qui est restée au répertoire du Théâtre-Français =. Dans la troisième scène, Cléanle et son valet Crispin échangent de très curieuses doléances. « Ah ! Crispin, la détestable voilure qu'un carrosse d'Orléans.... Être sans cesse persécuté par une plaideuse qui ne parle que de ses procès ; par une jeune provinciale qui n'a jamais vu Paris, ([ui ne songe qu'aux ajustemens qu'elle s'y donnera, et qui avec un langage affecté vous fait cent questions impertinentes ; par un abbé qui veut faire le bel esprit, et qui ne dit cpe des sottises ; enfin par un Hollandais qui à peine sait écorcher cinq ou six mots de françois dont il vous fatigue sans cesse les oreilles ! Xon, quand on auroit choisi exprès des gens propres à lasser la patience d'un honnête homme, on n'eût pas fait un assemblage plus bizarre que celui que le hasard

1 La lieue parisienne représentait 3.898 mètres, un peu moins de 2.000 toi.ses.

2 Voy. Isambert, Anciennes lois, t. XV, p. 88 et 183.

3 /.e oral/ trésor de /'histoire sainte, etc., 1647, in-1». i On y va aujourd'hui en deux heures.

» Les carrosses ifOrle'ans, un acte.

Page 1