TRANSPORTS (ENTREPRENEURS DE
a fait dans noire carrosse ».
A quoi Crispin répond :
« Cela est vrai. Mais la plus incommode de tous, c'est cette jeune provinciale qui s"iiiia};fine au moindre cahot que le carrosse va verser, et qui pousse des cris ù rendre les gens sourds ; sans compter celte bonne dame qui, à son à'^e, ne peut retenir son eau, et qui sans cesse l'ail aiTêler le carrosse pour rendre des tributs à la nature. Pour moi, qui ne suis pas tout à fait aussi délicat que votre seigneurie, je me réjouis bien à ma portière de tous ces originaux-là ; car, hors vous et moi, il n'y en a pas un qui ait de l'esprit ».
Le 20 avril 1681, Regnard parlait de Paris pour son voyage de Hollande, et montait dans « le carrosse de Bruxelles ».
Il couchait :
Le premier jour à Senlis.
Le second jour a Gournai.
Le troisième jour à Péronne.
Le quatrième jour à Cambrai.
Le cinquième jour à Valenciennes.
Le sixième jour à Mons.
Le septième jour à Notre-Dame de Halle.
Le huitième jour à Bruxelles ' .
Peu d'années après, fut inaugurée la diligence de Lyon, premier e.ssai de transport rapide. Il est même remarquable que cette façon de voyager, en accélérant la marche et en réduisant les temps d'arrêt, souleva aussitôt des plaintes très amères. Dans le Discours préliminaire placé en tête de Z'/wi^'Jr/ff?;^-, Palaprat s'exprime ainsi : « Me voilà parti, me voilà empaqueté et emballé entre deux énormes magasins ■*, dans ce char à rouliers qui mène à L^'on, et qu'on appelle fort improprement la diligence, formidable machine dont les fermiers n'ont pas laissé de trouver le mouvement perpétuel ; car ni leur corl)illard terrible, ni les malheureux condamnez à la roué qu'il renferme, n'ont un moment de repos pendant tout le voyage ». Dédaignant ces injustes reproches, la diligence de Lyon fut vite célèbre, et elle en vint à dévorer l'espace avec une rapidité réellement vertigineuse. En 1760. elle fai.sait jusqu'à vingt lieues par jour, et s'engageait à traiisporler a Lyon les voyageurs et leurs /tardes en cinq jours pendant l'été et en six jours pendant l'hiver. A Chalon, on abandonnait la diligence par terre pour prendre la diligence par eau. Il y avait un départ tous les deux jours, et l'on se mettait en route à quatre heures du matin. Les entrepreneurs avaient eu soin d'établir « dans l'hùti'l des Diligences une chapelle où l'on dit la messe pour les voyageurs à trois heures el demie du malin les jours de dimanches et fêles * ».
En 1761 le coche de Paris à Strasbourg quillait la rue de la Verrerie le .samedi matin à 10 heures ; il passait à Bar-le-Duc le septième jour, a Nancy le luiitième et arrivait à Strasbourg le douzième.
^ Voyage fn Flandre et en UoHantte, l. I, p. 1.
* Oiim'clic jouiM' en 1B9-I.
' Paniris ilcsliiu's à n-covoir li\s badapos.
* Jczc, Èlntou tableau, de, rdil. dr 17(10, |i. .Xig
Sous Louis XVI, les turgotines faisaient environ quinze lieues en 24 heures. Au milieu de l'année 1784, le carabas mettait, pour aller de Paris à Versailles six heures et demie ' ; le chemin de fer fait aujourd'hui le même trajet en vingt-cinq minutes.
Sauf Versailles, Saint-Germain et Poissy, les environs de Paris étaient encore fort mal desservis. Pour Vincennes, Saint-Maur, Champigny, par exemple, il n'y avait qu'un seul départ chaque semaine, le mardi à cinq lieures du malin*. La galiote de Sèvres et celle de Saint- Cloud parlaient chaque jour, la première à sept heures du matin, la .seconde à dix heures^.
En 1840, la malle-poste la plus rapide faisait quatre lieues à l'heure *. Au reste, le tableau suivant peut donner une idée des progrès accomplis en ce sens depuis la fin du dix-huitième siècle. Je l'extrais de V Almanach national pour 1797, de celui de 1830 et de V Almanach (officiel) des postes pour 1841.
MALLES-POSTBS
UESSA-